12 novembre 2017

Microguerre

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                                    Qelques alexandrins à la manière de Leconte de Lisle. Peut-être certains d'entre vous se souviennent-ils vaguement du Parnasse, ce mouvement littéraire du XIXème. L'un de ses Poèmes Barbares s'appelle Les éléphants. Pour un petit cercle qui s'amuse, pas toujours, à l'écriture j'ai rétréci le propos. Ca donne Les Minuscules. Probablement difficile de faire plus désuet.

Les Minuscules

La modeste prairie est imaginative

L'herbe y est océane et là, sous les brindilles

Les larves sont féroces et la moindre chenille

Combattrait vaillammment en la steppe arbustive

 

De leurs venin munis de hideux scolopendres

Romaines  centuries, belliqueux manipules

Et d'estoc et de taille, escortés  de cent iules

Font du sol table rase et du vivant, des cendres

 

Luisant d'un noir de jais les carabes immondes

Tueurs impénitents immolent vermisseaux

Lucanes oublieux, buprestes du bouleau

Univers souterrain à l'implacable ronde

 

Seule la gent ailée finira la tuerie

Rémiges et becquées du noir auront raison

Les heures ténébreuses, et la peur à foison

Du ciel ainsi armé subiront la furie.

 

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07 septembre 2017

La poésie du jeudi, Edualc Eeguab

Poésie du jeudi

                                Belle semaine puisque je retrouve la Poésie, Asphodèle et tous les rimailleurs qui bien souvent m'enchantent. Comme vous le savez , muses m'ont boudé. Alors j'ai essayé, comme un enfant sans nurse. J'ai bien un peu triché, mais suis resté dans le rythme du haïku 5-7-5. Merci Isabelle, d'un merci qui restera toujours en deça de ce que je voudrais dire. J'ai appelé ça...

Dérober

Ca brasse du vide

Ca veut pas vraiment fuser

Trouver quelque chose?

Quelque chose à dire

Tenant vaguement debout

Si possible drôle

Romanesque, presque

A la rigueur, du burlesque

Qui prête à sourire

Bannir l'incurie

Qui m'occulte les neurones,

Inapte au défi,

Comme à la bonace,

Pire encore, à la ramasse

Plume racornie

Lac inanimé

Inconsolé, morne oiseau

Vallon sans dormeur

Albatros pataud

Pathos d'un loup moribond

Feuilles au tournis

Tous l'ont déjà dit

Soyez maudits vils poètes

Que suis-je sans vous?

Pillard ça et là

N'ai-je  fait que dérober

Vous, Prométhéens?

 

 

 

 

 

 

 

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25 août 2017

L'Ecrivraquier/14/Derelict

L'Ecrivraquier

Haïkus

Désir, fuiras-tu?

Muses, où donc musardez-vous?

Qui vous emprisonne?

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04 juillet 2017

L'Ecrivraquier/13/Accalmie

L'Ecrivraquier

Savoir m'arrêter

Un peu, un peu plus encore

Le saurai-je un peu?

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Mais rien n'est moins sûr

Quelques saisons sabbatiques?

Cavale estivale?

Chat Studio Harcourt

M'étonnerait bien

Je ne tiens pas mes promesses

Vrai, je vous le jure.

P.S. De toute façon un billet Lecture Commune est prévu vers le 15 août et elle concerne un de mes auteurs favoris.

 

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22 juin 2017

L'Ecrivraquier/12/Stances, absence

 L'Ecrivraquier

Elle est silencieuse

Comme oriflamme en partance

La bannière hésite

Haïkus

Je veux le retour

De ses goûts, de ses couleurs

Mon Nord manque d'Ouest

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Ainsi j'ai osé

Revienne la liliacée

Si chère à mes yeux

 

 

 

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08 mai 2017

L'Ecrivraquier/11/Barricades

L'Ecrivraquier

Rond-point de l'oubli

Certains n'iront pas plus loin

Ici, là, partout

Gavroche un héros

C'est bien la faute à Hugo

Dansez, barricades!

La nuit finissante

Seuls les chiens très affamés

Ont semblé survivre

                                  Il y a comme un romanesque des barricades. C'est si exaltant, les barricades et c'est assez simple somme toute. Seuls les bons dressent des barricades selon les uns. Selon d'autres la canaille entière éventre les rues. C'est pas compliqué. Moi, je n'aime que celles, brisées, de Procol Harum (album éponyme) et celles du ciel de Jackson Browne ( album éponyme, une chanson superbe qui raconte la belle aventure d'un groupe rock). Peu de choses au monde me remuent comme ce dernier thème.

 

 

 

 

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13 avril 2017

La poésie du jeudi, Edualc Eeguab

Poésie du jeudi

Rêve de couleurs

Cartographie, ma jolie

Heureux fleuves  bleus.

Haïkus

Doigts sur planisphère

Un enfant, comme envolé

Outre océan, fier.

Ecriture

Roulez roues ferrées

D'autres rives, la cité

Paisible et bercée

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                                Les haïkus de cet asphodélien  jeudi, et j'aime de plus en plus cet exercice si ludique, m'ont été inspirés par un très beau film, qui sort complètement de l'habituelle démagogie du cinéma, de son populisme ou de son snobisme. Si vous avez l'occasion, et même si vous n'êtes pas très client du Septième Art, qui reste parfois merveilleux et aux antipodes des défauts précités, allez voir The lost city of Z, qui conjugue aventure, réflexion, profondeur et utopie. Je dédie ces textes à ma grand-mère qui, je devais avoir huit ans, fut très surprise quand je lui demandai, pour mon anniversaire, une "belle carte du monde". Et qui, le mercredi sur le marché de Coulommiers qui sentait si bon le Brie, m'achetait trois petits romans d'aventure, mes premiers voyages autour de ma chambre.

 

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09 mars 2017

La poésie du jeudi, Edualc Eeguab

 Haïkus

Tes pleurs, mon printemps

Demeureront vains, il faut

Cesser de nous voir. 

*

Saison, doux réveil

Et la gente fleurie perce

Sous l'astre radieux

*

Dans l'air un refrain

De l'eau, comme un tourbillon

Doux avril revit

                     Je dédie bien volontiers ces trois petites pièces à Asphodèle actuellement aux intempéries et qu'on a hâte de retrouver.

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09 février 2017

La poésie du jeudi, Pablo Neruda

Poésie du jeudi

                                Je sais que c'était un jeudi plutôt vert mais Neruda que j'ai beaucoup pratiqué ces derniers jours n'a eu aucun mal à ôter les mots de ma plume, cette dernière plutôt paresseuse. A Matilde sa troisième épouse il consacra une centaine de poèmes. Il les a appelés ses Sonnets de bois.

Extrait de La centaine d'amour

Matin

J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,

sans manger je vais par les rues, et je me tais,

sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi

je cherche dans le jour la bruit d'eau de tes pas.

Je suis affamé de ton rire de cascade,

et de tes mains couleur de grenier furieux,

oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles,

je veux manger ta peau comme une amande intacte,

et le rayon détruit au feu de ta beauté,

je veux manger le nez maître du fier visage,

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Je veux manger l'ombre fugace de tes cils,

J'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule

et je te cherche, et je cherche ton coeur

brûlant comme un puma dans le désert de Quitratùe.

Pablo Neruda (1904-1973)

 

 

 

12 janvier 2017

La poésie du jeudi, Edualc Eeguab

Poésie du jeudi

Ecriture

Tes doigts, noir et blanc

Octaves, tant d'émotions

Oui, Rachmaninoff

 

                          Je crois que les haïkus n'ont pas de titre. Pas eu vraiment le temps de faire long. Mais comme j'aime Serguei. Puis, prenant conscience  de ma pingrerie...

Elle a dit -"paresse"

"C'est pas un peu court, jeune homme?"-

-"Mais bien sûr. Pardon."-

 

 

 

 

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