12 juin 2016

Six cordes, vingt-quatre images/8/Crazy heart

                                                               Catégorie chanteur country vieillissant peu porté sur l'eau claire j'en connais au moins trois, Robert Duvall dans Tender mercies, Clint Eastwood dans HonkyTonk  man et Jeff Bridges dans Crazy heart. Avouez qu'ils ont de la gueule. A noter que tous trois chantent eux-mêmes dans ces road-movies un peu rudes, un peu tannés, et très fatigués. D'ailleurs je vous propose la chanson The weary kind (Du genre usé) du film Crazy heart que Jeff Bridges interprète avec beaucoup de conviction. Oscar cette année là pour le grand Jeff.

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21 mai 2016

Temps de chien

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                                 Troisième incursion chez Don Carpenter, auteur américain que j'ai découvert l'an dernier avec La promo 49. Deux comédiens ne m'avait pas passionné contrairement au précédent. Sale temps pour les braves (Hard rain falling), publié en 66 est pour moi entre les deux mais assez différent, loin du registre de la satire hollywoodienne, assez loin  aussi du portrait de groupe générationnel de La promo 49 qui se présente d'ailleurs sous forme de nouvelles. Le bouquin est nettement plus gros, plus hard-boiled si j'ose dire. L'itinéraire de Jack Levitt est bien balisé, né avec la crise de 1929, orphelinat, maison de correction, prisons de différents niveaux. En quête de liberté depuis toujours Jack connaîtra à peu près tout, mais rien n'ira vraiment. Amour, mariage, paternité, argent, Jack Levitt n'est pas un chanceux. Pas sûr qu'il ait mis tous les atouts dans son jeu.

                                A propos de jeu de nombreuses pages sont consacrées au billard et à ses différentes déclinaisons. Manifestement  bien documenté, c'est aussi pour un profane somptueusement... casse-pieds car à peu près incompréhensible. L'écrivain Richard Price parle de Hard rain falling comme d'un roman de la période beat. C'est en partie juste quoiqu'ultérieur d'une douzaine d'années à Kerouac par exemple, et moins intellectualisé, et (un peu) moins sous acide. Tout de même on peine à croire certains passages quand Jack dit  préférer Dostoievski à Tchekhov. C'est la seule chose optimiste et utopique vu les antécédents et le jeunesse de Jack Levitt. Enfin moi je n'y ai pas cru. C'est une des limites de cet intéressant roman de Don Carpenter, qui ne fut jamais à la bonne place au bon moment. Corée, enseignement, scénariste à Hollywood pour le pire, d'ailleurs très peu de traces, son meilleur ami fut Richard Brautigan et tous deux choisirent un jour d'en finir. Mieux vaut tard que jamais, cinquante ans après sa disparition on redécouvre Don Carpenter. 10/18 n'y est pas pour rien.

                             

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01 mai 2016

Géographie, Watertown, New York

                                  Watertown est une ville à l'est de l'état de New York, proche du Lac Ontario et du Canada, une toute petite ville, voisine de Watertown la City car les Etats-Unis ont une démographie très particulière entre états, comtés, cities, villes, municipalités, villages. J'ai renoncé à tout comprendre. Le seul intérêt de Watertown est que c'est aussi le titre d'un album de Sinatra, lui aussi très particulier. Sorti en 70 Watertown est un concept album où Frankie incarne un homme qui élève seul ses deux fils dans la ville de Watertown. Sa femme l'a quitté pour une carrière artistique et la fin du disque le trouve l'attendant vainement à la gare (The train).

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                                 C'est l'album le moins vendu de Frank Sinatra, différent de ses habituels registres, grave et assez austère. Ses admirateurs n'ont pas suivi. Watertown l'album est maintenant considéré comme culte et régulièrement cité comme un sommet de sa musique. Je dédie Watertown à Celestine qui rêve de s'envoler avec Frank. Et puis il y a des bancs sur cette petite place somme toute assez européenne. On s'assied un moment?

 

12 avril 2016

Tourments, ou le deuil lui va si bien

Enon

                                L'équation du deuil est magistralement explorée par ce livre qui tient parfois du prodige intellectuel. L'Américain Paul Harding, Prix Pulitzer 2010 avec Les foudroyés, plonge avec Enon dans les affres vécues par le père de Kate, 13 ans, qui est morte accidentellement dès les premières pages. Le couple ne résiste pas plus de quelques jours et Susan quitte Charlie. Ce n'était de toute façon pas le couple du siècle. Et c'est la descente aux enfers pour cet homme, expression banale mais parfois le très banal convient bien, dans la très modeste bourgade d'Enon, Nouvelle-Angleterre. Seul, Charlie va très vite sombrer dans une grave dépression avec dépendance, addiction plutôt, aux médicaments et à l'alcool. Ces choses là arrivent. Mais Enon va beaucoup plus loin, enclenchant une fatale mécanique du désastre. C'est que Charlie n'est pas un intellectuel et qu'il n'est pas apte à affronter ses souvenirs et moins encore les fantômes qui l'assiègent. Ses facultés vacillent,il s'est explosé la main quasi volontairement, cesse de se raser, dort sur le canapé, mais surtout marche dans les bois et prend l'habitude de hanter le cimetière d'Enon où reposent sa fille mais aussi sa mère et ses grand-parents.

                                Ainsi vit, ou survit, Charlie Crosby, Charlie le désarmé, le timoré peut-être, le très fragile sûrement. Jeune il avait vite arrêté ses études pour gagner sa vie en repeignant des maisons, en tondant les pelouses et en déblayant les allées enneigées. Epousé Susan, enseignante, élevé Kate du mieux qu'il le pouvait, Kate maintenant couchée dans le cimetière paroissial où il passe des heures, prostré, en proie à des ombres, à des voix, à de vraies rencontres parfois. Charlie, plein de whisky, de cachets, de douleur(s), voit ses souvenirs le submerger. La prose de Paul Harding est capable de nous emporter dans le quotidien de cet homme à la dérive, de nous émouvoir, mieux de nous bouleverser. Dans Enon la discrète, des pages entières sur le froid, sur quelques arbres, sur un bien discret supermarché de bourgade et son patron, ou encore une magistrale évocation du grand-père de Charlie remontant les mécanismes horlogers des maison bourgeoises, sont autant de joailleries. 

                               Enon est donc à mon sens une grande réussite, un poème d'amour d'un père à sa fille, mais aussi à la vie, la vie qu'il est quoi qu'il en soit un privilège de vivre. Pas à fleur de peau, mais profondément incarnée au sens premier. Qui peut dire ce qui suit les ténèbres? Ce qui suit la lecture d'Enon, ça, je le sais, est une belle envie de lire Les foudroyés.

 

 

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05 avril 2016

De la Costa Liguria à l'Ouest américain

Ruines

                                 Voilà un bon roman, peut-être un petit peu éparpillé tant Jess Walter mêle les époques et nous confronte à de forts personnages en des âges différents. En vrac un écrivain américain qui écrira bien peu, lors de la libération de l'Italie en 1944. Une jeune actrice sur la côte ligure, échappée du tournage de Cléopâtre en 62. Un très modeste hôtelier italien et sa mère dans le minuscule port de Porto Vergogna, tout un programme. Un producteur américain typique donc mesquin et grandiose. Gravitent tout autour Richard Burton en personne, et bien d'autres....

                               De si jolies ruines brasse beaucoup de thèmes. Des destins fracassés comme dans un feuilleton, l'exotisme que présentait encore dans les années 60 la Riviera, la satire un peu facile de Hollywood et de ses moeurs avec caprices de stars et infantilisation, une jolie histoire d'amitié qui survivra à cinquante années de séparation. Notre tendresse va davantage à Pasquale et Dee la jeune actrice emportée dans une sombre machination. Ce sont évidemment les coeurs purs. Mais les puissants sont bien campés, notamment le producteur Michael Deane, inspiré de... et le portrait de Burton, star des paparazzi des sixties est également saisissant. C'est un livre riche en péripéties, en aller retour, où le lien avec notre époque passe par les années cames, les années seringues dorénavants inhérentes à presque toute littérature. C'est Pat, fils de Dee, musicien rock, qui assure cette partition. Mais j'ai peur d'être un peu confus à la chronique de ce livre, presque trop riche. Car Jess Walter revient aussi sur un épisode de la conquête de l'Ouest, l'expédition Donner, tragédie dans les Montagnes Rocheuses en 1846.

                            Récapitulons calmement, toute l'Amérique est là, la guerre en Italie, le cinéma et les affaires, les parties fines et l'alcool, le rock et la Californie, la mythologie du western, tout de déraison. Notre ami Pasquale, Italien du nord, n'en est que plus sensible, et sensé. Un très bon moment de lecture, un peu trop encensé quand même à mon goût. Mais, rappel, comme toujours, ce n'est que mon avis.

                           Je crois que Beautiful ruins est un projet de cinéma. Je n'ai aucune autre information à ce sujet. Nous en resterons donc au projet avant d'aller au cinéma. Quant à l'hypothétique et microscopique Porto Vergogna, il borde les célèbres Cinque Terre, site classé mais envahi. La rançon de la gloire.

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08 mars 2016

Dies irae, dies irae

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                                Ces Six jours me rebutaient un peu. J'ai fait l'effort de m'y mettre et Ryan Gattis a fini par me convaincre. Quand on commence à bien saisir les personnages, à peu près tous des jeunes types pas très avenants, et des filles à l'avenant des peu avenants, on s'intéresse tout à fait à ce roman qui raconte de façon hautement réaliste les six jours de L.A. au printemps 92. Ces émeutes qui ont fait vaciller l'Amérique survenaient après l'affaire Rodney King. Pendant ces six jours Los Angeles à feu et à sang a montré au monde une cité où les lois n'ont plus cours. Alors comment décrire la puissance de ce bouquin qui a tout pour nous fatiguer rapidement, ce qu'il fait d'ailleurs, mais qui parvient ensuite à nous happer dans la spirale de violence qui s'empara d'El Pueblo de Nostra Senora la Rena del Rio de Los Angeles de Porcunciula?

                                Truffé d'argot et de mots chicanos Six jours se présente comme une suite de récits à la première personne, narrés par les personnages eux-mêmes, dix-sept en tout, la plupart membres de gangs, très jeunes, garçons et filles, mais aussi une infirmière et un pompier, ce qui nous repose un peu car l'affaire est assez éprouvante. Durant la moitié du livre ça m'a passablement gonflé de donner de mon temps en compagnie de ces individus. C'est vrai, quoi, on peut avoir envie d'autre chose que de fréquenter cette faune. La vie y est en effet assez animale, c'est souvent tuer avant d'être tué, et tout cela sous abondance narco et perte de tout libre arbitre. Le tableau est effrayant, apocalyptique. Et puis, doucement, on cerne mieux les acteurs, qui ont chacun leur façon d'être, voire leur philosophie (peut-être un grand mot). Ainsi, tout en appréciant notre sous-préfecture de 60 000 âmes, pas irréprochable, on vibre à l'unisson de cette ville d'avenues et de boulevards, où de Hollywood à East L.A., des manoirs luxueux aux taudis, au travers des fortes minorités qui en arrivent à se déchirer entre elles, c'est qu'un Salvadorien n'est pas un Mexicain, ah non,  la vie suit son cours, certe pas tranquille, certes souvent bref, mais toujours le lot de certains hommes. Ainsi vit-on à Los Angeles. Du moins essaie-t-on.

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                               C'était il y a plus de vingt ans. Je ne sais pas bien comment respirent aujourd'hui les Angelenos. Mais je sais que Ryan Gattis a écrit un bon livre, parfois proche de la poésie urbaine, brutale et violente, à l'image des tags et des graphes innombrables dont l'auteur semble être un chantre accompli. Renseignements pris l'auteur est lui-même proche du street art et si dans cette expression il y a art il y a aussi rue.

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23 février 2016

Géographie: Jersey City, New Jersey

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                                          Face à Big Apple voici Jersey City. Je sais, ça vous fait rêver. Moi aussi, des vacances à Jersey City... Deuxième ville de l'état mitoyen de New York, le New Jersey, la ville est complètement une banlieue comme tant d'autres. R.A.S. Mais voilà, Jersey City a donné naissance en septembre 1949 à un certain Bruce Frederick Springsteen. Bénie soit la cité de J.C.

                                         L'illustration musicale n'est pas du Boss mais d'un de ces innombrables folksingers repérés au hasard de la toile, personne en Europe n'ayant jamais entendu parler de lui. Ce monsieur a pour nom David W.Jacobsen et aurait des origines scandinaves que ça ne m'étonnerait pas. La chanson est extraite de l'album Footprints, si vous voulez mettre vos pas dans les miens.Alors rendez-vous pour ce Christmas in Jersey City? Ca vous laisse un peu de temps.

Rappel de l'itinéraire

 Aberdeen, Abilene, Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore, Baton Rouge, Berkeley, Biloxi, Birmingham,  Bisbee, Boise, Boston, Brooklyn,Cedar Rapids, Cedartown, Chattanooga, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Clarksdale, Cleveland, Dallas, Decatur, Denver, Detroit, Dodge City, Eugene, Flagstaff, Folsom, Fort Worth, Fresno, Galveston, Hoboken, Hopkinsville, Hot Springs, Houston, Jackson, Jacksonville, Jersey City, Joliet, Kansas City, Knoxville, Lafayette, Lake Charles, Lansing, Laramie, Laredo, Las Vegas, Leavenworth, Lodi, Long Beach,Los Angeles, Manhattan, Memphis, Mendocino, Miami, Milwaukee, Minneapolis, Mobile, Montgomery, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville, Natchez, New Orleans, Oakland, Omaha, Oxford, Palo Alto, Philadelphie, Phoenix, Pine Bluff, Pittsburgh, Poplar Bluff, Portland, Postville, Rapid City,Reno, Roanoke, Rockville, Saginaw, St Louis, St Paul, San Antonio, San Bernardino,San Diego, San Jose, Santa Fe, Sarasota, Savannah, Shreveport, South Bend, Springfield, Statesboro, Tacoma, Tallahassee, Tampa, Texarkana, Toledo, Tucson,Tulsa, Tupelo, Tuscaloosa, Ventura, Washington, Wichita, Winnemucca, Youngstown, Yuma...

                        ...furent nos escales précédentes

18 février 2016

La poésie du jeudi, Allen Ginsberg

Poésie du jeudi

Hydrogen Jukebox

Opéra de chambre de Philip Glass

Livret d'Allen Ginsberg

Première partie/Chant 1

Eblouissement bleu de l'Eclair

Extrait de Le Cheval de Fer

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L’éblouissement bleu de l’éclair sature les plaines de l’Oklahoma,

le train roule vers l’Est

jette une ombre jaune sur l’herbe

Il y a vingt ans

m’approchant du Texas

je vis

une nappe d’éclairs

couvrir les quatre coins du Ciel

Hauts Silos à Fourrage dans brouillard gris-pluie,

damier de lumière au-dessus du ciel-toit

mêmes éclairs électriques au Sud

suivent ce train

Apocalypse prophétisée —

Chute de l’Amérique

signalée des Cieux —

Quatre-vingt-dix-neuf soldats en uniformes payés par le Gouvernement

pour Croire —

quatre-vingt-dix-neuf soldats fuyant la conscription pour un Job dans l‘Armée,

quatre-vingt-dix-neuf soldats rasés de près

et nulle part où aller sauf où on les envoie,

quatre-vingt-dix-neuf soldats qui voient l’éclair —

il y a mille ans

Dix mille Chinois marchant dans la plaine

tous soudain lèvent la tête vers le Ciel pour regarder la Lune.

Un vieil homme attrapant des lucioles sur son porche la nuit

regarde le Berger traverser la Voie Lactée

pour rencontrer la Tisserande…

Comment faire la guerre à cela ?

Comment faire la guerre à cela ?

Trop tard, trop tard

le cheval de fer fonce vers la guerre,

trop tard pour se lamenter

trop tard pour les avertissements —

me voici de nouveau étranger seul dans mon pays.

Allen Ginsberg (1926-1997)

                                     On ne dira jamais assez comme La poésie du jeudi nous ouvre les yeux et nous balade dans le temps et l'espace, parfois dans notre propre image, libres et disponibles, du plus classique au plus novateur, du plus serein au plus trouble. J'ai choisi cette semaine l'une des têtes d'affiche du mouvement beatnik, Allen Ginsberg. Guidé par le hasard comme fréquemment je suis tombé sur ces lignes extraites de l'opéra de chambre Hydrogen Jukebox (1990). Pour ce livret Philip Glass le grand compositeur et Ginsberg ont recyclé des Collected Poems  qu'il avait écrits dans les annnées cinquante et des textes contemporains de la création, fortement critiques (Première Guerre du Golfe).

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                                     Je ne suis pas un grand connaisseur de la Beat Generation, par ailleurs très souvent confondue en France avec le mouvement hippie et je n'en savoure pas tous les délires et les obsessions. Mais j'y trouve parfois des éclairs (titre du texte), des fulgurances, des zébrures qui me plaisent bien, me ramenant à une mythologie de l'Ouest, western, jazz, blues, rock, road, film noir, qui n'ont pas peu contribué à ma formation. Serez-vous, sur cet extrait un peu de mon avis?

                                     Je le fais souvent mais j'y tiens. Merci à Asphodèle sans qui ces jeudis seraient un peu plus sans surprise ni fantaisie.

 

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17 février 2016

La neige en deuil

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                                  Ce roman date d'une vingtaine d'années mais se passe en 1974. C'est la première fois que je lis Stewart O'Nan que je ne connaissais pas. Snow Angels, c'est une petite ville de Pennsylvanie, ordinaire, très ordinaire, très comme ailleurs.  Annie élève seule sa fillette et essaie tant bien que mal de se refaire une vie après une difficile séparation. Glenn, son ex-conjoint, n'a pas renoncé à sa famille et tente de vaincre ses démons en s'abandonnant à l'alcool et à la religion. En parallèle, Arthur, un adolescent timide dont Annie fut jadis la gardienne et qui aujourd'hui travaille dans le même restaurant qu'elle, découvre l'exaltation et les tourments d'un premier amour. Alors quand claque un coup de feu... Retour vers le passé, un passé assez récent dans la vie des protagonistes. Rien de bien exaltant, mais un roman attachant et qui pourrait être un peu nôtre.

                                Personne ici n'est bien dans sa peau, et ça ressemble terriblement à la vie parfois. Le jeune Arthur doit lui-même affronter la séparation de ses parents, des modestes eux aussi dont l'existence s'effiloche. Triste enfance au destin tragique. Triste lycée où la fanfare cache bien mal les désarrois et le début de ces putains d'addictions qu'il est de bon ton de ne jamais stigmatiser (j'en ai marre, de ne jamais stigmatiser personne). Jobs pas marrants pour les adultes au fast-food, en maisons de retraite, télé base-ball et canettes. Rassurez-vous c'est aux Etats-Unis et la belle, noble et vieille Europe, cultivée et tolérante, est bien sûr à l'abri de tout ça.

                               Des anges dans la neige est-il un roman désespérant? On n'en est pas très loin et la banalité même du décor et du quotidien donne à ce livre une grande force. Est-ce un bon roman? Oui, malgré un début un peu hasardeux qui peina à me harponner, il y a dans cette histoire tant de vie, de vie qui, encore une fois, s'effiloche, et tant d'humanité qu'il faudrait être anhumain pour ne pas s'y reconnaître, au moins un petit peu. La glace des étangs de Pennsylvanie reflète parfois nos propres doutes. Evidemment, on sort de cette lecture un peu...effiloché.

                                 Un film est sorti en 2007, adapté de Des anges dans la neige. Estampillé Sundance Festival, on n'a pourtant pas cru bon de le distribuer en France. J'aime mieux me taire.

 

 

 

 

 

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10 février 2016

Géographie, Roanoke, Virginie

                                             Tim Rose est célèbre pour quatre personnes en France pour sa version de Hey Joe, qui précéda de peu celle de Jimi Hendrix. Pour ce  dernier on connait la suite. J'ai un vinyle de Tim Rose. On doit se compter sur les doigts de la main. J'ai l'habitude. J'adorais en ces années 68 la voix rauque de Tim alors que Jimi me laissait de glace. Pourtant musicalement il n'y avait pas photo. Mort en 2002, il était né en 40 et l'on trouve de drôles d'infos sur la toile à propos de Tim Rose. Par exemple qu'il aurait été contacté par les Stones pour remplacer Brian Jones après le bain fatal de ce dernier.

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                                           Roanoke, Virginie, il me faut bien reconnaître que je n'ai rien à en dire. 100 000 habitants y vivent et c'est bien leur droit. Ah si! Sachez que la ligne de bus Metro Valley vous mène directement à Blackburg sans repasser downtown. Intéressant, non?