20 février 2017

Révélations, 10h30 de ma vie privée

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                   C'est un assez gros travail de préparation mais ça m'a passionné. Je ferai ça sur sept lundis à compter du 27 février. J'en dirai quelques mots ici très brièvement.


03 mai 2010

R. le Raté

   Poster 

                  Peu en cour auprès des cinéphiles et des historiens ce film de Sternberg ne trouvera pas en moi un ardent défenseur.Bâti en vitesse pour l'acteur Peter Lorre,présenté au générique comme European new star,Crime et châtiment,distribué la plupart du temps,quand il l'a été,sous le titre Remords,est un film inintéressant d'après l'extraordinaire roman russe que l'on sait (au fait l'a-t-on lu tant que ça?).Inférieur au film déjà moyen sorti la même année,1935, en France avec Pierre Blanchar et Harry Baur ce Crime et châtiment n'est pas du meilleur Sternberg,asthmatique,avec de squelettiques réminiscences de l'Expressionnisme.L'extraordinaire acteur qu'était Lorre n'est pas loin du ridicule en Raskolnikov un peu âgé pour un étudiant révolutionnaire.Et les confrontations d'anthologie entre Porphyre et Rasko,l'essentiel de l'oeuvre,tournent court.On n'y croit pas un instant.Et pas la moindre Marlene à l'horizon.

26 mars 2010

Rien ne va plus

Affiches du film The Shanghaï gesture

                 Il est des films lieux.Je n'avais jamais vu vraiment Shanghaï gesture (1941) et n'en conservais que l'image de cette gigantesque maison de jeux souvent en plongée avec cette galerie de portraits apatrides et baroques.J'avais raison car Shanghaï gesture n'est pratiquement que ça,mais "ça" à la perfection.Sternberg joue à fond la carte de l'exotisme en cette ville déjà souvent photographiée.Pourtant de Shanghaï on ne verra pas grand chose,quelques coolies dans les rues,guère plus.Malgré tout Shanghaï reste inoubliable à travers le prisme presque unique de ce casino  tenu par l'envoûtante et mystrérieuse Mother Gin-Sling.Dans cette atmosphère trouble,cosmopolite et interlope on retrouve toutes les conventions du roman à deux sous,type colonial extrême-oriental,fascinant dans sa désuétude.

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       Un diplomate anglais,quasi pléonasme en Chine portuaire,sa fille pas vraiment ingénue,un séduisant arabe qui se fait appeler Dr.Omar qui se dit lui-même" médecin en rien,mais ça sonne bien et ne fait de mal à personne",d'autres fantoches en smoking autour de la table de jeu,tous ces personnages valsent aux aléas de la fortune et aux lustres de la trahison. Somptueux de raffinement et grouillant de sordide Shanghaï gesture n'est pas si éloigné de L'Ange Bleu,catégorie perversion/perdition.Se damnerait-on pour l'opium de Gene Tierney?A l'évidence oui surtout si ce magnifique faussaire de Sternberg dirige l'orchestre,avec filles encagées et troublants métèques.

       A la poursuite du vent ...cet avis http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/shanghai-gesture-josef-von-sternberg.html

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12 janvier 2010

Marlene du Kremlin au Maroc

     Sixième film du tandem Josef von Sternberg/Marlene Dietrich L'impératrice rouge (34) jouit d'un certain prestige.On verra que je préfère Dietrich dans les sables de l'Atlas.Pourtant Catherine de Russie,légendaire impératrice est incarnée avec conviction par l'égérie de Sternberg,plus en manipulatrice et séductrice ambitiues qu'en toute jeune princesse allemande presque digne de la Sissi d'Ernst Marischka.Josef von Sternberg a su parfaitement évoquer le clinquant baroque de la cour et le gâtisme meurtrier du grand-duc Pierre,époux de Sophie devenue Catherine.C'est dans d'hallucinants décors souvent morbides(diables,squelettes) que Marlène fait son chemin qui la mènera au despotisme après avoir éliminé son idiot de mari,ce tsar qui jouait aux soldats de bois et assassinait volontiers ceux de chair et d'os.

   De lourdes portes de bois sculpté cachent mal les turpitudes et les embûches du pouvoir.Et c'est au son d'un festival de carillons qui accompagne le film constamment(même les différentes versions de Quasimodo n'ont pas autant fait vibrer l'art campanaire) que Marlene/Catherine se révèle éblouissante, enjôleuse, cavalière,(pro)créatrice de l'archétype de la souveraine éclairée et sans scrupules.Mais le propos de Sternberg est plus,tel Pygmalion,de magnifier Dietrich dans l'un de ses sept films en commun.L'histoire montrera que Marlene,telle une créature prométhéenne,lui échappera.Sternberg,l'un des nombreux Viennois américains,ne s'en relèvera jamais tout à fait.

    Les historiens considèrent que Coeurs brûlés,inénarrable titre français de Morocco (1930),est devenu kitschissime objet du culte de quelques cinéphiles attardés.Ils ont raison.Morocco,avec son esthétique un peu cheap,son improbable casbah et ce mythe de la Légion Etrangère avant que Gabin et Duvicier ne s'en emparent avec avidité et talent,Morocco ne devrait plus intéresser grand monde.Cette ouverture avec vague musique arabisante plongeant sur la carte n'a même pas la jolie voix off qui sera celle de Casablanca douze ans plus tard.Pourtant le miracle du sable fonctionne toujours pour moi.Ce grand légionnaire dégingandé et solitaire,Gary Cooper jeune,sait me toucher par sa maladresse et son fatalisme.Alors tant pis pour l'origine théâtrale criante d'un film par trop statique.

  Enfin je donnerais les 80 premières minutes du film pour ce plan du désert sous le vent,la compagnie de Cooper partant pour l'enfer de sable,et Dietrich,quittant un élégant protecteur,distingué et humain,pour rejoindre l'arrière-garde des filles à soldats,ces Marocaines énamourées avec âne et biquettes,qui balance  ses chaussures et rattrape pieds-nus ces femmes qui ne savent qu'aimer leurs hommes au képi blanc.Exotisme des années trente dont il est si facile aujourd'hui de pointer les outrances.Et s'il en fallait...

Posté par EEGUAB à 20:37 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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