25 octobre 2012

Des mots,une histoire: Deep South Delta Blouse

     Floraison hebdo d'Olivia pour Des mots,une histoire 79:alchimie-blouse-histrion-carrosse-amélioration-sécurité-évidemment-poésie-don-chaste-convenance(s)-antienne-alternance-champion-romain-robe-poil-sphinx.

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Oh yeah!

Je vois bien que rien ne va plus

Finie la douce alchimie

Je vois bien que rien ne va plus

Plus la moindre poésie

Il me faut rester chaste

Ne plus faire glisser ta robe

Je vois bien que rien ne va plus

D'amélioration?Non,plus question...

Oh yeah!

 

Oh yeah baby

Toi et moi,faut pas rêver

Au lit on était champion

Toi et moi,faut pas rêver

J'suis plus qu'un pauvre histrion

C'est foutu d'rouler carrosse

Et les bains à poil dans le delta

Toi et moi,faut pas rêver

On est sonné,évidemment

Oh yeah

 

Reste qu'une antienne,et c'est le blues

Et du sérieux pro de la santé

Faut pas rêver,j'ai plus qu'la blouse.

Oh yeah

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Oh yeah baby!

Pourtant si on s'y remettait

J'boirais moins,juste à ta convenance

Hey baby,si on s'y remettait

On pratiquerait l'alternance

On va s'la jouer sécurité

Net et glabre comme un romain

Yeah,mama,on s'y remettrait

J'aurai la patience d'un sphinx

Dam di dam don

Oh yeah!

(Reprendre la troisième partie,ad libitum,tant qu'on ne vous pas resservi en bourbon)

       A ceux qui ne goûteraient guère ce texte je dirais qu'ils ont échappé au pire car j'aurais pu le jouer,ce qui eût été cruel,et le chanter,ce qui eût été barbare.Oh Yeah!

Posted from Biloxi,Mississippi, by Picardy White Eeguab

http://youtu.be/1sEfLlVgG2w Hideaway blues

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

  

 

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11 octobre 2012

Des mots,une histoire: Ca s'castagne à Saskatoon

         Infatigable,Olivia a glané pour cette édition 77 les mots qui suivent:nuitée-zouk-cadenasser-blues-ventiler-vitreux-bigre-communauté-épice-s'abandonner-pénombre-antichoc-téton-escargot-érable-rancune-massage-détonation-rouler-évanoui.

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               Paumé.Paumé,rien à rajouter.Là,dans ce bled du fin fond canadien,à l'Ouest,doublement si j'ose dire.Sa Ford Mustang ressemblait à la guimbarde d'un détective hard-boiled vieillissant et les protections antichocs ne relevaient plus que du pieux souvenir d'une nuitée dans un motel tristounet,agitée et imbibée.Une de ces nuits d'amertume relayées par des matins de vertige,qui depuis tant d'années avaient l'avantage de lui laver les neurones,pour trop peu de temps,lui laissant le regard vitreux d'un quinquagénaire aux futurs évanouis et au passé se floutant derrière les bruines alcoolisées.

              Savait-il seulement s'il était encore au Saskatchewan?Nulle feuille d'érable sur nul pavillon dans ce village hors du temps, comme figé,qui avait l'air d'attendre quelque éclaireur sang-mêlé précédant une brigade de chercheurs d'or ou une communauté de disciples de Joseph Smith dont les chariots au rythme d'escargot bringuebalant n'arriveraient jamais à destination.La matinée balbutiait encore mais la pénombre frisquette avait insensiblement laissé le champ libre à un soleil hésitant.Voûté sur son volant il anhélait quelque peu,c'était toujours comme ça les lendemains difficiles,presque tous les lendemains.De sa main gauche un massage de sa nuque contracturée, de sa main droite une cigarette virtuelle.Il était brillant comme c'est pas permis.

             Combien de temps avait-il roulé depuis sa fuite du motel?La musique antillaise,ce zouk qu'il détestait,cognait encore à ses tempes.Fort à propos son autoradio antédiluvien diffusait Smokestack lightnin',fabuleux blues version Howlin' Wolf et il se surprit à rythmer les basses.Au comble de la mouise il s'abandonnait toujours à ce bon vieux binaire douze mesures qui avait tant compté pour lui.Les types viendraient bien assez tôt.Car c'est sûr,ils viendraient,la rancune tenace,ces mecs-là.Il n'aurait peut-être pas le temps de voir leur mâchoire cadenassée,style Warner Bros. forties.Alors adieu le doux téton de Shirley et son parfum d'épice. C'était pas un début de délire,sa poésie à deux nickels?Comme au bord du malaise il entreprit de ventiler un peu sa tire.Bigre!Il saignait,ça faisait un peu mal.Il n'avait pas entendu de détonation,mais même sans,ça pourrait bien ressembler à la fin.

smokestack lightnin' - HOWLIN WOLF

http://www.youtube.com/watch?v=mXXq2a47h6Q&feature=share&list=ULmXXq2a47h6Q

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27 septembre 2012

Des mots,une histoire: Justice

                  Infatigable dans sa passion pour l'écriture Olivia a cueilli cette semaine pour Des mots,une histoire 75: idole-cocon-interminable-inavoué-permis-machine-chemise-voilure(ou voile)-zinc-dogmatique-poursuite-foie-autorisation-écrire-souvenir-cyanure-palétuvier. 

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                  Manifestement ce voyage en Moldaquie,sans même les autorisations de base,qui,autant qu'il puisse s'en souvenir dans sa geôle de Slovapelsk,étaient au nombre de onze,n'avait pas été une bonne idée.Quel guêpier l'attendait après cet interminable et cauchemardesque voyage en train dans cette kafkaïenne Europe qui exigerait un permis pour se rendre au famélique wagon-restaurant?Pour retrouver sa belle mais fantomatique slavo-bucovinienne il avait fourbi ses maigres armes afin de persuader les pointilleux fonctionnaires de son caractère inoffensif et de sa sympathie  pour l'idole locale,le brave général Stamaofy.Brave mais sourcilleux malgré le parti-pris de bonhomie affiché sur les énormes calicots omniprésents,en chemise kaki,légendé d'un "votre père à tous" malgré tout plus dogmatique que familier.

                Il n'était plus temps de faire machine arrière.Depuis que deux hommes en sombre,plutôt mutiques mais déterminés, l'avaient prié de quitter le zinc de cet obscur ersatz de bar sans finir son café insipide,tout s'était passé si vite.Nulle poursuite dans les rues de la sinistre et méfiante capitale,on n'était pas dans un roman de Greene.Une voiture couleur de deuil,une campagne devinée à travers un bandeau ,une crainte inavouée,le visage de sa mère sur les bords de l'Oise et la terreur de ne pouvoir même écrire.Ou comment passer en quelques dizaines d'heures d'un doux et un peu lourd cocon gentiment bourgeois à ce no man's land de bande dessinée des pires heures de la Guerre Froide.

              De tout cela il n'était plus question.Sauver sa peau,car tout pouvait arriver ici,on en était là.Une démarche au couloir, quelques ordres, de ceux qu'on croit comprendre qu'il soient en serbo-croate ou en ouolof.Verrous qui ferraillent.La dernière fois qu'il avait entendu ça c'était dans l'intro du We love you des Stones.Un coup au foie,sa chambre d'ado,les voiles,les palétuviers.Et comme une réminiscence des films sur la Résistance,le cyanure,bon sang,le cyanure...au cinéma.

http://youtu.be/hK2nzWui28Y  We love you  Rolling Stones (1967)

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20 septembre 2012

Des mots,une histoire: Les choses de la vie

         Les mots recueillis par Olivia pour la mouture 74 de Des mots,une histoire sont:avantage-artichaut-réflexion-bizarre-loupe-collaboration-éruption-totalité-surplomb-obstacle-quarantaine-sérail-ziggourat(facultatif)-persévérance-écrin-embauche-irrégularités-laboratoire.Je n'ai pas retenu ziggourat.

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                9h47.Sur cette route automnale bénie des dieux,quelque part entre Nuits Saint-Georges et Beaune,l'ouverture de L'enlèvement au sérail inonde l'habitacle.La tête inclinée vers la gauche voilà longtemps qu'elle ne me regarde plus,somnolant et déjà ailleurs,sa quarantaine rugissante ayant de plus en plus de mal avec mes six décennies.C'était prévu,écrit et inévitable.C'est toujours comme ça.De toute façon ça n'a jamais été un mariage,et pas longtemps une liaison. Appelons cela une collaboration, rarement horizontale maintenant.Mais une association c'est diantrement humain,ça naît,ça vie,ça meurt.Et surtout ça vieillit et elle et moi on est à ce stade où plus grand-chose ne nous réunit,d'évidence.Oh j'y ai pourtant mis un peu de persévérance et elle n'a pas vraiment multiplié les petites irrégularités de parcours.Mais voilà, quand l'un des amants claudique,le coeur boîteux,c'est le couple qui prend l'eau.

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            Mais pourquoi ce jour et pourquoi sous les ors bourguignons et le doux surplomb des coteaux qu'elle avait tant aimés sous le soleil de septembre?Je me souviens,là,précisément, de ses réflexions puériles sur la robe du vin qu'elle observait comme à la loupe  à l'Auberge du Clos.Elle prétendait que les Côtes de Nuits étaient l'écrin de notre belle histoire.Je faisais semblant d'avoir hérité de mon père une belle aisance oenologique et la félicitais pour sa sensibilité,éperdu à l'idée qu'un obstacle,même d'amour-propre, ne l'éloigne de moi.Bizarre,cette impression que dès ce moment,la romance portait en elle la gangrène inéluctable de l'odieux temps qui passe,ce Dorian Gray qui accompagne l'existence,en sa totalité,encore souriant,déjà sinistre.

                De chaque côté de la route s'affairent les engins viticoles dans le mordoré un peu luisant de cette journée ambrée.J'ai sur elle un avantage,je me souviendrai moins longtemps.J'oublierai jusqu'à ce jour d'embauche,combien d'années déjà,où la jeune trentenaire inconnue,pas vraiment canon,disaient mes collègues du laboratoire,avait, si vite et si calme,embrasé l'homme mûr. Parlons-en,de l'homme mûr,mûr à tomber ou du moins à vaciller,à flancher sous l'imminente éruption qui devait en résulter.Comme je pense à ce premier entretien,sa tête roule un peu plus,ses yeux bougent,imperceptibles.Je la regarde.Là-bas un poids lourd semble sorti d'un film,déchaîné.J'ai à peine aperçu la raison sociale "Artichauts du Léon".C'est fini.

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06 septembre 2012

Des mots,une histoire: A ce stade...

.            Olivia a recueilli pour cette rentrée de Des mots,une histoire vingt-et-un mots.Les voici:distance-parenthèse-éperdue-instinct-emmurer-aporie-gigolo-archet-charbon-force-exagération-rentrée-inspiration-euphorie-sensible-attitude-majolique-étranger-péripétie-raisins-impertinent.

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                  Il relevait d'une blessure certes légère mais cette parenthèse immobile avait de quoi inquiéter l'athlète.Le 1500m,tous les passionnés de course à pied vous le diront,est une distance qui ne fait plus guère partie du demi-fond à l'heure actuelle.La surenchère en a fait une épreuve de force s'apparentant à un long sprint éperdu,de presque quatre tours de piste.C'était donc sa rentrée,selon la formule consacrée.Les éliminatoires ne semblaient pas l'avoir obligé à aller vraiment au charbon.Cette demi-finale pouvait pourtant s'avérer traîtresse, ses rivaux  bénéficiant de solides temps de référence,particulièrement les deux coureurs qataris, encore érythréens douze jours avant le début des épreuves.Ces montagnards poids plume,combattants d'instinct  et semblant toujours peu sensibles aux accélérations européennes,il ne savait guère quelle attitude adopter avec eux.

                   Le troisième tour touchait à sa fin.Toujours au contact,seul un Néozélandais jouait l'impertinent trouble-fête au milieu du trio de tête.La course jusque là s'était déroulée sans péripéties particulières.Sans exagération pouvait-il prétendre à un podium à condition  qu'il ne se laisse pas emmurer par un rideau de trois concurrents l'obligeant à faire l'extérieur. Il craignait de voir s'envoler les jolis dossards du Golfe,scintillants comme majolique au soleil.Il lui fallait asolument retrouver la corde,tel un archet à l'âme du violon.Plus que 200 mètres et la ligne droite.Bizarrement,rien n'étant acquis, une espèce d'euphorie le gagnait et nulle aporie n'obscurcissait l'horizon quand il prit l'avantage.Ainsi la victoire ne serait plus cette belle étrangère qui se dérobait à ses assauts.C'est cet instant que son antérieur droit choisit pour rompre son faisceau moyen et c'est ainsi que Gigolo perdit le Royal Hound Derby.En mal d'inspiration pour la finale,plus figue que raisin je quittai le cynodrome,maugréant.

                             

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31 août 2012

Les plumes de l'été: Fin d'été,un peu triste

            Notre chère Asphodèle nous propose pour clore cette aventure:zeuzère(ou ziggourat)-zélateur-zénith-zen-zéphyr-zigzaguer-zoo-zizanie-zéro-zinzin-zut-zoulou-zeste-zinzolin-zodiaque(ou zodiac)-zozoter-zèbre-zouave-zèle-zarzuela.

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                 Disons-le,maussade était mon humeur et je bougonnais dans mon coin.Mon millième billet n'avait pas obtenu les dithyrambes escomptés,malgré douze jours en première ligne et ma carrière de bluesman piétinait sec.Là-dessus arrive ce diabolique Z et vlà-t-y pas qu'il nous faut plancher sur l'appendice caudal de notre alphabet,cette lanterne rouge du peloton lexical.Si les instances des Plumes de l'été croient que je vais me décarcasser à trois jours de la quille...Pour rester dans le domaine de la carcasse j'avais donc décidé de la jouer bestiaire.Pan!Pas l'ombre d'une zibeline,pas la queue d'une zorille,pas la moindre bosse de zébu.

              Rien que le sempiternel zèbre,quelle surprise!Bon,ça permet de rayer le zèbre,plus que dix-neuf satanés mots.Sauf que si vous rayez un zèbre ça donne forcément un cheval unicolore,logique.Et surtout ça ne nous avance guère,ce zèbre se montrant têtu comme un âne.Ainsi fait,bien qu'adepte du format court,je me trouvai avec, au bout de neuf lignes,un seul nom placé ,certes quatre fois mais tout de même.J'installai vite le quadrupède dans un zoo,en proie à un essaim de zeuzères autour des yeux, sans trop savoir s'il n'y avait pas là une aberration géographique.Mon zèle animalier s'arrêtant là fallait-il encore se coltiner seize vocables. Aussi passai-je donc du coq à l'âne,déjà cité mais,zut alors,pour la dernière épreuve on peut bien se permettre quelques redites.

                   Une manipulation informatique malencontreuse (peut-être deux mais mon web-level(!) est proche de zéro) m'exila à cet instant sur la liste des 3017 films que j'ai vus et j'en profitai pour rajouter Zoulou,excellent film d'aventures,en toute fin de série,après Zodiac et Zorba le Grec.Plus moyen par contre de me souvenir si oui ou non j'avais vu Le zinzin d'Hollywood,nanar de Jerry Lewis.Là n'était certes pas la question mais l'ultime tâche asphodélienne prenait ainsi doucement tournure et je convoquai La Fontaine, puisque je crois qu'on a le droit de faire appel à un ami,un zeste de citation se révélant commode et j'allai ainsi mon train de zélateur.Quel talent ce Jeannot,n'avait-il pas écrit "Tout vous est aquilon,tout me semble zéphyr".

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            Zigzaguant sans prétention vers les Champs-Elysées du samedi 1er septembre pour ce qui serait sans nul doute le zénith de mon année d'auteur j'écartai l'idée de teindre les mots ici présents,et à quel prix,en zinzolin,vu que ma perception des couleurs défaillante et mon ignorance totale de cette nuance ne m'autorisaient guère à faire le zouave.Ainsi parlait Zarathoustra et ainsi restèrent rouges ces dits mots maudits.A propos de ces termes vous avez sûrement remarqué que quatre d'entre eux zozotent. Si,si,j'insiste,ils zozotent,les zinzin, zeuzère, zinzolin, zigzaguer.Si,si, et même zozoter zozote.Ceci dit,souhaitant vivement qu'aucune zizanie ne ternisse la fin de la saison et que toutes ces belles plumes demeurent zen je terminai en proposant aux oreilles empennées qui partagèrent mes affres  estivales la superbe zarzuela d'un dimanche placide..

Placido Domingo - Zarzuela

 
de Pablo Sorozabal / Frederico Romero, Guillermo Fernandez

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18 août 2012

Les plumes de l'été: Retour à Boboli

                   Pour cette moisson auguste Asphodèle  a recueilli les mots suivants: vasque-vicissitudes-vacance (au singulier)-victoire-verveine-viaduc-vernaculaire-volubile-véto-vagabond-vice-vibration-valser-vampire-véloce-vinaigrette-vaste-voler (comme un oiseau)-victorieux (facultatif)-voluptueusement-verdure.

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            Trois ou quatre chats au moins s'allongeaient voluptueusement au coeur des massifs rose et rouge crénelés de vasques écaillées. Les jardins de Boboli s'animaient,mais doucement,au coeur de ma chère Toscane.Trop véloces en ce matin,les cloches que j'entendais,il me plaisait de les attribuer à San Miniato, pourtant éloignée,mais comme perchée sur mon épaule vagabonde à la façon d'un calme oiseau familier qui,par doux et contraires soubresauts,volerait là,pas plus loin,vers les si précieux cyprès florentins. Neuf années avaient passé, neuf hivers,neuf automnes dans la trop vaste maison du Nord,et la solitude qui avait jeté sur moi un bizarre ange de l'opprobre, aux vices très tolérables mais néanmoins messagers d'une noire victoire de l'ombre,à mille lieues de la ferveur florentine de nos émois d'hier.

 

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                         Qu'avais-je donc fait de plus de trois mille jours hors d'elle? Hors la vie, hors le goût car le meilleur scotch m'était verveine.Hors l'écoute,un volubile scherzo ne m'étant que lourdeur.Les si beaux théâtres de verdure aux estivaux effluves où valsaient muses et nixes,comme je les avais ignorés! Rien n'existait alors que ma vacance de roc et d'île.Ces gens,ce monde,ces orages ou ces soleils,cela ne me regardait pas.Ignorant toutes ces vicissitudes, seule ma douleur prenait corps, irriguant de ses vibrations toutes ces heures épuisées sans même un regard de ma part, comme si de ma  vie j'avais fait un viaduc hautain,au-dessus,ou ailleurs.

               Si longtemps après,voilà qu'à nouveau le Palais Pitti et la fontaine de l'Océan m'offraient leurs frondaisons,leurs babillages vernaculaires,leurs bruissements baroques.La Trattoria dei Medici présentait-elle toujours la vinaigrette charcutière dont nous nous grisions? Et le cabinet du véto où nous avions amené un des espiègles félins,à la patte chancelante? Curieusement je m'imaginai que la cape du vampire,ce plafond ténébreux qui m'oppressait depuis des lustres allait,enfin peut-être,s'étioler et hanter d'autres que moi.Ou rêvai-je?

 

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04 août 2012

Les plumes de l'été: La boursouflure

              Asphodèle nous propose pour cette semaine en u les mots suivants: utopique-unique-us-ubiquité-ustensile-urgent-usufruit-universel-utile-usuel-usine-usurper-ultimatum-uppercut-utérus-urbain-usé-union-uchronie-utopie.Ayant utilisé utopique je n'ai pas retenu utopie.J'avoue que ce texte est celui qui m'a donné le plus de fil à retordre.C'est peu dire que je n'en suis guère satisfait.Merci à Asphodèle une fois de plus.

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             Souvent les lettres n'en font qu'à leur tête.Elles composent des mots comme en votre absence,et dirigent les opérations. Regrettant le manque d'unisson,ce joli mot improbable,le vingt-et-unième signe cabalistique m'a irrésistiblement entraîné vers l'espace,vers la matrice universelle, vers l'utérus grandissime si souvent redécouvert par les grand auteurs d'anticipation,que ce soit au coeur d'un désert aux runes uniques et mystérieuses,ou dans un maelström urbain d'une civilisation usée,sonnée par une série d'uppercuts totalitaires et oppressants.Vers un aller simple au mitan d'un monde utopique à mille lieues de notre usuelle médiocrité.Vers une extrême essence de l'imaginaire,où l'humanité essoufflée,incompétente au point d'avoir oublié qu'elle ne détenait qu'un usufruit planétaire,finirait par éradiquer l'horreur en sa totale ubiquité.Vers une saison parfaite,union d'hommes ayant enfin cessé d' usurper le divin.

            Fort à propos il arrive que je me relise.Effarement.N'avais-je pas en quelques lignes cédé à un ultimatum grandiloquent, poussé par une sorte d'hypertrophie urgente au point d'écrire comme si,en une banale uchronie,cette constante des us et coutumes science-fictionnels,j'avais décidé de refaire un cycle à la Asimov ou à la Frank Herbert,ces papes d'une littérature que je connais si mal en réalité.Dussé-je revenir sur mes pas,je décidai d'en rester là.L'usine à cauchemars, et les ustensiles télétransmetteurs, manifestement,je ne leur serais guère utile

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14 juillet 2012

Les plumes de l'été: Le courant d'une onde pure

                            Asphodèle nous propose cette semaine dix-neuf mots:rococo-récolte-rivage-rigolo-râler-se rebeller-roucouler-rature-rumeur-ruban-regrets-russe-rodéo-rose-rage-rubicond-rasoir-ragondin-rouleau.

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                 Vraiment de quoi râler,la Superbe,ce fringant petit affluent de l'Oise supérieure,voyait ses rivages s'effondrer chaque printemps un peu plus.Toutes ces mines consciencieusement sapées par les ragondins,tant prolifiques que voraces. J'en apercevais souvent,jetant encore quelquefois mes lignes vers le troisième méandre,pas très loin du lieu-dit le Rouleau,ainsi nommé parce qu'à cet endroit précis,et quand la saison est plutôt à la crue on a l'impression qu'on pourrait presque y faire du surf.

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               Est-ce parce qu'il allait me falloir quitter vite le familier ruban de mon enfance isarienne que les tourterelles roucoulaient à qui mieux mieux,que la rumeur semblait gronder aux frondaisons des aulnes et des coudriers de ma chère rivière?Est-ce parce  que jéprouvais l'étrange sentiment de biffer mes vertes années,d'une rature dans le livre finissant de ma jeunesse?Est-ce parce que les regrets,ces envahissants compagnons de voyage,avaient fait leurs bagages pour partir avec moi?Je ne sais rien de tout cela mais,sur le fil du rasoir depuis quelques mois,à l'évidence la maison familiale devenait intenable.

     Pourtant je n'étais pas fasciné,pas du tout,par l'idée de me rebeller.Dans ma relative solitude j'avais déjà compris l'ahurissante sororité de la révolte et de la convention.Ca,je l'avais saisi très jeune et devais en être imprégné,la rage post-adolescente me semblait en fait une version somme toute banale,à peine moins eau de rose d'une velléité d'autonomie,un néo-conformisme presque affligeant. Quoiqu'il en soit la route allait m'éloigner,l'heure n'était plus à la calme récolte de ces petits fruits rubiconds,aux arbustes accrochés comme des guirlandes rococo d'une chapelle baroque et buissonnière.Le rodéo des lapins  au crépuscule,si rigolo encore l'an dernier,appartenait maintenant à un temps révolu.M'attendait le roman russe d'apprentissage,Mes universités.

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07 juillet 2012

Les plumes de l'été: Comme dirait Zazie

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           Asphodèle  a retenu pour cet opus 17 les mots suivants: quenelle-quiproquo-quolibet-quiétude-quintessence -quota – quérir – quenotte – querelle – quinoa – quilles – quintette – quartier – quintal – quinquet – quelconque – quitter – quasi – quantité.

q2uelle idée de lui chercher querelle à celle là!Bien sûr qu'elle est bizarre,qu'elle ne sonne pas  du tout comme les autres,et qu'elle semble incapable de voyager seule,toujours à traîner son U à la main.Et les quolibets de fuser sur son passage.Hou!hou!Regardez,elle et son âme damnée!Mais méfiez-vous,je la connais,elle sait prendre de la hauteur,croyez-moi.La quenotte peut avoir les dents longues et exiger son quota de respect. Bon, d'accord,on y perd souvent son latin ou son grec avec elle,à nous faire prendre qui pour quoi,quiproquo,quoi.Quoi qu'on soit coi parfois,quoi qu'on soit quasi quelconque alors qu'elle se distingue et réclame ses quartiers de noblesse.Se prendrait-elle pour la quintessence même de notre alphabet,toute lourdissime qu'elle puisse apparaître,symbolisant ainsi le quintal,cet épouvantail?

            Car c'est une matheuse,pas comme moi.Quantité de nombre rationnels privés du zéro(poésie de l'abstraction arithmétique laborieusement copiée sur mon Larousse) elle donne aussi dans un certain exotisme.Oui,elle a un peu lâché son U,prônant un certain panarabisme  tourné vers La Mecque(qibla, qasida, qatari), surtout utilisable au scrabble plutôt que dans la conversation matutinale dans le bus.Il va être temps pour moi de regagner ma cuisine après cette sémantique communication afin d'y préparer mes quenelles au quinoa d'une proverbiale diététique.Dans la quiétude juillettiste et sachant que pour beaucoup c'est la quille, me voilà vous quittant non sans vous avoir fait remarquer qu'il faut être à cinq, sans U, pour jouer La Truite, quintette de Schubert, avec U.Enfin pour quérir d'ultimes lauriers j'oserai conclure "Le bonheur n'est pas un quinquet de taverne".Quoi?Quelqu'un d'autre l'a déjà dit?

P.S.J'aime à citer mes collaborateurs pour aider à leur carrière.Pour deux phrases au moins Raymond Devos et Louis Aragon sont de  ceux-là. 

  

 

   

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