27 août 2006

Père et fils


Bien sûr il est tentant de rapprocher les destins de Tim et Jeff. Seulement voilà, la légende doit parfois s'effacer devant l'Histoire. Jeff n'a jamais connu son père Tim, parti avant sa naissance et mort  comme tout le monde d'un abus d'abus quand Jeff n'avait que 8 ans. Il reste deux points communs: leur génie musical et leur destin fulgurant et tragique, respectivement disparus à 28 et 31 ans.

Tim Buckley / Goodbye And Hello [Best of]

Tim Buckley(1947-1975) est l'auteur de plusieurs disques passionnants.On a réédité Tim Buckley et Goodbye and Hello en un seul coffret. C'est une très belle sélection qui comporte Song for Janie, Morning glory,Knight errant, chansons de la première ère Tim Buckley,d'une pureté angélique au timbre cristallin peu fait pour le hit-parade.

Cette voix à la beauté unique(enfin jusqu'à ce qu'apparaisse Jeff Buckley), Tim saura l'utiliser en prenant plusieurs tournants,d'abord dans le dépouillement de Happy-Sad puis dans les albums  presque expérimentaux que Buckley place lui-même sous l'influence de John Coltrane, Lorca et Starsailor. Complètement en panne de succès il va réemerger avec Greetings from L.A., album quasiment funky. Il meurt en 75 et d'après la bible de Michka Assayas(Dictionnaire du rock), "d'un cocktail d'héroïne et de morphine qu'il aurait pris pour de la cocaïne".Vraiment distrait Tim Buckley! Qui dira le gâchis?

Grace

    Bien distrait également Jeff qui en 97 décide de nager dans le Mississipi tout habillé et botté. Vous connaissez la suite. A l'East Village de New York en 90 il chante tout, Edith Piaf, un lied de Mahler, du hard rock. Surdoué comme son père il semble que son seul véritable disque soit Grace(à part diverses compilations parfois douteuses) où s'enchaïnent les perles comme Grace, Last goodbye, et des reprises de Cohen ou le Corpus Christi Carol de Benjamin Britten. Evidemment élévé au rang d'icône puisque mort tragiquement (moi je dis jamesdeanement), Jeff Buckley est devenu célèbre et maudit rejoignant une longue cohorte.

    De tout cela rien n'est important. Seule compte la magie de ces deux voix indomptables. Je vous encourage à vous aventurer dans la famille Buckley.Enfin la famille c'est beaucoup dire...

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22 août 2006

Pickett:un bon crû

The Exciting Wilson PickettDes trois parrains de la soul music James Brown reste seul.Il y a si longtemps qu'un avion trop pressé nous a privé d'Otis Redding,qui,tel Van Gogh,n' aura jamais connu son plus grand succès:The dock of the bay.Mort à 26 ans Otis nous aura laissés entre autres Try a little tenderness,I've been loving you too long,sur le mythique label Stax.

On connaît bien James Brown tant à la rubrique faits divers qu'en chronique musicale,même si depuis 25 ans ses disques recyclent imperturbablement  le même riff usé jusqu'à la corde.

Je crois que Wilson Pickett était un peu oublié,bien que partiellement remis en selle par le film d'Alan Parker,The Commitments,d'après Roddy Doyle dont j'ai parlé il y a peu.Les prolos de Dublin reprenaient alors les morceaux de Wison Pickett,des tubes de dynamite rhythm & blues à faire frétiller des chaussures même les plus rebelles à toute chorégraphie du samedi soir.Wilson Pickett,c'était un juke-box à lui tout seul,section cuivres agressive et souvent la guitare de Steve Cropper du légendaire groupe Booker T. and the MG's en renfort.Quelques titres qui fleurent bon ces années soul:Mustang Sally,Land of 1000 dances,Funky Broadway,In the midnight hour,Barefootin'.Wilson Pickett lui aussi avait eu maille à partir avec la justice,la musique n'adoucissant pas forcément les moeurs.Il avait pourtant débuté comme la plupart des chanteurs afro-américains dans l'église de son quartier.

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19 août 2006

C'était un temps déraisonnable

C'était un temps déraisonnable ou les groupes rock venaient de l'Ouest et où à grand renfort de motos,de musique et de substances assassines pour nombre d'entre eux leurs noms de scène à eux seuls savaient nous faire planer.Florilège du Pouvoir des Fleurs et de Frisco Bay avec la traduction quand c'est possible car cela vaut son pesant de chemises bariolées.

The Music Never Stopped : Roots Of The Grateful DeadLe Mort reconnaissant

Quicksilver Messenger ServiceLe Service Postal Vif-argent

In-A-Gadda-Da-VidaLe Papillon de fer

California Dreamin': Live in ConcertLes mamans et les papas

Incense & PeppermintsLa Fraise réveille-matin

It's a Beautiful DayC'est une belle journée

I Feel Like I'm Fixin' to DieJoe le campagnard et le poisson

The Very Best of the 13th Floor Elevators: Going UpLes ascenseurs du 13° étage

Forever ChangesL'Amour(Thank you Thom)

America's ChoiceLe Thon chaud

Golden ClassicsLa Comagnie de chewing-gum de 1910

PowerglideLes Nouveaux Cavaliers de la Sauge Pourpre

SteppenwolfLe Loup des Steppes(Danke schön Herman Hesse)

Ecoutez!   http://www.youtube.com/watch?v=KZnrXnujQyU

Green TambourineLes Citrons pressés

Cheap ThrillsGrand Frère et la Société de gestion(particulièrement poétique n'est-ce pas?)

The Doors

Les Portes ainsi se referment sur cette petite galerie sans prétention que celle de remémorer aux anciens ces pochettes ahurissantes et d'amuser les plus jeunes.

Il va de soi que ces groupes n'étaient pas tous des grands mais cette mouvance nous valut quand même Jim Morrison, Janis Joplin, Jerry Garcia, John Kay, Mama Cass,etc...

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28 juin 2006

John,John,Henry and Bruce


Oui,cette curieuse affiche belge est bien celle des Raisins de la colère ,singulièrement affadie quant au titre habituel.


"L'autoroute luit dans la nuit


Mais personne n'a envie de rire


Assis dans la lumière du feu de camp


J'attends le fantôme de ce vieux Tom Joad"


                                  Bruce Springsteen(The ghost of Tom Joad)


La ballade,très belle,qui donne son nom à l'album très dépouillé de Springsteen(1997) fait référence à Tom Joad,le fermier ruiné du grand roman de John Steinbeck,adapté au cinéma par John Ford,dès la sortie du livre(1940).Il est est des cas,très rares où un grand livre peut donner naissance à un grand film.Le roman sonnait un peu comme un reportage;le film,très rigoureux,est un road-movie avant la lettre,contant la poignante errance d'une famille de paysans d'Oklahoma au lendemain de la Grande Dépression.


La route,c'est celle de la Californie qu'emprunte la vieille automobile bringuebalante des Joad,rappelant bien sûr les chariots bâchés de la mythologie du western,cahotant,trébuchant.John Ford,immense auteur des plus beaux films sur l'Ouest,maîtrise à la perfection la dramaturgie de cet espace vers la liberté(Go West,young man).Sur la route on rencontre aussi bien la fraternité que la désillusion,l'amitié que la trahison et les lendemains chantent rarement aux exilés du rêve américain.



L'authenticité du film est totale.Certaines scènes ont été tournées dans de vrais camps "oakies"(le surnom des déplacés de l'Oklahoma).Et Henry Fonda incarne avec foi Tom Joad,chef de famille qui veut croire encore à son Amérique.Les raisins de la colère,c'est simplement toute la noblesse du cinéma américain.Un grand livre,un grand film et soixante ans après un grand disque.N'en déplaise,un pays qui nous a donné John Steinbeck,John Ford,Henry Fonda et Bruce Springsteen  ne peut être complètement mauvais.


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