28 septembre 2017

Cher libraire

LibraireAmsterdam

                                Plus qu'un bon roman historique Le libraire d'Amsterdam est un livre qui agite des idées au moins autant que des faits. J'ai choisi ce livre en bibliothèque (avant fermeture pour travaux, c'est toujours embêtant), sans en connaître rien que la couverture mais le thème m'a attiré. L'Italo-iranienne Amineh Pakravan a publié ce livre en 2006 et je ne sais par quel hasard il s'est retrouvé dans les rayons publics seulement maintenant. Nous entrons avec ce livre dans le bouillonnant univers des imprimeurs, libraires, cartographes dans l'Europe du XVIème siècle, période où l'on peut parler de naissance de l'humanisme. Un beau roman qui nous conduit des ateliers de Troyes, Paris, Amsterdam, Anvers jusqu'au Nouveau Monde, en ces dizaines d'années de Guerre de Religions. Guillaume Pradel retrace la vie de son père et de son grand-père, leurs haine réciproque et leur foi parfois fanatique.

                              Règnent encore la peste noire et l'obscurantisme mais pourtant les hommes changent, certains du moins. A travers les progrès de l'astronomie notamment, et l'amélioration des communications, c'est un monde  en devenir qui se construit. Quelques hommes éclairés, Guillaume est de ceux-là, imprimeurs, cartographes (quel beau titre que cartographes), mais aussi poètes et médecins, s'appliquent à changer le monde. Très peu connu, Le libraire d'Amsterdam est un ouvrage hautement recommandable, un livre qui fait appel à l'intelligence sans les grosses, parfois très grosses ficelles sentimentales qui alourdissent les romans historiques.

 

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30 septembre 2016

Les mimosas de la discorde

AFFICHE_MIMOSAS

                                 Mimosas, la voie de l'Atlas, il me faut l'avouer, n'a guère convaincu les spectateurs assez nombreux, de ce lundi cinéma. Un peu sévères, la plupart ont pointé du doigt un certain ennui qui accompagne ce road-movie sans road à travers la montagne du Haut-Atlas marocain. Récit autour de trois personnages qui convoient le corps d'un vieux cheik vers Sijilmassa, lieu souhaité de sa sépulture. Cette cité existe-t-elle vraiment? On se prend très vite à en douter. La question alors m'a a fait penser à ces immenses romans de l'attente, Le rivage ou Le désert, des Syrtes ou des Tartares. J'ai évoqué ce cousinage en début de discussion mais il semble que peu de gens y aient été sensibles. Soyons clairs, le film n'a ce soir pas trouvé beaucoup d'échos favorables. J'arguerai quelques mots pour sa défense en conclusion mais je me suis senti un peu seul.

                                On a trouvé le film mal fichu, et la dualité du voyage entre l'épique et le mystique a paru artificielle.  Deux petits voyous qui n'ont de cesse de détrousser les voyageurs, et une sorte de feu follet, un peu simple, un peu lutin, entre Quichotte et Mychkine et une certaine évolution lors du périple. Les deux voleurs, pourtant attachants, dans ce qui m'apparait être aussi un conte oriental, ont peiné à rendre le côté picaresque de l'aventure, revendiqué par le metteur en scène franco-espagnol Oliver Laxe dans ses entretiens.  Quant à Shakib, simple d'esprit, sage, innocent, il n'a pas davantage trouvé grace. Un univers parallèle, celui des taxis orange, au début et à la fin, et que j'ai aimé, a l'air un peu surréaliste, fantasmatique, fantômatique, et surtout interprétable à l'envi, mais aussi pour certains à l'ennui.

                               Il fallait laisser rationnalité et raisonnable au départ de la caravane et accepter l'inconfort du voyage. Je l'ai fait en partie, peut-être aidé par nombre de références, Shakib m'évoquant par instants les Onze fioretti de François d'Assise de Rossellini, la montagne-matière m'évoquant les vertiges de Werner Herzog, la quête d'un groupe qui se délite m'évoquant parfois certains plans de John Ford. Tout cela en un peu mineur quand même. Pourquoi pas, oui? Ce soir là ce fut plutôt non. Le titre Mimosas, à lui seul, est incompréhensible, c'est vrai. Les distributeurs l'ont donc complété par La voie de l'Atlas, ce qui permet de savoir, au moins où l'on est. 

                                 

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09 janvier 2016

Sandor sur ses lauriers

 nUIT

                                  Neuvième lecture de Sandor Marai, et ma passion pour cet écrivain ne se dément pas, bien au contraire. Du côté de Stockholm il fut souvent évoqué mais non... Justice (c'est le cas de le dire avec La nuit du bûcher) lui est rendue car l'action se passe à Rome où un carme espagnol, 1598, prend en quelque sorte des leçons d'inquisition pendant quelques mois. C'est que les hérétiques sont nombreux en cette fin de XVIème Siècle et que l'Eglise veille au grain. Je suis donc resté à la même époque que mon dernier livre chroniqué, La Religion. Epoque troublée, mais toutes les époques ne le sont-elles pas? Sandor Marai, qui eut maille à partir avec le régime de son pays, a pas mal voyagé avant de décider de son ultime destination, choisissant la nuit en 1989 aux Etats-Unis. En 1974 c'est en Italie qu'il vivait lors de l'écriture de La nuit du bûcher.

                                  Même si Bernardo Gui, le sinistre Grand Inquisiteur du Nom de la Rose, est évoqué c'est deux siècles plus tard que Marai a situé l'action de ce beau roman. L'auteur hongrois qui a beaucoup écrit sur les derniers conflits a également souvent utilisé l'Histoire, Casanova par exemple dans La conversation de Bolzano.Le moine d'Avila est ainsi éduqué aux méthodes du Saint-Office pour faire avouer les hérétiques. C'est que c'est tout un art dans cette Rome où la délation va bon train, où l'on se dévisage plus que de raison, et où les orthodoxes de mardi peuvent devenir les déviants du jeudi. C'est en fait une longue lettre qu'écrit ce moine à son frère Urbain, dans laquelle il revient sur son accueil romain, son initiation près des confortatori, des prêtres mais aussi des notables réunis en une confrérie, et chargés de fortifier l'espoir des condamnés, bénévolement par charité chrétienne ou parfois par curiosité et voyeurisme.

                                 Le moine (on ne sait pas son nom) sera finalement admis à l'ultime nuit d'un des plus célèbres "giustiziabili", Giordano Bruno, qui malgré sept années de geôle et de torture ne se sera jamais repenti. La doctrine de Giordano Bruno n'est pas l'objet du livre. Mais le questionnement du moine, ses hésitations, ses doutes, ainsi que l'influence de l'écrit suite à la diabolique invention de l'imprimerie, sont par contre au centre du roman de Sandor Marai, lui aussi victime en d'autres temps de régimes inquisiteurs. En cela La nuit du bûcher est parfaitement en phase avec toute l'oeuvre de cet auteur, pour moi plus que majeur, de la Mitteleuropa si riche en bouleversements et en écrivains.

La nuit du bucher de Sándor Márai vous donne l'avis d'Yspaddaden. Je le partage bien volontiers.

Huit autres romans de Sandor Marai ont fait l'objet de chroniques ici-même. 

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29 décembre 2015

M.Willocks je vous accuse

religion

                                M. Tim Willocks, écrivain, je vous accuse d'avoir du talent et de l'imagination. Je vous accuse d'avoir écrit un très bon livre, La Religion. Mais, car il y a un mais, je vous accuse aussi d'emportement, de débordement, de scriptorrhée. Et je vous accuse d'avoir abusé de la chose qui m'est la plus précieuse, mon temps. Vous croyez que je n'ai que ça à faire, de lire vos 951 pages sur les quelques mois du siège de Malte par les Turcs en 1565? Et ce n'est pas parce que votre roman est formidable que vous allez vous en sortir comme ça. La Religion, c'est le nom que se donnait l'ordre des Chevaliers de Malte, des moines-soldats aussi à l'aise dans la prière que dans l'éviscération. Tannhauser est le guerrier que l'on suit pendant ces évènements, Allemand enlevé très jeune par les Ottomans pour devenir janissaire. Devenu commerçant c'est comme expert en art militaire que le Grand Maître de l'ordre, La Valette, le mande sur l'île de Malte pour aider à sa défense. Les Chevaliers sont en nombre très inférieur aux Turcs. Passionné d'histoire j'ai trouvé, Tim Willocks, que vous dynamitiez le genre un peu ronronnant. Mais tout de même ça m'a bouffé pas mal de temps.

                              Cela dit c'est du grand art pour lequel il faut être armé comme un chevalier, ce qui est parfois lourd, pour apprécier cette magistrale aventure. D'estoc et de taille ça démembre et ça décapite sérieux, tant côté turc que côté chrétien. Très documenté mais aussi associant verdeur poétique et réflexion tant sur le pouvoir que sur Dieu, La Religion mérite le détour et l'on comprend mieux les enjeux méditerranéens de l'Histoire. Evidemment la charogne plane sur tout le roman, naufrage d'entrailles et de sang, dont vous M.Willocks, ne nous épargnez aucun détail. Vous étiez chirurgien, ai-je lu? Il en reste manifestement quelque chose. Mais ne m'en veuillez pas, cher docteur auteur, si je ne vous accompagne pas pour le deuxième tome de votre trilogie qui traite de la saint Barthélémy, Les douze enfants de Paris, ni pour le troisième, encore à venir, je crois. Matthias Tannhauser est pourtant une belle figure romanesque. Mais voyez-vous, le temps , ce barbare, m'oblige à choisir entre vous... et le reste du monde. Et bravo pour cette oeuvre fleuve, cet ouragan sur Malte, etc...

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16 juin 2015

Le cinéma, mon vélo et moi/8/ Solitude et foi

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                             Au cinéma le vélo est souvent associé aux vacances, au beau temps, aux fleurs et à l'amitié. Souvent mais pas chez Robert Bresson adaptant Georges Bernanos, le si douloureux Journal d'un curé de campagne (1951). Admiré par la Nouvelle Vague, Truffaut trouvait chaque scène aussi vraie qu'une poignée de terre, le film, sobre et laconique, décida Bresson à ne presque plus utiliser que des acteurs non professionnels. Une épure qui fait de l'apostolat du jeune prêtre dans un Nord encore médiéval un sacerdoce qui ira jusqu'au calvaire.

Le cinéma,mon vélo et moi

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10 janvier 2015

Quand Tombouctou tombe à pic

 Affiche_TIMBUKTU

                                                              C'est plus que jamais le moment de voir le très beau Timbuktu. Je n'aurais jamais cru que ce serait "à ce point" le moment. C'est presque indispensable en dépit de ses maladresses. 

                                                              Abderrahmane Sissako le Mauritanien, l'un des très rares cinéastes africains un peu connus en Europe a abordé le problème du fondamentalisme d'une manière très personnelle qui parvient à mélanger l'humour et l'absurde à la gravité qui n'est pas esquivée. Scènes de la vie quotidienne, banales, banalisées, pour le pire des autochtones, du moins ceux qui n'ont pas encore fui la Tombouctou historique, berceau d'une civilisation avec mausolées et manuscrits. Mais que reste-t-il de ces symboles face à la bêtise abyssale?

                                                             Ils sont quelques-uns dans les villages voisins de la ville, la ville dont on ne verra rien, à tenter de continuer de vivre normalement malgré la présence et les consignes officielles des nouveaux maîtres sur des choses aussi dangereuses que le football, les mains nues des femmes ou la longueur des pantalons des hommes. Le cinéaste ose quelque chose de rare, montrer les tyrans intégristes comme des imbéciles, à peine capables de parler d'autre chose que de Zidane ou de Messi, ce qui ne les empêche pas de faire la chasse au ballon rond. A rire avant que d'en pleurer. Une calme soirée musicale entre amis est ainsi brutalement interrompue. C'est que la guitare est diablement décadente. A pleurer vous dis-je. Mais à pleurer de rage.

                                                             Car toute vie est réévaluée ou plutôt dévaluée à l'aune de l'extrêmisme. Ainsi l'homicide accidentel commis par Kidane le tranquille éleveur ne trouvera aucune circonstance atténuante. Ainsi redoubleront les mariages forcés et les lapidations. Ainsi le simple chant mène au fouet. L'une des forces de Timbuktu est de rendre presque ordinaires les brutes, j'entends par là leur ôter la moindre once de légitimité religieuse et de l'éventuelle noblesse que quelques individus tout aussi bas de plafond pourraient leur trouver. Timbuktu, d'après certaines critiques, transformerait cette force en faiblesse en simplifiant outrageusement l'histoire du Mali et en occultant les rebellions touareg et les différentes collusions entre ethnies, que je serais bien incapable de préciser. Ces mêmes critiques émettent ainsi des réserves sur ce qui reste un beau film, qui selon certains spécialistes, tiendrait plus du conte pour Occidentaux de bonne volonté que de la complexe réalité de l'ancien Soudan français.

                                                             Reste qu'un film africain, au moins en partie, n'est pas si fréquent sur nos écrans.  Reste qu'au moins une scène est déjà entrée dans l'histoire, le match de foot sans ballon. Reste que dans le contexte actuel il est sûrement difficile de faire beaucoup mieux pour décrire les dramatiques turbulences d'un Mali en implosion.

 

L'avis de Dasola Timbuktu - Abderrahmane Sissako

Celui de  Y a quoi à chercher CINEMA- TUMBUKTU : LA CULTURE AFRICAINE OTAGE DES DJIADHISTES

 

 

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20 septembre 2013

Nous sommes tous des spadassins

Les_spadassins

                                 Très beau roman,sombre et brusque d'un auteur français que je découvre. Les spadassins est une grande réussite du roman sur fond historique qui conjugue le regard sur la brutalité d'une époque,les Guerres de Religion, et le récit d'aventures et de combats refusant totalement,et à ce point là c'est rare,le picaresque qui enjolive parfois un peu trop ce type de littérature.Jean-Baptiste Evette confie la narration de cette histoire à Antonio Zampini,bretteur italien assez lettré pour devenir l'homme de confiance et le chroniqueur de Guillame Du Prat,baron de Vitteaux en cette fin de XVIème Siècle. Le royaume de France est à feu et à sang et s'ils s'engagent  du côté du roi et du parti catholique ce n'est certes pas par conviction papiste.La seule fougue qui stimule Vitteaux,c'est le goût de la bagarre,très en vogue à l'époque où le fratricide était un art majeur dont l'exemple venait de très haut.

basilic

                              Car de religion ou de foi point n'est question dans ce qui ressemble parfois au journal de bord d'une bande de brutes rappelant certains univers de westerns, plutôt à l'italienne,ou fin de mythologie.Très loin d'Alexandre Dumas où l'on a du chevaleresque,du preux, Evette nous présente ses combattants,courageux certes mais n'hésitant pas à tirer sur un fuyard ou à trucider au coin de la rue,rue bien peu avenante en ces années de Saint Barthélémy.Car si la Saint Bart est la star incontestée de ces années obscures on assiste à une multitude de sympathiques petits massacres sans importance,où l'on trucide le parpaillot,même pas gaiement d'ailleurs.Certes le huguenot n'est pas en reste quant à brûler et dévaster.

 FAUCO

                             Zampini,qu'il ne faut pas trop sanctifier parce qu'il sait lire et écrire,est en fait fasciné par le baron de Vitteaux,que rien n'arrête,et que rien n'intéresse hors les lames et à la rigueur,les aventures sans lendemain.Des lendemains il n'y en aura pas pour tout le monde,même pas pour les grands,Coligny, Guise, Charles IX ou Henri III. Mais Vitteaux semble protégé par un quelconque talisman alors que ses proches rejoignent le paradis ou l'enfer, romain ou protestant.J'ai aimé ce livre aussi pour son vocabulaire très riche. D'ailleurs pour défendre la langue française je suis prêt moi-même à tirer de l'émerillon ou du fauconneau,voire du basilic,coiffé d'un morion. La guerre a parfois de bien jolis mots. On pense un peu à La Reine Margot mais on est aux antipodes de ce brave Alexandre.Alors on pense à l'autre Reine Margot, celle de Patrice Chéreau. Pour la brutalité et l'effet "soudard" on a un peu de ça,c'est vrai.Mais débarrassé des intimes obsessions du metteur en scène. Si vous ne craignez pas de chevaucher et ferrailler, claquant des dents, affamé et crotté, foncez dans les sillage des Spadassins. Eux au moins ne vous donneront pas de leçon de morale.

                            

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17 août 2013

Bis repetita gaelica mea culpa

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                          D'Irlande en livres je suis très rarement revenu déçu. Ce n'est pas encore pour cette fois. Dermot Bolger, l'un des plus connus auteurs de l'île, revient avec Une seconde vie sur les noirceurs de cette île,qu'on connait maintenant,notamment depuis le film The Magdalene Sisters. Sean Blake, photographe, cliniquement mort,survivra à son accident de voiture.Mais il n'est plus le même et se met en quête de retrouver sa mère biologique,l'une des si nombreuses filles mères au destin misérable d'humiliation.Pourtant on ne retourne pas cette gangue de silences et de boue sans risque.Mais Une seconde vie est aussi une curiosité littéraire.Il s'agit d'une deuxième version d'un livre publié en 94 sous le titre Le ventre de l'ange.Mais voilà,ce pays a quand même évolué et Dermot Bolger a complètement réécrit son récit en 2010.C'est somme toute une bonne nouvelle pour les irlandophiles dont je suis.

                       Il s'appelait Francis,sa mère,Lizzy,l'avait appelé ainsi avant de le laisser aux soeurs de si sinistre mémoire.Le roman explore aussi bien la quête de Sean,maintenant père de famille,sur les traces de celle qui l'a abandonné en une époque où il était presque impossible de faire autrement pour une jeune fille "fautive",que les derniers mois de sa mère biologique,qui a vécu l'exil en Angleterre,trois autres enfants,des filles,mais qui n'a jamais totalement assumé ce passé si lourd.Dieu (mais où était-il?),comme la vie était dure! A propos, l'Irlande de maintenant c'est pas encore tout à fait ça.Bref, j'ai lu des critiques assez mauvaises sur Une seconde vie,accusé d'une certaine mièvrerie clichetonneuse.Ce n'est absolument pas mon avis.

                       Dermot Bolger n'oublie pas le thème résurgent de l'adoption et trace le portrait de parents de substitution de bonne volonté, de braves gens qui, comme beaucoup, ont fait de leur mieux. La dualité de Sean/Francis se ressent douloureusement mais le chemin finira par s'éclaircir.On peut reprocher une sorte de" catalogue irlandais", football, pubs, oncle prêtre douteux, forcément douteux. D'accord. Il n'en reste pas moins qu' Une seconde vie est un roman qui colle à cette Irlande où la musique, la bière et la foi ont parfois couvert le pire.Pas toujours.Et un peu moins maintenant.

                       

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30 juin 2013

Athalie,Paulina et moi

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                           Lecture commune avec Athalie A les lire  , Paulina 1880,oeuvre dont le titre est relativement connu mais dont je ne suis pas sûr que les lecteurs aient été si nombreux,est un roman qui n'a guère d'équivalent,très ambitieux dans sa concision. Mais cette oeuvre,qui devrait être brûlante,ne m'a pas remué les entrailles,alors qu'il semble que beaucoup d'écrivains en aient été bouleversés.Le livre date de 1925 et l'histoire se situe dans l'Italie du Nord de la fin du XIXème Siècle.Paulina Pandolfini ,enfant,puis jeune bourgeoise milanaise, fille d'un marchand prospère, se complait dans la dévotion et le culte des images saintes et de la statuaire des nombreuses églises du pays.Cette tendance très forte cohabite en elle avec une irruption du désir,de plus en plus impérative,en la personne du Comte Michele Cantarini, une connaissance de son père.Paulina est encore très jeune lorsqu'ils deviennent amants,ce qui n'empêche pas la dualité de régner sur son esprit, Dieu et la culpabilité s'accomodant parfaitement des nuits chaudes mais silencieuses dans la demeure familiale.

                       Après la mort du père,resté dans l'ignorance Paulina,qui l'aimait profondément,est à peu près libre,la femme du Comte Cantarini ayant perdu l'esprit.Pourtant elle se réfugie une première fois dans un couvent,confite dans ses remords d'avoir trahi son père.Chez les Soeurs de la Visitation de Mantoue le doute persiste et elle finira par retrouver le Comte à Florence mais ne connaîtra la paix qu'au prix du meurtre et d'une longue condamnation-expiation-rédemption.Paulina 1880,je l'ai dit a suscité beaucoup d'enthousiame au moins chez les poètes et les artistes.

                Problème:je ne suis ni l'un ni l'autre car ce livre,censé être un diamant sur le plan littéraire et censé metttre le feu aux âmes et aux coeurs m'a laissé presque de marbre.J'oserai même dire que cet ouvrage m'a pesé et que,et je prie Athalie de m'en excuser,l'ayant lu il y a deux mois environ je n'ai pas pris la précaution d'écrire immédiatement mes impressions,déjà mitigées.Donc nul envoûtement chez moi pour L'ange bleu et noir (c'est le titre d'un chapitre), nulle pression malgré la beauté de certains passages,nul trouble vénéneux.On cite souvent le livre de Pierre Jean Jouve parmi les très hautes incandescences de la littérature du siècle dernier.Mais les braises de Paulina 1880 m'ont-elles seulement effleuré?

Il viaggio

                   Bon,il restera toujours quelque belle prose  sur notre chère Italie,et de quoi rejoindre le cher voyage http://chezmarketmarcel.blogspot.fr/p/il-viaggio.html .Et puis on a,Dieu merci,le droit d'avoir une autre approche.C'est le cas d'Inganmic

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2011/12/paulina-1880-pierre-jean-jouve.html

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