La poésie du jeudi, Giacomo Leopardi
Un amour infini pour l'Italie, pour le romantisme, et quand c'est l'immense Vittorio Gassman qui dit, que demander de plus? Rien, qu'une pensée pour Giacomo Leopardi (1798-1837), solitaire, maladif, suicidaire, "sombre amant de la mort, pauvre Leopardi " (ainsi disait de lui Alfred de Musset). Il existe plusieurs traductions de ce texte. J'ai choisi celle de René de Ceccaty qui rend bien compte de la douleur et du pessimisme de Leopardi. Cela me permet de rejoindre le challenge Il viaggio, maintenant chez Eimelle (lecture-spectacle)
L'infini
J'ai toujours aimé ce mont solitaire
Et ce buisson qui cache à tout regard
L'horizon lointain. Mais quand je m'assieds
Pour mieux observer, je me représente
Au fond de mon cœur l'espace au-delà :
Calme surhumain, très profonde paix.
Pour un peu, je suis perdu d'épouvante
En entendant geindre, entre les feuillages,
Le vent, je compare cette à voix-là
L'infini silence et je me souviens
De l'éternité, des mortes saisons,
Et de la présente, et de la vivante.
Et de sa rumeur. Ainsi dans l'immense
Sombre de ma pensée. Et dans cette mer
Il m'est doux enfin de faire naufrage
Giacomo Leopardi (Canti,1819)

