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18 février 2007

Chronique d'un habitant de Manhattan

J'ai terminé mon cycle sur six décennies de cinéma par Manhattan.Après L'aurore,La règle du jeu,Rashomon,L'Avventura et Andreï Roublev le ton était donc à la légèreté et à l'humour.Et mes élèves avaient bien mérité un feu d'artifice eu égard à leur patience et à leur fidélité.J'ai vu tous les films de Woody Allen sauf les deux derniers et je considère Manhattan comme une charnière entre les comédies hommages du début:Woody guerillero dans Bananas,Woody gangster dans Prends l'oseille et tire-toi ,Woody spermatozoïde dans Tout ce que vous avez... et les oeuvres de sa maturité dont certaines sont amères voire graves.Peu de temps avant Manhattan le très bon Annie Hall et le très introspectif et bergmanien Intérieurs avaient amorcé un sérieux tournant.

   Manhattan est la quintessence de l'univers alllénien,ne serait-ce que par le titre.On n'est même pas à New York mais à Manhattan coeur vieil européen de la mégalopole américaine.Américaine si peu parfois avec ses allusions à Fellini,au cinéma japonais,à Shakespeare,à Tchekhov et Freud,à Mozart et Flaubert.Bien sûr il ya le jazz,Armstrong et Gershwin que je vous offre en fin d'article.Isaac Davis,Juif new yorkais,affublé de deux ex-femmes,d'une maîtresse mineure,d'un ami écrivain ou éditeur ou les deux,vogue de restau branché intello en galerie où l'art moderne dégage une"remarquable altérité".Central Park sert de paysage paroxystique à Woody Allen,lui qui n'aime guère s'éloigner de la Grosse Pomme.

Manhattan est le film le plus délicieux d'Allen avec son romantisme qui chez tout autre serait de pacotille, ses dialogues qui ailleurs seraient parfaitement snobs et niaiseux,ses musiques qui pourraient apparaître comme passéistes.Mais voilà:W.A. est un vrai créateur d'images et de situations cinématographiques avec un univers bien à lui que l'on aime tant en France.Bien sûr W.A. est maintenant devenu une institution surtout de ce côté de l'Atlantique et l'on commence à faire la fine bouche.Mais une intégrale de Woody Allen avec pas loin de 45 films contiendrait bien 45 oeuvres au moins intéressantes.J'aime notamment ses douces incursions fantastiques dans La Rose Pourpre du Caire,Zelig,ou Alice.Et il y a tant de bonnes choses dans Crimes et délits,Maris et femmes,September,etc...

Ecoutez le magnifique prologue de Manhattan au son de Rhapsody in Blue

http://www.youtube.com/watch?v=VyY4EUR4by8

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Commentaires
J
Entièrement d'accord avec toi du début à la fin de ton billet.C'est ce Woody Allen là que j'aime, avec son univers bien à lui qu'il nous fait partager et ce talent si particulier qui fait, comme tu le soulignes, que des scènes ou des dialogues qui pourraient paraître cliché ou ridicules chez un autre, ont chez lui un charme délicieux.Pourvu qu'il continue encore longtemps à tourner !
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H
Un de mes préférés de Woody Allen !!!!!!! <br /> Et comment !!!! <br /> Eeguab, je t'envie. Je te sens un cinéphile bien plus solide que moi. J'aime beaucoup ton univers.
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N
Très bel article qui m'a donné envie de revoir le film. La douce mélancolie qui baigne le film, la bande originale, Meryl Streep et Diane Keaton...<br /> Si j'ai pu parfois lui préférer Crimes et délits, Intérieurs voire presque Match point, je suis toujours revenu vers Manhattan.
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C
Un cinéaste que j'ai adoré, que j'adore toujours pour son milieu de carrière dont "Manhattan" fait partie. Oui, grosse incursion intérieure dans ce film où tous les thèmes allenien se retrouvent. Pour ma part, j'ai préféré la suite du programme avec Zelig, Alice ou Harry, où il me semblait qu'il y avait davantage de recul et de créativité par rapport à l'égocentrisme du cinéaste. Enfin je pinaille, je chipotte, car Allen m'a offert des bonheurs magnifiques devant mon grand écran. Ce n'est pas sa chute qui me fera oublier...
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G
Bien jolie chronique sur un bijou allénien qui compte parmi mes préférés. Il y a une poésie unique dans ce film, une nostalgie, l'électrocardiogramme de Manhattan, cœur battant au rythme de ceux des protagonistes...drôle, pétillant, déchirant, éphémère et éternisé par la pellicule : on ne s'en lasse pas !
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