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28 avril 2016

La poésie du jeudi, Edualc Eeguab d'après Dino Buzzati

Poésie du jeudi

Ecriture

Vacillant

Terreur de ce quartier laid de Turin

Il avait broyé des échines

Près d'une décennie

Maîtres et chiens de la basse ville

En frissonnaient si souvent

Ses morsures cuisaient toujours ça et là

Et les fuites apeurées

Rythmaient comme avant des journées

Jusqu'à ce petit matin de novembre

Froid piquant Piémont

Où le hideux molosse jaunâtre

Lui avait longtemps résisté

Finalement vaincue, la bête en rupture

Haletait dans quelque ruelle sombre

Mais le maître, cette fois blessé

Savait dorénavant

Sa chute prochaine

Et la fatale échéance

Vainqueur une fois encore

Pour combien de temps.

Avant le glas.

 bUZ

                                                  Ce texte doit tout à l'immense Dino Buzzati, adapté, modestement, d'une de ses nombreuses et fabuleuses nouvelles, l'une des plus inquiétantes, et il y en a beaucoup, d'inquiétantes. Il y a  aussi beaucoup de chiens dans les nouvelles de Dino. Et donc de chiens inquiétants. Le tyran malade raconte l'histoire d'un chien qui fait régner l'ordre ou la terreur, c'est selon, jusqu'au jour où d'inquiétant, il devient inquiet. Et c'est plus grave. On retrouve évidemment la thématique de l'attente du jour, de l'attente de l'attaque des Tartares, proches, probablement. Et plus généralement toute la littérature de Buzzati, le temps assassin, les quotidiennes déceptions, la vacuité. Le pire étant toujours sûr chez Buzzati, on ne devrait donc même pas s'en émouvoir. Et pourtant... C'est parfois à rendre malade, comme le tyran. Oh Dino, pourquoi t'ai-je rencontré?

 

 

 

 

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Commentaires
V
Cette histoire de chien très humaine me fait penser à une histoire de boxeur ( j'ai pensé ça sans doute à cause de ll'affiche de catch sur la photo ) terribblement bien rendu dans ton poème : l'inéluctable. Le chien ne peut pas se retirer : il le fera un jour quoi qu'il arrive ce "combat de trop".
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D
Bonjour eeguab, bel hommage à Dino. Je ne connais pas la nouvelle. Je la note pour la lire. Bon samedi.
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E
Bravo!
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E
Merci à tous. Claudia a bien résumé. D'ailleurs je ne crois pas avoir écrit que je regrettais C''est le rôle de la grande littérature de nous tenir éveillés. Dans le cas de Dino Buzzati c'est particulièrement réussi. Et puis il fait partie de ceux qui m'ont donné l'envie d'écrire. :D
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C
Il t'inquiète ce Dino, il te secoue? Et alors c'est le rôle de la grande littérature! Tu regrettes de l'avoir rencontré? Tu te plains? Je n'en crois pas un mot!
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V
Très sombre ton poème Edualc<br /> <br /> Ne rumine pas trop : on sait où cela a mené Drogo :-) <br /> <br /> Bisesss
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L
"Le désert des tartares" (lu dans ma jeunesse) m'a marquée moi aussi...le thème de l'attente, interminable...et de la vacuité de la vie, de la mort qu'il va falloir affronter, cette mort qui est peut-être le seul ennemi "réel", finalement...(comme ce chien).<br /> <br /> <br /> <br /> Mais j'en tire la conclusion qu'il ne faut peut-être pas "attendre"...justement, et qu'à guetter le futur (qui n'arrive pas ou très lentement), on en oublie de vivre le présent !
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S
Bonjour eeguab, jolie adaptation poétique. Une des nouvelles les plus parfaites et évocatrices de Buzzati sur l'attente, c'est le K. Parfois, il faut y aller sans attendre, et on peut voir cette nouvelle comme nous y incitant, en profitant de la vie. <br /> <br /> <br /> <br /> Strum
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M
La vainqueur du temps qui passe est parfois celui qui a la patience d'attendre. J'ai beaucoup redouté avec Drogo, et j'ai le K dans ma liste de lecture, vais-je avoir la patience d'attendre encore après t'avoir lu ?
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C
Les chants désespérés sont les chants les plus beaux...<br /> <br /> Et la force de son écriture est en toi, le sang de Buzatti coulant dans tes veines comme un poison brunâtre au goût amer, fait rejaillir de toi des mots de glace et de crainte.Et ton poème entre dans la peau comme la dent de ce chien : avec la pâle et douloureuse certitude de la fin.<br /> <br /> ¸¸.•*¨*• ☆
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R
Ah Le Cheval de Turin...
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P
Quelle rencontre avec Dino! et bien joli poème inspiré de ta lecture, un peu triste et terrifiant, mais la vie n'est pas de tout repos pour tout le monde..
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M
Voilà qui est bien ! Les mots que t'inspire Dino Buzzati m'ont donné l'envie de le rencontrer. Comme le souligne Aspho, je pense que ce ne sera pas de tout repos !<br /> <br /> Merci pour cette évocation poétique, aux mots pourtant glaçants !<br /> <br /> Belle journée
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A
Waouh ! Je trouve que ta rencontre avec Dino, si elle n'est pas de tout repos, te fait sortir de toi-même écrire de très belles choses … Ce poème à quelque chose de terrifiant mais sa triste beauté n'en est que plus touchante. "les fuites apeurées " "avant le glas"... C'est très beau. Bisous et à TTds😉
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