01 octobre 2018

Black, green, rainy, windy Scotland

                       Juste quelques gaéliques bourrasques. Juste quelques hautes terres ayant choisi le clan de la pluie. Juste quelques verres de tourbe imprégnés. Juste le noir et le vert d'une belle capitale tournée vers la Mer du Nord. Et plus nord encore, des Orcades et des Shetlands, mais je ne suis pas allé jusqu'à ce Nord là. Quelques images, ai-je dit, je n'aime pas la surenchère mais ça, je crois l'avoir déjà dit.

20180917_01  L'Athènes du Nord

20180917_07  Le Siège d'Arthur ou l'urbaine colline

20180917_17  Sir Walter Scott

20180917_18  Cieux d'Edwine-burg

20180917_24  St Giles Cathedral

20180918_28  When grey turns to grey

20180918_31  Quelque part au château

20180918_38 Robert Louis Stevenson

20180918_39  Un temple

20180920_54  Glencoe, Highlands, par temps normal

20180920_56  Glencoe, Highlands par beau temps

20180920_58  Bruyères

20180920_62  Nessie! Nessie!

20180921_81 Sealie! Sealie!

20180921_89  Enfin un peu de bleu

20180921_77  Cap au Nord-est et le mythique Firth of Forth Railway Bridge

20180921_85  Selfie avec écureuil

20180918_46  Mise au vert

                                                                                      Slainte Mhath!

 

 

 

 

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13 septembre 2018

Calédonie

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                          Je serai sur ce banc pendant quelques jours. A bientôt. Cet homme, qui a compté dans mon goût des livres, a bien remonté ma rivière en canoé. Ne lui devais-je pas une visite à sa ville natale?

                         Cet autre autochtone est resté l'un de mes phares, oublié de tous depuis les seventies. Mais pas de moi, j'ai mes propres fidélités. Bien qu'il soit né dans la ville rivale, je vous laisse avec lui et cette Fille à l'harmonica. Un certain 007, lui, a vraiment vu le jour là-bas. Mike Scott, le boss des fabuleux Waterboys, lui aussi, est bien né sur l'estuaire. This is the sea.

                        Quelques images au retour. Peu. Je n'aime pas inonder. Je me souviens d'albums photo interminables au bon vieux temps argentique. Un peu d'urbaine solitude ne saurait faire de tort. C'est un peu le principe de mon tour d'Europe des cités. Tome V après Dublin, Stockholm, Bologne, Berlin. 

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11 mars 2016

Après le film

hECTOR 

                                Belle affluence pour les pérégrinations d'Hector, sans abri écossais, et de tous les plans de ce film qu'on a cru bon d'étiqueter "à la Ken Loach" sur l'affiche. Le raisonnement est un peu curieux. Passons sur cette estampille. Hector a plu aux spectateurs mais n'a cependant pas totalement convaincu. Est-ce dû à l'habillage relativement modéré de ce fléau? Jake Gavin pour son premier film n'a pas trop chargé la barque noirceur et les rencontres d'Hector dans ce road-movie Glasgow-Londres au moment de Noël sont dans l'ensemble plutôt sympathiques. Moi, personnellement, je n'avais pas forcement envie d'un discours asséné violence et alcool et désespoir, trilogie  classique du cinéma on the road, complètement plombant et j'ai assez apprécié la (relative quand même) légèreté du film. Porté par Peter Mullan, charismatique acteur habité de bien des films anglais sur le sujet, Hector, sans idéaliser outre-mesure, parvient même à faire exister de bien improbables retrouvailles.

                                Certains spectateurs ont trouvé la formule, taxant Hector, bon film au demeurant, de calibré un peu trop conte de Noël. Tout benôitement j'étais assez satisfait d'avoir fait projeter un film qui laisse une place, pas énorme, à l'espoir. Vous savez, en ciné-débats, il faut bien le dire, c'est rarement des films qui déclenchent le fou rire.

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                                 Le Bison va m'en vouloir, le très beau La terre et l'ombre n'est pas guatémaltèque. Il n'est que colombien, Caméra d'Or à Cannes dernier. Et pas non plus désopilant. Alfonso, paysan âgé revient au pays dix-huit ans après vaoir laissé sa femme et son fils. Ce dernier est malade, poumons brûlés par les pluies de cendres et plus généralement la pollution grandissante en cette Amérique du Sud  en pleine surexploitation de la canne à sucre. Il fait connaissance de sa belle-fille et de son petit-fils Manuel. La terre et l'ombre n'est pas un film à effets, ni à explications. On a juste compris qu'on ne saurait jamais vraiment pourquoi Alfonso est parti si longtemps. Le grand-père découvre l'enfant sans aucune démagogie. Mais ce qui est inoubliable dans ce film c'est la dualité du pays à la fois nourricier et assassin. Car la canne à sucre est le seul emploi possible dans ce bout du monde, et c'est en même temps la meurtrière potentielle de ces modestes paysans.

                                César Acevedo filme à hauteur d'homme et de femme puisque sa belle-fille et sa femme tenent vaillammment de reprendre la tache du malade dans les champs de canne. Acevedo semble être un discret, pas de diatribe violente contre l'exploitant-teur, pas de véritables revendications, pas d'hystérie quelconque, mais une quadruple obsession tout au long de La terre et l'ombre, celle, physique qui condamne Gerardo le fils, celle des ouvriers de la canne, celle forcément plus forte des  deux femmes, enfin celle de la terre elle-même. Sensation claustro tant la modeste maison de la famille est enfermée entre les silences, ses plans séquences un peu appliqués, son apparente froideur quant aux sentiments des protagonistes, peuvent dans leur austérité faire trouver cette heure trente-cinq un peu longue. Ce ne fut pas mon cas. Je considère La terre et l'ombre comme un film passionnant et qui donne envie de mieux connaître ce cinéma sud-américain.

 

 

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10 mai 2015

Géographie, Toledo, Ohio

tOLEDO

                                         Je n'ai rien à dire sur Toledo. Si. Il semble que cette ville de l'Ohio ait été la première au monde à être jumelée. Et je vous le donne, Emile. Avec quelle cité? Tolède, Espagne. Etonnant, non? Mais c'est surtout l'occasion d'évoquer Blue Nile, merveilleux groupe de Glasgow, suivi depuis trente ans par une poignée de fantômatiques fans aussi rares que les rares albums du trio écossais. Je ne les connaissais pas beaucoup mais, piochant pour cette rubrique un peu aléatoire, j'ai découvert cette chanson sublime, Because of Toledo, extraite de l'album High (2004) qui doit être le quatrième de Blue Nile.

 

                                        Ce que l'on appelle faute de mieux la musique rock réunit en fait tellement de diversités depuis soixante ans qu'à picorer par monts et par vaux, à la faveur ici d'un souvenir, là d'une citation, on découvre où on redécouvre des perles rares. A mon sens Because of Toledo et The Blue Nile en font partie. Et vogue, de mes musiques, la felouque...

TBN-High

P.S.A la fin de la chanson notre ami félin se réveille. J'espère que vous aussi. Pour mieux se reposer puisque je vais, pour quelque temps (ça m'étonnerait que je tienne longtemps), mettre ce...

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30 juillet 2014

In the name of rock/Geraldine

                                                        Comme il en a (en)chanté des prénoms de femme,celui-là, de Josie à Lalena, de Guinevere à Celia of the seals. Pourquoi suis-je en train de revisiter ainsi le barde écossais? Et même d'essayer de le jouer et le chanter. Une ballade,chiche, pour les vacances, mais c'est pas du Donovan, ni pour la chanson, ni surtout pour l'interprète.*** Plus sérieusement je vous présente ainsi The ballad of Geraldine, une mienne cousine de jeunesse, à l'époque où toutes les filles étaient plus ou moins mes cousines. Dédiée à quelques-unes parmi mes chères blogueuses, cette parenthèse douce et brumeuse, pour une autre parenthèse concernant ce blog qui va se reposer, se repauser un peu à la fin de la semaine. D'ailleurs, les chansons de ce super 45 tours parlent de soleil et d'été. Forcément...

*** J'ai dit pour les vacances et les vertes feuilles de l'été, à titre exceptionnel hein?Mansuétude souhaitée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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09 juin 2014

L'ami dans le placard...

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                                                      Ce roman court de Ron Butlin est une curiosité qui ne m'a pas tout à fait convaincu mais qui ne manque pas d'originalité.  Morris Magellan n'a pas quarante ans. Cadre dirigeant d’une biscuiterie en Ecosse, il  vit avec une femme qui l’aime, dont il a deux enfants , et possède une maison confortable. Tout va plutôt bien pour lui. Mais voilà, Magellan a une faille, qui peut être terrible. C'est un alcoolique chronique et sa dépendance  est immense. Ce n'est pas un fêtard et on comprend très vite que toute rédemption sera impossible. Morris est depuis longtemps au stade où sa vie n'est possible ni avec, ni sans l'alcool. Avec son humour et son désespoir le récit est d'une absolue noirceur et renvoie au John Barleycorn de Jack London et à Sous le volcan de Malcolm Lowry, références absolues sur ce thème, constats hallucinants d'une dégradation, cliniques et méthodiques.

                                                    Parfois drôle mais souvent cauchemardesque Le son de ma voix est très curieusement construit puisque s'adressant à Morris lui-même, par le biais du pronom personnel "tu". Un peu désarçonné au début on s'immisce ainsi dans la vie de Morris, dans ses états d'âme et ses faiblesses, ses pusillanimités sont un peu les nôtres. Et surtout on a l'impression de vivre avec le John Barleycorn de London,à tout moment et en tout lieu. L'alcool est bel et bien un personnage clé. Il n'endosse jamais la défroque du joyeux compagnon qui vous fait voir (un peu) la vie en rose. Pas plus que la robe sentencieuse d'un diable ou d'un magistrat sinistre qui va vous étendre au tapis pour le compte. Non, simplement, il est là, et je ne sais même pas comment Ron Butlin parvient ainsi à le faire vivre. Si ce n'est que le terme boue, boueux, nous est allégrément infligé à forte dose, et que j'ai trouvé ça génial. Le son de ma voix est ainsi le roman de la boue, le grand roman de la boue, celle qui désagrège l'homme, l'homme aux  semelles de bourbe, que John Barleycorn détruit de toute sa hargne, parfois un brin séduisante, il nous faut bien l'admettre. Le son de ma voix, là, sur l'étagère qui brûle un peu, tout près de La faim de Knut Hamsun. Et, pas loin, le placard. J'ai trouvé une bande-annonce d'une adaptation théâtrale autochtone qui semble fascinante.

 

P.S. Ceux qui penseraient que ce Magellan auraient l'esprit détroit ne sont que des cap-horniques chroniques qui confondent eau de feu et Terre de Feu.gros16

 

 

 

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28 octobre 2012

Le diable,probablement

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                   Ne pas se laisser abuser par le titre bressonien de cet article.Une légende circule dans la petite ville côtière écossaise de Coldhaven, celle du diable qui l'aurait jadis traversée par une nuit d'hiver, laissant sur son sillage ses empreintes noires, dans la neige toute fraîche. Un jour, dans la presse locale, un fait divers horrible attire l'attention de Michael Gardiner, qui a toujours vécu dans cette bourgade de pêcheurs : voyant en son époux violent le diable en personne et en ses fils ses successeurs, Moira Birnie tente de le poignarder avant de mettre le feu à sa voiture en rase campagne, ses deux fils avec elle à l'intérieur, mais après avoir pris soin de déposer son aînée, Hazel. Or Moira était autrefois la petite amie de Michael, lequel commence à voir ressurgir les vieux démons du passé, s'interrogeant sur son éventuelle paternité, et surtout se remémorant un terrible secret, celui, enfant, d'avoir assassiné le frère de cette dernière...

                       John Burnside et moi,on ne se quitte plus,tant ses romans me parlent à l'oreille.Cette Ecosse pas tès engageante m'attire pourtant au plus haut point.Après Un mensonge sur mon père et Une vie nulle part Les empreintes du diable commence comme un conte maléfique puis explore ensuite très intensément les méandres de l'âme et les ombres de l'homme,en l'occurrence Michael Gardiner.Le couple Michael-Amanda n'en est plus un,l'a-t-il jamais été? Sans enfant,sans occupation bien définie ni besoin d'argent,sans le goût de son père pour la photographie ou les oiseaux,Michael vaque ainsi à ses souvenirs qui semblent rebondir un peu avec la rencontre de la jeune Hazel. Que lui arrive-t-il à propos d'elle.Ce soupçon de paternité est-il bien ce qu'il ressent?Ce qui est sûr c'est que pendant un moment relativement court Michael va être amené à se remettre en question.Mais tout ceci reste flou et ne s'explique guère.John Burnside ne nous précise pas beaucoup les choses.Et si tout cela n'avait été qu'un rêve,quelque chose comme ça,avec des traces bizarres d'une créature mal définie.

                  Décidément cet auteur est une vraie découverte de cette année en ce qui me concerne.Les secrets de l'enfance,les si difficiles relations familiales,les contextes sociaux tout sauf idylliques,les rédemptions fragiles trament un monde souvent très solitaire qui outrepasse et de loin la côte écossaise somme toute assez inhospitalière.Comme Burnside sait bien nous parler de tout cela avec ses personnages tout bancals,tout meurtris, souvent violents et qui ne nous lâchent pas comme ça.

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08 septembre 2012

Mon père avait raison

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                                      John Burnside va rejoidre dès maintenant mon graal littéraire toujours visible ici même.Souffrant un peu d'autocomplaisance vers la fin Un mensonge sur mon père est dans la lignée,très autobiographique à mon avis, de Une vie nulle part Nowhere man. Burnside n'a pas vécu une jeunesse d'enfant de choeur,cela se respire à chaque page.Dans son Ecosse de minerai et de grisaille le personnage,au coeur des années soixante,est bien loin de la Swinging London.Joliment introduite par le mensonge du narrateur,John,maintenant un homme mûr,à un autostoppeur,cette ballade du temps d'enfance,d'adolescence et de jeunesse à travers l'absence au moins affective de la figure du père,se révéle terriblement clivante quant à notre propre divorce d'avec nos vertes années.Ce père est un enfant trouvé,donc un enfant perdu,à peine un enfant.

           Ces relations, plus inexistantes que difficiles entre le père,emmuré dans l'alcool et le boulot,et son fils,qui va très vite basculer dans la drogue,sont parfois à pleurer de désespoir.Ce n'est guère dans l'éveil des sens que le jeune homme trouvera une route semée d'étoiles,ses jeux érotiques plus sado-maso que baignant dans la tendresse.Un mensonge sur mon père s'avère parfois éprouvant.Même si une mère dépressive et anémique a protègé comme elle a pu John et sa sœur, même si le rock a pu accompagner l'apprentissage si douloureux (et ça c'est un élément auquel je suis particulièrement sensible,et j'aimerais un jour écrire davantage là-dessus qu'un article de trente lignes),même si une bibliothèque qui brûle peut finalement et curieusement s'avérer rédemptrice,on ne peut s'empêcher vis à vis de John d'une sentiment d'ambivalence quelque peu reptilienne,où la fascination finirait par triompher.

            Ce père,John,lui donne une allure de Robert Mitchum et je ne sais la part de réalité de cette idée,comme de celle qui ferait de ce même homme un ancien de la prestigieuse Royal Air Force,devenu ouvrier d'usine.Mais je trouve que c'est une bien belle licence littéraire.Parce que,et je me souviens de ma longue formation cinéphilique toujours en cours,Mitchum,c'est l'inquiétude même,dans tous ses films.Cette silhouette souvent hautaine et dédaigneuse,ce regard fatigué et décadent font de lui un archétype de l'ambiguité, le Love/Hate de La nuit du chasseur.Certains critiques évoquent une autre dualité quant au personnage du père de John:Jekyll/Hyde.Et la menace, présente du début à la fin,on ne sait laquelle d'ailleurs,mais une épée de Damoclès.Quant à la R.A.F on saisit bien le symbole,ce qui se fait de mieux dans l'establishment britannique (attention,pour moi rien de péjoratif),quelque chose qui aurait pu être,qui sait...

         Les sentiments du père et du fils l'un pour l'autre,au long d'un psychodrame des années durant,sont magistralement rendus par cet écrivain,aussi poète,qui évoque les terreurs de l'enfance à travers Edgar Allan Poe.Les pulsions ne seront pas meurtrières,enfin pas directement.Mais il s'en faut de peu.

 

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03 octobre 2011

Nowhere man

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                  Première incursion chez John Burnside,auteur écossais,très positive.Nous sommes en 1970 environ dans l'Angleterre industrielle en voie de désindustrialisation.Francis,son frère Derek,son amie Alina et son frère Jan,fils d'émigrants lettons,ont une vingtaine d'années.On est déjà loin de la Swinging London et ça ne rigole pas tous les jours dans ce pays d'acier et de crassiers. Drogue et violence à tous les étages,comme partout puisque l'expérience des uns aura à jamais dans notre monde refusé de servir aux autres.Sinon ça se saurait et Kurt Cobain aurait vécu plus longtemps que Jim Morrison.Mais faut pas rêver.Peu de place pour le rêve donc à Corby,une fois la bière tirée et les couteaux évités.Passer d'Ecosse en Angleterre pour Francis n'aura donc pas été simple dans ce "Royaume-Uni".Mais pour certains les dés ont été jetés précocément avec leur souffle de vie.Francis part alors d'abord sur les chemins anglais,buissonniers mais où l'herbe n'est pas plus verte.Parfois outrageusement banal Francis se défonce comme tout un chacun mais lui ne croit même pas ainsi se singulariser.Belle lucidité.

       Une vie nulle part n'est pas qu'un livre sur le mal-être ou sur la partance.Les liens familiaux sont remarquablement évoqués dans les deux premiers tiers du livre,avec la parole donnée à son frère Derek qui joue de la basse et écoute Rory Gallagher pour chasser le quotidien enfumé,ou à leur père Tommy veuf sombre et que l'ange de la violence caresse parfois aussi.L'amitié et le souvenir ont accompagné Francis comme de bienfaisants nuages mais la route est bien âpre pour cet indépendant un moment égaré en un château sectaire parcouru de fantômes sonnés.

     Une vingtaine d'années va ainsi passer depuis la Californie et Silicon Valley à laquelle on ne s'attendait certes pas jusqu'au retour final.Des rencontres,des frustrations sur cet itinéraire d'un enfant troublé,zébrées de riffs de guitare qui pour moi sonnent comme une madeleine littéraire tant la musique de ces années électriques balance en moi depuis plus de quarante ans.Manifestement je me sens assez frère de Francis et de Derek et j'ai partagé,ému,leurs espoirs et leurs désillusions,et plus simplement leur fraternité jusqu'à un secret terminal révélé que je n'ai pas encore découvert.Car,et c'est assez rare,je suis si bien avec Francis que je ne précipite pas mes adieux à son univers.Je ne peux qu'engager à faire la route avec ces gars-là,authentiques et douloureux.Quant à John Burnside il aura de mes nouvelles.Ou plus exactement j'aurai de  ses romans.Lui pardonnant même la pourtant gravissime erreur d'attribuer le fabuleux Wooden ships à Jefferson Airplane au lieu de Crosby,Stills and Nash.Hey John!Je suis chatouilleux là-dessus. 

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25 septembre 2011

Rimes et rythmes d'Erin

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L’ AUBE
Je serais ignorant comme l’aube
Qui vit d’en haut
L’ancienne reine mesurant une ville
Avec l’épingle d’une broche,
Ou les hommes flétris qui virent
Depuis leur pédante Babylone
Les planètes insouciantes dans leur course,
Que les astres se fondent où la lune survient,
Et firent des calculs sur leurs tablettes;
Je serais ignorant comme l’aube
Qui se tient, pure, et berce le coche étincelant
Sur les épaules fumantes des chevaux;
Je serais - sans la connaissance qui vaut moins qu’une paille -
Ignorant et léger comme l’aube.
 

      Ces mots sont de William Butler Yeats,Prix Nobel 1923.Il y a des lustres les Waterboys emmenés par Mike Scott avaient déjà abordé ses rivages avec la somptueuse voix du barde Tomas McKeown (MacEoin gaéliquement parlant) et le sublime Stolen child.Mike l'Ecossais est de retour pour  une osmose plus qu'un hommage avec l'album An appointment with Mr. Yeats exclusivement consacré au poète irlandais.Moins de mots de moi, mais plus de mots de Yeats chantés par Mike Scott et ses Waterboys,volà ce que je vous propose.En espérant une date  pour les Waterboys en France qui en est restée à Fisherman's blues que j'aime beaucoup mais qui est un peu le poisson qui cache la marée.Dire qu'il y a des cuistres qui confondent Yeats et Keats.Ha ha ha!Personnellement j'ai très vite corrigé cette erreur au bout de...quarante ans.

http://youtu.be/JBfHGPAbjlc  The Lake Isle of Innisfree    The Waterboys

 

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