17 juillet 2014

Géographie: Yuma, Arizona

yuma

                                                                 La laideur des villes américaines est fascinante. Continuons cependant notre route en Arizona  cette fois avec Yuma au moins célèbre chez les cinéphiles pour le très beau western de Delmer Daves 3 h10 pour Yuma. Yuma prétend être la ville la plus ensoleillée au monde, proche de la Californie et du Mexique. Les statistiques montrent effectivement qu'il vous faut y aller plutôt en hiver sous peine de dessécher, au sud du sud des U.S.A, au confluent du Colorado et de la Gila. Allez take that train. Le film est un classique de 1957 et Frankie Laine est du voyage. Le remake, que je n'ai pas vu, Russell Crowe, Christian Bale, date de quelques années.

 

                                                                 Soucieux d'être encore un tout petit peu contemporain, un tout petit peu, je vous propose la jolie ballade éponyme, Yuma, de Justin Townes Earle, un folkeux fils de folkeux (Steve Earle), que je visite souvent.

 

 

 

 

 


24 mai 2014

Un livre, un film (énigme 96)

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                                       Très célèbre ce livre et là vous avez déjà une indication. Si, si. L'auteur aussi est resté très connu, un peu remis en question aujourd'hui, le taxant un peu vite d'impérialisme. Ce bouquin, publié à la fin du XIXème Siècle, est en fait un recueil de nouvelles,ce que l'on a un peu oublié. Se rappelle-t-on qu'un grand mouvement de jeunesse s'est fortement inspiré de ce livre? Par contre certains personnages sont restés très familiers des enfants, surtout grâce au cinéma. Le héros principal s'est trouvé une famille d'adoption et des amis. Pas mal d'ennemis aussi. Les deux plus célèbres adaptations datent de 1942 et 1967. Mais il y en a eu d'autres avec ces personnages. Très généreux en cette fin de saison, je vous offre un indice musical supplémentaire pour trouver le nom et l'auteur du livre. Le film porte le même nom. 

                                      Pieds qui ne font pas de bruits; yeux qui voient dans l'ombre; oreilles tendues au vent, du fond des cavernes, et dents blanches pour mordre : qui porte ces signes est de nos frères.

 

 

 

 

                                    

                                 

 

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06 mai 2014

Géographie: Ventura, Californie

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                                                     America, trio puis duo maintenant antédiluvien nous entraîne, sans son Horse with no name cette fois sur le Ventura Highway, Californie du Sud. La ville de San Buenaventura est couramment appelée Ventura et compte 106 000 habitants. C'est l'une des nombreuses stations balnéaires du sud de l'état. Je ne suis pas sûr qu'il y en ait davantage à dire. Mais écouter America me semble toujours être une bonne idée. Ces Anglais d'Amérique ont longtemps passé pour des enfants sages du son West Coast. Vite dit. Rares étaient les enfants sages du début seventies dans ce coin du monde. (And the winner is ...Death)

 

 

 

14 avril 2014

In the name of rock/Guinnevere

                                                                       Guinnevere, y-a-t-il plus belle ballade que Guinnevere? Quintessence d'un folk-rock par des musiciens en état de grâce avant les perditions. Le temps où je rêvais d'une Guinnevere à moi, ma reine Guenièvre. Le temps des arabesques de David, Steven et Graham. Le temps où Guinnevere avait les yeux verts, comme toi, Milady, comme toi. Dessinant des pentacles, comme toi, Milady,comme toi. Cheveux or, comme toi, Milady, comme toi.  Les paons errent sans but sous les orangers. Pourquoi ne me voit-elle pas? Je répète,quoi de plus beau que Guinnevere?

                                                                                 

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06 avril 2014

Le réveil du dimanche matin après le pub...

                          ....plutôt en douceur fraîcheur avec Van Morrison, avec Liam Neeson, de solides gaillards de là-bas, un grand chanteur, un grand diseur,au choix, c'est comme vous voulez, c'est à Coney Island, Irlande du Nord. A propos d'Irlande Val, sa jument verte et moi nous sommes aventurés Du côté de Canaan, roman de Sebastian Barry. Si ça vous dit de nous rejoindre en lecture commune. C'est vers le 15 mai. Un bon dimanche à toutes et à tous.

 

 

 

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24 mars 2014

And the winner is ...Death

WAITING

   

                                                             L'auteur, le Britannique Barney Hoskyns, historien du rock, a également publié des bio de Tom Waits et Led Zeppelin, une saga sur le San Francisco folk. Waiting for the sun est une somme sur plus de 50 années de création musicale à Los Angeles. Ce livre est passionnant mais ne peut l'être que pour des lecteurs ayant partagé au moins pour une période un intérêt profond pour la musique de la cité, car tant de noms sont cités que l'on perd le fil très vite si ces noms n'évoquent rien. Pour moi ce fut passionnant, et très instructif, sur une période que je connais assez bien musicalement, mais dont je sais la terrible impasse humaine, le monumental gâchis. Waiting for the sun est le titre d'un album des Doors mais ce groupe n'est que l'un des innombrables avatars cahotiques et mortifères qui passèrent dans la Cité des Anges, pour le pire et pour l'encore pire. Je n'ignorais donc pas la mortelle randonnée, je viens de le dire, je ne savais pas qu'elle était allée si loin dans la dérive. Fou de cette musique, j'en ai une vraie peine. Un seul mot, le gâchis somptuaire. Sans revenir sur les détails quelques sentiments que cette histoire douloureuse m'a procurés.

                                                             L.A. n'est pas New York, mais n'est pas non plus San Francisco. Dès les années trente les jazzmen avaient montré la double voie qui ne devait jamais changer, marier création musicale parfois de génie et autodestruction massive et virant au grotesque.Hollywood proche n'a rien arrangé et les années carnages n'ont pas cessé.Je connais surtout la partie 1960-1990, mais ce voyage court jusqu'a l'aube du XXIème Siècle. Bien sûr je n'ai jamais pris les Beach Boys pour des angelots blonds, surfers bien propres sur eux. Les frères Wilson, une famille d'Atrides et de malades mentaux.Et pourtant ...Pet Sounds, et les harmonies magiques  du sorcier Brian. On a parlé des paradis artificiels, des concept-albums sous influence. Vrai, mais les enfers, eux, étaient bien concrets.

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                                                             Les jolies et très minces folkeuses éthérées, Joni Mitchell, Janis Ian, odieuses et invivables comme tout le monde. Dire que les subtiles arabesques de Crosby, Stills, Nash and Young ont été conçues à l'eau de source, je n'aurais pas été jusque là. Les Mamas and Papas (California dreaming) passèrent en quelques jours de troubadours à junkies.Mes amis Byrds n'avaient pas grand chose d'une réunion d'amis autour de la légendaire douze cordes de McGuinn. Et Hugues Aufray tentait de nous faire prendre Mr. Tambourine Man pour un homme orchestre, ou un innocent musicien. Mr. Tambourine Man est l'homme qui frappe des doigts sur la porte pour la livraison. Et Laurel Canyon n'était pas qu'oasis de verdure croisant Mulholland Drive. Mais Waiting for the sun qui détaille les turpitudes et les inconsciences faramineuses de tous ces créateurs n'oublie pas que dans la métropole angelna régnait aussi la musique malgré? ou à cause? Vaste débat...

 

                                                            Jouissant d’une réputation en totale opposition avec la Côte Est, encore relativement européenne, L.A.a cultivé son indépendance artistique très tôt. Tout,plus fort, plus vite, plus loin...plus mort. L’ascension des Doors est maintenant bien connue et le culte Morrison est pour le moins discutable pour un groupe dont personnellement musicalement je n'aime très fort que deux albums, The Doors et L.A.Woman.  On n’oublie pas non plus, dans la foulée de La fureur de vivre les égarés notoires qui ont participé à l’explosion musicale de la ville (Phil Spector et ses flingues en studio, Arthur Lee de Love, groupe dont deux albums en état de grâce et de lévitation, les Freaks en tous genres, les Hell’s Angels, les incontrôlables  comme Charles Manson et sa « famille " dont hélas certains de mes héros musicaux furent dangereusement proches. L.A. comporte aussi son contingent de météores,  passagers d'une saison, qui tous ont contribué à faire d'El Pueblo de Nostra Senora la Reina de Los Angeles de Porcunciula un phare musical et un naufrage moral. Tout ça sur fond selon le goût et l'époque de  cool jazz, de surf music, de folk-rock, de protest- songle, de hard rock, de punk, de rap, mais là il y a longtemps que j'ai décroché. La mort de Sharon, Altamont, les ravages de The needle and the damage done, hélas Neil...

                                                      La parole à Barney Hoskyns « Mon intention profonde avec Waiting For The Sun, c’est une étude de l’interaction typiquement californienne entre la lumière et l’obscurité, ou entre le bien et le mal ». Vous voilà prévenus. Personnellement je ne suis pas un  juge, je suis un "regretteur". Je vous ai presque tous tant aimés et pas mal d'entre vous me collent à la peau. Ci dessous quelques survivants, non des moindres, pour I love L.A., Randy Newman, Tom Petty, Jackson Browne, John Fogerty, qui tous ont eu leur période angelna. Angélique, pas sûr. La vidéo du dessus illustre le plus riche du cimetière.

 

 

 

 

                                                      

 

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12 mars 2014

In the name of rock/Roberta

                                                      Cette nouvelle rubrique ne sera pas bavarde. Le rock, sens large, encore et toujours, à écouter, pas à disséquer. Accolé cette fois à un prénom féminin, eh oui, l'essentiel est dit de ma vie. Je sais il y a aussi  Schubert et Buzzati et Ferré et Welles et Mozart et Bogart et Visconti et Dylan et Nerval et Cohen et Chaplin et Goya... Mais tout de même, extrait d'un des tout premiers albums Roberta, Eric Burdon and the Animals, l'homme qui m'a poussé dans le chaudron de Tin Pan Alley où je mijote toujours. Yeah! Ici ce sera très bref. Yeah! J'ai bien dit.

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06 mars 2014

La poésie du jeudi, William Butler Yeats

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                                           Merci encore à Asphodèle pour cette organisation sans faille qui nous offre de délicieux moments de découvertes et de redécouvertes, dans l'infinie variété de la poésie. L'occasion pour moi de relire un peu du grand poète irlandais W.B.Yeats dont j'ai choisi Le voyage d'Aengus. Je vous en propose ma propre traduction, celle d'un amateur, ça va de soi.

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                                        De plus, coup double, vous connaissez ma folkmania, de grands musiciens ont chanté Yeats, Joni Mitchell, The Waterboys et mon si cher Donovan qu'on s'obstine à ignorer, scandale que je vais tenter de réparer,si peu que ce soit. Son interprétation figure sur un double album très ancien où il chantait aussi Lewis Carroll. Et la vidéo est magnifiquement illustrée.

The song of wandering Aengus

I went down to the hazel wood,

Because a fire was in my head,

I cut and peeled a hazel wand,

And hooked a berry to a thread;

And when white moths were on the wing,

And moth-like stars were flickering out,

I dropped the berry in a stream,

And hooked a little silver trout.

When I had laid it on the floor

I went to blow the fire aflame,

When something rustled on the floor,

And someone called me by my name;

It had become a glimmering girl

With apple blossoms in her hair

Who called me by my name and ran

And faded in the brightening air.

Though I am old with wandering

Through hollow lands and hilly lands.

I will find out where she has gone,

And kiss her lips and hold her hands;

And walk among long dappled grass,

And pluck till time and times are done

The silver apples of the moon,

The golden apples of the sun.          

                       

 

 

J'allai jusqu'au bois de noisetier

La tête comme incendiée

Je taillai une baguette de coudrier 

Et pendis une baie à mon fil

Et quand les phalènes reprirent leur vol

Et les étoiles filantes leurs tremblements

Je plongeai la baie dans le torrent

Harponnai une vive truite argentée 

Quand je l'eus posée là par terre

J'allai pour ranimer le feu

Mais quelque chose frémit à terre

Et quelqu'un appela mon nom :

Apparut une fille lumineuse 

Des fleurs de pommier aux cheveux

Qui dit mon nom encore puis s'en fut

Disparut dans l'air comme avivé

Et bien que las des voyages

Par basses terres et collines

Je trouverai où elle se cache

Je baiserai ses lèvres et ses mains

Et là parmi les longues herbes mûres

Je cueillerai longtemps, longtemps

Les pommes d'argent de la lune

Les pommes d'or du soleil

William Butler Yeats ( 1865-1939)

 

 

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18 février 2014

Nordique botanique

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                                J'avais apprécié Le loup dans la bergerie, j'ai aimé Fleurs amères et le Norvégien Gunnar Staalesen me semble du niveau des meilleurs Mankell, et bien plus intéressant que Ake Edwardson par exemple. Ce roman nous baigne dans Bergen, seconde ville du pays, et m'a donné fichtrement envie de traîner dans cette ville de l'Ouest, car Gunnar Staalesen sait nous la rendre palpable. Varg Veum, son privé, sort d'une désintox à l'alcool et envisage un gardiennage d'une propriété de prestige pour se remettre à flot, aidé en cela par la kiné, mes respects chère consoeur, qui l'a pris en charge. Les détectives du Nord ont ce problème, c'est génétique, et tout le monde ne se contente pas comme Maigret d'un blanc sec au comptoir.

                                Ecrit il y a une vingtaine d'années Fleurs amères évoque le combat écologique et la lutte interne dans une riche famille d'industriels. Un premier cadavre dans la piscine des riches architectes, de douloureux retours en arrière sur la disparition d'une enfant huit ans plus tôt, cette famille d'atrides de la haute bourgeoisie scandinave, dont la fille est handicapée mentale depuis un accident (?) et qui herborise, le regard au ciel, une intrigue que comme d'habitude j'ai un peu perdue en route. Mais le plus important est Bergen, principal personnage, cette ville attachante et  sillonnée par Varg Veum de banlieues en port industriel, de parc paysager en centre d'aquaculture. Alors bien sûr Gunnar Staalesen abuse des noms de lieux pour qui n'est pas indigène. Il sait de quoi il parle, auteur, outre des enquêtes de Varg Veum, d'une trilogie historique Le roman de Bergen.

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                                J'aime le Nord mais ayant jadis abusé de l'aquavit des polars de là-haut je ne m'y aventure plus que rarement, laissant Wallander et Winter faire valoir leurs droits à la retraite, et vous laisse sur une note plus légère, Un peu d''or dans l'air estival, sous les doigts du génial duo folk issu de Bergen, Kings of Convenience.

 

 

 

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05 janvier 2014

J'ai dix ans, je sais que c'est pas vrai mais...

                               ... j'ai dix ans quand Don et Phil, The Everly Brothers, m'offrent mes toutes premières émotions musicales. Leur duo, dont Simon and Garfunkel ont toujours reconnu l'influence sur leurs harmonies, et qui reprirent sur scène  deux de leurs tubes, Bye bye love et Wake up Little Susie, est aussi à l'origine de ce qui devait prendre tant d'ampleur dans mon existence, le rock, au sens large. Bien sûr pour moi ce n'était qu'une ébauche et j'étais encore un peu court pour frémir tout à fait au binaire et aux arpèges. Il faudrait attendre quelques années et lorgner du côté de Liverpool, mais le grain était semé, ça ne devait plus tarder. The Ev. c'était un formidable juke-box d'une trentaine de succès du temps des drive-in et des lait-fraise, où les chansons duraient 2 '40". Pour le drive-in j'étais trop jeune. Phil Everly, le plus jeune est mort vendredi 03 janvier.

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