27 mars 2014

Haro sur Dawa

Mmasse critique

                                                    Nouvelle aventure critique avec Babelio qui me fait confiance une fois encore. Dawa est un pavé qui aurait gagné à se "galetiser" d'au moins un tiers car tout de même 500 pages c'est lourd, surtout pour un roman pour le moins redondant et immodeste.Dawa est le nom d'une opération terroriste visant à cinq attentats dans les cinq grandes gares parisiennes. Tous les étages de la société française de 2014 sont explorés,mais comme ça m'a ennuyé. De la cité des 3 000 avec son habituel gisement de délinquants dont certains recrutés pour l'opération, jusqu'aux arcanes du pouvoir, très concrètement circonscrits car l'action se déroule en ce moment même d'élections 2014, en passant par la sempiternelle guerre des polices. Souvent dans ce genre de bouquins on n'aime pas tout. Là je n'aime presque rien.

dawa

                                    A commencer par le présupposé que l'argot des banlieues n'avait pas de secrets pour moi. Nanti d'un zeste d'incompréhension, j'ai très vite fait la gueule à ma lecture mais suis allé jusqu'au bout, sans que jamais aucun personnage ne m'interpelle vraiment. Trop de figures traversent cette histoire, pessimiste quant à ce pays qui ne se comprend plus lui-même. Dans ces cas là on privilégie l'efficacité, genre cinéma carré, pourquoi pas. Mais voilà, des digressions, des considérations générales sur le microcosme politique, des personnages féminins stéréotypés, Julien Suaudeau a fait bien long pour m'emmener tout près. Sans intérêt pour moi. J'ai bien dit pour moi.

 

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24 février 2014

Equateur de marbre

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                                           C'est toujours avec plaisir que je chronique un livre offert et je remercie Babelio de sa confiance. La mission était agréable, découvrir un polar équatorien, chose peu commune. En route pour Quito car l'Equateur c'est soit la grande cité portuaire du Pacifique, Guayaquil, soit la montagneuse et déjà andine capitale administrative. Plusieurs figures principales dans Mourir, la belle affaire, ce serait un thriller choral? Pas vraiment et est-ce tout à fait un roman policier? Trions. De victimes, de cadavres, certes on ne manque pas et Alfredo Noriega qui porte un nom tristement célèbre un peu plus au Nord, n'est pas avare de ces amas sanguinolents, de ces visages dévastés, de ces deux tiers d'homme, qui atterrissent souvent sur la table d'opération d'Arturo Fernandez, médecin légiste. Mais à lire le titre on comprend la violence du propos, et celle du continent, avec cet horrible sentiment de l'inévitable. J'ai lu récemment que le crime, qui se porte bien partout, merci, avait une nouvelle capitale, non plus Johannesburg ou Lagos, mais Tegucigalpa du modeste Honduras qui semblerait plus gangrenée si possible que Ciudad Juarez la sinistre ville frontalière. Comme en football il n'y a plus en corruption, meurtres et narco, de petites équipes. Manifestement Quito ne donne pas sa part aux condors.

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                                            Arturo fait son boulot. Quelques flics à peu près honnêtes aussi. Tout ça pas longtemps car explosent les pare-brise et les vrais accidents automobiles sont assez rares. La mort est rarement vraiment accidentelle à Quito, sauf par erreur de personne. Beaucoup de saintes églises dans la capitale équatorienne mais bien peu de charité chrétienne. L'inspecteur Herriberto Gonzaga veut tenir la promesse faite à Maria del Carmen, retrouver un chauffard assassin, denrée assez fournie ici bas, enfin ici haut, 2850 mètres d'altitude. A cette hauteur les autochtones ont souvent un peu plus de sang que les étrangers, ils en perdent donc un peu plus aussi sur l'asphalte des banlieues ou dans la poussière des bidonvilles. Beaucoup d'assassins dans Mourir, la belle affaire, et bien peu de coupables, la vie en Amérique du Sud n'a jamais valu que quelques narcodollars. Omniprésente au long de cette balade quitenienne de sang et de larmes, la camarde nous prend par la main et Arturo nous guide dans la jungle équatoriale urbaine. C'est le plus réussi de ce bon roman, on sent vivre Quito, ses ruelles sordides, ses cris dans la nuit automobile, ses dérisoires pauses entre deux morts de vieillards ou d'adolescents, ce brouillard d'emphysème venant du tout proche volcan.

                                           On le sait depuis lontemps,les meilleurs polars sont des bannières citadines. C'est le cas pour la Quito d'Alfredo Noriega, avec ses enfants perdus, son crachin andin, ses vieilles rescapées et son inaltérable fatalisme contre lequel on lutte malgré tout.Après tout, Mourir, la belle affaire...

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18 février 2014

Nordique botanique

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                                J'avais apprécié Le loup dans la bergerie, j'ai aimé Fleurs amères et le Norvégien Gunnar Staalesen me semble du niveau des meilleurs Mankell, et bien plus intéressant que Ake Edwardson par exemple. Ce roman nous baigne dans Bergen, seconde ville du pays, et m'a donné fichtrement envie de traîner dans cette ville de l'Ouest, car Gunnar Staalesen sait nous la rendre palpable. Varg Veum, son privé, sort d'une désintox à l'alcool et envisage un gardiennage d'une propriété de prestige pour se remettre à flot, aidé en cela par la kiné, mes respects chère consoeur, qui l'a pris en charge. Les détectives du Nord ont ce problème, c'est génétique, et tout le monde ne se contente pas comme Maigret d'un blanc sec au comptoir.

                                Ecrit il y a une vingtaine d'années Fleurs amères évoque le combat écologique et la lutte interne dans une riche famille d'industriels. Un premier cadavre dans la piscine des riches architectes, de douloureux retours en arrière sur la disparition d'une enfant huit ans plus tôt, cette famille d'atrides de la haute bourgeoisie scandinave, dont la fille est handicapée mentale depuis un accident (?) et qui herborise, le regard au ciel, une intrigue que comme d'habitude j'ai un peu perdue en route. Mais le plus important est Bergen, principal personnage, cette ville attachante et  sillonnée par Varg Veum de banlieues en port industriel, de parc paysager en centre d'aquaculture. Alors bien sûr Gunnar Staalesen abuse des noms de lieux pour qui n'est pas indigène. Il sait de quoi il parle, auteur, outre des enquêtes de Varg Veum, d'une trilogie historique Le roman de Bergen.

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                                J'aime le Nord mais ayant jadis abusé de l'aquavit des polars de là-haut je ne m'y aventure plus que rarement, laissant Wallander et Winter faire valoir leurs droits à la retraite, et vous laisse sur une note plus légère, Un peu d''or dans l'air estival, sous les doigts du génial duo folk issu de Bergen, Kings of Convenience.

 

 

 

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21 décembre 2013

Deep South, forcément le South est toujours deep

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                          Pas terrible au début, l'intrigue en forme de réglement de compte assez banale, le sheriff adjoint lesté d'un lourd passé, tout ça sentait le déjà vu déjà lu. Mais ça, difficile d'y échapper. Pourtant la musique prend car John Turner est un flic complexe et dont les digressions m'ont beaucoup intéressé.Nous sommes à Oxford, Mississippi, les amateurs de folk ont déjà traîné dans cette ville symbole s'ils suivent un peu mes élucubrations musicales on the road. Turner, ex-flic à Memphis, Tennessee (yeah, pardon, ça m'a échappé), a fait onze ans de prison puis s'est un moment reconverti en psychothérapeute. Un excès de vitesse, 200 000 dollars dans une Ford Mustang, puis une fusillade, et le voilà qui replonge dans la poisse du Sud entre les caïds de Memphis et les exécuteurs des basses oeuvres. Encore une fois la trame policière est classique mais James Sallis, par ailleurs auteur de Drive dont fut tiré le film de Winding Refn, procède par petits flash-back pointus sur l'enfance de Turner ou ses démêlés avec la justice, évoquant aussi le Sud éternel avec ses barbecues et ses opossums. On s'attache ainsi à ce flic, porté sur l'alcool,pas mal,et sur le blues,mieux encore.

mois américain

                         L'univers de James Sallis, c'est aussi les seconds rôles, taillés pour le cinéma, et qui gravitent autour de Turner. Ainsi de Val, l'amie qui fait dans le social, Nathan, le braconnier silencieux,le shérif brave type qui en a vu d'autres, J.T. la propre fille de Turner, revenue de loin. Et une communauté de jeunes écolos qui s'avérera pas si bornée,on peut rêver. Sallis semble avoir fait tous les métiers durant sa vie,y compris le mien. Alors à cet ex-confrère j'ai envie de revenir assez vite, l'adjoint Turner étant un récurrent apparu aussi dans Cypress Grove,avant, et Salt River, après. Lew Griffin, détective noir, est, lui, le héros d'une série antérieure dont les six titres portent un nom d'insecte (The long-legged fly , Moth,etc..., tous en français chez Gallimard). Mais James Sallis est aussi biographe de Jim Thompson, David Goodis, Chester Himes, traducteur de Queneau, Cendrars, Neruda et musicien musicologue auteur de bouquins sur la guitare jazz notamment. Si c'est pas de l'éclectisme... Sûr qu'il nous rejoindra Up on Cripple Creek, avec une autre légende, The Band.

The Band - Up on Cripple Creek

 

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24 octobre 2013

Gare aux rats minables gros,bis

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                                   J'avais lu il y a dix ans deux aventures de Jim Qwilleran et ses deux siamois Koko et Yom Yom. J'avais aimé l'esprit bon enfant de cette petite  communauté américaine. Et puis Soene,très portée sur les matous,c'est elle -même qui l'écrit, a rappelé la vieille Madame Lilian Jackson Braun à mon souvenir. Morte à 98 ans en 2011 LJB fait du bien quand on la lit, à condition de ne pas lire la trentaine de volumes d'affilée.Mais de temps en temps,grâce à 10/18 Grands détectives on peut s'en amuser. Je viens de le faire avec Le chat qui donnait un coup de sifflet où l'on retrouve l'improbable comté de Moose, au nord de partout. Tout un petit monde vit là-haut, bibliothécaire, vieilles dames curieuses, journalistes provinciaux, banquier véreux pour justifier une enquête menée par Jim avec la complicité de ses deux félins surdoués.

                             On y boit du café en bonne compagnie, les habitants répètent sérieusement  Le songe d'une nuit d'été, version petits hommes verts à la place des fées, quelle audace. Tout cela est bien sympathique sur fond de bourgade un peu "idéale " sauf que meurtre il y aura tout de même. Miaou, on est dans un polar après tout, les dits Koko et Yom Yom n'apparaissant d'ailleurs qu'assez succinctement, chats de luxe qu'on a plaisir à imaginer. Ca plaira aussi aux ferropathes car l'intrigue tourne autour d'une magnifique locomotive à escarbilles. D'accord mais on peut avoir d'autres chats à fouetter quant à bouquiner. Qu'importe, un petit moment à sillonner le filon félin de Lilian Jackson Braun n'a jamais fait de mal à ronronne,euh,à personne.

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28 août 2013

Les belles de Cain ou plus fatales tu meurs...

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                                  Tu meurs de toute façon à fréquenter l'univers en noir et blanc sorti de l'imagination de James Cain.Ne pas se poser devant ces deux belles garces le sempiternel dilemme de l'adaptation d'un livre pour le cinéma.Qu'est-ce qu'on s'en fout de tout ça quand on a seize ans et qu'on découvre les  films à la télé.Mais le peignoir de Barbara Stanwick dans Assurance sur la mort le dispute au short de Lana Turner dans Le facteur sonne toujours deux fois pour ce qui est de mes émotions.J'en tremble. Alors pas d'exégèse pointue ni de digressions savantes pour ces deux oeuvres au noir, maîtresses et d'anthologie. Pas d'analyse du style Billy Wilder ou des musiques si bien orchestrées pour ces drames annoncés. Que du coeur battant,brut, que du souffle court, que du moite...

Double Indemnity 1944 Trailer Billy Wilder

Le facteur sonne toujours deux fois - Trailer



                                  Et vous, comme disait Woody Allen à propos d'une autre actrice et de son collant, vous vous verriez bien réincarné en peignoir de Barbara ou en short de Lana? Oh,qu'est-ce que j'ai chaud,moi...Bon, revenons à la littérature, c'est plutôt des bouquins à avoir dans la poche,bien écornés,bien fatigués,de père en fils.

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21 mai 2013

Désaccord mineur

les harmoniques

                      Cette chronique doit tout à la gentillesse d'Asphodèle.Je vous y renvoie d'ailleurs illico.J'ai été séduit par l'ambiance et beaucoup moins par l'histoire.Et là je diffère un peu d'Aspho.On se doute des retombées des guerres balkaniques et on sait l'anarchie qu'elles ont engendrée dans ce qu'il est convenu d'appeler le milieu.Et la collusion avec les politiques emprunte des sentiers battus et rebattus.Là vraiment,je n'ai guère apprécié et ça m'a paru hyperconventionnel,la Place Beauvau,notamment.Bref.

                     Mais Marcus Malte martèle,c'est dur à prononcer,ça,essayez donc!,Marcus Malte martèle beaucoup mieux le clavier du piano que le clavier azertyuiop.Son joli titre,Les harmoniques,fait référence à ces notes parfaites,que je suis incapable de vous résumer,quintessence de la construction musicale. Particulièrement importantes en jazz,je crois.Et là,Marcus Malte est orfèvre.Pas seulement bien sûr parce qu'il présente les choses de façon très ciné avec une bande son très éclectique au long des chapitres (le Norvégien Lars Saabye Christensen a fait ça avec les Beatles).Mais bien plus parce qu'on a l'impression de vivre ces pulsations,dans le souvenir qu'évoque le grand musicien noir qu'on imagine ressemblant à Forest Whitaker, Mister, de Vera,assassinée et brûlée,le souvenir de leurs regards dans le club où il joue du piano en trio.Et plus encore dans l'amitié qui unit Mister et Bob,chauffeur de taxi philosophe,polyglotte et fou de jazz.Et comme leurs discussions dans cette 404 pourrie sont bien rendues.On en claque des doigts en frissonnnant en rythme et en syncopes.

                  Quel dommage que le scénario des Harmoniques ne soit pas constitué de méandres et d'arpèges tout aussi complexes.Je n'ai pas lu les autres livres de Marcus Malte.Mais j'ai lu que Marcus avait beaucoup fréquenté musiciens de rock et salles obscures,ce dont je ne peux que le féliciter.Marcus,à mon avis ,qui n'est que mon avis,vous n'avez nul besoin de la fiction policière dans l'air du temps,très dans l'air du temps, pour écrire,et très bien, sur, et autour, de la musique.Vous ne m'en toucherez que davantage.Je suis déjà à votre écoute,comme Vera devant Mister.

LES HARMONIQUES de Marcus Malte  Chez Asphodèle

http://mumuzbooks.blogspot.fr/2013/02/les-harmoniques-marcus-malte.html    Chez Mumuz

 a-tous-prix

                        Les harmoniques, Prix Mystère de la critique 2012 ,rejoint fort logiquement le challenge de notre amie Laure,l'un des rares sur lesquels je respecte mes engagements,m'étant souvent imprudemment inscrit,trop inscrit...Et hélas,en dernière minute, l'hommage à un grand du clavier,que Marcus Malte ne reniera pas,Ray Manzarek...J'en ai marre que partent mes icônes.

http://youtu.be/3XzHotB5-To The organ,according to Ray.

 

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18 mai 2013

Les miroirs feraient bien de réfléchir

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             Curieuse affiche pour cette adaptation de Raymond Chandler,La dame du lac,qui semble jouer sur l'interactivité en...1946.L'originalité de ce film réalisé et interprété par Robert Montgomery est la caméra subjective,procédé devenu assez courant mais qui à l'époque avait créé une petite sensation.Passé ce truc qui ne nous fait voir Philip Marlowe uniquement dans un miroir ou un reflet,La dame du lac est assez loin de l'ambiance vénéneuse et complexe du Grand sommeil.De plus les deux films sont tout à fait contemporains.L'un est maintenant au panthéon du noir,avec Bogie et The Look,via Howard Hawks.L'autre n'est guère évoqué que par les exégètes des écrivains hard-boiled dont Chandler est un des phares.Bogart qui n'a pas été si souvent un privé au cinéma a tellement investi la mémoire ciné de sa silhouette,de son accent et de son tabac qu'on a l'impression que Marlowe c'est lui,et que le Sam Spade de Hammett c'est lui aussi.Sacré Bogie,ça va Patron!

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         On passe cependant un bon moment avec cette Dame du lac bien que l'on ne voie jamais ni la dame ni le lac.Une secrétaire, assez fatale,fallait s'y attendre tentera bien d'égarer Marlowe.Un flic s'avérera peu regardant.Quelques comparses y laisseront leur peau.Le tout venant du polar,à une époque,où,tout durs à cuire qu'ils étaient,les auteurs de pulps ne se croyaient pas tenus d'aligner trois pages sur la façon de découper un thorax.La dame du lac est à sa place en ligue 2 catégorie film noir, estimable. Evidemment, comme je viens de revoir Assurance sur la mort de Billy Wilder la comparaison est cruelle.Lequel Wilder avait pour coscénariste... Raymond Chandler d'après la longue nouvelle de James Cain,et ceci sans le moindre private investigator..On y revient bientôt.

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12 mai 2013

Une consoeur sur la montagne

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                C'est la première fois que je lis le Suisse alémanique Martin Suter.Cet auteur a souvent bonne presse et j'ai pris un titre à la B.M.,un peu au hasard. Hasard marrant car c'est la première fois que le héros d'un roman,en l'occurrence une héroïne,est une collègue.J'ai donc suivi avec intérêt la saison de Sonia, kinésithérapeute,dans un hôtel alpin de remise en forme,en Engadine, Suisse, l'Hôtel Ganander.Ma jolie consoeur,en pleine dépression suite aux violences de son mari maintenant en taule,va vite prendre conscience qu'un village de cure helvétique peut receler bien des surprises.Les curistes sont assez rares en ce début de saison et l'accueil du personnel pas plus que celui des villageois ne sont des plus chaleureux.

              Peut-être hypersensibilisée par ses récents traumatismes moraux,Sonia se découvre de drôle de sensations.On dirait qu'elle sent les couleurs,qu'elle voit les sons.Un peu tourneboulée aussi par cette inscription sur une voiture "Le diable de Milan", elle apprend que ce n'est qu'une comptine,un peu étrange et qui semble avoir des échos sur les jours plutôt mornes de la station thermale.Une horloge qui sonne douze coups à cinq heures du matin,une fleur dans le hall qui se dessèche en quelques heures,des bizarreries dans l'univers ouaté et high-tech de l'espace-forme de l'Hôtel Ganander.

             Martin Suter s'y entend pour installer son climat d'inquiétude et de mystère. De plus aucune surenchère d'hémoglobine,ce qui est devenu assez rare.Mais là où l'écrivain suisse le plus vendu actuellement excelle,c'est dans la peinture de la vallée,et dans l'observation de la nature et du climat,parfois idylliques mais qui s'encolèrent très vite,comme si sous l'apparente nonchalance helvétique il n'y avait pas que les coffres des banques à contenir de l'explosif.

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17 mars 2013

Célèbre colocation

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                    Etude en rouge est la première aventure de Sherlock Holmes et j'avoue ne plus me souvenir si je l'avais lu déjà. L'exemplaire est d'ailleurs un vieux Livre de Poche,de ceux que j'affectionne beaucoup.Inscrit au multicolore challenge Lire sous la contrainte de  Phildes(d'un livre à l'autre) j'ai vite repensé à Baker Street et à son curieux locataire.A study in scarlet est un des quatre romans mettant en scène Holmes,le reste de ses enquêtes étant réparti entre quelques dizaines de textes plus courts.

              Watson de retour des Indes fait la connaissance de Holmes dans la première partie du livre.On avait oublié que ce dernier avait au départ une formation de chimiste.Convaincu par le test de l'hémoglobine,Watson sympathise avec Holmes et débute ainsi la collaboration d'un des plus célèbres attelages d'enquêteurs de la littérature.Nous voilà donc plongés dans Londres,Londres où rôdent encore pêle-mêle les personnages de Dickens, Jekyll et Hyde, Dorian Gray,voire le peu fictif Jack l'Eventreur.

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             Je pense qu'Etude en rouge porte bien son titre,au sens musical,à savoir essai,ébauche.Les protagonistes n'ont pas encore la complicité des futures investigations.Conan Doyle cherche encore un peu sa formule magique.Mais surtout la construction romanesque d'Etude en rouge nous éloigne de la chère Angleterre pendant toute la deuxième partie,long flash-back sur l'arrivée des Mormons dans l'Ouest américain,pour nous présenter les acteurs du drame victorien qui aura lieu trente ans plus tard.C'est un peu pesant et c'est l'une des raisons qui me font préférer les nouvelles de Conan Doyle à ses romans,exception faite du mythique Chien des Baskerville,peut-être parce que la lande écossaise est délicieusement crimino-graphique.Peu importe,un fanal sur la Tamise, une sordide maison de faubourg,la pluie perlant sur les docks,un air de violon s'échappe du 221 b,Baker Street.Ca y est,vous êtes arrivés.

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