Dans le cadre chanson à texte, très sérieux, je me souviens de Mona et du vieux Bo. Et de sa rectanguitare célèbre. Pas besoin de s'apesantir sur Monasi j'ose dire. Enfin... Simplement taper dans ses mains et improviser une chorégraphie de haute tenue. Datant de 1957, rudimentaire mais efficace. Non, je ne suis pas contemporain de cette version, mais de celle, très bonne des Troggs, ce qui nous rajeunit, pas tellement. Bo n'est plus, cest moche. Et Reg Presley, le seul ocariniste de l'histoire du rock, au pseudonyme venu on ne sait d'où, n'est plus...non plus. Il vient un temps où plus personne n'est plus. Ca vous a plu?
Attention ce film est bon. Mais il est un peu assassin. Et si vous connaissez tous Happy together des Turtles vous êtes moins nombreux sûrement à vous souvenir du Go now des Moody Blues. Ce sont deux des chansons que l'on entend.Un couple anglais septuagénaire, relativement aisé, ils n'on pas eu d'enfants. Kate et Geoff Mercer sont sur le point d’organiser une grande fête pour leur 45e anniversaire de mariage. Geoff reçoit une nouvelle : le corps de Katya, son premier grand amour, disparu 50 ans auparavant dans les Alpes, vient d’être retrouvé. Cette nouvelle d'un temps immémorial va alors bouleverser le couple et modifier doucement le regard que Kate porte sur son mari. Sans hystérie, presque sans bruit, comme une sonate de fin d'automne, les rapports du couple se modifient et le doute, la jalousie, puisqu'il faut bien l'appeler par son nom s'insinuent et Kate (Rampling) chancelle. Ira-t-elle jusqu'à tout remettre en question. Et puis il y a la tarditude des choses.
45 ans bouleverse. Certes dans la discrétion, certes avec élégance, mais le film nous vrille encore un peu plus le coeur, coeur qui n'a pas besoin de ça, se vrillant déjà pas mal. Il se peut aussi que se soit une question de génération tant il est vrai que plus on se rapproche de l'âge des protagonistes plus on reconnait quelque chose en soi de ces gens là, quelque chose de soi en ces gens là. Tom Courtenay, acteur fétiche avec Albert Finney des Angry Young Men du cinéma anglais des années soixante, avait alors 22 ans environ. Il forme avec Charlotte Rampling un duo superbe pour un film à l'anglaise, au climat anglais et aux doutes universels. Ils fêteront leur 45e anniversaire de mariage. Cest terriblement vrai, c'est terrible... Et Andrew Haigh le metteur en scène a l'idée de nous balancer lors du générique "We've already said goodbye. Can't you see I want you to stay here? I'm still in love, still in love with you. Oh you Baby go now". Je ne suis pas gone tout de suite. Cloué dans mon fauteuil favori (je prends souvent le même fauteuil au cinéma) je ne suis pas sûr de n'avoir pas pleuré. C'est ça l'embêtement, les annés passant, j'ai connu "en temps réel" les Moody Blues numéro un au Melody Maker, Rampling dans le Swinging London et le cinéma anglais avant qu'il ne soit monopolisé par Ken Loach. Je vous avais prévenu, un peu assassin, tout ça.
X temps que je n'avais pas publié dans cette rubrique prétexte qui tente une vague synthèse musique et cinéma. Just like Gretaest une chanson de 2005 du grand Van Morrison (album Magic time) et qui en fait ne parle pas de Garbo, mais seulement du syndrome Garbo. Morrison, réputé peu commode, rêve de prendre ses distances avec la presse, le public, le monde en général. Une sorte d'exil de lui-même où Van Morrison veut débrancher, vivre seul, icône peut-être, ermite un peu. L'excessif kid de Belfast qui éructait G.L.O.R.I.A. il y a cinquante ans au Maritime Hotel chante toujours Divine-ment. Le Maritime Hotel de Belfast était bien loin du standing Grand Hotel de Greta Garbo, à tous points de vue. Mais il est des lieux où souffle l'esprit.Sous les mêmes influences que les Français ignorent presque totalement, le blues, le folk, un petit coup d'Irish fiddle, la soul, etc... écoutez le Van, l'autre Morrison.
Sans cet homme là,le quatrième, nettement plus âgé que ces jeunes gens, rien ne serait arrivé de ce que j'ai tant aimé. Même les tout meilleurs ont besoin d'un "lieur". Adieu Sir George Martin! Hello goodbye!
Les quatre malfrats de The Who sont parmi les si nombreux groupes à avoir enchanté ma jeunesse. Je me faisais un honneur de connaître le nom de tous les membres des groupes phares des mid sxties. Les Who étaient de ceux- là. Ne leur doit-on pas My generation, un des hymnes de la pop anglaise labelisée Carnaby Street and Swinging London?
Ce qui était génial en ces années héroïques, c'est l'ancien combattant qui vous parle, c'est qu'ils savaient faire court. En 2mn45 l'essentiel était dit, deux riffs rageurs, un bref solo, parfois absent et le morceau, qui contait émois et fantasmes nocturnes chez un ado boutonneux, vous hantait pour la journée. Et pour moi, pour la vie. Ce fut bien sûr le cas pour Pictures of Lily. Lily,ho Lily, made my life so wonderful. Pourtant, en confidence, bien bien jeune, ma life à moi n'était pas si wonderful et aucune Lily ne m'avait encore laissé ses photos. I'm talking about my generation. De mes émois nocturnes à moi je vous fais grace et vous laisse en bonne compagnie, Roger Daltrey, Pete Townshend, Keith Moon, John Entwistle. Les deux premiers sont sourds depuis lontemps, les Who ayant abusé aussi des décibels. Les deux derniers sont muets depuis longtemps et jamment au Paradise Hell Rock Auditorium.
P.S. Ci-jointe une photo spécialement pour le Bison du Ranch sans Nom qui sévit sur son blog et, non content de bien parler de musique que la plupart du temps j'aime beaucoup, de boissons séduisantes et de bouquins passionnants, se pique aussi de cinéma et littérature japonaise. Quels talents! Je lui pardonne même d'avoir dénigré mon vélo.
Face à Big Apple voici Jersey City. Je sais, ça vous fait rêver. Moi aussi, des vacances à Jersey City... Deuxième ville de l'état mitoyen de New York, le New Jersey, la ville est complètement une banlieue comme tant d'autres. R.A.S. Mais voilà, Jersey City a donné naissance en septembre 1949 à un certain Bruce Frederick Springsteen. Bénie soit la cité de J.C.
L'illustration musicale n'est pas du Boss mais d'un de ces innombrables folksingers repérés au hasard de la toile, personne en Europe n'ayant jamais entendu parler de lui. Ce monsieur a pour nom David W.Jacobsen et aurait des origines scandinaves que ça ne m'étonnerait pas. La chanson est extraite de l'album Footprints, si vous voulez mettre vos pas dans les miens.Alors rendez-vous pour ce Christmas in Jersey City? Ca vous laisse un peu de temps.
Rappel de l'itinéraire
Aberdeen, Abilene, Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore, Baton Rouge, Berkeley, Biloxi, Birmingham, Bisbee, Boise, Boston, Brooklyn,Cedar Rapids, Cedartown, Chattanooga, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Clarksdale, Cleveland, Dallas, Decatur, Denver, Detroit, Dodge City, Eugene, Flagstaff, Folsom, Fort Worth, Fresno, Galveston, Hoboken, Hopkinsville, Hot Springs, Houston, Jackson, Jacksonville, Jersey City, Joliet, Kansas City, Knoxville, Lafayette, Lake Charles, Lansing, Laramie, Laredo, Las Vegas, Leavenworth, Lodi, Long Beach,Los Angeles, Manhattan, Memphis, Mendocino, Miami, Milwaukee, Minneapolis, Mobile, Montgomery, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville, Natchez, New Orleans, Oakland, Omaha, Oxford, Palo Alto, Philadelphie, Phoenix, Pine Bluff, Pittsburgh, Poplar Bluff, Portland, Postville, Rapid City,Reno, Roanoke, Rockville, Saginaw, St Louis, St Paul, San Antonio, San Bernardino,San Diego, San Jose, Santa Fe, Sarasota, Savannah, Shreveport, South Bend, Springfield, Statesboro, Tacoma, Tallahassee, Tampa, Texarkana, Toledo, Tucson,Tulsa, Tupelo, Tuscaloosa, Ventura, Washington, Wichita, Winnemucca, Youngstown, Yuma...
Tim Rose est célèbre pour quatre personnes en France pour sa version de Hey Joe, qui précéda de peu celle de Jimi Hendrix. Pour ce dernier on connait la suite. J'ai un vinyle de Tim Rose. On doit se compter sur les doigts de la main. J'ai l'habitude. J'adorais en ces années 68 la voix rauque de Tim alors que Jimi me laissait de glace. Pourtant musicalement il n'y avait pas photo. Mort en 2002, il était né en 40 et l'on trouve de drôles d'infos sur la toile à propos de Tim Rose. Par exemple qu'il aurait été contacté par les Stones pour remplacer Brian Jones après le bain fatal de ce dernier.
Roanoke, Virginie, il me faut bien reconnaître que je n'ai rien à en dire. 100 000 habitants y vivent et c'est bien leur droit. Ah si! Sachez que la ligne de bus Metro Valley vous mène directement à Blackburg sans repasser downtown. Intéressant, non?
Un grand plaisir vraiment de voir un large public pour le ciné-débat de ce lundi consacré au document d'Amy Berg Janis. La génération seventies prédominait certes dans la salle mais pas que... Ce film retrace la trajectoire fulgurante, tant en intensité qu'en brièveté, de la jeune Texane attirée par le rêve californien. Témoignages de ses anciens complices de Big Brother and the Holding Company, extraits de lettres à ses parents, images de concerts, Monterey Pop, Woodstock, extraits d'interviews, le tout très bien équilibré, tellement plus fascinant que les laborieux biopics, davantage travaux des maquilleurs que des cinéastes. J'ai insisté dans ma présentation sur le fait que, ayant vingt ans à sa mort, j'avais surtout été sidéré de l'intrusion des femmes dans le monde du rock, biberonné que j'étais aux riffs des groupes anglais. Le rock? Une histoire d'hommes...jusqu'à Janis, pour pas longtemps, pour toujours.
Beaucoup d'interventions lors du débat. Manifestement Janis a touché les spectateurs. Je pense que le film rend bien l'ambiance des ces années folles sur la West Coast et que les descentes aux enfers y étaient pour certains presque inévitables. Les intervenants ont évoqué, c'était prévisible, l'écorchée vive à la sensibilité exacerbée, qui ne pouvait que vivre fort et pas longtemps. Bien sûr. J'avoue que cet argument si souvent brandi pour des personnages comme Janis Joplin me fatigue un peu. Quoiqu'il en soit, pour tous ces morts du sinistre club des 27 ans (Jones, Hendrix, Morrison, Cobain, Winehouse), l'essentiel reste leur musique. Tout ce qui est devenu mythologie finit par contre par m'agacer un peu. Exemple le plus connu pour nous Français: si vous aimez Morrison réécoutez les deux meilleurs albums des Doors, le premier et le dernier, The Doors et L.A. Woman, plutôt que d'aller le caresser au Père Lachaise.
P.S. Vu la semaine dernière L'étreinte du serpent, film colombien de Cirro Guerra sur le chamanisme au coeur de l'Amazonie, auquel se confrontent deux scientifiques. Un beau noir et blanc, long de deux heures durant lesquelles, seul au monde, je me suis, moi, confronté à un ennui certes très élégant mais ennuyeux. Les critiques presse sont tous dithyrambiques... Seul au monde, vous disais-je.
J'ai toujours adoré cette chanson devenue un classique. Ecrite en 67 par Mel Tillis elle fut d'abord un succès country un peu fadasse. Jusqu'à la version plus punchy, celle de Kenny Rogers que je vous propose. De grands folksingers l'ont reprise régulièrement, Roger Miller, Waylon Jennings, Carl Perkins forcément plus rock. Chris Isaak aussi. Mais je ne connaissais pas vraiment le sens du texte de Ruby, don't take your love to town. C'est en fait l'histoire d'un vétéran de Corée ou du Vietnam ou d'où vous voulez, condamné au fauteuil roulant et qui vit dans la peur que sa Ruby n'emmène son coeur à la ville. Selon les versions ça se termine par un meurtre ou un suicide ou plus souvent les deux. Comme la fin d'un Voyage au bout de l'enfer. Depuis des jours j'essaie de la jouer. Le résultat est pour l'instant indigne. Si j'osais...mais j'oserai jamais...je demanderais à Celestine.
Bien sûr il y eut d'autres Ruby dans ma vie, la Ruby Baby de Dion (mais j'étais impubère), la Ruby Tuesday des Stones, la Ruby Love de Cat Stevens, mais on en sort, de Cat Stevens. Mais je t'en supplie "Ruby, don't take your love to town".
Vous savez que j'aime alterner les choses sérieuses et d'autres moins. Sachez-le cette rubrique fait partie des choses... très sérieuses pour moi. Une bien petite ville que je vous propose aujourd'hui. Winnemucca, Nevada, 7500 habitants, tient son nom d'un chef indien de la tribu des Paiutes. On peut bien faire ça pour eux, les chefs indiens. Pour la (toute) petite histoire Butch Cassidy y braqua la banque en 1900. Et un Basque Festival y est organisé régulièrement, cette communauté y ayant été très présente au milieu du XIXème, en tant que bergers pardi.
Vous savez bien que c'est surtout l'occasion d'un bon moment musical et de faire connaissance avec le Little Wheels Band et leur copine Winnemucca girl.
Plusieurs films intéressants en notre CinéQuai depuis la fin des vacances. Amnesia le film de Barbet Schroder fut l'occasion de belles discussions sur la mémoire et le pardon. Thème éternel du "Qu'aurions-nous fait dans ces conditions?". Ibiza, 1990, Martha, Allemande presque septua, vit seule depuis 40 ans. Elle a tout fait pour oublier son pays d'origine, sa langue maternelle, et même voiture et vin d'Allemagne. Jo, 20 ans, allemand lui aussi débarque avec sa fougue de DJ et ses idées neuves, pas seulement musicales.. Un mur célèbre vient de tomber. Le mur entre Martha et Jo se lézarde de même. Un film passionnant, départ parfait pour refaire le monde, même si je regrette un tout petit peu que dans ce genre d'animation ce soient souvent les mêmes spectateurs qui prennent la parole. Au fait Marthe Keller distille toujours un certain charme.
Le Life du documentariste hollandais Anton Corbijn a également été bien reçu. En aucun cas une bio ni même un instant bio dans la courte vie de James Dean, pas davantage une chronique critique de Hollywood bien que Jack Warner et le système en général n'en sortent pas grandis, Life est une sorte d'étude, au sens pictural, de la rencontre entre James Dean, pas une vedette,J.D. vivant n'a pas eu le temps d'être une vedette, et le photographe Dennis Stock, même âge et tout aussi peu d'assurance et d'aptitude au bonheur. C'est assez fascinant et j'ai osé dire que les photos de Jimmy par Dennis, dont deux ou trois sont très célèbres, étaient peut-être ce qui témoignait le mieux de ces quelques mois de 55, les mois de la comète James Dean.
Une autre comète: Amy Winehouse que je connaissais peu. Outre que j'ai découvert une très grande chanteuse le beau document d'Asif Kapadia sobrement intitulé Amy m'a confirmé ce que je savais depuis Brian et Jimi et Jim et Janis et Kurt et Jeff et... L'expérience des uns ne sert jamais aux autres, surtout pas quand on oeuvre dans le monde du rock. Record de célérité à l'autodestruction pour Amy Winehouse. Mais bon Dieu comme elle chante chantait bien.
Enfin nous avons reçu Christian Carion et Christophe Rossignon, metteur en scène et producteur pour l'avant-première d'En mai fais ce qu'il te plait, joli et sensible film sur l'exode du printemps 1940 dans le Cambrésis, région très voisine du Vermandois. Les deux complices (déjà pour Une hirondelle a fait le printemps, Joyeux Noël) ont ainsi raconté la naissance de ce projet, très personnel et très ancien chez Christian Carion, lui-même originaire de ce coin du Nord. Des centaines de milliers de Français jetés sur les routes de France, un sujet assez peu visité par le cinéma, des autochtones très impliqués dans le film pour un résultat émouvant et un vrai coup de coeur des spectateurs.
Il est un peu difficile parfois ce Passé imparfait de Julian Fellowes. Intéressant et très bien écrit sur un sujet qui me branche: ma génération. L'auteur a mon âge. Il revient sur ces drôles de gens qui avaient 20 ans en 70, encore plus curieux quand il s'agit d'aristocrates anglais. Tout part dans ce roman des célèbres et désuets maintenant bals des débutantes ou quelque chose dans ce genre-là. Manifestement Julian Fellowes parle de choses qu'il connait bien en ce curieux pays,le plus exotique qui soit pour un Français. Pourquoi ai-je écrit en incipit qu'il était un peu difficile ce roman? Parce qu'il n'est pas si aisé pour un lecteur continental de s'inviter à ces 600 pages so typically British même si ce British là démolit consciencieusement la perfide Albion. Ce n'est plusRule Britanniamais F*** you Bloody Island. Fellowes est l'auteur de Gosford Park l'un des derniers films de Robert Altman. C'est plus clair maintenant?
Damian Baxter charge le narrateur de retrouver la mère de son enfant. Six candidates possibles mais on est en 2008 et toutes et tous ont la soixantaine imminente. Ce narrateur sans nom va scrupuleusement enquêter, faisant jaillir des vérités enfouies, pas des plus reluisantes. Je peux comprendre ça, je n'ai pas toujours relui. Des fantômes se réveillent, des liaisons cachées ressurgissent, des antagonismes ancestraux réapparaissent. Presque tout ce beau monde est resté dans le beau monde, monde comme les autres avec son lot de vanités et de lâchetés, pas pire qu'ailleurs. Rassurez-vous, pas mieux non plus. Si on comprend assez bien la "bascule" de la fin des sixties, car Passé imparfait est parfaitement clair et maîtrisé, on a le droit d'être un peu frustré car Julian Fellowes évoque peu le Swinging London et la révolution musicale si prégnante de Carnaby Street à Ibiza.
Un très bon roman, de classe aux deux sens du terme. Mais Julian Fellowes, peut-être Sir Julian Fellowes à cette heure, une question. Comment un tel livre peut-il ne pratiquement pas citer John, Paul, George and Ringo? Soyons justes. Il y a quand même en direct live (comme on ne disait pas) lors d'un bal le Spencer Davis Group. Ce qui n'est pas rien.
The Byrds, mes maîtres absolus, ont fêté Antique Sandy dans l'un de leurs nombreux chants du cygne, l'album Farther along. Le turn over des membres a été tel que bien que compagnon de longue date de la secte Byrdmaniax je ne sais plus de mémoire qui joue vraiment. Mais tant de talents ont plané dans la discographie de mes si chers Oyseaux que tout cela au fil des décennies a perdu de l'importance. Reste une de leur plus belles chansons, et, croyez-moi, il y a pléthore.
Co-écrite par les quatre Byrds de novembre 71 Antique Sandy est une réminiscence de la période hippie déjà largement révolue. On y évoque avec un peu de béatitude une certaine Sandy qui vivait dans les bois et nageait dans la rivière. Et puis je peux bien vous le dire, She was my Antique Sandy and she was in love with me. Autres Sandy chez Bruce Springsteen et Richie Havens.
Calexico, tout un programme pour une rubrique musicale voyageuse, Calexico, ne pas confondre avec Mexicali, mais on se doute qu'on n'est pas loin de la frontière sud. Marrant comme les Etats-Unis n'ont pas de frontière est ou ouest. J'adore Joey Burns et John Convertino qui marient si bien les deux côtés du Rio Grande et plus si affinités.
Bisbee est une ville de western. Elle est d'ailleurs en vedette dans le très bon 3H10 pour Yuma, déjà cité dans notre Music Tour of States. Après un boum économique en 1880 suite à la découverte de gisements de cuivre elle devint comme beaucoup de cités minières une ville fantôme, décor de théâtre inanimé. Depuis Bisbee s'est un peu relevée, petite ville de 6000 habitants, centre historique d'un tourisme qu'on pourrait qualifier de minéralogique. La chanson Bisbee Blue évoque les turquoises qui ont fait la réputation de cet endroit. Son nom vient de DeWitt Bisbee, magistrat et mécène de la dite mine. Elle est le siège du comté de Cochise. Ca laisse un peu rêveur, non?
Mention assez bien pour cette collabo Babelio, cette collaboration plutôt car l'apocope collabo sonne mal, définitivement. J'aime bien ce livre d'Antoine Audouard. Vif et enlevé, tonique et gentiment nostal. Mais il m'a quand même un peu énervé surtout au début car je déteste les grand-messes type 10 mai 81 et leur côté branché bien démago. Et je craignais qu'André ne me casse vite les pieds à coups de slogans comme Antoine Audouard avec son titre "moi je". Mais passé cette irritation épidermique chez moi fréquente j'ai aimé cette longue virée à New York, quoique très branchouille elle aussi. Sûr que débarquer dans la Grosse Pomme et (presque) aborder Lou Reed et les icônes de la Factory, on n'y croit pas trop mais on accepte.Après tout on n'est pas sérieux quand on a vingt ans dans le Village vers 70. Et on n'est guère plus sérieux quand on lit Changer la vie.
Foin-loin de la Bastille André et François se retrouvent un été à New York, et, au long des chapitres portant tous le nom d'une ou deux chansons, Doors, Velvet, Springsteen, Tom Petty (ça sonne d'ailleurs assez bidon), se retrouvent dans la virevoltante noria de la ville qui ne dort jamais. Changer la vie tient du roman d'apprentissage qui aurait troqué l'Italie du XIXe pour le milieu très in de l'édition est-américaine, et une ambiance The New Yorker où passerait un binoclard maigrichon en route vers son psy. Beaucoup d'humour dans ce livre qui n'assène rien, gauche bobo mais pas méchante, rythme enlevé, sexuellement actif et pré-sidaïque. Autant dire la préhistoire. Rien de fondamental mais un voyage sympa dans l'image de New York début eighties, vue par un écrivain alors jeune élevé aux chroniques du Canard Enchaîné où officiait Yvan Audouard son père.
Antoine Audouard évoque pour son héros principal André et pour ses 20-22 ans la déception joyeuse. Et ça, j'aime vraiment beaucoup.L'idée qu'à vingt ans on est un gros bêta, je le sais, j'ai eu vingt ans. Et que ce qui est somme toute assez marrant, ça dure rarement. Non, ça dure jamais. Je remercie Babelio qui continue de me faire confiance.
Je n'ai rien à dire sur Toledo. Si. Il semble que cette ville de l'Ohio ait été la première au monde à être jumelée. Et je vous le donne, Emile. Avec quelle cité? Tolède, Espagne. Etonnant, non? Mais c'est surtout l'occasion d'évoquer Blue Nile, merveilleux groupe de Glasgow, suivi depuis trente ans par une poignée de fantômatiques fans aussi rares que les rares albums du trio écossais. Je ne les connaissais pas beaucoup mais, piochant pour cette rubrique un peu aléatoire, j'ai découvert cette chanson sublime, Because of Toledo, extraite de l'album High (2004) qui doit être le quatrième de Blue Nile.
Ce que l'on appelle faute de mieux la musique rock réunit en fait tellement de diversités depuis soixante ans qu'à picorer par monts et par vaux, à la faveur ici d'un souvenir, là d'une citation, on découvre où on redécouvre des perles rares. A mon sens Because of Toledo et The Blue Nile en font partie. Et vogue, de mes musiques, la felouque...
P.S.A la fin de la chanson notre ami félin se réveille. J'espère que vous aussi. Pour mieux se reposer puisque je vais, pour quelque temps (ça m'étonnerait que je tienne longtemps), mettre ce...
Pas moins de trois légendes dans cette drôlatique et nordique balade en absurdie. Trois grands sobres, trois joyeux drilles, trois qui comptent. Bien sûr pas simple de faire entrer Mrs. Aki Kaurismaki, Jean-Pierre Léaud et Joe Strummer dans des cases bien définies. N'essayez pas. Jubilez seulement.
J'ai engagé un tueur, Aki Kaurismaki, 1991, Jean-Pierre Léaud, Serge Reggiani, Margi Clarke, Joe Strummer
Les passagers pour Shreveport dernier appel. Parce que là on le prend vraiment ce fameux bus. Dans la chanson Bus to Shreveport Kevin Gordon se souvient de ses douze ans et d'un voyage avec son oncle vers la troisième ville de Louisiane, au nord-ouest de l'état, proche du Texas et de l'Arkansas et assez éloignée des zones plus francophones de Baton Rouge, Lafayette ou La Nouvelle Orleans. Il y parle d'un concert de ZZ Top, de cuites et de bagarres, pas vraiment de poésie sauf à trouver de la poésie chez les barbus texans et leurs fans, ce qui est finalement mon cas. Je connais un ruminant qui devrait aimer.
Shreveport est surtout réputée pour son industrie du jeu même si ce n'est pas Las Vegas. Casinos flottants notamment sur la South Red River. La ville fut un très court moment capitale d'état en pleine Guerre de Sécession qui depuis a cessé c'est sûr. Est-ce drôle ça?
Et pour finir un petit rappel traditionnel de cet itinéraire que je ne me résous pas à conclure, malgré mes promesses d'ivrogne.
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J'ai sacrifié au culte George R.R.Martin non pas avec Game of Thrones mais avec ce thriller rockapocalyptique que m'a très gentiment envoyé une blogueuse anonyme qui lit en commun avec moi régulièrement et qui très hippophile aime aussi beaucoup Marcel Aymé. Armageddon Rag, petit pavé de 583 pages, certains en parlent comme d'une bible. Mais Mr.Martin n'est ni Tolkien ni Stephen King, grandes figures tutélaires qui semblent planer au-dessus de ce roman tels le faucon immense et maléfique des cauchemars, nombreux, de Sandy Blair, écrivain qui couvre la campagne de reformation des Nazgul, groupe de hard-rock dont le chanteur est mort abattu en plein concert au Nouveau-Mexique. C'était en 1971. Dix ans après c'est leur ancien manager qui est victime d'un meurtre satanique.
Sandy Blair, romancier en panne, enquête et voit ressurgir les vieux démons d'un activisme politique ultradémago en fait et surtout ultrahalluciné. Came à tous les stades, donc banal à, pleurer, George R.R. Martin n'y va pas avec le dos de la petite cuiller. Loin de moi l'idée de faire du monde du rock une asso de premiers communiants, mais Armageddon Rag perd rapidement toute mesure et par là même toute raison d'être. Et de ce roman de mes vingt ans, que Martin a conduit à feu et à sang comme un véhicule de science-fiction totalement incontrôlable, je ne retiendrai que les titres des chapitres, tous empruntés aux meilleurs morceaux rock ou folk de la jonction fin sixties début seventies. Ce livre est un barnum qui mélange tout, ruine millénariste, vagues réminiscences des années-fleurs, pacifisme très peu pacifique, somme toute, j'ose le dire, des choses qui ne m'ont guère passionné. C'est ma pauvre blogueuse anonyme qui risque d'être verte de déception.
Libre à vous de vous arracher les tripes sous les soixantièmes rugissants de décibels zébrés de rage et de tonnerre. Et l'impression que George R.R.Martin est plutôt un faiseur. J'ai beaucoup lu sur le rock, bien que ce rock lorgnant vers le métal (ça pour être métallique, le roman l'est, de fer et d'acier et d'airain) ne soit pas le mien. J'en ai surtout tant écouté, et je continue. Et je rêve à un grand roman sur cette musique, qui ne serait pas une suite obscure de descentes aux enfers sur fond binaire explosif, culminant en une bataille d'Armageddon hiroshimesque, à faire passer Altamont pour un goûter champêtre, mais une vraie saga sur cette révolution que furent ce style musical et ses innombrables dérivés. Y a quelqu'un qui m'a dit que, publié en 83, Armageddon Rag pouvait être considéré comme une oeuvre de jeunesse, et que partant de là il ne fallait pas trop vite dévisser Martin de son trône. Dont acte.
J'oubliais le principal, la dédicace de ce livre. Et là je m'incline et signe avec empressement. Vous pouvez taper là dedans au hasard, sorte de bande originale idéale, j'en réponds sur le souvenir de mon premier accord barré, tant j'ai aimé ces gens-là.
Je l'ai déjà écrit, je déteste que partent les gens de Woodstock. Salut à ce vieux Joe, le rauque et rude rugueux prolo de Sheffield, l'homme qui a mené sa carrière uniquement à base de reprises. Mais alors quelles reprises! Et ce jeu de scène un peu parkinsonien. Partout ailleurs on vous proposera With a little help of my friends ou You can leave your hat on. Ici ce sera High time we went.