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24 février 2014

Equateur de marbre

masse_critique

                                           C'est toujours avec plaisir que je chronique un livre offert et je remercie Babelio de sa confiance. La mission était agréable, découvrir un polar équatorien, chose peu commune. En route pour Quito car l'Equateur c'est soit la grande cité portuaire du Pacifique, Guayaquil, soit la montagneuse et déjà andine capitale administrative. Plusieurs figures principales dans Mourir, la belle affaire, ce serait un thriller choral? Pas vraiment et est-ce tout à fait un roman policier? Trions. De victimes, de cadavres, certes on ne manque pas et Alfredo Noriega qui porte un nom tristement célèbre un peu plus au Nord, n'est pas avare de ces amas sanguinolents, de ces visages dévastés, de ces deux tiers d'homme, qui atterrissent souvent sur la table d'opération d'Arturo Fernandez, médecin légiste. Mais à lire le titre on comprend la violence du propos, et celle du continent, avec cet horrible sentiment de l'inévitable. J'ai lu récemment que le crime, qui se porte bien partout, merci, avait une nouvelle capitale, non plus Johannesburg ou Lagos, mais Tegucigalpa du modeste Honduras qui semblerait plus gangrenée si possible que Ciudad Juarez la sinistre ville frontalière. Comme en football il n'y a plus en corruption, meurtres et narco, de petites équipes. Manifestement Quito ne donne pas sa part aux condors.

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                                            Arturo fait son boulot. Quelques flics à peu près honnêtes aussi. Tout ça pas longtemps car explosent les pare-brise et les vrais accidents automobiles sont assez rares. La mort est rarement vraiment accidentelle à Quito, sauf par erreur de personne. Beaucoup de saintes églises dans la capitale équatorienne mais bien peu de charité chrétienne. L'inspecteur Herriberto Gonzaga veut tenir la promesse faite à Maria del Carmen, retrouver un chauffard assassin, denrée assez fournie ici bas, enfin ici haut, 2850 mètres d'altitude. A cette hauteur les autochtones ont souvent un peu plus de sang que les étrangers, ils en perdent donc un peu plus aussi sur l'asphalte des banlieues ou dans la poussière des bidonvilles. Beaucoup d'assassins dans Mourir, la belle affaire, et bien peu de coupables, la vie en Amérique du Sud n'a jamais valu que quelques narcodollars. Omniprésente au long de cette balade quitenienne de sang et de larmes, la camarde nous prend par la main et Arturo nous guide dans la jungle équatoriale urbaine. C'est le plus réussi de ce bon roman, on sent vivre Quito, ses ruelles sordides, ses cris dans la nuit automobile, ses dérisoires pauses entre deux morts de vieillards ou d'adolescents, ce brouillard d'emphysème venant du tout proche volcan.

                                           On le sait depuis lontemps,les meilleurs polars sont des bannières citadines. C'est le cas pour la Quito d'Alfredo Noriega, avec ses enfants perdus, son crachin andin, ses vieilles rescapées et son inaltérable fatalisme contre lequel on lutte malgré tout.Après tout, Mourir, la belle affaire...

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Commentaires
N
Merci Eeguab, ta critique est excellente. Dans ces pays de l’Amérique latine, le quotidien est marqué au fer blanc. On y vit une réalité pour laquelle il est souvent trop facile de fermer les yeux. Heureusement, il y a ces auteurs qui savent en parler pour éveiller la conscience populaire « dorée », si je puis dire… Bonne soirée
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A
Je vois que les polars sud-américains concurrencent les polars nordiques !!!! Quel billet tu as fait là ! Jubilatoire ! Drôle, désenchanté comme semblent l'être les tripots perdus de Quito avec sa misère jamais loin ! Et l'emphysème du volcan m'a fait franchement rire ! :lol:<br /> <br /> Bises ! à tds...
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D
Bonjour eeguab, merci pour cette chronique. Je note le titre car j'aime bien les polars d'outre-atlantique du sud (quand ils sont traduits) comme les polars argentins, brésiliens et chiliens. Bonne après-midi.
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S
Aïïïe je crains le pire pour Herriberto, va y passer aussi :roll:<br /> <br /> J'adore ton ton Edualc et si ce roman est à la hauteur de ton billet, il ne passera pas sous mes yeux :wink:<br /> <br /> Bonne semaine et gros bisous
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V
Un Billet plein d 'humour , Eeguab (les morts accidentelles sont des erreurs de personnes ;-) ...entre autres...<br /> <br /> Bonne journée
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L
Un livre qui me semble intéressant à découvrir. Je prends note pour un futur achat ou un prêt à la médiathèque.<br /> <br /> <br /> <br /> Amitié.
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D
j'ai un peu de mal avec les romans et même les polars d'Amérique du sud, le problème de la drogue récurrent dans pratiquement tous les romans, normal tu me diras vu que c'est la réalité, finit par me sortir un peu par les yeux et du coup je peine à m'intéresser
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