10 juillet 2014

La poésie du jeudi, Francis Picabia

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Picabia

Labyrinthe

             La volonté attend sans cesse

Un désir sans trouver.

Le cran d'arrêt passionne

l'absence de gaudriole.

Une cicatrice vers la nuit

profane la réflexion.

Il n'y a que détachement incrédule.

On me fait souffrir

parce que je sais l'indifférence

Banalités embarquées

sans cesse sur elles-mêmes :

Les horizons attirent les yeux

de nos sentiments.

Francis Picabia (1879-1953)

 t-Picabia__Parade_amoureuse_1917

                                                       Touche à tout aristocratique Francis Picabia fut surtout peintre. Dada, Surréalisme, et autres sympathiques sornettes eurent sa visite. Poète aussi, à sa manière, qui ressemble à celle de Picabia peintre. Pour preuve ce Labyrinthe aussi clair que Parade amoureuse, le tableau ci-dessus. En fait Picabia ne voulait surtout pas rater le dernier train à la mode. Maintenant on dirait hype, ou branché. Ainsi fut-il fou de l'automobile et du cinéma, tous deux frémissants. On est en droit d'apprécier. En droit aussi de penser qu'il se fout de nous. Allez savoir! A dire vrai, moi, de Picabia, j'aime surtout son duo avec Erik Satie dans le surréalistissime Entr'acte de René Clair.

 

 

 

                                           


 

 

 

 

 

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09 juin 2011

Si un pied doit me troubler...

    ...que ce soit celui de Kiki de Montparnasse,inégalé,dans le beau film surréaliste de Man Ray d'après Robert Desnos,L'étoile de mer.L'une des rares incursions au cinéma de cet étrange courant qui vécut ce que vivent les roses.1929,la même année qu' Un chien andalou.Hasard:ce même Man Ray apparaît dans la sympa comédie parisienne de Woody Allen.
L'Étoile de mer

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29 mai 2011

C'était mieux avant,c'était même mieux avant avant...

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    Minuit à Paris a pas mal de charme,c'est sûr.Je vois peu de films nouveaux et les chronique plus rarement encore,me contentant de quelques commentaires de ci,de là,chez des cinéphiles plus assidus à l'actualité. Voici une petite exception pour un film très sympa,déjà amplement analysé.Mais je fais partie des alléniens depuis 40 ans et croirais déchoir si j'en ratais un seul.On passe souvent de l'autre côté du miroir chez Woody Allen.Souvenez-vous des pourtant très différents Alice,La rose pourpre du Caire, Zelig qui,tous,laissaient le cartésianisme au vestiaire. Dans Minuit à Paris le fantastique est fantaisie.Et Allen nous refait le coup assez classique de l'Américain à Paris,figure du cinéma illustrée à de nombreuses reprises assez délicieusement même si cartepostalement.Par exemple et avec quel brio...

americai  Gene Kelly et Vincente Minnelli

irma Jack Lemmon et Billy Wilder

    Un Américain à Paris,Irma la douce et d'autres films plus récents,je pense à l'excellent Before sunset  (Brève rencontre à Paris ) ont bien balisé le séjour parisien des citoyens U.S.Woody Allen lui-même dans Tout le monde dit I love you, s'y était déjà frotté avec succès.Owen Wilson,écrivain un peu en panne,aux douze coups de minuit,se retrouve dans les années vingt où la bohême s'appelle Hem ou Fitz (très familier avec eux je les appelle par ces diminutifs).On y croise le colérique Pablo Ruiz,peintre cubique fauché mais ça changera considérablement de ce point de vue.Et Gertrude Stein,papesse des intellectuels américains, impressionnante grande actrice Kathy Bates.C'est le mythe de Cendrillon car à l'heure juste une magnifique limousine d'époque emmène notre héros boire et danser,s'encanailler dans ce Paris est une fête,titre du récit d'Hemingway auquel Dasola entre autres fait référence.Je crois que ce livre vient de reparaître en une nouvelle traduction.Un passage entre autres,peu chaste,en est célèbre:à la Closerie des Lilas ou quelque chose comme ça,Ernest et Scott comparent leurs, leurs, leurs...,disons anatomies respectives.Mais revenons à Woody Allen qui a trouvé en Adrien Brody un jeune Dali vraisemblable et qui donne au tout aussi jeunot Luis Bunuel l'idée de L'ange exterminateur que Don Luis réalisera quarante ans plus tard.

    Tout cela n'est guère sérieux,mais diablement séduisant.D'autant plus que Woody nous gratifie d'une jolie pirouette finale ou presque qui nous replonge encore un peu plus avant,des hurluberlus nommés Lautrec,Degas,Gauguin regrettent le temps d'avant,la Renaissance.On aura compris que le film de W.A. est un joli bijou d'une pacotille agréable sur le thème éternel de la nostalgie.J'ai aimé ce film.Cependant un détail me perturbe un peu.Manhattan,Annie Hall,September,dis Woody,c'était pas un peu mieux avant quand on traînait sur Central Park,un sac papier à la main,en devisant de Bergman avec nos lunettes d'écail. Ou alors c'est moi-même qui étais mieux avant.Non,c'est pas ça.C'est,comment dire,c'est surtout que j'étais,oh,je cherche mes mots.Ah,ça y est,plus jeune,c'est ça,j'étais plus jeune.

Sur cette époque Lire Etats-Unis certes mais vivre Paris

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