12 octobre 2014

Le cinéma, mon vélo et moi / 4 / Ferrare antebellum

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                                                                                   Années trente. Une famille juive dans Ferrare la belle,le magnifique roman de Giorgio Bassani, l'un des derniers films de De Sica, une Italie du Nord, certes assez éloignée du Néoréalisme historique, mais tout aussi vraie. Je m'imagine, en blanc, mince et sportif, chevalier servant de Dominique Sanda et  rejoignant de toute la vélocité de ma bicyclette Le jardin des Finzi-Contini. Trente ans  après Le voleur de bicyclette le vélo retrouve toute sa place dans le cinéma italien. Un homme dans la ville. Et merci encore à Asphodèle pour la belle illustration de cette chronique.

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26 juillet 2014

Le cinéma, mon vélo et moi/2/ L'héritage néoréaliste

VELO

                                         Un cinéma à hauteur d'enfant, une filiation de De Sica aux Dardenne, un peu plus de soixante années séparent les deux films, le coeur commun, et le vélo-vecteur social et objet d'envie d'insertion. Deux films sans âge, sans grands mots. Taisons-nous. Rome, Liège.

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13 novembre 2013

L'un de mes péchés mignons...

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             ... on le sait,est le cinéma italien. Animant au Temps Libre une série de six exposés sur le sujet j'ai décidé cette année d'ignorer les géants,déjà souvent présentés, pour me consacrer à l'équipe réserve du cinéma italien des annèes 50-80. Et croyez-moi la réserve se compose des quelques réalisateurs passionnants dont Luigi Comencini et Mario Monicelli. Je dois à Comencini probablement l'un de mes tout premiers souvenirs de cinéma,encore est-ce plutôt vague. L'histoire entre Vittorio De Sica et Gina Lollobrigida connut un immense succès au milieu des années cinquante.1954, bon enfant et pétillant, une pagnolade dans les Abruzzes en quelque sorte, Pain, amour et fantaisie marqua pour le metteur en scène un tournant important. Le triomphe public en Italie et son succès en France valurent à Comencini l'étiquette infamante de cinéaste à visées commerciales. Che vergogna!

                Sa suite, Pain, amour et jalousie n'arrangea rien on s'en doute. Pourtant au moins le premier du binôme est délicieux, tordant gentiment le cou au Néoréalisme exsangue d'avoir été trop brillant. Le prestige de l'uniforme,quoique modeste maréchal des logis d'une brigade de carabiniers d'un village du Sud, et la jeunesse de Lollobrigida, annonçant gaiement  Esmeralda de Notre-Dame de Paris, expédient vivement l'affaire, rappelant que le cinéma italien a eu ses heures sympas et toniques, en dehors des "Immenses". Dame, on ne peut regarder tous le jours Le Guépard, La dolce vita, Rome ville ouverte ou L'avventura. Mon intérêt pour le cinéma italien tient aussi au fait que,parfois médiocre, il est toujours resté terriblement italien jusque dans ses errances.

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                              Plus tard avec A cheval sur le tigre, vers 1960, Comencini parvient à marier de belle façon le film de prison avec tentative d'évasion, presque un genre en soi, et la chronique sociale héritière de l'après-guerre. Quatre petits malfrats se trouvent libres après bien des difficultés et une description carcérale assez précise pour l'époque. L'un des protagonistes tombe d'un toit de cinéma,le toit était ouvrant, fréquent en Italie en ces années. Cette mort violente au milieu d'une comédie est déjà en soi une audace. Le héros principal, impeccable Nino Manfredi, retrouve sa famille et, l'accent du film virant au grave, chose essentielle dans la comédie italienne, n'aura de choix que la trahison de son dernier compagnon. La truculence de la première partie, parfois hilarante, s'est mâtinée de sombre et de  désespoir. Nul mieux que les Italiens de la comédie, cette fameuse équipe B, Comencini ou Monicelli ou Risi ou Germi ou Scola, ne sait faire ça. Che dice? Que je suis partial. Si,si... Etre A cheval sur le tigre n'est pas confortable, mais en tomber risque d'être pire.

 

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22 mai 2012

Gueux gais et gags

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         Ce Miracle à Milan est un délice,un bijou,un bonbon qu'on aimait saliver enfant.Primé à Cannes en 1951,il est à craindre qu'un film pétri de bons sentiments comme celui-ci ne triomphera plus jamais sur la Croisette.O tempora, o mores!L'un des maîtres historiques,moi je dis des gentlemen, du Néoréalisme s'en éloigne gentiment par la fable,le conte,la simplicité.Certains diront la naïveté.J'imagine déjà les adjectifs, passéiste, désuet, suranné,voire pire.Le cinéma se joue du temps,comme Michel-Ange ou Breughel,comme Bach et Stravinsky, comme Ronsard et Prévert.Le cinéma ne se divise pas.Il est parfois très médiocre,parfois génial.Il est toujours de son époque,donc du patrimoine.

             Le vieux complice de De Sica,Cesare Zavattini,avait écrit Toto le Bon.Un enfant trouvé par Lolotta dans un chou,touché par la grâce,fondait un bidonville plutôt sympa dans le Milan de l'après-guerre.Vittorio et Cesare avaient déjà collaboré pour Sciuscia,Ladri di bicicletta.Ces deux là s'entendaient comme larrons en foire. Davantage théoricien Zavattini est resté la caution morale du Néoréalisme.Alors que De Sica devenait une star du cinéma italien parfois au détriment de son oeuvre de metteur en scène.Joué par des non professionnels essentiellement Miracolo a Milano est presque une comédie musicale,Sympas,pauvres et gentils,si j'ose dire.La poésie des simples effleure à chaque scène et les promoteurs immobiliers eux-mêmes ont une certaine rondeur qui adoucit les angles.

         Sur ce terrain vague la vie bat son plein et tous y vont de leur astuce.Il y en a même une qui fait payer pour le coucher de soleil.Toto a bien sûr un talisman,en fait une colombe magique,beau symbole.Il abat des montagnes, Toto le héros.Il avait commencé par récompenser le voleur de son modeste havresac en lui offrant. De fil en aiguille c'est toute une communauté qui finit par faire la pluie et le beau temps,une pluie de pétrole en l'occurence qui enrichit tous ces "poverelle".L'argent ne fait pas... mais le joli ballet des balais empruntés aux éboueurs nous donne droit au paradis,je sais pas,mais au ciel,c'est certain.

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      Zavattini et De Sica ont collaboré une vingtaine de fois.Plus intellectualisé et plus marqué Zavattini pensait que le cinéma n'était pas fait pour distraire les foules,mais pour les réveiller.Discours un tantinet idéologique mais le grand coeur de Vittorio et l'intelligence de Cesare ont souvent fait merveille.A eux deux ils font souvent penser à Chaplin.J'en connais beaucoup qui même à 2000 n'arrivent pas à sa semelle,certes très élimée.Cet article est proposé dans la superbe botte Il viaggio initiée par Nathalie de Chez Mark et Marcel.

http://youtu.be/_jJzLtUbVgI Gran Finale

Il viaggio

    

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16 janvier 2012

Famille à la Mario

        Cette oeuvre peu connue,peut-être est-elle inédite en France,je l'ignore,est un des nombreux éléments de la comédie italienne.Pas un maillon majeur certes mais une distraction cinéphilique agréable et bon enfant. Surtout Pères et fils,du grand Mario qui fit souvent bien plus fort et bien plus drôle,permet de retrouver les acteurs italiens qui me (nous?) sont si chers.Vittorio de Sica,ce latin lover bellâtre d'avant-guerre devenu l'un des auteur les plus sensibles du Néoréalisme,ne se départ jamais de sa classe en tailleur séducteur sur le retour,aux prises avec sa fille "dévergondée",dévergondée à la mode des années cinquante.

        Plaisir encore de retrouver Marcello dont vous ne me verrez jamais écrire le moindre mal,avant La dolce vita et son entrée dans la légende.On peut me dire que ce film est tout à fait désuet et c'est sûrement vrai.Mais c'est une notion qui m'est assez étrangère.Il faut prendre les oeuvres pour ce qu'elle sont,produits d'une époque et c'est un débat plus que stérile.Ma fougue pour le cinéma italien ne me fait pas prendre Vintimille pour Verone mais Pères et fils,certes mineur,est une petite pierre,pas une pépite,dans la belle histoire du plus beau cinéma du monde,du moins en ses années d'or.Rappelons que,très malade, le génial Mario Monicelli,maître de la comédie italienne,le père de Brancaleone,des Camarades,de Mes chers amis,du Pigeon,le chroniqueur de La grande guerre a choisi la nuit fin 2010  à l'âge de 95 ans.

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04 juin 2010

Mon général

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     Assez boudé par l'intelligentsia à sa sortie Le Général Della Rovere,l'un des derniers films de Roberto Rossellini avant ses travaux pour la télévision,a gagné ses galons avec le recul.Jugé trop linéaire,d'une facture trop classique à sa sortie en 1960,année où d'autres Italiens devaient prendre le pouvoir(La dolce vita,L'Avventura),ce film habile et interprété magistralement conjugue l'émotion d'un parcours d'homme,escroc de comédie italienne en des temps de tragédie,et la cruauté de la guerre finissante,au moment où, hideuse,elle semble ne jamais vouloir rendre les armes

     Il ne convient pas à mon sens d'employer le grand mot de rédemption pour qualifier l'attitude courageuse de Bardone,endossant les habits du Général.C'est plus simple et plus humain.Bardone a tout bonnement un niveau d'abjection forcément limité.Escroc assez sympa (pléonasme) il prend tardivement conscience de l'inhumanité de cette guerre en même temps que de  sa propre veulerie.Sans grands effets de manche Vittorio de Sica trouve là l'un de ses meilleurs rôles,quand l'étonnement fait place à la stupeur et la stupeur à l'indignation.A cette époque tant Rossellini que De Sica tendent à devenir des hommes du passé.Rome ville ouverte et Le voleur de bicyclette sont des pièces de musée.Et les deux hommes se respectent sans probablement beaucoup s'aimer.Le Général Della Rovere ne sera pas un grand succès malgré le Lion d'Or de Venise 59.Sclérosés l'un comme l'autre par les honneurs et l'académisme,dit-on...

   Pour moi c'est un grand film sur l'homme dans la guerre,universel,pleutre et héroïque,passionnant rejeton de tous les paradoxes qui font un homme.Et des personnages médiocres ou malhonnêtes peuvent s'avérer grands.L'inverse hélas est plus vrai encore.Face à un colonel allemand complexe,Hannes Messemer qui campa souvent ces officiers,De Sica,tête à claque,finit par nous toucher profondément.Le mystificateur rencontre son destin,inattendu,sous la forme de graffitis de condamnés politiques.Dès lors plus d'arrogance,plus de faux semblant.Pas assez retors mais déjà annobli Bardone répondra à l'ultime appel "Della Rovere!".Quinze ans après la fin des hostilités Rossellini et De Sica ont bouclé la boucle. Le prêtre de Rome ville ouverte et le chômeur du Voleur de bicyclette,héros très ordinaires,peuvent dormir tranquilles:leurs pères de cinéma ont bien mérité du cinéma italien.

      

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22 mai 2010

Matrimonialement vôtre

   Affiche : Mariage a l italienne

                                   Le ton de ce film de de Sica oscille de la comédie napolitaine à la gravité un tantinet mélodramatique.Bien sûr le cinéma plus tardif de Vittorio de Sica n'est pas exempt de lourdeur,à l'exception de l'ultime Jardin des Finzi-Contini.Cependant on aurait tort de négliger ces épousailles,l'une des nombreuses confrontations Marcello et Sofia.Mastroianni campe unn commerçant prospère et Sofia une prostituée finalement "annexée" par l'homme en une sorte de Mariage à l'italienne version off.Vingt années au "service" de l'homme en échange d'un traitement "correct":qu'a-t-elle donc à en vouloir davantage?Nous sommes en 1964 et les choses bougent en Italie,enfin un petit peu.C'est le changement à l'italienne...qui prend son temps.Il faudra un subterfuge digne d'une farce à l'italienne pour qu'enfin ce mariage prenne forme.N'oublions pas que c'est la version ciné d'une célèbre pièce napolitaine d'Eduardo de Filippo,auteur dont la truculence mâtinée de satire sociale n'est pas très reconnue en France.Le couple Mastroianni-Loren,déjà réuni par de Sica l'année précédente dans Hier,aujourd'hui et demain le sera encore dans Les fleurs du soleil.

   Ce DVD est très clairement présenté et remis en perspective par les critiques Alain Garel et Sabrina Piazzi.Triomphe populaire Mariage à l'italienne vit les critiques faire un peu la fine bouche.Pour eux le film lorgnait trop vers la comédie et le numéro,très réussi,d'acteurs.De Sica,c'est vrai,était moins partie prenante que dans ses débuts néoréalistes dans la construction du film,tout de même un peu phagocytée par le couple,sous la houlette,ne l'oublions pas de Carlo Ponti,Pygmalion de Sofia Loren.La même Sofia Loren est à mon avis infiniment plus convaincante ici,en prostituée toute jeune et plus encore en quasi domestique s'éveillant à une certaine conscience sociale qu'en paysanne de La Ciociara.

   Ne pas y chercher non plus le picaresque campanien qu'Eduardo de Filippo écrivait et jouait d'ailleurs en dialecte.Un peu affadi de ce  côté,un peu dynamité par ses acteurs,un peu figé par une origine théâtrale qui ne permet pas de respirer napolitain, Mariage, dans la série à l'italiennne est à mon sens moins intéressant que Divorce ou Meurtre.Mais ceux qui me connaissent un peu savent bien qu'ici film moyen à l'italienne vaut souvent beaucoup mieux que bon film à la française.Buona sera tutti!

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28 février 2009

Ma non troppo

         Bien sûr Stazione Termini est très loin des meilleurs films de De Sica,antérieurs.Bien sûr on n'est pas très loin dans ce film tout entier circonscrit dans la gare de Rome du roman de gare justement.Et du roman-photo,encore très florissant en 1954 notamment en Italie.Bien sûr cette storia d'amore,en fait une love story entre une Américaine et un Italo-américain,est originale comme une bluette.Bien sûr le film n'avait d'autre but que le marché américain avec deux stars comme Jennifer Jones et Montgomery Clift et fut d'ailleurs proposé aux Oscars(?)Bien sûr De Sica l'a plus ou moins renié.Bien sûr il a même été réduit à 63 minutes que d'aucuns trouveront encore trop longues.Bien sûr que ce n'est pas avec Stazione Termini que je vais redorer le blason de Vittorio de Sica et donner envie de le découvrir.Et bien sûr que je n'arrive pas à détester ce film,rencontre et rupture.Parce que je suis fou du cinéma italien.Et parce qu'il m'est arrivé de rencontrer.Et parce qu'il m'est arrivé de rompre.

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                  Ne l'ayant pas vu depuis 40 ans environ je me suis mis en quête de La Ciociara de Vittorio de Sica d'après le roman de Moravia.C'est tout de même une déception.Que de conventions dans cette adaptation toute entière au service de Sophia Loren!Récompensées par un Oscar d'ailleurs.Mais comme j'ai eu du mal à y croire à cette paysanne pulpeuse et lumineuse là où il aurait fallu sentir âpreté et fatigue.De plus,coprod. française oblige le film a été vu surtout en version française avec un résultat abracadabrant.On a donné à Sophia un accent italien qui fait qu'on a presque du mal à la comprendre.Quel gâchis.De ce film,on peut cependant sauver le rôle sobre d'un Belmondo encore juvénile et qui s'acquitte bien de sa tâche en instituteur pacifiste et binoclard,non encore contaminé par les tics de carrière qui deviendraient les siens quinze ans plus tard,dans ses rôles les plus insipides

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30 octobre 2006

Le vieux monsieur qui ressemblait à mon père

Ceux qui me suivent un peu savent l'amour que je porte au Néoréalisme italien et à ses maîtres.Le film Umberto D.(51) est dédié par Vittorio de Sica à son père Umberto de Sica.Il n'y a pas tant de films dans l'histoire dont le héros soit un paisible retraité.En cela le Néoréalisme n'a jamais été égalé et je crois que l'état de grâce de ces films en symbiose avec un peuple,une époque,un pays restera une exception qui donne au cinéma ses titres de noblesse.Je parle là de la noblesse du coeur pour ces oeuvres consacrées aux humbles.Interprété,habité plutôt par Carlo Battisti qui était professeur,Umberto D. touche au plus profond de chacun de nous.Umberto c'est mon père et c'est le vôtre.C'est moi demain ou après-demain.De Sica ne désigne pas les coupables car le Néoréalisme ne s'est jamais érigé en procureur.Ce mouvement unique a simplement rendu le cinéma à la rue et à ses habitants,modestes retraités, chômeurs, femmes enceintes,sans logements, pêcheurs,petits voleurs, prêtres modestes,simplets de village.Ne vous privez pas de cette vingtaine de films inoubliables auxquels la Nouvelle Vague,le Free Cinema anglais,les cinémas du Tiers Monde émergent doivent tant.

Carlotta films qui présente ce DVD l'accompagne d'un formidable document canadien de 65 nommé Cinéma et vérité où interviennent,tous dans un français parfait,et d'une très haute culture, De Sica, Rossellini, Zavattini,Antonioni,Amidei,Castellani.On n'assiste pas à un cours de cinéma,non.On écoute ces intellectuels sentimentaux engagés modérés.Le contraire de nombre de têtes à claque à la vue basse qui donnent des leçons à qui,mieux mieux.

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06 octobre 2006

Voyage en Italie

Nouvelles complètesC'est l'amoureux du cinéma italien qui vient ici témoigner de la déception partielle à voir Le voyage,dernier film de Vittorio de Sica(74).Cette déception ne vient pas tant du film,mais de la version anglaise pour cause de coproduction qui oblige les personnages, aristocrates ou bourgeois siciliens à parler la langue de Shakespeare alors que tout le film se passe en Italie.J'avais déjà déploré cela surtout chez Visconti et sa version des Damnés en anglais sauf la Nuit des longs couteaux où les Allemands parlent...allemand.

Si l'on passe outre ces aléas Le voyage vaut le coup même si pendant des années les critiques on crû bon de dénigrer,voire de massacrer les derniers films de De Sica. On est certes loin de l'état de grâce du Voleur de bicyclette,de Sciuscia ou d'Umberto D.Pourtant cette adaptation du grand écrivain Luigi Pirandello n'est pas à négliger.Hantée par l'idée de la mort cette histoire qui oppose l'amour fou aux traditions,même au sein d'une famille évoluée,s'aventure aux rives du mélo,ce qui n'a rien de honteux.Le couple Burton-Loren,un peu improbable au début,prend de la substance au fil du temps et ce voyage en Italie mérite un détour,bien que moins fort évidemment qu'une oeuvre maîtresse presque homonyme ,Voyage en Italie de Rossellini.Ne jamais avoir peur de ses propres émotions est un des commandements du cinéphile.Et l'on aura compris qu'on est là au pays de mes amours de ciné.

Ceux qui s'intéressent à Pirandello verront avec un infini plaisir Kaos,contes siciliens(84) des frères Taviani,auteurs aussi d'un Kaos II,toujours d'après Pirandello,à peu près inédit.Il est vrai que les Taviani sont passés de mode...

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