20 mai 2012

La leçon de Twixt


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            Coppola a cessé les budgets pharaoniques depuis quelques années et se fait plaisir et nous fait plaisir. Twixt est un beau film qui revisite une Amérique très province,une petite ville où un auteur de polar en perte de vitesse et la bouteille facile fera une étrange rencontre et sera aidé par Edgar Poe en chair en en os.Il faut dire que Twixt revendique les influences de la littérature et du cinéma américain. Outre Poe en personne Roger Corman et Stephen King sont de la partie.Et en toute cohérence le traducteur français d'Edgar Poe est lui même carrément cité.Il s'appelle Charles Baudelaire.J'oubliais,le héros se nomme Hall Baltimore,comme la grande ville du Maryland où Poe est mort.

               Val Kilmer n'a jamais cassé la baraque.J'aime The Doors,j'ai donc logiquement détesté The Doors.Il a pris de l'âge,du poids,du volume.Je le trouve plutôt crédible dans ce rôle d'écrivain sur le retour au public clairsemé. L'architecture de cette petite ville sans âge est très réussie.Notamment le beffroi,lorgnant un peu sur Les sept cadrans d'Agatha Christie.Hall Baltimore, relégué dans la quincaillerie,il n'existe plus de librairie,ne signe pas les livres que personne ne lui demande.Mais le shériff Bobby LaGrange,un nom de redneck fanatique de ZZ Top, lui, propose d'écrire une histoire à quatre mains.

           Le soir même, il rencontre, en rêve, l’énigmatique fantôme d’une adolescente prénommée V. Il soupçonne un rapport entre V et le meurtre commis en ville, mais il décèle également dans cette histoire un passionnant sujet de roman qui s’offre à lui. Coppola,ravi de tenir en sept semaines des films peu coûteux,semble rajeunir. Culpabilité est souvent maître mot chez lui.A travers cette fiction épouvante pas toujours sérieuse c'est son propre passé qu'il interroge avec esprit,avec foi.Son fils Giancarlo est mort en 1986 et la quête en est forcémement marquée.Différents niveaux, rêves, éthylisme, souvenirs nous égarent un peu et c'est très bien comme ça.Mais manifestement si Francis Ford Coppola habite un de ses films c'est Twixt.

          Revoir Bruce Dern bien vieilli dans le rôle trouble de Bobby LaGrange,si, longtemps après Retour,Gatsby le magnifique,On achève bien les chevaux,m'a fait plaisir.Tom Waits en narrateur ne gâte rien,on s'en doute. Dasola y a vu l'ombre de Washington Irving et Tim Burton,voire de David Lynch version Est. Neil insiste sur les couleurs.Ceci prouve la richesse d'échos de ce Twixt. 

Neil  http://lecinedeneil.over-blog.com/article-twixt-2012-francis-ford-coppola-101551295.html

Dasola     http://dasola.canalblog.com/archives/2012/04/26/24099955.html 


Francis Ford Coppola s'inspire de sa vie pour Twixt

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08 mai 2010

Onirique qui mal y pense

   

                                        

           Mes souvenirs d'Edgar Poe sont estudiantins, antédiluviens.La chute de la maison Usher,mêlée à quelques éléménts du Portrait ovale ont fourni à Jean Epstein la matière à un bien beau film en 1928.J'ignorais Epstein et l'ami Nightswimming chroniquant Finis Terrae m'a donné envie d'en savoir un peu plus.Assisté d'un jeune Espagnol nommé Luis Bunuel Epstein nous offre un poème d'une grande richesse plastique qui ne cède en rien aux clichés d'un fantastique trop codé.Théoricien du cinéma,ses rencontres avec Cendrars,Gance,Germaine Dulac,sa collaboration avec Delluc,sa passion de la littérature (Balzac,Sand,Daudet furent adaptés par lui),et son intérêt pour le documentaire ont fait de Jean Epstein un créateur indéfinissable dont il faudrait sérieusement revoir l'essentiel,ou ce qu'il en reste.

         Comme le veut la tradition familiale Roderick Usher dans son manoir peint son épouse Madeline mais celle-ci dépérit quand le portrait prend vie.Oscar Wilde probablement s'en souviendra.Aux confins de la vie et de la mort Epstein utilise magnifiquement le ralenti,ce qui ne fera pas école hélas. Songe ,crypte, tissu de fils envoûtants d'étangs et de frondaisons,il me semble que les arbres de La chute... sont les plus beaux qu'il m'ait été donné de voir.Encensé par bien des critiques le film n'aura jamais l'aval du public mais le lui a-t-on vraiment jamais proposé,au public?

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14 août 2008

Poe,puits,pendule

    Roger Corman,pape de ce que les cinéphiles appellent parfois la Série B,a adapté plusieurs fois Edgar Allan Poe.Ayant lu Le puits et le pendule il y a ... années je ne parlerai pas de fidélité ou de trahison,je n'en sais rien.A mon avis l'ami Fantasio doit savoir, lui.Mais j'ai eu un petit plaisir à regarder La chambre des tortures, titre français de deuxième main, semble-t-il.Une diligence refuse d'emmener son voyageur plus loin vers la falaise de cette côte espagnole. On aura reconnu une scène copiée sur Nosferatu. Empressons-nous d'ajouter que l'on ne vole pas dans les mêmes cieux du Septième.Mais pourquoi pas?

   Corman,qui a tourné certains films en quatre jours,a soigné celui-ci et bénéficié d'un scénario de Richard Matheson,le génial auteur de L'homme qui rétrécit et Je suis une légende.Nous sommes là dans l'illustration correcte avec des flash-back plus ou moins noir et blanc,enfin vaporeux,et quelques plans sur la mer agitée.Puis une contre-plongée sur le manoir en haut de la falaise.Vincent Price le complice est trop grimaçant et l'Inquisition n'est que fort peu abordée.Essaierai-je de voir Le corbeau,L'enterré vivant et La chute de la Maison Usher,des sus-nommés Corman,Poe,Matheson?Et si je retrouvais mon poche Histoires extraordinaires?

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