30 septembre 2015

Qui dénoncera...

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       ... les honteuses pratiques de ce pays souvent cité en exemple? Oui, c'est devant les fastes du Palais royal de Stockholm et ses gardes droits dans leur bottes que l'on traite ainsi les enfants de Suède, enchaînés et presque vêtus comme des bagnards américains. Assourdissant silence des médias.

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11 juillet 2015

Longue lumière malouine

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                                De très bonnes critiques pour ce pavé américain dont les deux personnages principaux Marie-Laure et Werner ne se rencontrent que peu avant la page 500. La jeune aveugle et l'orphelin surdoué des communications sont observés tout le long (long) de Toute la lumière que nous ne pouvons voir comme en champ contre-champ à parts égales, en chapitres très courts, un peu feuilletonesques, qui nous mènent du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris à la campagne de Russie, des bombes sur Saint Malo aux ruines fumantes de Berlin. Bien construit, ce qui permet de lire sans peine cette belle histoire, le roman d'Anthony Doer se veut assez sentimental en ce sens pas du tout péjoratif que Werner et Marie-Laure demeurent dans l'adversité des modèles très positifs sans aucune mièvrerie, ce qui était le risque.

                               Magnifiques, y compris, pour les profanes les digressions sur les mollusques fossiles, les ammonites et les anatifes, sujet peu porteur a priori. Même les éléments techniques sur les transmissions, transfigurés par Werner, s'avèrent d'une belle essence romanesque. Là encore c'était loin d'être évident, surtout pour moi qui maîtrise si mal anode et cathode. Et puis le patronage du grand Jules Verne et de 20 000 lieues sous les mers vogue sur toute la distance du livre, si abondamment cité et que Marie-Laure lit en braille depuis son enfance. Grand livre de l'imaginaire avec la quête de l'Océan de Flammes, un diamant légendaire, avec le rôle de la lumière pour cette enfant de l'ombre guidée dans la ville par les maquettes citadines de son père maintenant disparu, avec Saint Malo ville reconstruite de toute part comme un studio prêt à l'emploi, Toute la lumière que nous ne pouvons voir est un roman superbe, qui ressemble aux romans pour adolescence d'antan sans céder à aucune de leurs facilités.

                               Nanti du prestigieux Prix Pulitzer et déjà acheté par Hollywood, nous aurons l'occasion de voir en chair et en os tous les personnages de cette fresque de guerre et d'espoir. Mais aucune jeune actrice ne saura nous toucher comme la Marie-Laure de Toute la lumière que nous ne pouvons voir. Ce prénom m'est cher.

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10 avril 2015

Le temps des sauterelles...

Masse critique

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                                 Un parfum d'herbe coupée, troisième choix du Prix Relay, pour lequel Babelio m'a fait confiance, ne me disait rien qui vaille. Je craignais un de ces récits d'enfance régionalistes, jamais désagréables, presque toujours convenus. Puis je vis que l'auteur collaborait à Télérama, ce qui n'était pas pour me rassurer. Télérama et moi sommes en délicatesse depuis trente ans. Bref, tout ça ne m'emballait pas. Mais c'est un fort bon premier roman que nous tenons avec Un parfum d'herbe coupée,  une piquante suite d'instantanés de la vie, souvent le gôut d'un joli spumante, parfois le spasme d'une rencontre que l'on devine fondatrice et destructrice, quelquefois aussi le drame brutal. A peu près tout ce qui a fait nos 25 premières années, et Nicolas Delesalle sait toucher son lecteur, jamais à grands renforts de scènes lacrymales ou alourdies. Non, c'est aérien et que ce soit les vacances, les filles, les copains, la vie est toujours la plus forte, une belle brassée d'herbes fraîches.

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                                Bien des figures nous restent à l'esprit une fois le livre fermé, de celles qu'on croit avoir rencontrées et dont le portrait sensible nous  à émus. Totor le vieux paysan voisin de la maison de famille qui reluquait si bien les jeunes filles en fleurs du haut de ses 80 printemps, mais qui savait les cèpes comme nul autre. Le cèpe, une madeleine. Alexander, le '"jumeau" de l'auteur, une tombe au Père Lachaise, un ami posthume dont Nicolas se sent proche. Vous est-il arrivé quelque choses de semblable? Raspoutine, le jeune puis vieux chien de la famille. "J'étais parti là-bas avec l'idée de bien rigoler. J'étais revenu avec la gueule de travers et toute la solitude des hommes sur les épaules" écrit Nicolas Delesalle après un reportage chez un crémateur animalier.

                               Un parfum d'herbe coupée excelle à situer ces moments clefs d'une jeunesse somme toute heureuse, où chacun peut se reconnaître en partie. Qui dira le génocide des sauterelles passagères des fusées confectionnées par ces ados taquins des étoiles? Et l'étonnement du jeune Kolya, il y a chez les Delesalle une origine russe, quand deux jeunes maître-nageurs l'initient au sauvetage en mer avant qu'il ne commence à comprendre que c'est le meileur moyen d'approcher ses soeurs ainées. Vous ne regretterez pas de faire quelques bouts de chemin, à saute-mouton par dessus les années, avec Nicolas Delesalle. Outre le parfum de cèpes et d'herbe coupée vous y humerez les effluves des petits bonheurs rarement exempts d'amertume de vos propres tendres années. On parie?

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30 octobre 2014

La poésie du jeudi, Seamus Heaney

South from Inishbofin

Apparitions

 

Inishbofin un dimanche matin.

Soleil, fumée de tourbe, mouettes, diesel, cales des navires.

On nous aidait à descendre l’un après l’autre

Sur une embarcation que chaque passager faisait tanguer

Dans un vacillement sinistre, avant de nous serrer

Sur les bancs de traverse, par petits groupes craintifs,

Obéissants et mal à l’aise ; nul ne parlait que l’équipage

À chaque immersion des plats-bords

Qui semblaient près de prendre l’eau.

Malgré le calme de la mer,

Les secousses du moteur obligeaient le pilote

À maintenir son équilibre en manoeuvrant la barre :

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La réticence et le poids de l’embarcation m’emplissaient D’épouvante.

Cela même qui garantissait notre salut

- soubresauts, légèreté, mouvement -

Faisait ma terreur. À chaque instant

De cette traversée, à la surface régulière

D’une eau profonde et calme, dont on voyait le fond,

C’était comme si j’observais la scène de très haut,

Sur un autre bateau voguant parmi les airs, effaré

Par les périls de cette plongée dans le matin,

Et j’avais pour nos têtes nues,

Courbées, comptées, un inutile amour.

trad. Patrick Hersant

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                                         Seamus Heaney, (1939-2013), Nobel 95, est né en Ulster. Inishbofin est une petite île au large de Galway dans l'Ouest irlandais. J'ai eu l'occasion de m'y promener un peu il y a bien longtemps. Comme une peur d'enfance, sinistre, effaré, épouvante, craintifs, périls sont les mots du poète. Rien de rassurant...Mais comme je trouve ça magnifique j'ai voulu vous le proposer. Merci à Asphodèle sans qui les choses ne seraient que ce qu'elles sont.

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17 février 2014

Les Toiles Enchantées, une belle idée

Un blog, une séance de cinéma pour les enfants hospitalisés. 

PM toiles enchantées

                                      J'ai vu fleurir ce message un peu partout, Asphodèle, La jument verte, Claudialucia. Je le relaye volontiers.Price Minister s’engage à verser 15 €uros à l’association les Toiles Enchantées, à chaque billet (comme celui-ci) qui paraît sur un blog. Cette somme permet à trois enfants hospitalisés de voir un film à l’affiche et ce de leur lit d’hôpital. Oliver Moss, que nous connaissons bien avec les Matchs de la rentrée Littéraire s’occupe de cette opération pour Price Minister, nous pouvons à notre tour le soutenir dans cette belle opération (ne pas oublier de lui envoyer un mail à oliver.moss_at_priceminister.com avec le lien de notre billet pour qu’il soit validé) ! Alors, il suffit juste de répondre au petit questionnaire ci-dessous, ne vous en privez pas et permettez à des enfants malades ou handicapés "d’aller au cinéma" dans leur centre de soins. Allez sur leur BLOG et faites-en de même si vous le jugez utile…

                                     En publiant cette mini-interview sur mon blog, PriceMinister – Rakuten s’engage à faire un don de 15€ aux Toiles Enchantées qui offre gratuitement aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés les films à l’affiche sur grand écran, comme au cinéma !

Quel est votre premier souvenir du cinéma ?

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Je crois me souvenir que le premier film que j'ai vu au cinéma était Cadet Rousselle, avec Bourvil et François Périer, qui lorgnait manifestement vers le succès de Fanfan la Tulipe, beaucoup moins virevoltant ça va de soi. J'avais cinq ans et chantais la comptine en sortant. Du cinéma familial, notion à peu près caduque. 

Quel est selon vous le meilleur film pour enfants de tous les temps ?

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Question piège ! A la question le meilleur film sur l'enfance j'aurais pu répondre cent fois, Truffaut, Comencini, Vigo, Lamorisse, etc... Mais le meilleur film pour enfants c'est très difficile, et quel âge. Je me lancerai cependant en m'éloignant complètement de la notion conte de fées-dessin animé. Sciuscia de Vittorio De Sica qu'on ne peut recommander aux trop petits enfants.

Une machine à voyager dans les films vient d’être inventée. Vous avez la possibilité de vivre les aventures d’un de vos héros cinématographiques d’enfance, dites nous qui ? (ex : Elliott dans E.T…)

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Je dirais, mais nous ne sommes plus tout à fait dans l'enfance, peut-être un enfant de western, celui de L'homme des vallées perdues par exemple.

Dites nous en une phrase pourquoi vous aimez les Toiles Enchantées !

Parce que je dois tant à la laterna magica et que je trouve que la technologie qui sait être merveilleuse a maintenant de multiples possibilités de faire voyager le rêve jusqu'en ces endroits où la vie des enfants est difficile bien qu'entourée de compétences et d'affections.

SOURCE DE CE QUI SUIT , BLOG DE PM :Vous aussi participez à la chaîne de solidarité en participant à #1Blog1Séance http://bit.ly/1d7Og1o ou en faisant directement un don si vous n’avez pas de blog.

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Les Toiles Enchantées en quelques mots

Depuis 17 ans, l’association Les Toiles Enchantées sillonne les routes de France pour offrir gracieusement aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés des séances de cinéma dans leur établissement, en projetant les films dont tout le monde parle, au moment même de leur sortie en salle, voire parfois en avant-première, en présence des comédiens ou des réalisateurs !

Grâce à cette immersion dans des films de tous genres soigneusement sélectionnés, Les Toiles Enchantées permettent aux jeunes malades ou handicapés de briser leur quotidien, de s’évader, d’accéder à la culture et au divertissement des jeunes de leur âge, et de « se sentir comme tous le monde ».

Les séances de cinéma aident aussi à lutter contre l’isolement et le découragement en créant des rencontres et des connivences entre les enfants au travers des projections.

Le “vrai” cinéma à l’hôpital, c’est un pied-de-nez à la maladie, une fenêtre ouverte sur la vie, en numérique.

Les Parrains de #1Blog1Séance

Un grand merci à In the mood for cinéma et No Pop Corn qui parrainent  #1Blog1Séance en nous aidant à promouvoir la campagne et Les Toiles Enchantées sur leur blog.

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