21 janvier 2009

Deux enfants chinois

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Une famille chinoise,un très beau film de Wang Xiaoshuai,déjà auteur du remarquable Beijing bicycle.On s'attend à un mélo avec enfant malade,sujet risqué.Effectivement c'en est un mais tout en sobriété et retenue.Avec quatre personnages littéralement saouls de malheur qui luttent dans cette rude société chinoise moderne.Et les drames que la politique de l'enfant unique a pu induire,sacrifiant si souvent l'individu à la nation.Juste et émouvant.Ces deux enfants chinois sont la petite fille malade et l'éventuel deuxième enfant qui pourrait lui sauver la vie par un don  de moelle osseuse.Mais c'est bien compliqué car les parents sont divorcés et remariés chacun de  son côté.

     Le Pékin qui nous est montré n'est pas bien sûr la ville historique.Mais n'y pas non plus l'impression d'une métropole surpeuplée  où grouillent les fourmis industrieuses.C'est que le milieu est relativement favorisé même si la vie ne leur est guère plus facile.Ainsi se dégage d'Une famille chinoise un charme à l'européenne très plaisant mais il ne faut pas demander à ce beau film,comme je l'ai entendu lors du débat qui suivait la projection, d'être en quelque sorte représentatif du monde chinois,si vaste et si difficile à étiqueter.

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13 janvier 2009

Hitchcock,période anglaise,suite

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    En français Quatre de l'espionnage que Hitchcock réalise en 36 d'après les histoires de Mr.Ashenden de Somerset Maugham.Comédie d'espionnage très réussie.Comme cette série de noir et blanc,Les 39 marches,Une femme disparaît,Sabotage.Nous traversons une partie de l'Europe en guerre mais n'aurons pas d'images du conflit.Ce qui intéresse Hitch c'est le jeu du qui est qui,une constante dans son oeuvre où chacun se dissimule à souhait.Hitchcock a en fait mêlé deux histoires d'Ashenden:Le traître et Le Mexicain chauve.Ce dernier ni chauve ni mexicain est joué par Peter Lorre,l'extraordinaire acteur de M.Et l'élégant Robert Young joue le méchant,séduisant comme il se doit.Une grande partie de l'action se passant en Suisse Hitchcock a imaginé une des scènes clés dans une chocolaterie.A propos de l'utilisation de la géographie Hitchcok a déclaré "A quoi servent les Alpes si ce n'est à noyer des traîtres et à ouvrir des crevasses sous les pieds des gens?"

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07 janvier 2009

Au chien enragé ne reste que la ligne droite

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  A ceux qui connaissent surtout les fresques d'Akira Kurosawa...Il n'y a aucun paradoxe à aimer chez Kurosawa les sagas historico-shakespeariennes(pour faire court) et les polars secs et noirs des années cinquante.En 49 il met en scène Chien enragé,excellent western du bitume d'un Japon qui se relève lentement des ruines post-apocalyptiques.Il y a bien un duo de flics,une initiation,un rapport père-fils,schémas classiques. Mais il y a aussi un remarquable travail sur la musique et sur les bruits de la ville,avec une approche documentaire dont à mon avis s'inspirera Dassin dans sa trilogie urbaine à venir.Chien enragé est un film noir bien sûr avec boîtes de nuit,fumée,trafics d'armes et de très belles poursuites dans ce Japon hyper-urbain où le manque de place et la promiscuité,la misère et la violence cohabitent dans l'éternelle lumière bleue de l'essence du beau monde du polar.

    Kurosawa est donc un grand du cinéma noir.Est-il exagéré de trouver les films de A.K presque occidentalisés comme les plus rétifs des critiques l'ont souvent écrit?Je dois dire que ce n'est pas tout à fait faux,ses maîtres étant tout autant Ford et Griffith que les ancêtres nippons.C'est surtout une formidable leçon,une grande plongée dans l'histoire du cinéma que de voir,de lire,dirais-je,les films de Kurosawa.L'un des très rares à "supporter" une intégrale car l'intégrale est une démarche illogique et dangereuse dans bien des cas.

a suivre...

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05 janvier 2009

Fondation de la maison Hitchcock

   1929.Je crois que l'on peut considérer Chantage comme la première pépite du prospecteur Hitchcock.Il y en aura bien d'autres.N'y manque même pas le morceau de bravoure,ici la poursuite d'un maître-chanteur dans le British Museum.Un meurtre,une victime,une coupable,un inspecteur lié de près à la suspecte et un témoin qui compte en tirer profit,voilà les quatre piliers de cette histoire qui nous permet de visiter le Londres de 1929,à grand renfort de montages avec roues de voitures (influence plus que patente d'Eisenstein,vénéré par Hitchcock).N'y manque pas non plus l'apparition d'Hitchcock,sa deuxième je crois.La ville est fort bien reconstituée.Son agitation sied tout à fait à cette histoire assez moderne et qui s"affranchit de la trilogie policère londonienne victorienne(Jekyll/Hyde,Holmes,Jack the Ripper) pour une pesrpective plus directement cinéma et moins littéraire.

   Hitchcock aime les couteaux,ciseaux,belles armes bien effilées(Les 39 marches,Agent secret,Le crime était...,Psychose,Le rideau...). Il aime aussi les chutes(Cinquième colonne,Vertigo,La mort...).On trouve déjà tout ça dans Chantage ainsi qu'une charge sexuelle assez peu équivoque mais on sait que l'oncle Hitch se méfiait de ces femmes comme des régimes alimentaires.Comme il avait raison...

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03 janvier 2009

Scorpion mortel,ennui de même

Sous le signe du scorpion

   Quelques mots suffiront car,une fois n'est pas coutume,voici un film des Taviani qui ne m'a guère captivé.Datant de 1969 il s'agit d'une fable très pesante sur la société à travers la lutte de deux tribus sur une île volcanique.Passent,enfin j'ai cru comprendre,les ombres de Caïn et Abel,d'Ulysse,voire de Romulus et Rémus.Parabole sur le pouvoir,lecture marxisante très déshumanisée,c'est ce que j'appelle un pensum.Passe aussi mais je ne le sais que parce que j'ai lu un bouquin sur le cinéma des Taviani,le conflit entre Utopie et Conservation dont le vainqueur serait l'Histoire.Ce qui ne passe guère par contre c'est le temps,90 minutes qui m'ont paru plombées par le pire défaut du cinéma d'auteur,à savoir se croire obligé d'asséner le spectateur d'une très lourde dose de prétention philosophique.Moi qui suis un zélateur des frères je regrette cette aventure dans les îles,réalisée juste avant Saint Michel avait un coq dont je vous ai dit grand bien il y a peu.

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27 décembre 2008

Curiosité,Sir Alfred en jeune homme

      Un des tout premiers parlants d'Alfred Hitchcock,bavard même,adapté de la pièce de Sean O'Casey Junon et le Paon,date de 1929.Hitch a dit à plusieurs reprises qu'il ne s'était pas impliqué dans ce film et effectivement ce film ne relève pas du cinéma,mais du théâtre engagé des auteurs irlandais de ces années vingt, statique,absolument pas mis en perspective d'image mouvante.Ce qui ne veut pas dire que la pièce est médiocre.Mais Hitch s'est contenté de filmer platement la troupe qui l'avait joué à Dublin.Le résultat en est une pièce évidemment contemporaine de ces luttes de la République d'Irlande,qui n'a pas peur de présenter les autochtones comme des sacs à bière ou des fainéants.La verte Erin n'a pas connu que des héros au coeur pur.Junon et le Paon flirte un peu avec le mélo et le brûlot politique.Cela semble un peu exotique mais j'aime tant l'Irlande que je ne suis pas mécontent d'avoir vu ce vieux film qui ne doit pas grand-chose à Hitchcock.

Portrait Sean O'Casey

    L'autre pièce célèbre de Sean O'Casey,La charrue et les étoiles,devint en 36 sous la direction de John Ford Révolte à Dublin.A noter que O'Casey était protestant et qu'il quitta assez vite son île pour l'Angleterre.Tout ceci nous éloigne pas mal de Sir Alfred mais en 29 également il avait tourné Chantage,autrement intéressant.C'est notre prochain spectacle.

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25 décembre 2008

New York-Palerme,aller simple

   Francesco Rosi adapte en 90 une petite partie du Goncourt d'Edmonde Charles-Roux Oublier Palerme que je n'ai pas lu.Le film,co-produit,ce qui est souvent synonyme d'alourdissement,n'est pas un très grand opus de Rosi mais n'est pas du tout indifférent. Encore un film sur la Mafia,diront certains.Cela me paraÎt normal que tant de films traitent de ce thème,de Scarface à Gomorra,la lutte entre le bien et le mal ne datant pas d'hier. Un politicien italo-américain brigue la mairie de New York (James Belushi très crédible).Avec l'idée d'éradiquer,vaste programme,la Pieuvre.Une jeune journaliste italienne l'incite à un voyage en Sicile sur la trace de ses aïeux.Si la partie campagne électorale est très classique le retour à Palerme ,très bien orchestré,nous fait passer subrepticement d'une Sicile plutôt touristique,très couleur locale à une île au versant bien sombre,archaïque et ancestrale,avec tout ce qu'il fait d'un obscurantisme misérable contre lequel l'Institution semble être le rempart.Question éternelle.

   Un moment déstabilisé sur le crucial sujet d'une certaine légalisation de la drogue Carmine Bonavia assumera-t-il? Dans ce beau coffret dont j'ai déjà évoqué les deux autres film Le Christ s'est arrêté à Eboli et Trois frères Francesco Rosi répond au critique Michel Ciment et c'est clair, concis, passionnant.Vous avez peut-être remarqué l'omniprésence du cinéma italien en cet endroit.On ne se refait pas.Au fait il y a dans Oublier Palerme un personnage inoubliable,le Prince,le grand Gassman,qui a la permission de vivre à condition, qu'il ne sorte pas du palace où il est assigné par l'Organisation,suite à un très vieux litige.Filiation avec Visconti,un peu,car Rosi utilise aussi la valse de Verdi et l'immense salle de bal du Guépard.

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18 décembre 2008

Fascisme et gauchisme en grotesque

Domani,domani et Le porteur de serviette,les deux seuls films de Daniele Luchetti sont bien loin,vingt ans à peu près.J'avais autant aimé le premier,conte voltairien,que le second,fable politique.Mon frère est fils unique,sorti l'an dernier,me semble un film un peu moins personnel mais fort intéressant cependant.Si la première partie,très volubile,traite de l'opposition entre les deux frères querelleurs l'un comme l'autre,et ce avec pas mal de verve pour un film qui ressort assez classiquement de la comédie à l'italienne des années soixante,la seconde partie tourne à l'amer et au grave.Accio,le plus jeune est membre du parti néo-fasciste et Manrico l'aîné très engagé à l'extrême-gauche.Peut-on considérer que Luchetti les renvoie dos à dos?A peu près et c'est très bien ainsi à mon avis.Mais derrière la truculence de ces deux jeunes hommes perce la difficulté d'une Italie en proie à ces mouvements qui finiront par les Brigades Rouges,sans pour cela ôter la gangue d'affairisme d'une bonne partie de la classe dirigeante.

Amoureux de la même femme,rivaux en politique,les frères s'aiment pourtant profondément.Je les ai aimés aussi bien que ce cinéma reste un peu palôt par rapport aux grandes oeuvres du passé.Pourtant Daniele Luchetti est loin d'avoir démérité sur cette adaptation d'un livre nommé,je crois,Il Fasciocommunista,dont j'ai oublié l'auteur.Il faut un certain courage pour présenter un jeune néo-fasciste plutôt positif par ailleurs.il n'y a là-dedans rien de démagogique,c'est assez rare pour le souligner.Et puis ces bagarres entre ces extrêmistes plus benets que vraiment concernés sont souvent péchés de jeunesse.A noter une scène hilarante et qui en dit long:la version de L'hymne à la joie de Ludwig aux paroles modifiées ainsi "Trotsky,Lénine,Staline,Karl Marx",tout ça sur la Neuvième.Je connais des images actuelles tout aussi ridicules mais moins drôles.

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30 novembre 2008

Si c'est ça la paix,je crois que je préfère la guerre


ALLEMAGNE ANNÉE ZÉRO / ROSSELLINI - SUICIDE D'EDMUND

    Rigueur.C'est le maître mot à propos de Allemagne année zéro qui clot la trilogie fin de guerre de Roberto Rossellini.Après la douleur de Rome et la remontée de la botte italienne en ses cinq épisodes de Païsa Rossellini ausculte l'ancien allié en sa capitale historique.74 minutes composent Allemagne année zéro et cela suffit à ce diable d'homme pour nous faire toucher du doigt la si grande détresse de la paix et la sinstrose des après-guerres et des réglements de compte.Un jeune Allemand de treize ans tente de survivre dans ls éboulements et la déréliction de l'ancienne ville phare du Reich qui en perdra même son titre de capitale avant d'être tranchée en quatre.Maintenant ce sont les familles elles-mêmes qui sont dévatées et décimées.Entre un père mourant,un frère qui n'a pas su changer de camp assez vite,chose fortement déconseillée en ces temps de basculement,une soeur qui hésite sur les extrêmités classiques qui guettent une jeune femme en ces moments,le jeune Edmund vit de rapines et d'expédients,en attendant pire.

  Le Néoréalisme,en s'exportant si peu de temps après la Guerre dans les décombres encore fumants de Berlin,tourne l'une de ses plus belles pages.Ce constat,sans la moindre facilité ou fioriture, absolument vierge de tout tic d'acteur,de tout ego de metteur en scène,de toute couleur locale en l'occurence,est à voir impérativement tous les cinq ans environ.J'ai vu le film pour la première fois à quinze ans et je viens de le revoir avec la même émotion,une émotion qui n'a rien d'un sentiment un peu racolé ou flatté,une émotion que je qualifierai d'"intellectuelle" tant ce film comme les deux autres de la trilogie mais avec cette différence qu'il parle des vaincus,distille longtemps et pour toujours l'intelligence du cinéma.Ce n'est pas si fréquent.Les cinq dernières minutes sont parmi les plus impressionnantes du cinéma(vidéo).Allemagne année zéro c'est aussi Beyrouth,Gaza,Kaboul,etc...

 

 

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24 novembre 2008

Des gens ordinaires

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        Gente di Roma avait été filmé par Ettore Scola il y a quelques années.En 1950 Luciano Emmer,cinéaste élevé au Néoréalisme invente en quelque sort le film choral,presque ethnologique,décrivant non pas la vie des Papous de Nouvelle-Guinée,mais celle des Romains un dimanche d'été,en route pour Ostie,la plage  de Rome.Cette Ostia n'est pas celle de Pasolini mais se donne pour quelques heures à toute une faune de gens modestes qui se précipitent à la première heure en vélo,scooter,train de banlieue ou voiture.Laborieuse la voiture...Je n'ai pas peur de dire que Dimanche d'août est un enchantement qui réussit la gageure d'échapper à toute démagogie,ce que même le grand Renoir n'a pas toujours su.

   Car tous ces gens sont vrais,mioches,adolescents émoustillés, matrones affectueusement collantes,pères ou mères seuls avec leur fille.Ne manque même pas une équipe de bras cassés genre Le pigeon qui profitent de l'exode dominical pour fomenter un audacieux casse dans un abattoir.Pas de héros ou plutôt que des héros quotidiens ou hebdomadaires en l'occurence.Bien sûr chacun ment,gentiment,juste ce qu'il faut pour avoir l'air un peu plus riche,un peu plus malin,pour séduire,quoi.Mais il y a tant de fraternité,tant de justesse dans ces petits pointillés de la vie de la grande cité en cette après-guerre où le miracle italien commence à peine.Rejeton tardif,presque ultime du grand mouvement cinématographique italien,Dimanche d'août est une perle rare.Luciano Emmer a signé par la suite surtout des documents et La fille dans la vitrine,belle fiction sur l'immigration italienne en Belgique.Né en 18 il n'est pas mort à ma connaissance.On continuera donc de l'ignorer.

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