02 juin 2017

West Coast Promotion

Un verre

                               Roman posthume de Don Carpenter, écrivain que l'on redécouvre ici, 10-18 en soit remerciée, Un dernier verre au bar sans nom est mon quatrième livre de cet auteur. J'ai chroniqué ces trois autres romans. Avec beaucoup d'enthousiasme La promo 49, avec ennui Deux comédiens, avec intérêt mitigé Sale temps pour les braves. Mais ce dernier verre m'a régalé. Je pense au Bison qui devrait apprécier ce tableau de groupe de la Côte Ouest, une douzaine d'années fin fifties début sixties. Don Carpenter arrive après la génération beat, Kerouac, Burroughs, Ginsberg. Il n'est pas un écrivain de la route, plus proche de Richard Brautigan. Comme beaucoup Carpenter a cafouillé un peu du côté d'Hollywood sans laisser beaucoup de traces.

                              Dans Fridays at Enrico's (en V.O.) il nous immerge dans la vie littéraire et libertaire de cette bohème californienne des années soixante juste avant l'explosion flower. Un couple, Jaime et Charlie, tous deux écrivains, Jaime plus douée que Charlie, entre succès d'édition et impuissance créatrice.  Tout ce bobo monde est remarquablement bien campé par Carpenter qui connait le sujet. Et puis il y les autres, les amis, souvent rivaux, Dick, Stan, parfois passés par la case prison, toujours par l'inévitable et si conformiste case paradis artificiels, ça  me fatigue ça. Certains feront même fortune, piscine et "parties", en quête de ce qui pourrait ressembler au bonheur. Cette "pursuit of happiness" se révèle la plupart du temps "so vain". Je sais, j'ai truffé de mots anglais mais honnêtement ce livre est tellement  West Coast... (tiens, je recommence).

                            C'est donc une formidable balade dans cet univers de marginaux parfaitement snobs, n'ayant pas peur des contradictions, mal à l'aise dans le milieu mais crachant rarement sur les royalties. C'est aussi un roman écrit par un Carpenter malade et déprimé qui, on le sait, rejoindra son vieux pote Brautigan dans l'ultime nuit volontaire. Le plus difficile dans ce beau roman est de ne pas s'effondrer de nostalgie, de ne pas céder aux sirènes du Pacifique et du c'était mieux avant. Et puis après tout on s'en fout. Ce texte est souvent très fort et on les aime ces semi-losers qui ont été là, sur Laurel Canyon, finalement au bon endroit au bon moment. Je vous conseille d'y faire un tour. Moi, j'ai aimé, bien que ma West Coast à moi soit plutôt seventies et se réfère surtout aux musiciens. 

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17 avril 2017

Géographie: San Francisco, Californie

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                                      Il fallait un point final à ce long périple et nulle autre cité que Saint François ne se prêtait mieux à conclure. Tin Pan Alley est le nom que l'on donne à cette musique américaine, de la rue, des champs de coton, des bouges du Sud, des usines du Nord, du coeur agricole du pays, cette musique qui a changé ma vie, l'a bouleversée. Du blues de Memphis, du zydeco d'Orleans, de Tamla-Mo(tor)town de Detroit, du grunge de Seattle, du country de Nashville, du flower de Frisco, des riffs urbains de Chicago. Mais ça je l'ai dit mille fois. Alors ce vieux bus Greyhound en reste là, un peu fatigué, devant le Golden Gate. Il n'en est pas une pièce qui ne ne recèle un trésor, un arpège, deux lignes, trois accords. Tous ont fait une partie du prix de  ma vie. Merci.

 

                                        Des centaines de chansons sur Frisco. J'ai choisi l'une des plus anodines, un groupe fabriqué pour la cause, qui n'eut guère que ce succès, mais planétaire. Let's go to San Francisco with The Flower Pot Men. Parce que même les plus simples des refrains ont compté. Je vous épargne une vidéo de 2008 où ils reprennent assez tristement en play back ce tube de 68. Fuckin' bloody time! Mais je vous offre, en au revoir de cette si longue rubrique voyageuse, l'ami Johnny Winter, que j'ai vu à Paris il y a vingt ans, et qui nous parle, justement de Tin Pan Alley.

 

                                           End of the line/ Tout le monde descend. Mais Tin Pan Alley was the place to go.

 

 

08 mars 2016

Dies irae, dies irae

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                                Ces Six jours me rebutaient un peu. J'ai fait l'effort de m'y mettre et Ryan Gattis a fini par me convaincre. Quand on commence à bien saisir les personnages, à peu près tous des jeunes types pas très avenants, et des filles à l'avenant des peu avenants, on s'intéresse tout à fait à ce roman qui raconte de façon hautement réaliste les six jours de L.A. au printemps 92. Ces émeutes qui ont fait vaciller l'Amérique survenaient après l'affaire Rodney King. Pendant ces six jours Los Angeles à feu et à sang a montré au monde une cité où les lois n'ont plus cours. Alors comment décrire la puissance de ce bouquin qui a tout pour nous fatiguer rapidement, ce qu'il fait d'ailleurs, mais qui parvient ensuite à nous happer dans la spirale de violence qui s'empara d'El Pueblo de Nostra Senora la Rena del Rio de Los Angeles de Porcunciula?

                                Truffé d'argot et de mots chicanos Six jours se présente comme une suite de récits à la première personne, narrés par les personnages eux-mêmes, dix-sept en tout, la plupart membres de gangs, très jeunes, garçons et filles, mais aussi une infirmière et un pompier, ce qui nous repose un peu car l'affaire est assez éprouvante. Durant la moitié du livre ça m'a passablement gonflé de donner de mon temps en compagnie de ces individus. C'est vrai, quoi, on peut avoir envie d'autre chose que de fréquenter cette faune. La vie y est en effet assez animale, c'est souvent tuer avant d'être tué, et tout cela sous abondance narco et perte de tout libre arbitre. Le tableau est effrayant, apocalyptique. Et puis, doucement, on cerne mieux les acteurs, qui ont chacun leur façon d'être, voire leur philosophie (peut-être un grand mot). Ainsi, tout en appréciant notre sous-préfecture de 60 000 âmes, pas irréprochable, on vibre à l'unisson de cette ville d'avenues et de boulevards, où de Hollywood à East L.A., des manoirs luxueux aux taudis, au travers des fortes minorités qui en arrivent à se déchirer entre elles, c'est qu'un Salvadorien n'est pas un Mexicain, ah non,  la vie suit son cours, certe pas tranquille, certes souvent bref, mais toujours le lot de certains hommes. Ainsi vit-on à Los Angeles. Du moins essaie-t-on.

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                               C'était il y a plus de vingt ans. Je ne sais pas bien comment respirent aujourd'hui les Angelenos. Mais je sais que Ryan Gattis a écrit un bon livre, parfois proche de la poésie urbaine, brutale et violente, à l'image des tags et des graphes innombrables dont l'auteur semble être un chantre accompli. Renseignements pris l'auteur est lui-même proche du street art et si dans cette expression il y a art il y a aussi rue.

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06 mai 2014

Géographie: Ventura, Californie

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                                                     America, trio puis duo maintenant antédiluvien nous entraîne, sans son Horse with no name cette fois sur le Ventura Highway, Californie du Sud. La ville de San Buenaventura est couramment appelée Ventura et compte 106 000 habitants. C'est l'une des nombreuses stations balnéaires du sud de l'état. Je ne suis pas sûr qu'il y en ait davantage à dire. Mais écouter America me semble toujours être une bonne idée. Ces Anglais d'Amérique ont longtemps passé pour des enfants sages du son West Coast. Vite dit. Rares étaient les enfants sages du début seventies dans ce coin du monde. (And the winner is ...Death)

 

 

 

14 avril 2014

In the name of rock/Guinnevere

                                                                       Guinnevere, y-a-t-il plus belle ballade que Guinnevere? Quintessence d'un folk-rock par des musiciens en état de grâce avant les perditions. Le temps où je rêvais d'une Guinnevere à moi, ma reine Guenièvre. Le temps des arabesques de David, Steven et Graham. Le temps où Guinnevere avait les yeux verts, comme toi, Milady, comme toi. Dessinant des pentacles, comme toi, Milady,comme toi. Cheveux or, comme toi, Milady, comme toi.  Les paons errent sans but sous les orangers. Pourquoi ne me voit-elle pas? Je répète,quoi de plus beau que Guinnevere?

                                                                                 

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24 mars 2014

And the winner is ...Death

WAITING

   

                                                             L'auteur, le Britannique Barney Hoskyns, historien du rock, a également publié des bio de Tom Waits et Led Zeppelin, une saga sur le San Francisco folk. Waiting for the sun est une somme sur plus de 50 années de création musicale à Los Angeles. Ce livre est passionnant mais ne peut l'être que pour des lecteurs ayant partagé au moins pour une période un intérêt profond pour la musique de la cité, car tant de noms sont cités que l'on perd le fil très vite si ces noms n'évoquent rien. Pour moi ce fut passionnant, et très instructif, sur une période que je connais assez bien musicalement, mais dont je sais la terrible impasse humaine, le monumental gâchis. Waiting for the sun est le titre d'un album des Doors mais ce groupe n'est que l'un des innombrables avatars cahotiques et mortifères qui passèrent dans la Cité des Anges, pour le pire et pour l'encore pire. Je n'ignorais donc pas la mortelle randonnée, je viens de le dire, je ne savais pas qu'elle était allée si loin dans la dérive. Fou de cette musique, j'en ai une vraie peine. Un seul mot, le gâchis somptuaire. Sans revenir sur les détails quelques sentiments que cette histoire douloureuse m'a procurés.

                                                             L.A. n'est pas New York, mais n'est pas non plus San Francisco. Dès les années trente les jazzmen avaient montré la double voie qui ne devait jamais changer, marier création musicale parfois de génie et autodestruction massive et virant au grotesque.Hollywood proche n'a rien arrangé et les années carnages n'ont pas cessé.Je connais surtout la partie 1960-1990, mais ce voyage court jusqu'a l'aube du XXIème Siècle. Bien sûr je n'ai jamais pris les Beach Boys pour des angelots blonds, surfers bien propres sur eux. Les frères Wilson, une famille d'Atrides et de malades mentaux.Et pourtant ...Pet Sounds, et les harmonies magiques  du sorcier Brian. On a parlé des paradis artificiels, des concept-albums sous influence. Vrai, mais les enfers, eux, étaient bien concrets.

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                                                             Les jolies et très minces folkeuses éthérées, Joni Mitchell, Janis Ian, odieuses et invivables comme tout le monde. Dire que les subtiles arabesques de Crosby, Stills, Nash and Young ont été conçues à l'eau de source, je n'aurais pas été jusque là. Les Mamas and Papas (California dreaming) passèrent en quelques jours de troubadours à junkies.Mes amis Byrds n'avaient pas grand chose d'une réunion d'amis autour de la légendaire douze cordes de McGuinn. Et Hugues Aufray tentait de nous faire prendre Mr. Tambourine Man pour un homme orchestre, ou un innocent musicien. Mr. Tambourine Man est l'homme qui frappe des doigts sur la porte pour la livraison. Et Laurel Canyon n'était pas qu'oasis de verdure croisant Mulholland Drive. Mais Waiting for the sun qui détaille les turpitudes et les inconsciences faramineuses de tous ces créateurs n'oublie pas que dans la métropole angelna régnait aussi la musique malgré? ou à cause? Vaste débat...

 

                                                            Jouissant d’une réputation en totale opposition avec la Côte Est, encore relativement européenne, L.A.a cultivé son indépendance artistique très tôt. Tout,plus fort, plus vite, plus loin...plus mort. L’ascension des Doors est maintenant bien connue et le culte Morrison est pour le moins discutable pour un groupe dont personnellement musicalement je n'aime très fort que deux albums, The Doors et L.A.Woman.  On n’oublie pas non plus, dans la foulée de La fureur de vivre les égarés notoires qui ont participé à l’explosion musicale de la ville (Phil Spector et ses flingues en studio, Arthur Lee de Love, groupe dont deux albums en état de grâce et de lévitation, les Freaks en tous genres, les Hell’s Angels, les incontrôlables  comme Charles Manson et sa « famille " dont hélas certains de mes héros musicaux furent dangereusement proches. L.A. comporte aussi son contingent de météores,  passagers d'une saison, qui tous ont contribué à faire d'El Pueblo de Nostra Senora la Reina de Los Angeles de Porcunciula un phare musical et un naufrage moral. Tout ça sur fond selon le goût et l'époque de  cool jazz, de surf music, de folk-rock, de protest- songle, de hard rock, de punk, de rap, mais là il y a longtemps que j'ai décroché. La mort de Sharon, Altamont, les ravages de The needle and the damage done, hélas Neil...

                                                      La parole à Barney Hoskyns « Mon intention profonde avec Waiting For The Sun, c’est une étude de l’interaction typiquement californienne entre la lumière et l’obscurité, ou entre le bien et le mal ». Vous voilà prévenus. Personnellement je ne suis pas un  juge, je suis un "regretteur". Je vous ai presque tous tant aimés et pas mal d'entre vous me collent à la peau. Ci dessous quelques survivants, non des moindres, pour I love L.A., Randy Newman, Tom Petty, Jackson Browne, John Fogerty, qui tous ont eu leur période angelna. Angélique, pas sûr. La vidéo du dessus illustre le plus riche du cimetière.

 

 

 

 

                                                      

 

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14 août 2013

Et la Comtesse a regretté

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                             Pavé de bonnes intentions,mon chemin a croisé celui de Brize.Encore fallait-il que je trouve un bouquin de plus de 600 pages,c'était la règle du jeu. Un bon roman d'Irvin Yalom en Livre de Poche,budget raisonnable,ferait l'affaire.Le seul livre, par moi lu, de cet auteur était le formidable Et Nietzsche a pleuré  Divan viennois:ainsi pleura Zarathoustra Sûr,j'allais me régaler et me pourléchais les babines à l'idée d'avoir suivi celle de Brize (d'idée).Mal m'en a pris,la potion m'a semblé insipide et toc. La déception est à la hauteur de l'attente.

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                                    Deux choses essentiellement dans ce roman:des consultations chez le psychanalyste et des pages et des pages sur le poker.J'en baille encore à me demander ce qui m'intéresse le moins.Et pourtant comme j'avais aimé la fiction de Yalom,si bien écrite, et si fertile,cette rencontre entre le Dr Breuer, mentor du jeune Sigmund Freud, et Nietzsche, par l'intermédiaire de Lou Andreas Salomé. N'y pensons plus.Pour ce Mensonges sur le divan point besoin de ne plus y penser, c'est déjà dans les limbes de l'oubli,tellement refoulé dans ls replis de mon moi profond,enfin mon moi profond c'est un peu ampoulé, disons mon moi tout court.

                                    Alors qu' Et Nietzsche a pleuré, ancré dans Vienne et ma chère Mitteleuropa,touchait son lecteur au coeur et à l'âme en recréant l'ambiance de la préhistoire de la psychanalyse, émouvante et ludique, on s'ennuie ferme dans cette Californie d'executive women, de psychiatres douteux,de joggers insipides, de businessmen surbookés. Longues conversations au fil rouge souvent libidineux, pensions de reversion faramineuses. Aussi intéressant pour moi qu'une série télé formatée, Mensonges sur le divan m'a surtout donné envie d'une bonne sieste à l'ombre, et aussi de demander à Brize le remboursement de mes 8.60 Euros. Tiens,j'ai une petite fringale de galets, de caillous. Halte au pavé.

 

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12 décembre 2012

Back to Zab.

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                                 Oui, 40 ans après, me voilà de retour dans la Vallée de la Mort, aux confins de la Californie et de l'Arizona, cinématographiquement s'entend. Je termine ma petite série annuelle de communications à l'Université du Temps Libre qui d'ailleurs ne s'appelle plus ainsi,mais vous connaissez le principe.Le thème que j'avais retenu cette année était "Les grands d'Europe en Amérique". Michelangelo Antonioni,qui a connu un succès critique et même public, relatif, car il n'a jamais été bankable,avec Blow up, sillonne le pays en vue d'un film sur l'Amérique de 1970, avec agitation estudiantine sur fond de Vietnam, musique psychédélique et  charge contre la société d'hyperconsommation. Ce sera Zabriskie Point,Antonioni's Zabriskie Point (remarquez le cas possessif), échec total au box office,mal perçu par la plupart des critiques. Alors,back to Zab.,une bonne idée? 

                 Easy rider est sorti peu avant.C'est aussi le temps du Lauréat et des premiers livres de Philip Roth dont Goodbye Columbus.La contestation est de mise et de mode et je finis par penser ironiquement que les révolutionnaires seraient finalement plutôt les traders de Wall Street tant la Californie et le phénomène hippie drainent les foules.Antonioni dit avoir voulu recueillir le caractère profond et authentique de cette Amérique,la seule star du film.D'où des personnages plutôt prétextes et manquant de chair,l'amateurisme des deux jeunes acteurs n'améliorant pas forcément la crédibilité.Ceci dit c'est très intéressant de revoir Zabriskie Point, un peu cruel aussi car c'est un des films de mes vingt ans.

             Après un générique musicalement très identifiable pop seventies l'assemblée générale sur un campus de Los Angeles sonne juste.Logorrhée, vieilles lunes, Lénine, Castro, sur fonds de substances dont certains croient encore qu'elles ont fait avancer les choses, le mouvement étudiant est à son apogée.Antonioni,de la gauche italienne avec laquelle je n'arriverai pas à me fâcher,les dévisage avec sympathie.Sexe,drogues et rock'n'roll,coiffures afro et puis...les possibilités d'un dérapage.Mark, bien qu'innocent du meurtre d'un policier, ne trouve rien de mieux que d'emprunter un avion.Mais avant ça Antonioni nous offre un voyage jusqu'au commissariat haut en couleur locale, publicités, urbanisme, omniprésence de l'automobile et de la technologie.Nous ne sommes pourtant qu'en 1970.

 zabriskie point 1970 Michelangelo Antonioni 2

             Zabriskie Point fonctionne essentiellement par oppositions,parfois un peu schématiques,mais l'époque était un peu,un peu beaucoup, à la simplification bilatérale:jeunesse/establishment,ville/désert,rythme urbain effréné/temps dilaté du désert,pop art/land art (les lignes sur le sable).Antonioni tisse ainsi son américanité.Et le poème visuel sur l'Amérique vire au pamphlet avec l'hallucinante campagne de presse de Sunny Dunes,programme immobilier digne de la poupée Barbie,où ne manquent ni la musique de soap,ni la laideur des mannequins de cire,ni l'esthétique ghetto riche.Alors la liberté viendra-t-elle du ciel avec le vol de Lilly 7 et le ballet amoureux,rencontre de Mark planant et de Daria roulant vers Death Valley?

          La célèbre scène de nus,et le love-in rêvé de l'Open Theatre,troupe d'avant-garde inénarrable,ont fait beaucoup pour la (mauvaise) réputation du film.Quarante ans après on sourit bien sûr,nous étions si jeunes nous aussi.Au coeur de la vallée,c'est comme un retour aux origines,une démarche matricielle,biblique en même temps qu'orgiaque.Le grand cinéaste italien aurait eu peur de rater le dernier train branché qu'il n'aurait pas tourné autrement.Quand la contre-culture se piège seule et que l'anticonformisme se banalise,vaste débat dont j'ai cent fois devisé...Parfum de scandale vite éventé,ce qui n'évita pas le désastre critique et public de Zabriskie Point,sauf pour la bande originale qui devait beaucoup au Pink Floyd,beaucoup mais pas tout.

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          A le revoir,m'effleure la sensation que le mal être existentialiste de L'Avventura (1960) s'est un peu poursuivi jusqu'aux entrailles de Zabriskie Point,au sens géographique strict.Et aussi que,vieillissant doucement, le maître de Ferrare,qu'on a pu parfois croire hautain et arrogant,a crû possible cette ballade au coeur de l'Amérique de 1970,naïve et violente,puérile et blasée,explosive et désenchantée. En témoigne,après la mort de Mark, la mutiplicité des plans imaginés par Daria,la destruction de ces symboles de possession,montrés à l'infini par Antonioni.Back to Zab.?Pourquoi pas,puisque c'est aussi Back to my youth.

        Enfin,coïncidence,l'ami le Bison, qui a souvent le mauvais goût d'aimer la musique que j'aime,revient sur le film et sur le disque avec sa sensibilité habituelle.Il a découvert le film,je l'ai redécouvert,pourquoi ne pas vous laisser tenter vous aussi.Allez,Back to Zab! http://leranchsansnom.free.fr/?p=4196

Trailer for Zabriskie Point

 

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17 novembre 2012

Géographie: Lodi, Californie

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          Si la ville est très peu connue ici la chanson est célèbre.Proche de la capitale Sacramento, Lodi, Californie ,est une cité viticole très active.L'origine du nom est sujette à discussion,ce qui,j'en suis sûr,vous passionne.Est-ce une victoire de Napoléon en Italie ou le nom d'un cheval de course?John Fogerty,patron de Creedence,né à Berkeley,pas très loin,avoue qu'il ne connaissait pas Lodi avant d'en faire une des chansons les plus célèbres de l'album Green river,sorti en 1969,histoire d'un musicien besogneux et fauché coincé dans cette ville.Plutôt péjorative, la chanson,à peine moins connue que le grand tube du disque,Bad moon rising (dont elle fut la face B en single),a pourtant fait beaucoup pour la gloire de Lodi.Pas une raison pour rester "Stuck in Lodi again ".Mais je sais que CCR est resté très populaire sur les blogs.

http://youtu.be/CmFDMf3Tz2Y

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05 novembre 2012

Géographie: Palo Alto,Californie

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              Il y a parfois des illustrations vraiment magnifiques dans cette rubrique (je parle de  cette superbe casquette).J'ai un peu de mal avec Radiohead aussi.Etape donc plutôt difficile à Palo Alto,60 000 habitants."Le grand arbre" en espagnol,a vu en 1939 deux étudiants nommés Hewlett et Packard fonder une société.La suite vous la connaissez.La ville est un des berceaux de Silicon Valley.La technologie y joue un rôle important.Vous comprendrez donc ma discrétion.Sur Radiohead je ne serai pas plus disert,n'étant pas un adepte de ce groupe dont je sais cependant l'importance pour toute une génération.En réécoutant je pense un peu au Pink Floyd des premiers singles.Mais avec Radiohead s'éloigne un peu mon folkrockblues à moi.Je trouve la pochette de l'album assez réussie.Il me faut l'admettre,au fil du temps me voilà devenu paléontologue de Tin Pan Alley.

http://youtu.be/nR0gw7jsJHw    Palo Alto    Radiohead