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15 août 2017

Leo, l'as-tu lu?

CVT_La-Neige-de-saint-Pierre_9994

                                Jamais Leo ne m'a déçu. Il est dans mes tout premiers compagnons de lecture, en compagnie de ma fidèle colectrice Valentyne (La neige de Saint Pierre – Leo Perutz) , cette fois pour La neige de saint Pierre, neuvième livre de cet auteur juif autrichien en ce qui me concerne. Valentyne  a-t-elle été convaincue? Je considère Perutz (1882-1957, né à Prague, ayant vécu à Vienne, exilé à Tel-Aviv, une vie bien remplie) comme un des conteurs les plus importants de ma chère Mitteleuropa qui m'a déjà donné tant de bonheurs littéraires. Sous ce titre énigmatique (mais Perutz a souvent des titres curieux, Où roules-tu, petite pomme? ou Le Cosaque et le Rossignol ou Le miracle du manguier, découvrez-les, ça vaut le coup), se cache une découverte biologique explosive dont je vous laisse la surprise. Sachez cependant que le livre fut interdit par le pouvoir nazi dès sa parution en 1933.

                              Allemagne années 30. Dans le modeste village de Morwede, au fin fond de la Westphalie, quelques personnages, Amberg, jeune médecin engagé par le baron von Malchin, une séduisante collaboratrice, d'origine grecque, Kallisto dite Bibiche, oui, un aristo russe ruiné par le bolchevisme, un curé de bonne volonté, tout ce petit monde, dans le sillage du baron, joue en fait à l'apprenti sorcier. Et que va-t-il sortir de cette sorte de chimie? Une drogue surpuissante qui permettrait la manipulation de tout un peuple? Vous comprenez maintenant le pilori national-socialiste pour ce roman un peu brûlot et d'ailleurs pour tant d'autres.

                             Du laboratoire du baron une sorte de virus des céréales, champignon, parasite, je ne sais exactement, pourrait bien changer le monde. La neige de saint Pierre (l'un des nombreux noms de cette lèpre) est évidemment une fable annonciatrice et le baron Malchin poursuivant des buts douteux et un délire mégalomaniaque rappelle quelqu'un. Souvent drôle, parfois hallucinant, ce livre s'apparente aussi au roman d'investigation, voire d'anticipation, où Jules Verne aurait croisé Jorge Luis Borges. Je suis un inconditionnel de Leo Perutz, cela ne vous aura pas échappé. Notamment pour sa façon de prendre à bras le corps toute l'histoire tourmentée de cette Europe Centrale dont le baron voudrait restaurer la grandeur quitte à lorgner vers une tyrannie qui ne hante pas  seulement les fictions littéraires. Pour l'imagination faites confiance à Leo.

                             Cette maladie des céréales s'appelait en Espagne le lichen de Madeleine, en Alsace la rosée des pécheurs, à Crémone le blé de la miséricorde, à Saint Gall le moine mendiant, dans les Alpes la neige de Saint Pierre, en Bohème la moisissure de Saint Jean,, chez nous en Westphalie le  feu de  la Sainte Vierge.

                            

                          

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Commentaires
C
Je lirai celui-ci aussi, J'ai l'intention de les lire tous !
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S
J'aime beaucoup Leo Perutz que j'ai découvert tardivement en partie grâce à toi Edualc. Le Cavalier suédois est un livre tout à fait remarquable. J'ai lu aussi Le Maitre du jugement dernier et Le Judas de Léonard qui m'ont bien plus aussi. Et je compte bien lire les autres. Ses livres sont très agréables à lire.
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I
Et bien, tu me donnes envie de continuer sans trop tarder à découvrir cet auteur dont je n'ai lu à ce jour que Le cavalier suédois (une 1e expérience très réussie).
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L
Un jour je lirais Le Cavalier Suédois...
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D
Bonjour eeguab, comme beaucoup, je ne connais que le Cavalier suédois. Je note celui-ci. Il faut donc remercier les éditions Zulma pour cette réédition si je comprends bien car je pense qu'il était indisponible? Bonne journée.
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L
une découverte d'un auteur qui semble original et important, merci.
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V
Je te rejoins sur le point où Perutz est un immense conteur chez qui on a du mal à distinguer le vrai du faux et c'est ce qui est passionnant ...<br /> <br /> Bien entendu je note "Le Cosaque et le Rossignol et Le miracle du manguier " <br /> <br /> Bisesss et à bientôt
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S
J'aime beaucoup Léo Perutz également. Ce billet tombe à pic, car je me rends compte que j'ai deux de ses romans dans ma PAL (dont La neige de Saint Pierre, récemment réédité en collection Poche chez Zulma). Mais qu'est-ce que j'attends encore pour les lire ?
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A
Je ne l'ai jamais lu et je sens que c'est une lacune ! Je le mets au programme. Tu aurais un titre en particulier à me conseiller ?
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C
C'est fascinant comme certaines maladies ont des noms poétiques.<br /> <br /> Je suppose que cette "rosée des pêcheurs" (ou "neige de saint Pierre") a dans le livre une portée symbolique, désignant une peste brune autrement plus ravageuse...<br /> <br /> Le mildiou ultralibéral s'attaque aux valeurs humaines de nos jours. L'histoire n'est qu'un éternel recommencement<br /> <br /> Kisses and attb<br /> <br /> Angel b<br /> <br /> ¸¸.•*¨*• ☆
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V
Eh bien, j'ai lu Léo. Le cavalier suédois, à force d'en lire ici que du bien. Et je n'ai pas été déçu. C'est passionnant. Un grand livre. Celui-ci, par les pistes et le petit extrait que tu nous donnes, me tente aussi. Pourquoi pas celui-ci pour ma deuxième lecture. <br /> <br /> Ps : Alors Berlin ?<br /> <br /> A bientôt
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