Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Derniers commentaires
Pages
3 juin 2013

Fitz au Ritz

le-couple-fitz

               Avec l'éternel retour du sémillant Jay Gatsby j'ai eu l'occasion de lire quelques nouvelles de Fitzgerald.Il y en a presque trop dans ce recueil de 27 textes dont le plus célèbre donne son nom à l'ouvrage.Elles ne m'ont pas toutes séduit outre-mesure. J'avais pourtant envie de m'enflammer sur les jeunesses perdues de Scott,de Zelda et de moi par la même occasion.J'ai presque peiné à m'intéresser à certaines de ces chroniques d'une jeunesse étudiante puis adulte,à tous ces personnages qui d'ailleurs se croisent dans un univers un peu frelaté d'aisance et de conformisme.Mais rien n'est si simple avec Scottie et quelques textes sortent du lot malgré tout.

             A travers cette inégalité qualitative j'ai cependant découvert cinq ou six pépites où l'émotion affleure en quelques dizaines de pages.Le plus souvent tout semble terriblement autobiographique dans ces lignes,Fitzgerald a surtout écrit sur Scott et Zelda. Dans ce moments j'ai retrouvé la grandeur et la douleur de The great Gatsby et Tendre est la nuit,les deux incontournables qu'on aurait tort de contourner.

             Retour à Babylone s'avère bouleversant et explore le très "people" Paris des écrivains américains de l'entre-deux guerres. Charlie Wales a vécu quelques années folles entre Ritz et Montparnasse avec sa femme Helen et sa petite fille.Krach et crises aidant la vie est devenue plus difficile.Revivra-t-il avec sa petite Honoria,pour l'heure sous la tutelle de la soeur de son épouse décédée?Cette nouvelle touchera tous les pères,sans grandiloquence et pathos.On s'en doute, l'alcool coule allégrément au long du recueil, dans Un voyage à l'étranger par exemple où un jeune couple très glamour,ça rappelle quelqu'un,est confronté lors de  ses escales européennes à un autre couple,en fait eux-mêmes,un peu plus vieux.Effrayant.

Fitzgerald

             La lie du bonheur est une énième variation sur le malentendu amoureux qui conduit l'homme et la femme à sacrifier leur félicité au souvenir .Souvent le monde dépeint par Fitz nous semble privilégié.L'est-il vraiment,je n'en suis pas certain.Sans nul doute par contre,et même si cet ensemble se révèle disparate et frise parfois le ridicule,ce monde s'avère d'une immense fragilité où l'on a vite fait,très vite fait,de perdre la santé,voire la raison,voire la vie.Parmi les dernières nouvelles,très brèves,j'ai aimé surtout La mère d'un écrivain,quatre pages où une vieille dame meurt en confondant son fils,auteur,avec un duo de poétesses bon marché. Splendide humiliation.Et aussi Trois heures entre deux avions,brèves retrouvailles  de Nancy et Donald,plus de vingt ans après une amourette d'enfants,en fait une méprise.Et qui se termine par cette désespérance "Donald avait pas mal perdu au cours de ces quelques heures entre deux avions,mais étant donné que la seconde moitié de la vie est un long processus d'abandon de certaines choses,cet aspect-là de son expérience n'avait pas probablement pas d'importance."

        Désespérant,je vous l'avais dit,surtout que la deuxième moitié de la vie,pour Fitzgerald,commença à 21 ans.Paradoxalement le dernier texte,La fêlure,qui traite de l'impuissance créatrice qui saisit Fitzgerald assez rapidement m'a laissé de glace,malgré cette belle métaphore,"J'avais le sentiment d'être debout au crépuscule sur un champ de tir abandonné,un fusil vide à la main".C'est pourtant une phrase qui s'applique à toute panne.

          

Publicité
Commentaires
E
Réponses.<br /> <br /> Valentyne.Un article sur un livre est déjà une "oeuvre littéraire" en soi,remarquez les guillemets.Ce qui explique les figures de style,les litotes ou au contraire les exagérations, parfois les amphigouris et les sentences un peu immodestes.Quand on fait une critique,on est donc soi-même un tout petit peu auteur.Ce faisant on aurait tendance à "asséner" ce que l'on croit.Il va de soi,Val,que l'on a le droit de s'ennuyer avec "Tendre est la nuit" nullement incontournable,contrairement ce que j'ai écrit.Rien n'est incontournable.On peut même contourner "Le désert des Tartares".Ce que j'ai voulu exprimer à travers un souvenir de lecture très ancien,facteur qu'il ne faut pas oublier quand on parle d'un livre lu il y a longtemps,c'est que le roman de Fitz m'avait séduit par sa jeunesse perdue,par cette vie brûlée,par cette incandescence.Je devais avoir... 20 ans.Toute chronique n'exprime que mon avis.Il peut m'arriver de l'oublier un peu,à tort,sans aucun doute.<br /> <br /> Eléanor.Je n'ai pas lu "Effondrement".Une deuxième chance peut-être pour FSF?Mais il y a tant à lire.<br /> <br /> Celestine.Optimiste,va!<br /> <br /> Et merci à toutes trois.
Répondre
É
j'ai fait l'erreur (à mon sens) de commencer la lecture de Fitzgerald par "l’Effondrement" et malgré quelques phrases mémorables, l'ensemble ne m'a pas du tout conquise si bien que depuis je n'ai plus rien lu de lui...
Répondre
V
Cinq ou 6 pépites? C'est déjà pas mal pour un recueil ;-)<br /> <br /> Il faudra que tu m'expliques en quoi "Tendre est la nuit" est incontournable (je m'y étais beaucoup ennuyée, tellement que je n'ai pas osé lire "the great Gatsby")<br /> <br /> Bonne soirée Eeguab ;-)
Répondre
C
"Un long processus d'abandon de certaines choses"...ce n'est pas forcément désespérant, c'est même plutôt réjouissant si ces choses là faisaient, comme des cailloux dans la chaussure, rien qu'à nous titiller.Et puis d'abord, comment sait-on jamais quand commence vraiment la "deuxième partie de la vie"...<br /> <br /> signé une incorrigible optimiste.^ ^
Répondre
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Archives
Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Newsletter
33 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 371 069
Publicité
Publicité