25 janvier 2015

Pas prochainement sur cet écran

les-plus-grands-films-que-vous-ne-verrez-jamais-simon-braund-editions-dunod

                                     Père Noël m'a apporté ce beau livre nanti d'affiches étonnantes que vous ne risquez pas de trouver. Une cinquantaine de films esquissés, parfois bien avancés, ayant explosé en vol, souvent ahurissants. Le casting de ces ratages est hallucinant et les projets avortés ont peut-être bien fait d'avorter. Je ne vais pas faire la liste simplement vous dire que vous avez échappé ou vous avez manqué,c'est selon, à une histoire de Girafes avec salades sur le dos des chevaux, comprenne qui pourra de toute façon avec Dali et les Marx Brothers.

Giraffes

                                   Mais aussi au Retour de St. Helen de Chaplin avec le thème d'un double de Napoléon, vaguement précurseur  du Dictateur. Ou le très heureusement mort même pas né Brazzaville, envisagé par la Warner, sequel de Casablanca. Please,don't play it again. Un Jésus de Dreyer, un Kaleidoscope d'Hitchcock...

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                                   Un peu plus récemment et sur lesquels il y a davantage de documents citons Leningrad 900 jours de Sergio Leone, Le voyage de Mastorna de Fellini,le Napoléon de Kubrick. Le Megalopolis de Coppola. Et puis on retrouve les spécialistes des films impossibles, Orson Welles naguère ou Terry Gilliam aujourd'hui. Les raisons des pelliculae interruptae (cherchez pas, pure invention du génial créateur de ce blog) sont essentiellement les budgets, les abus d'abus divers, Peckinpah par exemple, la santé mentale de certains comme Peter Sellers pour les ultimes aventures de la Panthère rose, la grande faucheuse.

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                                   L'important c'est d'avoir rêvé. Les plus beaux projets sont ceux qui n'aboutissent pas. Ils conservent ainsi l'éventualité du génie. Un peu, toutes proportions gardées, comme le roman que j'essaie d'écrire et qui m'échappe depuis des décennies. Le plus somptueux, et là je suis sérieux, est dans l'iconographie de Les plus grands films que vous ne verrez jamais. Ces affiches magnifiques de designers contemporains sont de vrais bonheurs. Et si les films sont invisibles les affiches, elles, sont bien belles à voir.

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P.S. A propos de ces affiches il va de soi que si quelqu'un venait à être lésé ces photos seraient sur le champ supprimées de cet article.

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05 novembre 2013

Arte + 7

fellini

                                               On peste souvent sur Internet. Mais quand Arte + 7 vous permet de voir à des horaires choisis deux documents magnifiques d'intelligence et de clairvoyance sur deux créateurs,deux forces de la nature qui auront marqué leur art dans des registres très différents, on ne peut que, chapeau bas, s'incliner.Je suis féru du cinéma de Fellini et le témoignage de Gérald Morin,qui collabora avec le maestro sur Romamarcordanova, (térato-expression par moi-même créée sur des critères felliniens), est superbe de tendresse et d'amitié.

                                               J'ai vu et souvent revu la plupart des films de Fellini et prétends que s'il est un metteur en scène, un "montreur d'images" c'est bien lui. J'ai aussi pas mal lu sur son travail mais découvre toujours de la richesse d'imagination chez cet homme qui savait tirer le meilleur parti de ses collaborateurs. Gerald Morin nous balade au coeur de l'oeuvre et retrouve le sens premier du spectacle chez ce diable, limagination faite homme, dont les toutes premières influences lui vinrent des cirques de son enfance,là-bas à Rimini. Rimini, dont le Grand Hôtel de blanc vêtu semble m'attendre,  Richard Galliano jouant Nino Rota sur la terrasse, l'ombre du Maestro griffonnant dans le hall, m'a définitivement convaincu qu'il est  vraiment des lieux où souffle l'esprit.

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                                                 Je ne suis pas très féru par contre de hard rock auquel je concède cependant une tendresse de père rockophile pour un enfant ayant choisi une voie un peu marginale. Pourtant je considère le document Lemmy comme un des rares films sur le rock authentiquement passionnants. Greg Oliver et Wes Orshoski ont suivi Lemmy Kilmister, tête pensante de Motorhead depuis 35 ans. Portrait de cet artiste intransigeant à sa façon, celle d'un bassiste dont les décibels ont vrombi sur tous les continents, assourdissants et assourdissant. Adepte de tas de trucs depuis l'adolescence, ne s'accordant qu'une éthique, pas touche à l'héroïne, Lemmy est un personnage quasiment légendaire dans le milieu,loin d'être groupusculaire, du hard, lui-même maintenant dépassé par le shred, le trash, le death... 49 % motherf**ker.51% son of a bitch.

                                                Que dire de mieux sur ce doc qui, et là je suis sérieux, finirait par me convaincre du bien-fondé de la théorie qui ferait des vrais hardos les héritiers, les vrais. Les témoignages des confrères bruitistes de Lemmy s'avèrent fort sagaces et puis la poésie des noms de ces groupes, je crois que je ne m'en lasserai jamais, Anthrax, Sepultura, Black Sabbath, Slayer, Graveyard.... De là à m'envoyer pour Noel l'intégrale Poison en coffret collector...

                                                Ce grand écart, assez douloureux pour les adducteurs, pour dire tout le bien possible de Arte + 7

http://youtu.be/qg_2nX7jIsE    Omaggio a Nino Rota   Richard Galliano

http://youtu.be/Mg0mjnFkeqw  Lemmy le film

Allez Valentyne

 

wombat1

 

Toute image susceptible de nuire à quiconque sera immédiatement retirée.

                                       

 

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27 juillet 2013

De mots et de masques

arton1691  Il viaggio

                                Sandor Marai progresse toujours dans la pile de mes lectures.Et puis Casanova m'a toujours passionné,aussi bien le fringant jouvenceau de Casanova,un adolescent à Venise,le très beau film de Luigi Comencini,que l'hurluberlu pathétique ridicule et émouvant Casanova de Fellini.En littérature aussi j'ai un bon souvenir du Retour de Casanova d'Arthur Schnizler,mais il est vrai que Schnitzler figure dans mon panthéon.Le paneuropéen Sandor Marai, qui vécut un peu partout sur le vieux continent et mourut en Amérique,à qui rien n'échappe ni de l'esprit des lumières,ni des jeux de la séduction,a fait de La conversation de Bolzano un texte d'une grande richesse et dont toute la deuxième partie est composée des très longs monologues successifs du vieux Comte de Parme qui blessa jadis Casanova en duel,de sa très jeune femme Francesca exaltée de sa passion,et de la réponse du Cavaliere.

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                                 D'anecdotes croustillantes sur les conquêtes de Casanova,point.De picaresques détails sur l'évasion des Plombs de Venise,non plus,Sandor Marai n'a pas voulu écrire un roman d'aventures.Pas de rencontres sur le pré pour laver un honneur,pas de cape ni d'épée.Un poignard, toutefois, compagnon fidèle de Casanova, qui peut toujours servir.Il y a bien un complice,Balbi, moine paillard et défroqué,ce qui est fréquent en cette période où les ordres mineurs,voire majeurs,s'accommodent d'une chasteté relative.Mais le chevalier restera un homme seul.

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                                 La profondeur de La conversation de Bolzano prend sa signification dans la très longue scène où le vieux comte,face à Casanova, lui propose un contrat, richement doté, si ce dernier partage avec Francesca une unique nuit d'amour, "Réconforte-la,et blesse-la", toute l'ambiguité de ce beau roman se trouve ainsi résumée.Et que dire de l'entretien final entre les deux amants? Francesca,qui a réussi à lui griffonner quatre mots, trouve les accents les plus déchirants pour lui avouer son amour, entre don de soi, et colère. Giacomo Casanova de Seingalt, de la Venise d'or et de barreaux à sa mort,modeste bibliothécaire d'un obscur château de Bohême,en passant par Bolzano,cette bourgade du Tyrol italien, a trouvé en l'immense Sandor Marai,un (faux) biographe d'une insoutenable vérité.

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13 mai 2007

Un cheik en blanc

  Et vogue le navire  (hommage au maestro)

   En 1952 Fellini signe son premier film seul après Les feux du music-hall,coréalisé avec Alberto Lattuada.Le cheik blanc est une sympathique initiation à l'oeuvre totale.En effet on trouve déjà dans Le cheik blanc l'univers du grand montreur d'images.On sait que Fellini s'est vite affranchi du Néoréalisme,lui dont l'imagination se serait très tôt sentie bridée au côté de Rossellini.Fellini pose ici son regard un peu gouailleur,d'une gouaille romaine,mais surtout plein de tendresse sur les petits.En l'occurence son héroïne, Wanda, aimée d'Ivan sans fantaisie,se réfugie dans le monde bien oublié aujourd'hui du roman-photo.Je crois que l'on ne mesure plus très bien l'importance du courrier du coeur et du roman-photo qui ont eu plus que leur heure de gloire dans les années cinquante et particulièrement en Italie.Le cheik blanc est le personnage flamboyant aux yeux de Wanda qui séduit les midinettes de façon hebdomadaire. Wanda va réaliser son rêve et découvrir le vrai Fernando(le pathétique et génial,bellâtre et couard Alberto Sordi).Le rêve tourne alors au cauchemar et l'affaire se conclut très dignement sur la Place Saint-Pierre.N'oublions pas que nous sommes à Rome en 52 et que La dolce vita n'a pas encore immortalisé la Fontaine de Trevi.

    Si personnellement j'ai un faible pour Les Vitelloni en ce qui concerne le premiers tiers de la carrière de Fellini j'ai apprécié de voir pour la première fois Lo sceicco bianco d'autant plus que le maestro,encore tout jeune,y est déjà accompagné de Giulietta Masina qui joue une prostituée nommée Cabiria,cela doit vous dire quelque chose et de la musique d'un certain Nino Rota,débutant plutôt doué lui aussi.

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24 janvier 2007

Et vogue le navire

J'avAmarcord - Édition Collector 2 DVDais un ami par delà les Alpes

Il aimait,jeune à dessiner

Déjà sur les plages adriatiques

Il crayonnait,il savourait les dames plantureuses

Et les enfants courant après un ballon

Federico

Il aurait dû être lui aussi

Enfant de la balle

Il a fait de sa vie un cirque,trublion poétique

Y avait un sombre hercule sur la place

Y avait un funambule qui riait toujours

On l'appelait "il Matto"

Une pauvrette de la campagne

Federico aima Gelsomina

Leur chemin comme tous les chemins

Les mena jusqu'à Rome

Alors mon ami Federico plus jamais ne cessa

De célébrer son Italie comme la Cité des Femmes

Et la louve allaitant les jumeaux

Déjà Mamma Roma.

Marcello c'était son ami,presque un alter ego

Marcello...vous l'avez aimé

Nous l'avons tant aimé

Séducteur latin,errant et témoignant

Fêtard dans la nuit des vasques romaines

La douceur de vivre,ces années loin pourtant

Et la monnaie dans la fontaine de Trévi

L'ami de Rimini aimait le peuple

Intronisé bouffon et puis salué roi

Il avait su donner voix à la lune

Et Ginger et Fred,vieillissants

Pathétiques et heureux

Amarcord,j'aime à revoir

Ce navire surréaliste

Et le rhinocéros surnageant

Dans son monde à lui les histrions

Les clowns blancs et les filles au trapèze

Lanterne magique

Savaient narguer les puissants

Federico si noble et populaire

Et son Casanova grandiose de dérision

Aux amours bercées d'oiseaux mécaniques

Glacé comme une putain vénitienne

Joues d'albâtre des vieilles emperlées

La lagune visqueuse,moisie

Italianissima

Successeur des Césars,le vieux gamin joueur

Prince de Cinécitta

A voyagé toute sa péninsule

Des studios de télé jusques au Colisée

Des défilés à la mode vaticane

A la mode courtisane

Rêves de pellicule

Sentant la sciure du cirque

Et scandés de trompette ou de piano bastringue

Ciao Maestro

Et tous tes saltimbanques

A toi je voue ces quelques lignes

Par delà les décors quand le faux

Nous illusionne,mon bon marchand d'étoiles

"Ti amo Gelsomina"

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