13 janvier 2007

Des élèves studieux

Des élèves studieux m'accompagnent pour une série de six analyses de films classiques réparties sur six décennies.Ces élèves que je salue et remercie sont ceux du Temps Libre des Amis de l'Université Jules Verne de ma bonne ville.Mercredi je les ai conviés à La règle du jeu.J'avais pour cela revu,découpé,disséqué ce film célèbre et incompris lors de sa sortie.Il faut dire qu'en 39 la France avait la tête ailleurs.Un régal!

Les invités se pressent à la Colinière,le manoir du Marquis de la Chesnaye.Certains seront vite hors-jeu,d'autres cherchent à tirer leur épingle du jeu.Souvent jeux de mains,jeux de vilains.Et si le jeu en vaut la chandelle il vaut mieux ne pas trop se prendre au jeu.Rien de vieux jeu dans ce jeu de massacre de Jean Renoir.Ce film,très en avance en 39 par sa construction,son naturel,sa liberté,ses angles et son "humanité" fut copieusement hué.Remis en selle par André Bazin et d'autres il jouit maintenant et à juste titre du statut parfois galvaudé de film culte(?).Car tous ces gens là,aristos ou domestiques sont des types comme vous et moi,ni plus ni moins reluisants.Enfin pour vous je ne sais pas trop.

   Le Marquis amateur d'automates,Octave le pique-assiette sympa et opportuniste,Schumacher le malheureux mari,Marceau le braconnier anar,Jurieu l'angélique et naïf aviateur ont tous quelque chose de nous.On s'arrange,on fait tous de petits compromis,on a tous nos raisons. Et les dames aussi,la Marquise, Lisette sa camériste,la belle Geneviève.Drôle de jeu quand même que ce jeu de la mort et du hasard.Considéré comme le meilleur Renoir et souvent comme l'un des meilleurs films français.Je ne goûte guère les classements.Mais c'est un chef-d'oeuvre  que n'auraient renié ni Marivaux,ni Musset,ni Beaumarchais qui,s'ils ne figurent pas au générique sont pour le moins "inspirateurs.

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23 décembre 2006

Portrait de Marilyn Garbo

Vous qui êtes aussi pervers que moi quant à la mythologie des actrices,je suis sûr que vous vous êtes posé la question essentielle qui nous lie à ces icônes.Cette question est:pourquoi Marilyn et pourquoi Garbo?Pourquoi appelle-t-on l'une par le prénom comme une copine de lycée et l'autre par son nom comme une directrice d'école.Encore que l'on puisse tomber amoureux de la directrice de l'école.Mais pour elles,pour elles deux...

   Greta Gustafsson Garbo,la Divine,n'est pas une affiche sur un mur de chambre d'adolescent.Je ne pense pas qu'elle l'ait jamais été.Peu bavarde,ce qui lui a permis d'éviter les bévues de certaines ravissantes idiotes Garbo offre à des admirateurs nombreux mais corrects son visage sévère,énigmatique non exempt d'une certaine antipathie.Mais la hauteur et l'antipathie peuvent être diablement séduisantes.Interprète de grands personnages de l'histoire(Marie Walewska,La Reine Christine,Mata Hari),de la littérature(Anna Karénine, Marguerite Gautier) Garbo existe-t-elle réellement?Phobique de ce que l'on n'appelait pas encore les médias cette femme,à force de créer le mystère autour d'elle,s'est évanouie quelque part dans le monde étranger à ce qui n'est pas celluloïde.On n'oublie pas Garbo mais comme épaule amie,et plus si affinité,ce n'est tout de même pas la panacée.Et au Grand Hotel quand je descends ce n'est pas la belle Nordique qui me manque.Attirante certes mais comme ces étendues blanches que je n'atteindrai jamais la Divine est comme une photographie glacée,deux fois glacée sur un magazine obsolète dans le hall du palace. Heureusement Lubitsch vint et Ninotchka avec lui.On a su alors que Garbo aurait pu être humaine,de larmes et de sourires,une femme,pas un rêve dont on n'ose prononcer le prénom.

   Norma Jean n'a jamais quitté les calendriers et on n'ose imaginer qu'elle aurait 80 ans.Marilyn,notre Marilyn à tous,à vous,à moi,du domaine public du glamour si j'ose dire.Marilyn à qui tout homme est redevable d'émotions ou tout au moins d'émoustillements.Les hommes préfèrent les blondes et les blondes préfèrent les bijoux.Croqueuse d'hommes peut-être mais croque la vie qui vivra peu(vieux proverbe malais de mon invention).La garce de Niagara et les demoiselles de vertu incertaine(et tant mieux) de Bus Stop,Certains l'aiment chaud ou Sept ans de réflexion me troublent encore un peu quelquefois.Marilyn ou comme un petit air de descente aux enfers qui convient à toute liaison.En sachant que toute liaison,justement,porte sa part immanquable d'obscurité,et ce soupçon de vulgarité un peu agressive mêlée à l'immense et souvent puéril besoin de tendresse de Marilyn pour qui il y a pas mal de temps j'ai commis ce qui suit.

Norma Jean,pour toujours

Une mère dépressive ne t'aura donné

Qu'enfance cahotique

De ces troubles années tu conservas

Les moues,les colères,la nervosité

D'autres disent l'hystérie.

Tant de fragilité surtout,l'immense besoin d'être aimée.

Eve,nouvelle Eve,évaporée

Lolita un peu vulgaire,étourdie,candide et coquine

Que de clichés!

Gentiment écervelée,chercheuse de milliardaire

Tu aimais les joyaux.On t'a crue ravissante idiote

Mais,insatisfaite tu voulus quitter cette enveloppe factice

De sex-symbol en technicolor

Trompe-l'oeil,au delà du brillant

Des effets faciles d'un scénario

La tendre flambeuse voilait une âme tourmentée

Comme lointaine tu guerroyas en vain

Rageant de mal étreindre le bonheur

Ni l'idole des stades

Ni le dramaturge adulé

Ni même le très grand homme

Ne t'ont serrée assez près pour retenir ton souffle.

Les folles soirées

Au parfum tapageur,au masque clinquant

Ont donné à ces matins âcres

Le goût morbide des défaites

Cette amertume qui ne s'éteignit

Que la nuit d'été empoisonnée

Près d'un téléphone silencieux

Statufiée,bafouée

Marilyn

Existe-t-il plus femme que toi

Norma Jean?

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17 décembre 2006

Flaherty Visconti,même combat

 

L'Homme-D'Aran

           Quand les femmes des pêcheurs siciliens de La terre tremble semblent guetter le retour des chasseurs de requins irlandais de L'homme d'Aran il me semble qu'il n'y a rien à rajouter à la grandeur du cinéma.Je me tairai donc.Reste le plaisir des yeux et quelque chose,là,au coeur qui réunit mes deux pays d'amour.Point n'est besoin de gloser davantage...                                                                  

 

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12 décembre 2006

Cagney le teigneux

Il me semble que James Cagney,irlando-américain,est le père spirituel de Robert De Niro,italo-américain.Je parle là du De Niro des années 70.Décortiquons donc comme dirait Chris. Ils se sont beaucoup bagarrés dans leurs films.Cagney a eu de la concurrence car les mauvais garçons ne manquaient pas:Paul Muni,George Raft,Edward G.Robinson et un certain Bogart.Les films de Cagney étaient taxés de violents comme nombre de ceux de De Niro. Citons L'enfer est à lui,L'ennemi public,Les anges aux figures sales,A chaque aube je meurs,Les fantastiques années vingt,Le fauve en liberté.Et surtout dans toutes ces productions Cagney a incarné le rêve américain du petit rouquin irlandais qui ne trouvera que la cogne pour satisfaire ses ambitions.Pas plus pourri qu'un autre au commencement le héros joué par Cagney rentré de guerre et débutant dans la vie active et malhonnête cherche à bâtir un empire.Pour ça il lui faudra piétiner et frapper.Mais dans les pires moments le personnage cagneyen conserve quelque part un code de l'honneur et un sens de la pédagogie(ne faites pas ce que j'ai fait,voir la très belle fin des Anges aux figures sales).Agité,le regard inquiet,à la limite du tic Cagney apporte à ses rôles de gangsters une fièvre,une ardeur brutale et terriblement humaine,trop humaine.Le rictus de Cagney est de ceux qui auront compté au cinéma.Tellement à l'aise en gangster on en oublierait son Oscar pour la comédie musicale La glorieuse parade(Michael Curtiz,1942).

Il me semble que Robert De Niro,famélique héros de Scorsese bien sûr mais aussi De Palma et Leone et Coppola est à l'ambition émigrée italienne et brute ce que Cagney a été à la diaspora irlandaise qui n'avait pas peur des coups.On dit que Cagney,homme plutôt doux,détestait l'homme cynique,mufle,voire cruel que le cinéma lui avait fait interpréter.Mais comme il donnait bien le change...

A signaler les deux films en commun de James et Robert:Le voyage au bout de l'enfer est à lui et Nous ne sommes pas des anges aux figures sales.Euh...Désolé.

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17 novembre 2006

Adaptation impossible

Florence Colombani déjà auteur d'un très bon essai sur Elia Kazan(voir ce blog,cinéma américain) vient de publier un ouvrage érudit mais clair et passionnant sur l'un de mes cinéastes préférés.Proustienne convaincue comme Visconti elle s'est penchée sur les oeuvres du metteur en scène et de l'écrivain.On sait que Luchino a toute sa vie couru après l'adaptation de Proust,sans succès pour différentes raisons que Florence Colombani explique d'ailleurs.Mais surtout dans Proust-Visconti,histoire d'une affinté élective(Philippe Rey) elle démontre l'étroitesse des liens entre les deux oeuvres et comme quoi l'influence de Marcel est tangible dans tous les films de Luchino y compris les premiers,encore pourtant très néoréalistes et éloignés apparemment du style proustien.

   En plusieurs chapitres très joliment intitulés Le narrateur,Les multiples visages du baron de Charlus,Elégantes proustiennes Florence Colombani nous initie à ces calmes mystères quoiqu'inquiétants où les images du Duc semblent comme dans une "correspondance suspendue et fleurie" avec les mots et le style de Proust.Bourgeoisie,décadence,saphisme et désir drôlant le morbide,décors somptueux comme vacillant et plongeant vers la fin d'un monde,du monde non pas selon Proust ou Visconti,mais du monde qu'ils ont contribué à recréer.On comprend très vite l'association entre Balbec et Venise,entre les viellissants Professeur(Violence et passion),Prince(Guépard),ou Compositeur(Mort à Venise,pourtant d'après Thomas Mann?Mais Mann lui-même n'est-il pas étonnamment proustien?) et les Swann,Charlus,etc...

  Thème commun aux deux que cette déstructuration des dynasties come celle des Damnés ou de la famille de Rocco et ses frères pourtant très socialement éloignée par rapport aux Guermantes.Enfin la Sérinissime  visitée par le narrateur d'Albertine disparue est bien soeur de la Venise de Senso ou de Mort à Venise,vieille catin mal maquillée et que l'on désire malgré tout sans être exagérément fier de soi.Mais quiconque a contemplé la Beauté à la mort est déjà voué.Le narrateur chez Proust contemple l'Ange d'or du Campanile de Saint Marc comme Aschenbach contemple Tadzio,"rutilant d'un soleil qui le rendait impossible à fixer".

  Ce ne sont là que quelques traces de ce magnifique jeu de piste que nous propose Florence Colombani.Il y en a bien d'autres.A lire pour qui veut ne pas rester en dehors de cette rencontre irréelle entre deux génies.Visconti n'a donc jamais réussi à adapter La recherche...Détrompez vous.Il n'a fait que cela et plutôt bien.

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11 novembre 2006

Images de ruines

   Vous avez aimé Le troisième homme, ou Allemagne année zéro. C'est vrai que les ruines d'après l'horreur ont donné naissance à des chefs d'oeuvre parfois.Avez-vous lu L'ami allemand, excellent roman de Joseph Kanon dont Steven Soderbergh termine l'adaptation?

La Porte de Brandebourg

     Berlin 45.Un journaliste américain doit rédiger une série d'articles sur la conférence de Potsdam. La ville est éventrée et dans ce décor sinistre ou tout se monnaie il veut retrouver Lena son amour d'avant-guerre car il a vécu autrefois dans cette ville qu'il aimait.C'était un peu avant la guerre.C'est si loin.

L'ami allemand

     Mais les tensions politiques sont au paroxysme.Il ne faut pas oublier que la guerre n'a cessé que pour devenir une autre guerre, dite froide. Il y a déjà bien des rivalités pour le contrôle de ce qui est encore la capitale allemande qui va bientôt sombrer dans une sorte de no man's land bureaucratique pour 50 ans.Dans ce climat délétère il faut songer à sauver sa peau, quand les cadavres ne sont pas tous ceux que l'on croit et que d'un secteur à l'autre la vie ne vaut pas bien cher. La recherche de documents nazis pour la justice n'a, comme les hommes,pas toujours été exemplaire. C'est un livre très riche qui conjugue action et réflexion sur la difficulté de sortir d'un conflit démesuré qui aura aussi brisé l"amour de Jake et Lena.

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31 octobre 2006

Le doute sous le portique

Rashomon(1950) est le film qui a révélé Akira Kurosawa à l'Occident.Le Japon put alors cinématographiquement relever la tête et l'on commença à découvrir la richesse de ce Septième Art nippon très spécifique et qui désarçonne parfois le spectateur européen.Adapté de deux récits d'un écrivain connu au Japon Rashomon est une réussite exemplaire de ce que j'appelle le cinéma de l'interrogation,vaguement affublé en France de l'adjectif pirandellien référence au grand dramaturge italien Pirandello auteur de A chacun sa vérité.

  Les protagonistes d'un meurtre témoignent tour à tour.Mais chaque version diffère bien entendu et les trois personnages réfugiés pour cause de pluie battante(il pleut souvent dans le cinéma japonais) se heurtent sur la vérité et sur la faillite de l'humanité bâtie sur le mensonge.Le bonze,le domestique et le bûcheron méditent sur la fragilité du vrai et la relativité des déclarations.Savamment orchestré d'une série de retours en arrière Rashomon met en relief des classiques de la littérature du pays,bandit,femme soumise(pas tant que ça,là encore il y a doute),samouraï.Couronné de récompenses Kurosawa a été gentiment accusé de calcul à l'exportation pour toucher enfin le public de l'Ouest.Peut-être pas faux mais qu'est-ce qu'on s'en moque.Cette porte de Kyoto ouvrait la voie pour une découverte passionnante:il y avait donc un cinéma aux confins de l'Asie.Et d'une complexité inattendue.

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20 octobre 2006

L'ombre de ton sourire

The shadow of your smile est un thème musical célèbre dont j'avais oublié qu'il était extrait du Chevalier des sables,ce joli film de Minnelli parmi ses derniers.The sandpiper flirte avec les limites du mélo,ce qui n'étonne pas de la part de Vincente Minnelli qui aime les couleurs flamboyantes comme les robes de Liz Taylor et les les complexes de culpabilité comme ceux de Richard Burton,clergyman ayant perdu sa flammme depuis longtemps sous les arrangements.

   Enième rencontre Burton-Taylor Le chevalier des sables est aussi l'histoire d'un rendez-vous manqué entre Taylor  peintre en marge sur les falaises de Big Sur,Californie,ce qui est une marge confortable pour une artiste sans succès et ce qui limite un peu la vraisemblance de la performance de comédienne,et Burton qui passe de la sécurité au tourment de manière tout à fait sobre et assez bouleversante.

   L'épouse modèle est Eva Marie Saint l'évanescente héroïne hitchcockienne pour qui je concède un faible.En peu de scènes et jamais à corps et à cris l'épouse conformiste et digne atteint finalement  une grande sensibilité. Il est parfois plus difficile de rester dans le rang.Vincente Minnelli filme ainsi les passions comme l'Océan qui n'a de Pacifique que le nom ressemblant en cela à l'âme humaine.

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17 octobre 2006

The ultimate Antoine Doinel

J' ai donc vu et revu la saga d'Antoine Doinel et on ne signalera jamais assez la fidélité de Truffaut à ses personnages dans cette réalisation à ma connaissance unique au monde:suivre en 5 films et vingt ans un héros de notre temps,subtil alliage de Truffaut,Léaud et...Doinel.

Truffaut est d'ailleurs en général un cinéaste de la fidélité:aux femmes(toutes les femmes),au polar(Irish,Goodis),aux enfants,aux livres,au cinéma.

On peut vraiment parler de l'oeuvre de Truffaut comme d'une oeuvre littéraire et c'est un compliment pour moi.Cohérence de l'écriture,logique imparable de l'évolution d'Antoine Doinel ,évolution dans l'instabilité certes,mais tellement sentimentale et imprégnée de l'idée de roman d'apprentissage et de journal intime.

L'interprétation de tous les rôles est parfaite,de Claire Maurier et Albert Rémy au début jusqu'à Dorothée(eh oui).Une mention pour la Tour Eiffel dans son propre rôle,très présente et pour des gens qu'on a peu vus au cinéma(Claude Véga,Daniel Boulanger).


A classer au patrimoine définitivement.

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13 octobre 2006

L'Oscar du cinéma

Comment le cinéma pouvait-il traiter du procès d'Oscar Wilde en 1960?L'acteur réalisateur russo-américain Gregory Ratoff ouvre le film par un plan sur la tombe du père de Dorian Gray,sise au Père Lachaise et presque aussi fréquentée que celle de Jim Morrison.Mais en 1960 difficile d'entrer dans les détails de la vie privée d'Oscar.Cette production restera donc un film sage peu vu et surtout peu apprécié de la critique. J'ai un avis un peu différent. Certes nous naviguons en plein académisme et la satire de l'Angleterre victorienne est bien pâle.Certes le film est en fait un film-prétoire(genre en soi pas inintéressant mais terriblement théâtral).Vous me direz que le théâtre a été la vie d'Oscar Wilde,alors pourquoi pas.Cela manque singulièrement d'entrain mais de bons acteurs anglais très classiques,Robert Morley qui ne donne pas une image très glamour de l'écrivain,Ralph Richardson, font passer un bon moment comme une visite patrimoniale en la perfide Albion qui comprit si mal cet Irlandais.Une pièce de plus dans l'immémorial contentieux Londres-Dublin.

    Evidemment la vie d'Oscar Wilde est réduite à quelques souvenirs de jeunes valets pudiquement évoqués par l'accusation.Il faut bien remettre les choses en perspective et dans le contexte d'une époque.Et ceci est valable pour chaque film et il me semble que bien des critiques l'ignorent.Pourtant toujours bienséant Oscar Wilde fut interdit aux moins de 16ans.Que reste-t-il de ce film qui n'a rien d'un brûlot?Une curiosité qui inciterait à comparer avec Le procès d'Oscar Wilde(Ken Hughes,1960 également) ou le récent Oscar Wilde de Brian Gilbert avec Stephen Fry,acteur auteur qui lorgne manifestement vers la personnalité de l'original.

   De tout cela je conclurai que pour s'imprégner d'Oscar le mieux est encore de voir le merveilleux film d'Albert Lewin,Le portrait de Dorian Gray que j'ai chroniqué déjà.Et surout de relire La ballade de la geôle de Reading, ou son théâtre(Il importe d'être constant,L'éventail de Lady Wintermere) ou encore ses contes(Le fantôme de Canterville).La France a plutôt bien reçu Oscar Wilde,toujours irlandophile et aussi pour contrarier l'ennemi héréditaire d'outre-Manche

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