21 janvier 2017

L'Ecrivraquier/10/ La lecture de trop*

L'Ecrivraquier 

                                Giovanni est assis sur le lit dans cette chambre d'auberge, là dans la vallée qui s'ouvre vers les villes. Les oliviers renaissent de leur hiver semi-montagnard. Son prénom lui pèse, au lieutenant, à l'ancien lieutenant. Que reste-t-il de Giovanni rejoignant à cheval la citadelle? Plusieurs barettes tapissent maintenant les épaulettes de son ultime uniforme. C'est le dernier et Giovanni sait qu'il devra le remiser dans l'armoire de la maison de famille qui l'attend près de Parme, froide et vierge de cris d'enfants et comme dévitalisée. Il la rejoindra, officier désormais comme en disponibilité. C'est d'ailleurs le terme officiel sur les documents d'identité, pour solde de tout compte. Le voyage cahotant de la diligence l'a fatigué et le miroir tacheté dans cette pièce sans âme lui rejette un visage aux traits prononcés, et des filets entiers de cheveux jonchent son écharpe marron. Il repense aux chevaux qu'il a tant aimés, les siens et les autres, les sauvages en lisière du désert, dont la blancheur dans l'aube dolomitique irradiait les hivers tout de rigueurs, climatique et disciplinaire. Linaria, pour qui battait alors son sang, a quitté depuis longtemps la province. Vit-elle seulement quelque part? Ou a-t-elle rejoint d'autres cortèges, qui ne sont ni d'escadrons triomphants, ni d'oriflammes claquant? Giovanni n'a pas envie de  descendre dîner. Son oeil droit ne cesse guère de sautiller et le voile de ces derniers mois n'a fait que s'épaissir. Il lui arrive rarement désormais de songer à ses supérieurs, morts pour la plupart, et allongés du sud au nord de ce long pays douloureux. Vieillards souffreteux et acerbes, il doit bien en rester quelques-uns. Comme tout cela s'est éloigné aujourd'hui. Giovanni n'a plus ni ordre à exécuter ni décision à prendre. Giovanni craint le moindre bruit dans cette bâtisse sinistre où il paraît bien seul. Assez vite il comprend qu'il n'est pas si seul. Il ne lui reste qu'à attendre. Et Giovanni songe, mieux, Giovanni souhaite ne pas attendre longtemps.

* Chemin faisant je mesure ma gratitude à D.B. Et un peu de rancune aussi pour l'influence de Giovanni sur le fil de mes jours.

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28 avril 2016

La poésie du jeudi, Edualc Eeguab d'après Dino Buzzati

Poésie du jeudi

Ecriture

Vacillant

Terreur de ce quartier laid de Turin

Il avait broyé des échines

Près d'une décennie

Maîtres et chiens de la basse ville

En frissonnaient si souvent

Ses morsures cuisaient toujours ça et là

Et les fuites apeurées

Rythmaient comme avant des journées

Jusqu'à ce petit matin de novembre

Froid piquant Piémont

Où le hideux molosse jaunâtre

Lui avait longtemps résisté

Finalement vaincue, la bête en rupture

Haletait dans quelque ruelle sombre

Mais le maître, cette fois blessé

Savait dorénavant

Sa chute prochaine

Et la fatale échéance

Vainqueur une fois encore

Pour combien de temps.

Avant le glas.

 bUZ

                                                  Ce texte doit tout à l'immense Dino Buzzati, adapté, modestement, d'une de ses nombreuses et fabuleuses nouvelles, l'une des plus inquiétantes, et il y en a beaucoup, d'inquiétantes. Il y a  aussi beaucoup de chiens dans les nouvelles de Dino. Et donc de chiens inquiétants. Le tyran malade raconte l'histoire d'un chien qui fait régner l'ordre ou la terreur, c'est selon, jusqu'au jour où d'inquiétant, il devient inquiet. Et c'est plus grave. On retrouve évidemment la thématique de l'attente du jour, de l'attente de l'attaque des Tartares, proches, probablement. Et plus généralement toute la littérature de Buzzati, le temps assassin, les quotidiennes déceptions, la vacuité. Le pire étant toujours sûr chez Buzzati, on ne devrait donc même pas s'en émouvoir. Et pourtant... C'est parfois à rendre malade, comme le tyran. Oh Dino, pourquoi t'ai-je rencontré?

 

 

 

 

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31 janvier 2013

Un K intéressant

k

                 Retrouver Dino,l'homme qui a changé ma vie,est toujours un plaisir,une douleur aussi car qu'est-ce qu'il m'a fait mal,celui-là.Parce que je n'en sors jamais indemne,bien que je pense avoir lu maintenant une bonne partie de ses nouvelles. Mais la lecture commune avec Valentyne et Asphodèle m'a ainsi replongé dans les inquiétudes buzzatiennes.Dans cet univers sont venus nous rejoindre..., Laure , Jean Charles, Morgouille, Chronique littéraire,Natiora , Noctembule

             Des nouvelles,des courts récits,des articles,Buzzati en a publié des centaines,lui qui ne quitta jamais le Corriere della Sera.C'est donc le recueil Le K qui fait l'objet de cette réaction à plusieurs,rédaction aussi,concernant la cinquantaine d'écrits du livre.J'aime toutes les histoires de ce grand conteur,je l'imagine assez bien les lire lui-même.Elle sont d'ailleurs souvent adaptées au théâtre,leur format bref autorisant un spectacle parfois adapté aux enfants,ce qui à mon avis n'est pas un non-sens tant l'univers de beaucoup de  ses nouvelles se joue des générations.Je ne m'attarderai ici que sur quelques-unes de ces nouvelles, parmi celles qui m'ont le plus convaincu.Je n'étais guère difficile à convaincre, et, buzzatien incurable, je ne constitue pas un juré très impartial.De plus j'avoue que je finis par confondre un peu certains textes parmi les nombreux recueils de courts de Dino.J'ai d'ailleurs l'intention de faire une petite recherche dans ma dinothèque pour en extraire quelques réflexions,un petit hit-parade de mes préférences.Je vous fais remarquer que je n'ai à aucun moment évoqué Le désert... qui me colle à la peau.Tiens,je l'ai évoqué.

        Il est toujours tenant de voir dans ces sortes de fables allusions et références à l'histoire de l'Italie.Je n'ai pas trop cette optique,les symboles pouvant parfois nous perdre.Pauvre petit garçon est en fait une histoire connue,parfois racontée sous la forme d'une courte blague,d'un goût douteux.Le prénom du héros peut donner une indication.Je n'aime pas particulièrement ce texte,assez éloigné de l'univers de Buzzati.J'aime beaucoup Général inconnu qui s'attarde sur le cas,rare,d'un officier supérieur dont on retrouve le squelette sur un chantier,et qui attire les moqueries,lui qui n'est pourtant pas mort sous les tentures du Ministère de la Guerre,et qui n'est pas honoré comme unn modeste première classe,lui qui avait manifestement un ventre rond constellé de médailles.

        Les personnages de Buzzati sont souvent fatigués,à bout de course, désabusés, des Lieutenant Drogo vieillissants.Ils m'en fascinent d'autant plus.Ainsi Stefano Merizzi,industriel,nul au golf et qui pour une fois brille sur les greens. Inquiétant,non? (Le dix-huitième trou).De toute façon c'est toujours très inquiétant avec cet écrivain,et moi je m'inquiète avec lui depuis 35 ans et ça ne s'arrange pas.Le pire n'est pas sûr,mais, il est certain que ça y ressemblera.

       "Ainsi les années étaient passées inutilement.Et aujourd'hui il était trop tard". Putain,comme tu y vas fort Dino, et voilà qu'on reprend du Désert...Car c'est bien ça,les toutes dernières lignes de Et si? Construite à l'aide d'anaphores,cette nouvelle est la plus impressionnante."C'était lui le Dictateur. C'était lui le grand Musicien. C'était lui le grand Chirurgien. C'était lui le grand savant. C'était lui le Généralissime... C'était lui le blogueur besogneux " (là c'est un rajout du blogueur besogneux en personne,mais ça colle quand même).Une jeune femme a traversé le Jardin de l'Amirauté,un rien,un foulard,un effluve,un mouvement de tête.Mais c'est fini.Dino quand consentiras-tu à me foutre la paix?

Il viaggio

      

 

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31 décembre 2012

Pour tous...ce qu'il se fait de mieux

Meilleurs voeux à tous! 

Ce que je vous souhaite,c'est là,juste en dessous

http://youtu.be/BxNZoZKq_5M 

                           Et puis ,encore en dessous,probablement les trois objets,enfin les trois oeuvres qui me tiennent le plus à coeur,dans les catégories où j'officie le plus souvent,cinéma,musique folk-rock-blues,littérature.De grâce,ne pas en déduire que le reste ne m'intéresse pas.Et pour vous toutes (la majorité) et tous...The best of everything.

Picture 25

http://youtu.be/-r0b_XeRkG4   Orson Welles

http://youtu.be/fHvf20Y6eoM   The Byrds

http://youtu.be/MBk-OQRI7LA  Dino Buzzati

 

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19 décembre 2012

Lecture commune: Le K

k

                Valentyne, Asphodèle et moi même vous proposons une lecture commune de ce lrecueil de nouvelles.L'idée première de Valentyne de se pencher sur Le K ne pouvait que me séduire,grand passionné de Dino depuis des lustres.Et puis,si grand soit Le désert des Tartares, et grand,certes,il l'est,il ne doit pas occulter les nombreux textes courts du génial nouvelliste italien.La date de publication a été arrêtée au 31 janvier 2013, ce qui nous laisse un bon mois et demi.

              Chemin faisant, Laure, Jean-Charles et Morgouille nous ont rejoints. Pourquoi pas vous?Pour moi,Buzzati ouvrant le bal de mon panthéon littéraire depuis si longtemps,la question ne se posait pas. Et si Dino vous convainc, vous enchante ou vous inquiète, cette troisième option étant la plus probable,pouquoi s'arrêter au squale qui donne son nom à ce livre?

imagesCAZDYUNE

le-regiment-part-a-l-aube_couv

SCALA

SEPT

 PRECIS

 

 

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08 mai 2012

Le fils du "Désert"

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             Robert Hasz est né en 1964 en Voïvodine,minorité hungarophone de la Yougoslavie.Mais ça c'était à sa naissance. Depuis c'est devenu compliqué dans ces coins là et il a choisi de vivre en Hongrie.La mort du Maréchal et l'explosion balkanique ont maintenant fait de la Voïvodine une province autonome de la Serbie où on dénombre six langues officielles.Ca doit être pratique..Ne confondez pas avec le Kosovo ni le Montenegro,et encore moins avec l'une des trois entités de la Bosnie.Suis-je assez clair?Le pire est que tout ça n'est pas sans rapport avec La forteresse.

            L'éditeur évoque Kafka,Borges,Gracq,Buzzati,ce qui fait beaucoup.Mais Robert Hasz est loin de démériter dans ce pays des confins pas mal fréquenté en littérature.Livius,à la veille dêtre démobilisé est muté là-bas,à la forteresse dans la montagne,près de la frontière.Quelle frontière,on ne sait pas.Et quels drôles de militaires.Pas d'armes dans cette caserne,mais les mets les plus succulents et les vins les plus fins au mess.Des véhicules hors d'usage.Des subordonnés à qui leurs supérieurs demandent de les tutoyer.

           Pas  de courrier non plus.Officiers et soldats patientent sans révolte,c'est ainsi.On creuse bien un tunnel,une belle excavatrice erre de ci de là.Evidemment on pense à Dino et à un autre lieutenant,mon frère Giovanni Drogo.Mais une fantaisie frissonne ici qui n'était pas de mise au Fort Bastiani.Les quelques personnages, peu hiérarchisés,autre différence notable avec Le désert des Tartares,finissent par découvrir une porte au fond d'un entrepôt fantôme.Paranoia,un Ordre semblerait dicter sa loi,mais rien n'est sûr.Je vous laisse là,mais quand même ça m'inquiète bien un peu.

 Autre livre de Robert Hasz     Magyar,vous avez dit Magyar

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26 décembre 2011

Au delà de ces Dolomites votre ticket...

                        

              On sait que le grand Dino n'a jamais quitté le Corriere della Sera.Ce livre regroupe essentiellement des articles sur la montagne et des réflexions sur l"évolution de ces Dolomites qui l'ont vu naître et qu'il aimait tant.Ces textes courent ainsi sur quarante ans de drames montagnards,d'exploits,de réflexions sur la nature, d'écologie avant l'heure.Buzzati esquisse ainsi le portrait des plus grands alpinistes italiens,portrait souvent très amical qu'on est tenté de prendre avec un peu de  recul tant l'auteur du plus grand roman de l'après-guerre(à mon sens) est un proche de ces gens-là.Auteur du dessin de couverture Dino Buzzati était aussi bon grimpeur qu'illustrateur.Sa formation journalistique fait de lui un formidable éditorialiste des Alpes.Ces lignes brisées traçant l'approche de ces montagnards m'ont cependant laissé un peu de glace,ce qui est normal dans ce genre d'ascension.Mais rassurez-vous,amis désertophiles drogomaniaques,l'inquiétude buzzatienne n'est jamais loin.ll ne manquerait plus qu'un Dino béat et serein.

Il viaggio

             Outre les hommes il y a les montagnes,ces Dolomites si méconnues en France,dont les couleurs sont si particulières que selon Buzzati aucun peintre n'est parvenu à en rendre compte.Ces Dolomites de verre,on peut parfois les apercevoir d'une terrasse vénitienne mais il faut approcher le Sass da Mur au nom déjà infranchissable pour saisir les "à-pic rose et jaunes,les vires horizontales poudrées de blanc, les cônes d'éboulis, la nudité, les crêtes déchiquetées". Et ces verticales,ces arêtes,ces vertiges en ces parois qui, caractéristiques, s'empourprent à l'aube et au crépuscule,ont tout pour séduire et troubler l'auteur du Désert. Je crois pour ma part que le Fort Bastiani est né là,pas si loin de Cortina d'Ampezzo,dans ce Nord où les Italiens portent des noms germaniques et dont l'adolescent Buzzati arpentait déjà les contreforts.

dolomites-italie-452056 

          "Mais ils ne s'arrêtent donc jamais,les maudits": ce disant,Buzzati parle des jours,des mois,des années et du vieillissement.Ce vieillissement qui hante son oeuvre et mes jours par la même occasion depuis que,jeune adulte car je l'ai découvert tard,le Lieutenant Drogo m'accompagne à chaque instant.A travers ces articles que l'on dirait maintenant "verts", ces instantanés de silhouettes accrochées et que la vie dévisse parfois, souvent, ces quelques nouvelles sur la Neige noire ou L'ombre en attente,titres hautement et dolo-mythiquement buzzatiens,tout l'univers d'un immense écrivain est là.Vous savez bien,cet écrivain qui est là sur cette page,un peu plus bas à droite,sentinelle attentive de mon amour pour la littérature,vigie de ma livresque passion, estafette de l'escouade qui lui emboîte le pas.

        Cet article a rejoint le beau challenge à l'italienne chez Mark et Marcel.D'autres suivront pour tous les amoureux de la jolie botte.

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11 avril 2009

Possible conclusion

   Bientôt...Le plus beau livre du monde... ne fera jamais un très grand film.Je sais pourtant quelques exceptions dont on ne devisera pas ici.Ceux qui me suivent un peu connaissent ma passion pour Dino Buzzati et Le désert des Tartares et aussi le reste de son oeuvre,inoubliable et à mon avis encore très sous-estimée. L'extraordinaire roman du Fort Bastiani,parabole de très haut vol sur la vacuité de vivre,la vanité des choses,l'impermanence,était inadaptable à l'évidence.Comment rendre la poussière qui coule du sablier,l'attente à peine fébrile,le regard sur la plaine déserte,la sourde inquiétude que l'on gravit comme les galons d'officier?Ce livre qui,j'aime à le dire avec force coquetterie,peut dispenser de toute autre lecture,est totalement acinématographique.C'est tant mieux.

   Jacques Perrin,fou du roman depuis toujours et le remarquable et très fin cinéaste italien Valerio Zurlini dont j'ai déjà dit tant de bien,se sont assurés la collaboration d'excellents acteurs européens,tous ayant collaboré avec les plus grands,de Bergman à Bunuel.Ce type de casting alourdit en général le climat d'un film,perdant en profondeur ce qu'il gagne en brillance. Et c'est bien le cas pour Le désert des Tartares.Il fallait s'y attendre.Mais personne ici n'a démérité,l'adaptateur André Brunelin pas plus que les autres.Peut-être sont-ils fiers,quelque part,d'avoir peu ou prou été associés à ce film,donc à ce livre à nul autre pareil.Il ya des orgueils plus déplacés.J'aurais volontiers joué une sentinelle,silhouette nocturne, dans Le désert des Tartares.Alors je vais attendre encore un peu.Je vais attendre encore un petit peu également pour fermer Le blog de la Comtesse.Mais il se fait tard.Ce tard qui rime parfaitement avec Le désert des Tartares.

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09 janvier 2009

De quoi s'inquiéter

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       Oui,vraiment.Provenant d'une anthologie Cronache fantastiche di Dino Buzzati ces textes courts jouent sur l'ambiguïté sémantique et la dichotomie journaliste/écrivain.Je crois que Dino se définissait d'ailleurs plus proche du premier que du second.Et c'est vrai que bien des écrits dans ce recueil font penser à des articles. Concision, dérision, question, et au bout bien évidemment sourde angoisse, inquiétude, buzzatomanie chronique évolutive.On vit avec,mais tellement moins bien.Quelques titres déjà vous mettront mal à l'aise.Ce sera alors mal parti,donc bien:Le dernier combat,Une imprudence fatale,Un cas mystérieux,Un état alarmant.
          Dans ces nouvelles vous rencontrerez de vieilles connaissances pour ceux qui sont de retour du Désert,des Nuits difficiles ou des Sept messagers.Voici le temps,omniprésent et qui va toujours dans le même sens,sens de l'aggravation.Voici le diable,qui n'apparaît jamais lui-même,le lâche,mais qui délègue à un livre disparu où à un téléphone dérangeant.Voici des notables souvent, notaire,entrepreneur, médecin,bien installés sur lequel va doucement s'immiscer la peur du lendemain,horrible puisque avec Buzzati demain sera toujours pire.Voici,inéluctable,tiutélaire et fascinante la première manifestation d'un mal,peut-être,pas encore sûr,d'un mal qui pourrait s'avérer éventuellement annonciatrice d'un début d'ébauche de dégradation de l'homme.Rassurez-vous...c'est bien le cas.Woody Allen en ses interrogations manhattaniennes serait-il un peu cousin?Allez!Vous prendrez bien avec moi un peu d'intranquillité?

P.S. Dans Nouvelles inquiètes il y a deux grèves,celle du mal et celle de la mort.Heureusement il y a des briseurs de grève.

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