A Victor
Les géants n'ont pas toujours la vie facile:petit hommage à ce destin que fut la vie d'Hugo, avec la folie d'Adèle et la mort de Léopoldine. Il me fut inspiré par une balade en bord de Seine dans ce pays de Caux que remonte parfois le mascaret.
Comment la douce Seine a-t-elle pu t’amputer? Toi,Victor,ce titan de tout un siècle Qui aura su vaincre les pires exils Toi qui,tonnant des rochers normands Contre les misères et les mépris L’indestructible,pareil à ces brisants Mon ami,capitaine au long cours Maudissons ces flots traîtres L’enfant,ton enfant,ton sang Entraînée dans la nuit Monstruosité du mal des hommes Quand la peine est innommable Et que la poésie arrache le coeur. Léopoldine,la douce Léo Repose là-bas au bord du fleuve Et j’aime à lui rendre hommage Victor,tu nous es alors si proche Et Léo est un peu ma fille Au sourire flétri,brisé en cette aurore Gavroche coule ses larmes Il nous reste,Victor Le fleuve de ton verbe Contemplations Quintessence du beau malheur.
Portrait de Léopoldine Hugo (1824-1843)