16 décembre 2006

La cruauté

Comme c’est simple une affiche

Un enfant loin au Cambodge

Au Liberia,un champ de mines

La cruauté c’est quand un gosse

Ne bondit plus qu’avec les yeux

La cruauté c’est un jardin,son monument

Dans un village,le vôtre

Quelques dizaines de noms

Parfois le même plusieurs fois

C’est Verdun et c’est l’oubli

La cruauté parfois il y a longtemps

La cruauté c’est ce poète

Au froid de sa mansarde,oiseau d’hiver

Qui a compris qu’il ne serait

Ni Baudelaire ni Nerval

Et dont le sang s’épuise

C’est Vincent dans sa déraison

Qui dans ce champ d’Ile de France

Cesse enfin d’être l’incompris

Le fusil dans les tournesols

La cruauté c’est ce banc public

Et cette vieille que les pigeons

Entourent seuls au février des villes

La cruauté c’est quand l’alcool tient lieu de frère

Et qu’il n’y a plus de fils aimant

Enfant flétrie,au corps objet

Que l’indicible a rendue mutique

La cruauté parfois est à la porte

Les silences des années tendres

Amnésiées,comme presque mortes

La cruauté c’est ce courrier

Ce messager qui nous confirme

La cruauté c’est un appel

Peut-être à l’aube d’un dimanche

D’une jeunesse aux fossés

La cruauté vit dans les camps

Qui se jouent de géographie

On meurt en tous points cardinaux

Et partout l’homme se découvre

La cruauté est sibérienne ou andine

La cruauté parfois peut être mienne

La cruauté c’est tout petit

Quand tes pas dans le soir s’éloignent

La nuit encore qui nous échappe

La cruauté c’est toi et moi

A l’âpre instant des séparés

       

   Et s'il n'y avait au monde que la cruauté épistolaire de Choderlos de Laclos...

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03 décembre 2006

Ici

Texte écrit il y a quelques années en témoignage d'affection à un ami qui vit dans un moulin et qui nous accueillait,quelques fous qui déclamaient se prenant pour Nerval ou Stevenson.Evidemment cette nef naufragea...Salut Hubert!

Ici,chez les amis

C’est comme une presqu’île

L’hôte vous l’a décrit

Ce capitaine au long cours

Carguant les voiles fraternelles

Ici c’est l’eau

Pas vraiment les eaux dormantes

Un peu traîtres

Méphitiques,méfions-nous de ces eaux trop honnêtes

On murmure qu’elles se chargent à la Toussaint venue

De tous les mal-pensants,de vous,de moi.

Non,ici,c’est comme un havre

Un peu gardien de phare

Un peu berger de l’onde

Long John Silver est doué d’ubiquité

Au four et au moulin

A la cambuse et sur la scène

On dit qu’on l’a vu marcher sur les eaux

Eaux printanières,eaux de vie,eaux de feu

Si d’autres naviguent en eau trouble

Ici la peinture est à l’eau-forte

Et les rencontres au fil de l’eau

Valent bien le fil de l’épée

Ici l’île au trésor

Nous accueille hardiment

Pour un bien doux naufrage

En amitié,en fantaisie

Souquez donc,Frères de la Côte,aimez

Comme le fleuve aime la mer.

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26 novembre 2006

Noir et blanc

Noir et blanc comme les nuits et les jours

Quatre étranges cavaliers

Dansent,hésitants,sur l’échiquier

Noir et blanc comme haine et amour.

C’est qu’ils sont parfois songeurs

Ardents chevaliers de la Table Carrée

Faut-il prendre ou esquiver

Champions de la Dame de Coeur?

Noir et blanc,souvent muet

Comme le cinéma d’avant

Le combat n’en est pas moins brûlant

C’est le nôtre,trait pour trait

Si simple serait notre existence

S’il suffisait d’avancer comme un loup

N’y aurait-il que quatre fous

Donnant à la vie tout son sens

Ces amoureux des diagonales

Ont beaucoup de mon affection

Fous,vivez,sages et pourtant bouffons

Je suis,je crois des vôtres et j’ai mal.

Dans un vieux roman avec cape et poignard

Pleure la belle prisonnière

Dans la chambre d’une tour austère

Fous,cavaliers y sont menés par hasard.

Viens ma reine,échappons

De ces trappes et de ces pièges

Laissons les autres faire siège

Quittons l’infernal carré qui tourne en rond.

C’est oublier mon seigneur,mon maître

Dans ce monde on se cogne aux murs

A perdre la raison,à démêler le faux du sûr

Le noir du blanc,l’avoir et l’être.

Il y a le nord,il y a le sud

Qui se font,se défont,guerre et paix

Il y a toi,il y a moi,et le roi et ses sujets

Que la lutte sera rude!

Ne craignez pas l’affrontement

Petits soldats des premières lignes

Vous serez de retour pour les vignes

Avant l’hiver sous les sarments.

Noires,blanches,les fées du clavier

Noir et blanc,Errol Garner ou Debussy

Ce noir et blanc sol sol si mi

Met en échec l’ombre des guerriers.

Assez de rire et trop de larmes

C’est,je crois,à vous de jouer

Bientôt l’heure du dîner

Il est temps de rendre les armes.

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12 novembre 2006

Si

Si j’étais tahïtien

Je plongerais bien au delà du lagon

Pour y cueillir au plus profond

L’or des conques et l’argent des poissons

Perles et nacres pour ton ventre fécond.

Si j’étais italien

A Florence ou à Orvieto

Dans l’atelier de Léonardo

Je te peindrais,Madone au tondo

Bellissima del mondo.

Si j’étais inuit

Dans la déchirante nuit arctique

Tu serais du Nord la princesse unique

Ce glacier idyllique

Serait havre d’un fol amour tellurique.

Lama tibétain

Je renierais les livres sacrés

Quitterais le monastère où j’étais ancré

Et ne prierais plus que l’être aimé

Au bonheur ensoleillé.

Guérillero

J’aurais fait seul la révolution

Pour que la passion

Enflamme de notre déraison

Un monde à notre diapason.

Si j’étais un marin

Le sel des quarantièmes rugissants

Du goût de mes lèvres irait cernant

Ton front,tes iris bienfaisants

Alizé aux épices,plaisir déferlant.

Si j’étais écrivain

Mon écriture,métamorphose

Lisserait les épines des roses

Pour que plus jamais n’éclosent

La vacuité et la fadeur des choses.

Si j’étais Ludwig ou Wolfgang

Mon immortalité baignerait l’avenir

De ton prénom et de tes rires

De l’infini de nos délires

De cette musique qui nous chavire.

Si après demain je mourais

Demain aurait ton regard et ton nom

De ma vie la vraie floraison

N’aurait connu que nos chansons

Nos étreintes et notre unisson.

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05 novembre 2006

Comme la fin d'un voyage

Comme la fin d’un voyage

Comme un aboutissement

La Porte Dorée nargue l’océanique

Au tendre nom de paix

Frisco,lovée au sein de sa baie,va voir naître

Ultime avatar,une Amérique de l’Amérique.

C’est le Sud,l’Eldorado et les rumeurs

Prétendent que l’homme y danse sur un volcan

Fomentant sa propre perte

La planète Terre en ce bout du monde

Vit-elle un moratoire attendant

Les caprices de ses entrailles?

Des millions d’âmes au fonds de ces villes

Des dizaines de cités aux noms de saints d’Espagne

Californie,terminus de la longue piste

Dernière étape d’une ruée vers l’Ouest

La chute aussi pour Jack London

Au goût de paradis artificiel.

Il y a des années dans l’effervescence

J’ai écouté les chants qu’on appelait là-bas

Ceux du pouvoir des fleurs

Mais la voix de Janis ne fend plus les silences

Les campus ont renoué cravates et conventions

Et le parfum d’encens s’est dissipé

Au vent du soir.

Allons danser Barbra Ann

Tandis que surfent les enfants des Beach Boys

Dans l’écume des jours

La tête tournée vers Silicon Valley

Les peaux ont bruni maintenant

Et des accents de Sierra Madre

Flanqués de guitares crasseuses

Ont envahi la terre promise.

Des cars bondés jacassent en castillan

De faux totems vaguement aztèques

Veillent au long des routes

Où traînent les Miguel ou Adolfo

Transfuges des barracas

De Mexico.

Démesure

Il faut aller vite et le village des nantis

Grouille d’aréoplanes privés.

Il faut voir grand,ainsi

Les plus belles pierres d’Europe

Ont connu l’exil pour bâtir les folies

De ces “Citizen Kane” dédaigneux

Dont les palais défient la mer.

A peine un siècle d’une vie foudroyante

Dernière née de la conquête,enfant gâtée

L’amnésique Californie

S’exhibe comme une adolescence délurée

Rameau extrême d’un continent hors d’haleine

Après une course insensée.

Californie!Même la nature

A ses vertiges et sa fureur

La pourpre et le violet

De la Vallée de la Mort

Chaos des surplombs,teints lunaires au couchant

Forêts de colosses

Séquoias millénaires

Cataractes coupant les dômes de granit

L’univers paraît évadé

Du cinémascope

La création a tourné son propre film

Difficile d’aller plus loin

Quelques pas et vient le désert

C’est comme la fin d’un voyage

Au delà du carnaval permanent

Maquillages,outrances,perversions

Au coeur des cités presque androïdes.

C’est comme la fin d’un voyage

Au bout du luxe et de la dérision

Où s’achètent mille fantasmes

Palette finale d’humanités

Quand se croisent au matin les regards

De la star et du chicano.

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04 novembre 2006

La mort à voir

Moi,c’que j’aimerais par-dessus tout


C’est une belle mort,une mort d’anthologie


Avec un dernier soupir à damner


Même la plus rancunière des maîtresses


Et un ultime dialogue servi par les meilleurs


Une vraie mort de cinéma,quoi.


Comme celle d’un chanteur de country


Vieillissant et rongé,les femmes et l’alcool,


Qu’est-ce que vous voulez que ce soit,pardi.


Un honky tonk man dans un bar pour routiers


A la nuque rouge,lost on the highway.


Au cinoche mille façons de mourir.


Et tant qu’à faire de crever


Autant trouver la mort à Venise,classe,non.


Ca,ça m’irait.Je change de ton:


L’élégance d’un costume blanc


Lla plage du Lido,couleur choléra,


Un adagio à briser l’âme et,


Omniprésent,grandiloquent mais tant pis,


Le crépuscule,ce putain de crépuscule


Qui me fascine et qui nous guette.


Très chic la lagune pour y laisser sa peau


Tomber le masque


Que dansent les ombres d’un carnaval blême.


Ou mourir à l’Ouest.


Qu’on m’apporte un chapeau.


Un mercenaire buriné,couturé,balafré


Qui enfin rencontre la camarde

Il était une fois dans l'Ouest


Et rachète in extremis(belle expression),


In extremis,sa vie de chasseur de primes,


Règlements de compte hâtifs et peu regardants


Pour sauver le village de paysans.


Bien,bien,hollywoodien,bien.


Très “Chant du cygne”.


Diable on peut mourir en France,


Une agonie qui m’est très chère,


Certains sont déjà au courant.


On l’a racontée ici même,


Loin là-bas sur un quai des brumes.


Ce peintre un peu maudit,ce déserteur,


Quelques paumés,les chose derrière les choses


Et cette mort utile en léguant ses chaussures.


La mort philanthropique,à la marée du soir.


Y a du prestige aussi très au Nord


Sur le chemin de la Faucheuse.


Un grand Suédois,pas marrant marrant,


Austère.Et défier la Mort aux échecs


En un pays hanté par la peste,


L'angoisse et la culpabilité


Car je suis coupable,coupable de tricherie


Comme le Chevalier “Echec et mat”.


Mais lui,il a gagné.


Si j’avais le goût de perdre!Pénitence!


Plus astucieux,on peut rembobiner


Commencer par la fin.Xanadu.


Le magnat obèse,solitaire


S’écroule en son château


L’enfance,la jeunesse,l’ambition,


La puissance,les amis


Et incandescentes vénéneuses,toutes,


Les femmes,refaire le chemin à l’envers


Les aimer à nouveau


Et qu’elles paient,cette fois.


Bon Dieu qu’elles paient!


Ce sera toujours trop bon marché.


Pardon,je m’égare.


Rendez moi mes jouets d’enfant.


Traverser enfin le miroir


Comme Jeannot tendant la main


Mon beau Jeannot,pour voir ailleurs si j’y suis.


Orphée,le poète et ces miroirs,


Portes où la mort va et vient.


Ou errer dans Calcutta déserte,


Fantôme durassien de chair et de sang,


Mais désincarné et exsangue


Mourir,dit-elle.Forcément quitter


Et j’aurais continué d’attendre la fin.


Et j’aurais dit dans un cri


”Qu’elle vienne,qu’elle vienne vite”.


Après,après il restera toujours


Bogart en imperméable,


Pluie battante aux funérailles


De la Comtesse aux pieds nus.


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02 novembre 2006

L'Arno

Un ottobre bellissimo

Quand le sud a des accents

Très doux,pas trop extravagants

Boboli déroule pour elle et moi

De douces pentes finissantes

Où de joufflus putti rejettent une eau tiède

Calme flux suffisant de douceur

Qu’elle écoute à mon bras

L’inconnue d’hier dont le souffle

Est brise tranquille à ma nuque

Tout près Santa Maria crève de sa coupole

Le ciel toscan si cher à mes pensées

Les grilles des palais,de leurs cours nous invitent

A flâner tous deux le coeur comme ébahi

Couple de survivants

Aux traces du temps perdu

Renaissance sur ces quais s’étalant

Florentines matinées,à peine frémissantes

Sont-ce les cloches de San Marco

Claires,sur la cité,qui nous fêtent

Nous qui venons si tard?

Mais le crépuscule nimbe l’Arno

Comme le doux manteau,comme le tranquille automne

Sur nos vies moins brûlantes

La barque sur le fleuve

Entraîne ce qu’il reste de jour

Avant les nocturnes,andante

Oui,ce qu’il reste de jours

Quittons le Vecchio si bruyant

Et remontons la rive qui s’isole

Nos pas se cherchent un peu

Le talent ici fut si multiple

J’ai l’impression que les grands maîtres

M’ont laissé quelques cendres

Elle est à mes côtés

Presque fille du fleuve

Loin là-bas la rumeur citadine

Nous ignore encore.

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28 octobre 2006

L'or des limbes

Lorsque je chevauchais fatigué des vallées

Aux souvenirs de terre brûlée

De hasardeuses retrouvailles

En peines disséminées

Que les marais aux fétides haleines

Ne me quittaient déjà plus guère

Rendant mon souffle austère

Pareil à ces vieillards d’Occident

Dont le visage à lire rêvait de Thanatos

Il m’arriva une pâle matinée

Une sorcière probablement

A l’orée d’une noire forêt de tsugas à frémir

Percée des croassements des freux.

Sur un signe de la vieille les oiseaux

Ont soudain fait silence.

Il m’a semblé mais de cela je ne suis sûr

Qu’un tocsin a crevé l’écho

Du dernier village traversé

“Serait-ce l’heure de la grande rencontre?”

Songeai-je quand,hideuse et mortifère,

Son long bras s’est tendu

L’index vers le nord

D’un idiome inconnu à peine borborygme

Une voix sépulcrale m’intima le chemin

Des vêpres extrêmes de mes ans

Page de fin peut-être

De mon combat lassé

Impossible quête d’une lumière à partager

Il me fallait accomplir

Le dénouement et retrouver

Le marquisat des ombres.

L’autre versant des Monts Noirs

M’attendait ardu,et désolé de pierres

Etait-ce ainsi qu’il me fallait voguer

Vers le Styx qui nous guide tous

La grande solitude?

L’espoir m’était un bel étranger

Mes compagnons les mots que j’avais aimés

Jusqu’à les faire danser

Allaient donc me quitter

Pour valser à jamais

En outre-poésie

Je n’aurais donc rien été

Qu’une feuille dans la longue tempête

Aux nervures déjà presque effacées.

Mais la destinée s’avère parfois fugueuse

La camarde absente,

C’est une apparition céleste qui m’irradia

Inattendue dans ce pays fini

Mes yeux n’ont pas saisi

D’abord sa beauté rare

Il me sembla que son regard ne s’adressait

A rien ni personne,mais au delà

Aux personnages que l’on devine

En une étrange et interne vibration.

Puis comme le crépuscule devenait améthyste

Sa voix m’a touché,ferme et femme

Louve et reine,elle m’a aimé déjà

Bien avant mon rude réveil.

Et moi,buriné et perdant

Quand elle a pris ma main

J’ai compris qu’elle ne m’avait jamais laissé

Que la foudre nous avait pétrifiés

En une oeuvre à nous seuls

Qu’il nous restait à ériger

Au coeur des jungles et des déserts

Au miroir de notre passé

Chacun lié à l’autre

Au travers des chagrins réciproques

Elle,mon essence admirable,âpre et chaude

Et moi,en son sein,renaissant

Déjà à l’écriture

Une inspiration emplie d’elle...

Adieu les affres et les torpeurs

Son souffle maintenant

Caresse mon dos tendu qui s’apaise

Sous ses ongles,ses phalanges langoureuses

Et ses bras m’irradient

Quand nos intimes brûlures

Se findent dans la nuit torturée

Par nos jeux parfois striés de rires.

Son amplitude me dévore

Fasciné par ses rêves je sanglote

Déjà je ne suis digne d’elle

Déjà je l’ai blessée

Ma face noire se rebelle

Elle saura me guérir

Dieu,qu’elle m’inonde d’elle

A m’effrayer parfois!

Avant qu’elle ne s’envole

Sur un cheval magique

Libre et admirable

Je veux lui dire

"Deviens moi”

                  (Automne 2000)

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26 octobre 2006

Les ombres du Valois


Aux étangs émergeant d'une brume à damner


Quand le cerf coléreux de nos chemins cognait


Sa fureur et ses hargnes


Sous les hêtres et le ciel


Et qu'automne en ses eaux


Tendait les bras déjà


A ta douleur,toi,Nerval mon ami


Je sais que tu guettais


La lumière des lacs


Et Sylvie dansant sur les fougères...


De quel Orient rêvais-tu donc


Et quelles brûlures à tes yeux


Ont-elles pu t'emmener loin de Mortefontaine


Au tréfonds de ta nuit


Rue de la Vieille Lanterne


Par ce janvier glacé?


      


                         Hommage à Gérard de Nerval(1808-1855) et à notre pays commun,ce beau Valois,berceau de la France


                           Je crois que mon père l'aurait aimé,lui qui a tant arpenté ces sentiers romantiques.Salut,mon papa..


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25 octobre 2006

Et vint l'automne

Assurance

Un jour nous guette,il est glacial

Même en juillet,même au soleil

Au ciel bleu traître à notre âme divaguante

Et au tumulte doux de l'eau fraîche

Un jour où le cercle de craie s'apprête

A nous vouer au deuil des amours

Des illusions,des amitiés.

Une image nous vient du grand hôpital blanc

Grosse de pressentiments

D'où nous vient ce voile gris

Et déjà c'est l'adieu à la Toscane

A l'Ouest irlandais,au blues du delta

Au piano de Prague

Un jour où c'est déja l'automne

Peut-être même le milieu de saison

La cruauté des vieux poèmes,jeunesse s'échappant

Et le rire de Lorena

Qui vit sans moi,qui vit ailleurs

Mais résonne encore son départ

J'aurais voulu danser plus loin

Même malhabile et rageant

Pourtant

S'il était encore temps mais oui...

Le lendemain hissse les voiles

Equipage au complet

Serai-je sur le pont aux larges alizés

Et d'autres bras m'attendent

Forcément,dites,forcément...

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