30 novembre 2017

Deux avis valent mieux qu'un

AFFICHE_CORPS_ET_AMES-20171028-235954

                               Voilà pourquoi vous en aurez aujourd'hui deux pour le prix d'un. L'Ours d'Or de la Berlinale suffira-t-il à dynamiser les entrées de Corps et âme, film d'une réalisatrice hongroise dont on n'avait rien vu depuis 27 ans environ? Il s'agissait de Mon XXème siècle, pourtant Caméra d'Or. Pour le premier spectateur, ce film vu vendredi a distillé pas mal d'ennui tout au long de presque deux heures (soupir) dans le cadre idyllique d'un abattoir de bovins. Songez, les deux personnages principaux sont le directeur de l'établissement, l'homme, Endre, un quinqua solitaire au bras atrophié, que l'on voit souvent à la cantine de l'entreprise, un endroit particulièrement séduisant pour une histoire d'amour. Gris sur gris, à première vue vide de tout désir et de toute flamme, et la femme, Maria, nouvelle responsable de la qualité (on appelle ça comme ça), présentée comme une psychorigide peu loquace et peu portée sur toute forme de contact. Tout cela est toutes les douze minutes environ entrecoupé d'une scène forestière dans la neige, un cerf et une biche, certes très cinégéniques mais tenant du procédé puisque relatant le rêve commun à nos deux personnes.

                             C'est bien sûr comme souvent au ciné une leçon de tolérance puisque les deux vont s'apprivoiser, longuement, très longuement, avant de se trouver d'autres point communs que l'onirisme zoologique hivernal. D'ici là on aura eu le temps de maudire ces snobinards du festival d'avoir récompensé un film qui a tout d'un besogneux devoir de fin d'études d'une école de cinéma d'un quelconque pays de l'Est avant la chute. La chute évoquée ici n'étant pas celle du spectateur égaré en cette salle et qui s'écroule, plombé de sommeil.

                            Voici l'avis d'un second spectateur, qui a pourtant vu le même film, Corps et âme, d'Ildiko Enyedi. Présenté en animation débat le film a été unanimement apprécié par un public conquis. On a aimé cette rencontre de deux déclassés qui peu à peu vont se rejoindre. Maria, la très raide et toute nouvelle cadre ès qualité, par ailleurs hypermnésique (on pense un peu à Rain man), et intouchable au sens propre, va se découvrir capable d'éprouver... Corps et âme est l'histoire de cet éveil sensuel, sentimental, sensoriel. C'est très finement amené, en particulier par le jeu sur les mains de Maria qui par exemple rejoue avec deux playmobil une de  ses entrevues avec Endre, ou qui laisse ses mains divaguer doucement sur le cuir d'une vache sous les moqueries de ses collègues. Et le rêve commun de ces  deux là, restés sur le bord de la route, prendra corps, prendra âme, prendra Corps et âme. Nul besoin d'en dire plus, ce film a été chez les fidèles du ciné-club considéré comme l'un de plus beaux depuis trois ans et demi que nous pratiquons cette formule.

                            Le premier spectateur c'était moi, presque seul, le vendredi après-midi, à la limite de la sieste, et me demandant au bout de dix minutes ce qu'il m'avait pris de choisir cet interminable objet visuel pourvoyeur de deux heures entre parenthèses que j'eusse mieux fait de mettre à profit pour oxygéner mon teint blanquet de rat de salles obscures.

                            Le second spectateur c'était moi, avec une bonne quarantaine de gens, sorte de garde rapprochée du Septième Art qui sont intervenus après le film, tous heureux de la découverte, et qui, plus clairvoyants que moi, n'avaient pas attendu une seconde vision pour apprécier Corps et âme. Et nourri de leur ressenti j'ai eu l'impression d'avoir vu pour la troisième fois en quatre jours ce bien beau film.

                              

                              

                             

Posté par EEGUAB à 17:09 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,


14 août 2013

Et la Comtesse a regretté

pavc3a9-de-lc3a9tc3a9-logo-2013-v2rd200

                             Pavé de bonnes intentions,mon chemin a croisé celui de Brize.Encore fallait-il que je trouve un bouquin de plus de 600 pages,c'était la règle du jeu. Un bon roman d'Irvin Yalom en Livre de Poche,budget raisonnable,ferait l'affaire.Le seul livre, par moi lu, de cet auteur était le formidable Et Nietzsche a pleuré  Divan viennois:ainsi pleura Zarathoustra Sûr,j'allais me régaler et me pourléchais les babines à l'idée d'avoir suivi celle de Brize (d'idée).Mal m'en a pris,la potion m'a semblé insipide et toc. La déception est à la hauteur de l'attente.

mensonges-sur-le-divan-irvin-yalom-clement-baude  

                                    Deux choses essentiellement dans ce roman:des consultations chez le psychanalyste et des pages et des pages sur le poker.J'en baille encore à me demander ce qui m'intéresse le moins.Et pourtant comme j'avais aimé la fiction de Yalom,si bien écrite, et si fertile,cette rencontre entre le Dr Breuer, mentor du jeune Sigmund Freud, et Nietzsche, par l'intermédiaire de Lou Andreas Salomé. N'y pensons plus.Pour ce Mensonges sur le divan point besoin de ne plus y penser, c'est déjà dans les limbes de l'oubli,tellement refoulé dans ls replis de mon moi profond,enfin mon moi profond c'est un peu ampoulé, disons mon moi tout court.

                                    Alors qu' Et Nietzsche a pleuré, ancré dans Vienne et ma chère Mitteleuropa,touchait son lecteur au coeur et à l'âme en recréant l'ambiance de la préhistoire de la psychanalyse, émouvante et ludique, on s'ennuie ferme dans cette Californie d'executive women, de psychiatres douteux,de joggers insipides, de businessmen surbookés. Longues conversations au fil rouge souvent libidineux, pensions de reversion faramineuses. Aussi intéressant pour moi qu'une série télé formatée, Mensonges sur le divan m'a surtout donné envie d'une bonne sieste à l'ombre, et aussi de demander à Brize le remboursement de mes 8.60 Euros. Tiens,j'ai une petite fringale de galets, de caillous. Halte au pavé.

 

Posté par EEGUAB à 07:14 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 janvier 2013

La pas marrante histoire du psy d'Inde face au psy de Sion

Dr-mukti

                          Non,je ne ferai pas partie du cercle d'initiés qui se pâment devant les bouquins de Will Self,pas devant Dr Mukti en tout cas,et comme je n'ai guère l'intention de persévérer,Will lui-même et moi,moi-même en resterons probablement là.Ce toubib,natif de l'Uttar Pradesh comme son nom l'indique, psychiatre de son état,parfois piteux,l'état d'ailleurs,a un rival,le Dr Zack Busner,psychiatre de son état,plutôt arrogant,et juif,ce qui n'arrange rien (là,trait d'humour,pas de levée de boucliers svp).Ne pouvant se sentir réciproquement c'est à travers quelques patients en commun que leur querelle nous est contée.Ca se veut branché et Will Self dispose,je crois,d'un capital sympathie dû essentiellement à ses positions plus que larges concernant la drogue.Etant très libéral c'est forcément quelqu'un d'intéressant.Ben si.Non?

         Une fois que je vous ai dit ça je ne vois nulle raison d'épiloguer,ni d'abuser de votre temps.Libre (et encore heureux) au lecteur d'apprécier la drôlerie de Will Self et ses saillies sur la psychiatrie et ses drôles de zigotos.Ce disant je pensais plus aux soignants qu'aux malades,bien que ces derniers soient également pas mal arrangés..Il m'est arrivé de sourire,rarement.De bailler aux corbeaux ,souvent, parce que les corneilles en ont marre qu'on baille toujours après les mêmes.De penser,surtout,que ce Self ne m'a pas rendu service.Oui, ce dernier trait ne relève pas le niveau,déjà d'un faible étiage en cet étage psy.Parfaite adéquation donc,entre ce billet,peu susceptible de figurer dans une anthologie de la critique littéraire,et ce roman,peu digne de figurer,etc...

Posté par EEGUAB à 10:27 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,