10 mai 2015

Géographie, Toledo, Ohio

tOLEDO

                                         Je n'ai rien à dire sur Toledo. Si. Il semble que cette ville de l'Ohio ait été la première au monde à être jumelée. Et je vous le donne, Emile. Avec quelle cité? Tolède, Espagne. Etonnant, non? Mais c'est surtout l'occasion d'évoquer Blue Nile, merveilleux groupe de Glasgow, suivi depuis trente ans par une poignée de fantômatiques fans aussi rares que les rares albums du trio écossais. Je ne les connaissais pas beaucoup mais, piochant pour cette rubrique un peu aléatoire, j'ai découvert cette chanson sublime, Because of Toledo, extraite de l'album High (2004) qui doit être le quatrième de Blue Nile.

 

                                        Ce que l'on appelle faute de mieux la musique rock réunit en fait tellement de diversités depuis soixante ans qu'à picorer par monts et par vaux, à la faveur ici d'un souvenir, là d'une citation, on découvre où on redécouvre des perles rares. A mon sens Because of Toledo et The Blue Nile en font partie. Et vogue, de mes musiques, la felouque...

TBN-High

P.S.A la fin de la chanson notre ami félin se réveille. J'espère que vous aussi. Pour mieux se reposer puisque je vais, pour quelque temps (ça m'étonnerait que je tienne longtemps), mettre ce...

criz3ui4

 

 

 

 

Posté par EEGUAB à 10:26 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,


30 mars 2015

Six cordes, vingt-quatre images/5/J'ai engagé un tueur

 Strummer

                                                                   Pas moins de trois légendes dans cette drôlatique et nordique balade en absurdie. Trois grands sobres, trois joyeux drilles, trois qui comptent. Bien sûr pas simple de faire entrer Mrs. Aki Kaurismaki, Jean-Pierre Léaud et Joe Strummer dans des cases bien définies. N'essayez pas. Jubilez seulement.

J'ai engagé un tueur,  Aki Kaurismaki, 1991, Jean-Pierre Léaud, Serge Reggiani, Margi Clarke, Joe Strummer

 

 

Posté par EEGUAB à 16:30 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

11 mars 2015

Géographie, Shreveport, Louisiane

                                                Les passagers pour Shreveport dernier appel. Parce que là on le prend vraiment ce fameux bus. Dans la chanson Bus to Shreveport Kevin Gordon se souvient de ses douze ans et d'un voyage avec son oncle vers la troisième ville de Louisiane, au nord-ouest de l'état, proche du Texas et de l'Arkansas et assez éloignée des zones plus francophones de Baton Rouge, Lafayette ou La Nouvelle Orleans. Il y parle d'un concert de ZZ Top, de cuites et de  bagarres, pas vraiment de poésie sauf à trouver de la poésie chez les barbus texans et leurs fans, ce qui est finalement mon cas. Je connais un ruminant qui devrait aimer.

SHREVEPORT,_LA_banner

                                                Shreveport est surtout réputée pour son industrie du jeu même si ce n'est pas Las Vegas. Casinos flottants notamment sur la South Red River. La ville fut un très court moment capitale d'état en pleine Guerre de Sécession qui depuis a cessé c'est sûr. Est-ce drôle ça?

                                                Et pour finir un petit rappel traditionnel de cet itinéraire que je ne me résous pas à conclure, malgré mes promesses d'ivrogne.

                             Aberdeen, Abilene, Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore, Baton Rouge, Berkeley, Biloxi, Birmingham, Boise, Boston, Brooklyn,Cedar Rapids, Cedartown, Chattanooga, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Clarksdale, Cleveland, Dallas, Denver, Detroit, Dodge City, Flagstaff, Folsom, Fort Worth, Fresno, Galveston, Hopkinsville, Hot Springs, Houston, Jackson, Jacksonville, Joliet, Kansas City, Knoxville, Lafayette, Lake Charles, Lansing, Laramie, Laredo, Las Vegas, Leavenworth, Lodi, Long Beach,Los Angeles, Manhattan, Memphis, Mendocino, Miami, Milwaukee, Minneapolis, Mobile, Montgomery, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville, Natchez, New Orleans, Oakland, Omaha, Oxford, Palo Alto, Philadelphie, Phoenix, Pine Bluff, Pittsburgh, Poplar Bluff, Portland, Postville, Rapid City,Reno,Rockville, Saginaw, St Louis, St Paul, San Antonio, San Bernardino,San Diego, San Jose, Santa Fe, Savannah, Shreveport, South Bend, Springfield, Statesboro, Tacoma, Tallahassee, Tampa, Texarkana, Tucson,Tulsa, Tupelo, Tuscaloosa, Ventura, Washington, Wichita, Youngstown, Yuma...

                        ...furent nos escales précédentes

30 décembre 2014

Armageddon Rag (Full metal planet)

517NDpLy48L__SL160_

                                         J'ai sacrifié au culte George R.R.Martin non pas avec Game of Thrones mais avec ce thriller rockapocalyptique que m'a très gentiment envoyé une blogueuse anonyme qui lit en commun avec moi régulièrement et qui très hippophile aime aussi beaucoup Marcel Aymé. Armageddon Rag, petit pavé de 583 pages, certains en parlent comme d'une bible. Mais Mr.Martin n'est ni Tolkien ni Stephen King, grandes figures tutélaires qui semblent planer au-dessus de  ce roman tels le faucon immense et maléfique des cauchemars, nombreux, de Sandy Blair, écrivain qui couvre la campagne de reformation des Nazgul, groupe de hard-rock dont le chanteur est mort abattu en plein concert au Nouveau-Mexique. C'était en 1971. Dix ans après c'est leur ancien manager qui est victime d'un meurtre satanique.

                                         Sandy Blair, romancier en panne, enquête et voit ressurgir les vieux démons d'un activisme politique ultradémago en fait et surtout ultrahalluciné. Came à tous les stades, donc banal à, pleurer, George R.R. Martin n'y va pas avec le dos de la petite cuiller. Loin de moi l'idée de faire du monde du rock une asso de premiers communiants, mais Armageddon Rag perd rapidement toute mesure et par là même toute raison d'être. Et de ce roman de mes vingt ans, que Martin a conduit à feu et à sang comme un véhicule de science-fiction totalement incontrôlable, je ne retiendrai que les titres des chapitres, tous empruntés aux meilleurs morceaux rock ou folk de la jonction fin sixties début seventies. Ce livre est un barnum qui mélange tout, ruine millénariste, vagues réminiscences des années-fleurs, pacifisme très peu pacifique, somme toute, j'ose le dire, des choses qui ne m'ont guère passionné. C'est ma pauvre blogueuse anonyme qui risque d'être verte de déception.

                                     Libre à vous de vous arracher les tripes sous les soixantièmes rugissants de décibels zébrés de rage et de tonnerre. Et l'impression que George R.R.Martin est plutôt un faiseur. J'ai beaucoup lu sur le rock, bien que ce rock lorgnant vers le métal (ça pour être métallique, le roman l'est, de fer et d'acier et d'airain) ne soit pas le mien. J'en ai surtout tant écouté, et je continue. Et je rêve à un grand roman sur cette musique, qui ne serait pas une suite obscure de descentes aux enfers sur fond binaire explosif, culminant en une bataille d'Armageddon hiroshimesque, à faire passer Altamont pour un goûter champêtre, mais une vraie saga sur cette révolution que furent ce style musical et ses innombrables dérivés. Y a quelqu'un qui m'a dit que, publié en 83, Armageddon Rag pouvait être considéré comme une oeuvre de jeunesse, et que partant de là il ne fallait pas trop vite dévisser Martin de son trône. Dont acte. 

                                    J'oubliais le principal, la dédicace de ce livre. Et là je m'incline et signe avec empressement. Vous pouvez taper là dedans au hasard, sorte de bande originale idéale, j'en réponds sur le souvenir de mon premier accord barré, tant j'ai aimé ces gens-là.

20141221_01

Posté par EEGUAB à 08:14 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

22 décembre 2014

Mort d'un plombier

                                         Je l'ai déjà écrit, je déteste que partent les gens de Woodstock. Salut à ce vieux Joe, le rauque et rude rugueux prolo de Sheffield, l'homme qui a mené sa carrière uniquement à base de reprises. Mais alors quelles reprises!  Et ce jeu de scène un peu parkinsonien. Partout ailleurs on vous proposera With a little help of my friends ou You can leave your hat on. Ici ce sera High time we went.

Posté par EEGUAB à 20:09 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,


25 octobre 2014

Les plumes...by Asphodèle: Chant du cygne

 logo-plumes2-lylouanne-tumblr-com

                                                                                     Regard-secret-main-larron-tiroir-drap-couverture-partager-tramer-connivence-confident-bêtise-proche-rival-neige-empathie-ensemble-amants-nacrer-nomade-noir. Voilà les 21 mots que notre dévouée Asphodèle  a recueillis dans sa besace. Il y a un bon moment que je n'avais pas écrit ici, alors voilà...

                                                                                    Tulsa Train avait vécu. Du moins sous cette forme et Cal trouvait ça si douloureux, traînant les pieds dans l'escalier menant au  grenier de la M.J.C. où les trois autres et lui, après avoir joué les nomades de cave en grange durant six mois, avaient ensemble passé tant de soirées depuis un an et demi. Il se demandait si ces jours ne resteraient pas les plus beaux de sa vie, dix-neuf ans, quatre copains, la fin des sixties, le démon du rock leur collant aux basques, eux si proches, des larrons, des lurons au service de leur fougue jeunesse, nantis de bonne volonté et d'un bien mince bagage musical. L'orgue farfisa bien modeste, Cal l'avait acquis besogneusement, un coup de main à son père malgré sa légendaire répusion de la boucherie familiale, quelques fonds de tiroirs et un job d'été aux Cuirs de la S.A.L.P.A.

                                                                                     C'est vrai, ça s'était pas mal gâté les derniers mois, leur entente cordiale n'avait pas attendu qu'ils soient les Stones pour que leurs égos se titillent et que Reg tire un peu la couverture à lui. C'est du moins l'impression que ressentaient  les trois autres. Vrai aussi que Reg, lui, avait progressé à la basse, ayant bossé bien davantage, et que son regard sur les cymbales et les toms de Syd commençait à en dire long. Du moins quand Syd n'avait pas choisi de partager deux heures avec Christine au cinéma plutôt que de se les geler dans ce local certes gratuit mais rude et aux fenêtres disjointes qui n'effrayaient guère la neige du février de cette année là. Mais à bientôt vingt-et-un ans le chétif drap tendu en coupe-vent ne réchauffait plus guère les musiciens. Certes ça ressemblait à la mansarde d'un poète méconnu, version un peu électrifiée.Mais nul besoin d'être des pop stars pour sentir l'amitié filer comme sable entre les doigts. Nul besoin d'avoir donné plus d'un concert pour comprendre que Phil ne serait pas Morrison. Au moins il vivrait. Mais que se tramait-il vraiment au sein du quatuor?

guitare

                                                                                   Ce soir, on n'échapperait pas au réglement de comptes. Cal sentait confusément que son adolescence s'était fait les malles quand il avait compris que son désir secret de faire quelque chose de simplement pas mal ne résisterait pas à l'explosion du groupe. La connivence si plurielle qui avait si bien réussi et réuni quatre garçons dans le vent avait laissé place au doute et si chacun se reprochait volontiers quelque bêtise aucun n'assumait réellement sa responsabilité dans l'échec du collectif. Cal, qui se pensait en toute immodestie la cheville ouvrière de l'entreprise, trébucha dans le noir, les dernières marches si mal éclairées. C'était l'ére du délabrement. Fut-il surpris, à peine, entrant dans la salle, tout le matériel de percussion volatilisé, la guitare de Phil telle celle des Who après "My generation", ne subsistaient que deux boutons nacrés près du chevalet?

                                                                                   Son orgue se contentait d'être muet, définitivement. Un coup des rivaux de Houston Speedboat, qui répétaient sur la rive gauche? Eux qui manifestaient une certaine empathie pour Reg, bassiste de son état qu'ils cherchaient à débaucher. Rien de tout cela n'était sérieux. C'était grave, infiniment, Tulsa Train venait de se crasher, misérable garage band qui rejoindrait l'imposante cohorte des rockers morts-nés. J'ai l'impression d'avoir été leur ultime confident. Ce n'était rien, ce n'était qu'un rêve brisé,il y en aurait d'autres, beaucoup d'autres.

* J'ai abandonné le mot "amants", peu adapté à mon histoire

** Je l'ai déjà dit, mes textes contiennent souvent une part autobio. Dans celui-ci la part est, disons, une très grosse part. Elle renvoie à l'un de mes billets antédiluviens, l'un de ceux qui me dévoilent le plus.

Attention groupe rock cultissime

Posté par EEGUAB à 07:59 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 octobre 2014

Des hommes et des guitares/Miss Williams' guitar

                                               En l'occurrence aujourd'hui plutôt une femme et sa guitare. Ca me rappelle quelqu'un, enfin quelqu'une dont beaucoup d'enfants se souviendront comme leur Miss Williams avec sa guitare. Une qui soi-disant massacre Souchon. Miss Williams' guitar est extrait de l'album Tomorrow the green grass (1996), le dernier avant la séparation Gary Louris-Mark Olson, les deux leaders des Jayhawks, groupe du Minnesota.

The-Jayhawks-Tomorrow-The-Green-Grass-300x300

                                              Le pire est rarement sûr. Mais c'est le cas aujourd'hui avec ce qui suit. Pourvu que la Miss Williams en question me pardonne mon outrecuidance. J'ai une petite circonstance atténuante, je ne sais pas publier en audio seulement (d'où l'expression l'audio du village). Et puis elle l'aura voulu, me demandant de reprendre ma guitare. Mais pour les massacres elle ne m'arrive pas à la cheville. Qu'elle sache que je l'embrasse.

 

 

 

Posté par EEGUAB à 07:32 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 octobre 2014

In the name of rock/Nadine

                                           Nadine a 50 ans et je la connais depuis mes 14 ans. Enfin je parle de la Nadine de Chuck Berry avec son riff d'enfer et ses trois accords. Mais croyez-moi, ces trois accords là faut s'les bouger. Un petit air de rock'n'roll époque des pionniers particulièrement dédié à une autre Nadine qui me fait souvent le plaisir d'une visite depuis la Belle Province, une voyageuse du Yucatan des Mayas à l'Asie de Kessel, une amoureuse amarrée et à marées, montantes et descendantes, toujours passionnante et qui m'a fait l'amitié de m'inscrire sur son rôle d'équipage. Je l'embrasse et l'engage à passer 2mn30 avec Chuck Berry qui a cru voir sa fiancée descendre du bus, monter dans une cadillac couleur café, et qui est plutôt du genre jaloux. "Nadine, Honey is that you?". Mais pas moi, Nadine, rassure-toi.

Posté par EEGUAB à 12:15 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

24 septembre 2014

Géographie, Tampa, Floride

tampa_logo    2015-home_scroll_bkgrnd

                                    The Jayhawks, du bon, Gary Louris et son harmonica en tête, nous emmènent à Tulsa, mais nous avons déjà visité cette ville d'Oklahoma. Par contre Tampa, ville de départ de ce voyage, n'avait pas encore eu l'honneur d'une chronique. Non que la troisième ville de Floride soit particulièrement pittoresque mais les beautés urbaines américaines ne sont pas le centre d'intérêt de cette chronique. Par contre j'aime énormément ce groupe de folk rock très mélodique et peu racoleur. Voici une version récente de Tampa to Tulsa en tournée européenne.

 

                                     Tampa comte 300 000 âmes, ça au cas où tous les habitants auraient une âme, ce qui reste à prouver. Fondation espagnole à l'origine comme toute la Floride, la ville célèbre le culte du pirate Jose Gaspar en un Gasparilla Festival où je vous convie, tous les chemins menant au rhum. Plaisanterie qui sent la fin du voyage, je vous le concède. Pour les Jayhawks, là, je suis très sérieux, je rigole pas avec ça.

 

 

 

18 juillet 2014

Bye bye Johnny

 

                                            Bye bye Johnny! So long! Welcome to Blues Heaven! Je le savais très malade, le guitar heroe albinos, le Texan de Beaumont. Récemment il avait fallu l'aider à monter sur scène à Paris. Je l'ai vu il y a vingt ans à l'Olympia. Nanti d'une belle place assise, voilà que  Johnny entre sur scène, un riff de guitare et tout le monde s'est levé, moi aussi. Concert debout mais Johnny valait bien ça. Ce soir là le hasard m'avait placé juste à côté du bluesman français Patrick Verbeke qui avait plusieurs fois fait la première partie de Johnny. Et qui doit être bien triste lui aussi. S'il n'est plus Still alive and well Johnny Winter est au moins dans mon panthéon.

Posté par EEGUAB à 06:30 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,