28 janvier 2017

Back to Ray

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                                 Trois nouvelles dans ce recueil. Je reviens de temps en temps visiter les durs à cuire américains, des histoires de privés, à l'humour pince sans rire, aux sous-entendus grivois et au whisky facile. Evidemment et comme d'hab. je n'ai rien compris aux intrigues tortueuses de Un tueur sous la pluie et Bay City Blues. J'ai presque compris Déniche la fille because moins de cadavres. Ces trois textes datent du mileu des annnées trente, avant la création de Philip Marlowe. Raymond Chandler est l'un des très rares que je puisse lire sans le comprendre. Y a aussi Joyce mais, naufragé de la page 45 de Ulysse, je l'ai éradiqué de ma vie. Rappelons que c'est parfois difficile de s'y retrouver, le Raymond ayant souvent repris des éléments de certains textes pour les refondre ailleurs dans les romans ou même d'autre textes courts. Sans importance puisque de toute façon on (enfin moi) n'y comprend goutte.

                                 Mais quelle putain d'ambiance dans ces histoires publiées en général dans les pulp magazines (Black Mask) et longtemps méprisées. J'en adore l'efficacité, terriblement cinoche, qui ne s'encombre pas de psymachin, ni d'élégance. Les types y sont des marlous, des corrompus, des vicelards. Et c'est ainsi qu'on les nomme. Quant aux femmes ce sont des, des, des... courtisanes, j'appellerai ça comme ça. Bref ca grenouille à tous les étages, californiens ou chicagoans. Tiens je vais le laisser jacter, le Ray, de toute sa verdeur et de toute sa poésie. " La blonde ôta ses dents de ma main et me cracha à la figure mon propre sang". " Je sortis ma flasque de bourbon et la posai en équilibre au bout de mon genou". "Il somnolait. Sa cravate plastron avait dû être nouée vers 1880 et la pierre verte qui en ornait l'épingle n'avait pas tout à fait le diamètre d'un fond de corbeille à papier".

                                Scénariste à Hollywood comme d'autres minables, Faulkner, Dos Passos, Fitzgerald, Chandler n'est guère crédité aux génériques. C'est aussi bien comme ça. Ses bouquins, c'est déjà du cinéma.

P.S. Marrant. Dans cette édition Carré Noir de 64 le verso est illustré d'une magnifique photo pub de cigarettes blondes  de luxe, comme en fument les femmes fatales de ces romans noirs. Je ne l'ai pas mise pour ne pas tomber sous le coup de la loi. O tempora o mores!

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18 mai 2013

Les miroirs feraient bien de réfléchir

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             Curieuse affiche pour cette adaptation de Raymond Chandler,La dame du lac,qui semble jouer sur l'interactivité en...1946.L'originalité de ce film réalisé et interprété par Robert Montgomery est la caméra subjective,procédé devenu assez courant mais qui à l'époque avait créé une petite sensation.Passé ce truc qui ne nous fait voir Philip Marlowe uniquement dans un miroir ou un reflet,La dame du lac est assez loin de l'ambiance vénéneuse et complexe du Grand sommeil.De plus les deux films sont tout à fait contemporains.L'un est maintenant au panthéon du noir,avec Bogie et The Look,via Howard Hawks.L'autre n'est guère évoqué que par les exégètes des écrivains hard-boiled dont Chandler est un des phares.Bogart qui n'a pas été si souvent un privé au cinéma a tellement investi la mémoire ciné de sa silhouette,de son accent et de son tabac qu'on a l'impression que Marlowe c'est lui,et que le Sam Spade de Hammett c'est lui aussi.Sacré Bogie,ça va Patron!

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         On passe cependant un bon moment avec cette Dame du lac bien que l'on ne voie jamais ni la dame ni le lac.Une secrétaire, assez fatale,fallait s'y attendre tentera bien d'égarer Marlowe.Un flic s'avérera peu regardant.Quelques comparses y laisseront leur peau.Le tout venant du polar,à une époque,où,tout durs à cuire qu'ils étaient,les auteurs de pulps ne se croyaient pas tenus d'aligner trois pages sur la façon de découper un thorax.La dame du lac est à sa place en ligue 2 catégorie film noir, estimable. Evidemment, comme je viens de revoir Assurance sur la mort de Billy Wilder la comparaison est cruelle.Lequel Wilder avait pour coscénariste... Raymond Chandler d'après la longue nouvelle de James Cain,et ceci sans le moindre private investigator..On y revient bientôt.

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