19 janvier 2012

Correspondances

 cinema 

        Bien bel ouvrage apporté par le Père Noël,conseillé par moi-même car le vieux monsieur a d'autres rennes à fouetter.Collection Citadelles/Mazenod,une référence dans le livre d'art voici le superbe Cinéma et peinture de Joëlle Moulin.Encore maniable,ce qui n'est pas le cas de certains beaux livres que l'on n'ose plus tenir en main eu égard à nos périarthrites scapulo-humérales(déform.pro.,pardon),l'ouvrage se décompose en huit courts chapitres somptueusement illustrés et intelligemment commentés,pas cuistrement.

       Parmi ces thèmes j'en citerai trois ou quatre.Dans Van Gogh au cinéma les films de Minnelli,Pialat et Kurosawa(le sketch de Rêves) sont ainsi mis en perspective.Les trois films,très différents,sont plutôt bons dans un registre très différent et chacun peut se forger son Vincent.

  vg

        Dans le chapitre Le style au cinéma on se baigne dans les eaux renoiriennes d'Auguste et Jean.Kubrick avec Barry Lyndon revisite Gainsborough et Ozu et Kurosawa revendiquent l'héritage des estampes japonaises.

         Le grand Edward Hopper traverse manifestement bien de films d'Hitchcok à Wenders en passant par Redford.Plus surprenante l'analogie des premiers films de Visconti,loin de sa filmo princière et géniale,quand les femmes des pêcheurs de La terre tremble,quintessence néoréaliste, se confondent, de noir vêtues, avec un tableau de Sironi(1924).

     sironi

       Les obsessions et fantasmes de David Lynch résonnent dans leur trouble essence à la manière de certains visages de Francis Bacon.Mais bien d'autres sont présents dans cette splendide approche de la magie croisée de la peinture et du cinéma. Chaplin, Ford, Lang, Godard ont,parfois sans le savoir,établi de fulgurantes passerelles, témoignages d'une unisson entre les deux arts.Mais je crois que les cinéphiles sont à même d'imaginer leurs propres raccourcis et de revisiter les acquaintances auxquelles d'autres n'auraient pas songé..

LYN  ISABEL

Note/ Tout ou partie de cette iconographie sera immédiatement retiré si quelqu'un s'estime victime d'un quelconque préjudice. 

 

 

 

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09 décembre 2011

Sortir du cadre

 Les_Rouges_contre_les_Verts_dans_le_Tableau_de_Jean_Francois_Laguionie_medium 

             Quelle toile,quelle étoile filante,quel plaisir de l'image!Ce qui est quand même le rôle du cinéma.On connait un peu la filmo de Jean-François Laguionie,peu prolixe et dont les films sont toujours très soignés,La traversée de l'Atlantique à la rame, Gwen ou le Livre de Sable,Le château des singes.Superbe variation sur l'art et l'homme,d'un graphisme tout en nuances qui évoque un peu Paul Grimault que Laguionie a un peu fréquenté,ce film au bien joli scénario épris de liberté vogue son chemin au long de 70 minutes de rêve,de délicatesse,de drôlerie,de voyage.

           Des militaires tout droit sortis d'un conte d'Andersen si on veut cherchent à empêcher de fuir un hasardeux trio qui a quitté le tableau.Il y a un Toupin, personnage complètement achevé par le créateur,une Pafini à laquelle manque un soupçon de couleur et un Reuf,à peine une ébauche,gris et sec,un inférieur,quoi.Le Roméo parfait est bien sûr amoureux d'une Juliette de la caste du dessous.Ainsi les trois personnages s'en vont à la recherche de leur créateur,le peintre qui n'a pas terminé son travail.On se retrouve à Venise.On rencontre un Arlequin et une bien belle Garance,nue.On croise peut-être Matisse ou Derain.C'est un peu comme vous voulez,ici,on peut presque apporter son pinceau.

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           Le gentil conte de Jean-François Laguionie s'avère forcément doucement moral,on s'en doute.Vive l'imaginaire en liberté,vive le métissage social,cela sans (trop) de démagogie.Peu importe en fait tant la palette de couleurs de l'auteur comme celle du peintre nous invite à l'émerveillement.Et s'il faut y aller de son petit couplet anti 3D eh bien allons-y.Mais Le tableau n'incite pas à une quelconque vindicte,plutôt à la tendresse et à la fantaisie,dans un espace douillettement chamboulé où les créatures s'échappent pour demander des comptes à leur créateur quelque peu nonchalant.

http://youtu.be/S6V70-ABITI Bande-annonce

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05 août 2010

J'peux vraiment pas les voir en peinture(13)

ENS

        James Ensor ne quitta guère Ostende et la côte flamande durant sa longue vie (1860-1949).On sait que son oeuvre abonde en masques et squelettes.Ses tableaux les plus connus sont souvent inquiétants.J'ai découvert par hasard en naviguant cette Cabine de bain peinte à, l'âge de seize ans.C'est un petit format qui ne présage guère les obsessions futures d'Ensor.C'est vraiment une nouveauté pour moi et c'est ainsi que j'peux vraiment pas la voir en peinture cette modeste cabine face à une Mer du Nord que zèbrent quelques steamers sous un ciel de de Flandre,j'peux pas la voir en peinture ,parce qu'à l'évidence les plus beaux écrivains peuvent mentir mais en aucun cas les peintres,même débutants.

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12 février 2010

J'peux vraiment pas les voir en peinture(12)

  J'peux vraiment pas la voir cette Madone du Belvedere du Musée des Beaux-Arts de Vienne,du sieur Raphael.Comme si on avait le droit de donner à voir la perfection en un visage,comme si l'on pouvait essayer de peindre après ça,comme si l'ovale de ces traits ne touchait pas  au sacré.Comme si cette Madone au pré (son autre appellation) qui veille sur les rondeurs auréolées des putti et l'arrière-plan des collines et du lac ne semblaient une divine osmose.Sur le Net on trouve des études très poussées sur la géométrie,le nombre d'or,les isocèles et les équilatéraux qui forment le tableau.Ces vilains souvenirs de mes cours de math n'ont même pas réussi à me gâcher le plaisir de cet au-delà de la beauté.

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05 janvier 2010

J'peux vraiment pas les voir en peinture(11)

Marie Laurencin évoque pour moi une célèbre chanson d'aquarelle et de saison qui n'existe que dans le  nord de  l'Amérique.Je la connais fort peu en fait.Mais j'aime beaucoup cette Arlequine à la guitare qui conjugue la Commedia dell'Arte avec toute sa naïveté et la musique que j'aime symbolisée par ce cosmopolite instrument qui n'est jamais très loin et que je viens personnellement de redécouvrir.

19guitarePauvre biche
Prise au piège
Entre les fauves
Et les Cubistes
(Jean Cocteau)

Marie Laurencin me fait penser à des jeunes filles en fleurs,à la Comtesse de Ségur,à un jeu d'ombrelles sur les rives d'un lac,aux lectures des petites cousines d'une époque dont on n'a plus idée.Ce n'est pas dans cette rubrique peinture mon oeuvre préférée.Il n'est pas interdit cependant d'y trouver du charme.

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08 novembre 2009

J'peux vraiment pas les voir en peinture(10)

  C'est bien vrai.J'peux vraiment pas le voir en peinture cet Homme au chaperon bleu que je viens d'admirer en la fabuleuse exposition Collection Brukenthal au Musée Jacquemart-André.Pas mal de monde  Boulevard Haussmann pour ce bel ensemble de tableaux flamands,hollandais surtout,venus de Roumanie.Et cette toile de petite taille dont la magie six fois séculaire me séduit profondément.Jan Van Eyck a peint ce noble des Flandres vers 1430.J'y trouve une élégance austère,un ton d'un bleu au grain troublant,le jeu des doigts comme perplexe.Je ne sais pas bien parler des peintures que j'aime et cela n'a guère d'importance.Vous qui passez,parfois au hasard,peut-être serez-vous touchés par cette grâce.

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25 octobre 2009

J'peux vraiment pas les voir en peinture(9)

   

         Les footballeurs c'est vrai que je ne les aime pas beaucoup.Souffrez cependant que je vous présente mon équipe préférée.C'est celle;composée de 25 tableaux environ,que Nicolas de Stael a peinte dans les années cinquante,avant de faire lui-même un ultime plongeon du haut des rochers d'Antibes.Séduit par un match au Parc des Princes par couleurs et mouvement ce Russe devenu français traite ses sportifs comme ses musiciens,autre inspiration,en utilisant une sorte de géométrie souvent carrée,petite symphonie bleu blanc rouge qui n'exclut pas comme une rage olympique.J'ai découvert Nicolas de Stael à Beaubourg il y a quelques années.

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17 juillet 2009

J'peux vraiment pas les voir en peinture(8)

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           Ah ces fameux oiseaux d'Amérique de John James Audubon. J'peux vraiment pas les voir en peinture.Comprends pas qu'on puisse mettre autant de grâce dans son crayon pour ces volatiles qui semblent nous narguer de leur splendeur,pauvres bipèdes scotchés au sol..Audubon (1785-1851),fils illégitime d'un officier français est né à Saint Domingue.Il semble avoir étidié avec le grand David puis a entrepris son oeuvre majeure,à savoir répertorier de ses croquis toute la faune du Nouveau Monde,et surtout ses oiseaux,encore exotiques à cette époque.S'il me semble déceler parfois chez les oiseaux d'Audubon une influence nippone le peintre naturaliste est devenu une figure mythique de l'Amérique,récurrente dans l'imagerie populaire et dans le souvenir des amateurs d'Amérique et d'ornithologie.Et plus généralement des gens qui aiment ce qui est beau,beau comme cette Grive des bois.Tiens,on n'est pas si loin du billet précédent.

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11 novembre 2008

J'peux vraiment pas les voir en peinture(7)

  chirico

    J'peux vraiment pas les voir en peinture ces ombres  inquiétantes dans Mélancolie et mystère de la rue de Giorgio de Chirico.Et vers qui court cette fillette au cerceau près de cette roulotte ouverte?Les spécialistes parlent de peinture métaphysique.Les surréalistes y captèrent des signaux de l'inconscient.Et les historiens s'accordent à considérer ses oeuvres plus tardives comme relevant d'un académisme desséché.Il est vrai qu'il a vécu assez longtemps pour momifier peut-être son imagination.

   Ce que je sais de Giorgio de Chirico c'est que certaines de ses toiles me semblent le chaînon manquant entre par exemple l'hermétisme d'un Antonioni,qui sait m'émouvoir,et l'inquiétude proche de la panique que les nouvelles de Dino Buzzati provoquent chez moi à chaque (re)lecture.Très belle compagnie pour Giorgio.

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11 août 2008

J'peux vraiment pas les voir en peinture(6)

    J'peux vraiment pas les voir en peinture,ce violon et ce piano bleu parce que moi qui suis peu musicien,il me semble les entendre en une sonate d'azur dans un salon feutré où nous aurions tous du goût.Kees Van Dongen,de Rotterdam à Monaco et lors de neuf décennies a fréquenté Montmartre et tous les peintres. Inspiré par le cirque et les filles des rues il est l'auteur de ce duo simplement appelé La violoniste.Nimbé d'un peu de mystère en l'absence d'un pianiste j'en aime l'atmosphère.

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