22 mars 2019

Essai non transformé

 Masse critique

Chaplin

                         Pour Masse Critique de Babelio, que je remercie, fidèle pourvoyeur ès nouvelles parutions, j'ai donc lu un essai, chose que je ne fais presque jamais. Cet essai est intitulé Charlot, le rêve et il est beaucoup moins rigolo que Charlot. Je sais quand même qu'un essai est censé être sérieux. Et ce livre l'est, sérieux. Dieu, comme il est sérieux. Et moi le très sérieux m'indispose. Adolphe Nysenholc a sous-titré son livre Contrepoint entre le créateur et sa créature. Quelques mots. Peu, je ne suis pas compétent.

                         Nul doute que Chaplin et Charlot n'ont pas toujours fait bon ménage même si le cinéaste a fini par avoir la peau du vagabond avant que la postérité, à son tour, ne redonne au "tramp" de son état la place qu'il mérite au panthéon du Septième Art, la toute première. Cela dit, je n'ai pas grand-chose à rajouter. Chaplin, le rêve est une thèse sur L'imagier, sur La rivalité Hitler-Chaplin (cette partie est malgré tout intéressante et surprenante), sur Romanitude et judéité. Ce sont des titres de chapitres. Un beau travail d'universitaire qui m'a souvent ennuyé.

                        J'ai été plus sensible aux passages Vagabond errant ou Un corps ailé, Chaplin m'ayant souvent ramené aux archanges, si sentimentaux. Pardonnez ma brièveté. Mais si vous aimez Chaplin rien n'est mieux que de revoir ses films, et les revoir encore. Et si vous le connaissez somme toute assez peu découvrez-le. Car ce n'est pas avec ce livre que le plus grand génie du cinématographe trouvera ses fans nouvelle génération. Tout Chaplin se regarde avec le coeur. Ce livre se lit avec la tête. Avais-je la tête ailleurs?

 

 

 

 

 

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25 janvier 2015

Pas prochainement sur cet écran

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                                     Père Noël m'a apporté ce beau livre nanti d'affiches étonnantes que vous ne risquez pas de trouver. Une cinquantaine de films esquissés, parfois bien avancés, ayant explosé en vol, souvent ahurissants. Le casting de ces ratages est hallucinant et les projets avortés ont peut-être bien fait d'avorter. Je ne vais pas faire la liste simplement vous dire que vous avez échappé ou vous avez manqué,c'est selon, à une histoire de Girafes avec salades sur le dos des chevaux, comprenne qui pourra de toute façon avec Dali et les Marx Brothers.

Giraffes

                                   Mais aussi au Retour de St. Helen de Chaplin avec le thème d'un double de Napoléon, vaguement précurseur  du Dictateur. Ou le très heureusement mort même pas né Brazzaville, envisagé par la Warner, sequel de Casablanca. Please,don't play it again. Un Jésus de Dreyer, un Kaleidoscope d'Hitchcock...

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                                   Un peu plus récemment et sur lesquels il y a davantage de documents citons Leningrad 900 jours de Sergio Leone, Le voyage de Mastorna de Fellini,le Napoléon de Kubrick. Le Megalopolis de Coppola. Et puis on retrouve les spécialistes des films impossibles, Orson Welles naguère ou Terry Gilliam aujourd'hui. Les raisons des pelliculae interruptae (cherchez pas, pure invention du génial créateur de ce blog) sont essentiellement les budgets, les abus d'abus divers, Peckinpah par exemple, la santé mentale de certains comme Peter Sellers pour les ultimes aventures de la Panthère rose, la grande faucheuse.

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                                   L'important c'est d'avoir rêvé. Les plus beaux projets sont ceux qui n'aboutissent pas. Ils conservent ainsi l'éventualité du génie. Un peu, toutes proportions gardées, comme le roman que j'essaie d'écrire et qui m'échappe depuis des décennies. Le plus somptueux, et là je suis sérieux, est dans l'iconographie de Les plus grands films que vous ne verrez jamais. Ces affiches magnifiques de designers contemporains sont de vrais bonheurs. Et si les films sont invisibles les affiches, elles, sont bien belles à voir.

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P.S. A propos de ces affiches il va de soi que si quelqu'un venait à être lésé ces photos seraient sur le champ supprimées de cet article.

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14 juillet 2013

Citation m'était contée

 La mélancolie

C'est revoir Garbo dans La Reine Christine

C'est revoir Charlot à l'âge de Chaplin

C'est Victor Hugo et Léopoldine                        

La mélancolie

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 Léo Ferré,La mélancolie

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02 janvier 2010

On a failli perdre Charlot

   En 1923 Chaplin,déjà très populaire mais un peu las de n'être pris "que" pour un comique,fût-il génial,tourne L'opinion publique,film qu'il pense être un très important virage pour sa carrière.Important L'opinion publique l'est,à l'évidence.Mais fort heureusement personne n'aima ce film,ni critiques,indignés de voir Chaplin prendre l'accent grave,ni public,orphelin de son doux vagabond malchanceux.On l'a échappé belle.Songez que l'on n'aurait peut-être jamais connu Gold rush,Kid,Modern Times,City lights.Quant à Great dictator et Verdoux allez savoir!

  C'est que L'opinion publique est un mélodrame mondain,situé en France (A woman of Paris) pour atténuer la charge sur la société américaine.Lubitsch et Stroheim,ces Européens devenus américains auraient pu signer ce film.Très élégant de mise en scène,avec le sens des objets pour favoriser ellipses et légèreté,ce marivaudage grave fort bien interprété,Adolphe Menjou notamment en viveur presque touché,est une perle rare longtemps invisible  ou presque.Chaplin indique par sous-titre et dès le générique qu'il est absent de ce film(enfin,une silhouette).Une scène un peu orgiaque et très belle traverse le film lors d'une partie chez les riches oisifs.Elle est très significative et déplut souverainement.Le triangle amoureux,pourtant même pas vraiment adultère,fut fort mal reçu et interdit dans certains états.

   

           Dépourvu de happy end mais non d'une rédemption post-tragique qui a certes pris des rides (1923 rappelons-le) L'opinion publique a vogué son chemin, culte, rare,ignoré par Chaplin lui-même.On sait maintenant que c'est une oeuvre splendide,intelligente,dépourvue de toute démagogie du trottoir,ce qui aurait pu être tentant.Mais,bon sang,on l'a échappé belle.

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