In the U.S.Cavalry

Il est très salutaire de retrouver de temps à autre la maîtrise de John Ford,notamment dans la trilogie dite "de la Cavalerie" dont je viens de revoir le deuxième volet,La Charge héroïque(She wore a yellow ribbon) dont le titre original est bien plus fort comme souvent.Sorti en 49,entre Le Massacre de Fort Apache et Rio Grande,comme dirait notre ami Patrick Brion,le film est délicieux par le regard tendre et naïf qu'il jette sur la société militaire des Cavaliers,cette grande famille d'honneur et de tradition.Tourné pour la RKO ce film est un modèle du genre hommage parsemé de jolies scènes.On peut citer les bagarres mémorables et très fordiennes de Victor McLaglen,l'émotion de John Wayne chaussant ses lunettes pour son cadeau d'adieu à l 'armée,et ce merveilleux soleil couchant qui le voit ratttrapé par la Cavalerie pour une promotion ultime.Si ce n'est pas cela l'emploi des seniors...
Dans ce film et dans les deux autres,tous d'après des récits de James Warner Bellah,on retrouve les interprètes fétiches de John Ford,le grand Wayne,magistral en officier vieillissant,McLaglen éternel abonné de sa propre trilogie,alcoolique,irlandais,bagarreur,Ben Johnson,vieux complice de tant de westerns.Enfin on retrouve le studio magique de Ford:Monument Valley.Ce DVD de la collection RKO est préfacé de façon simple,enjouée et non pontifiante par Serge Bromberg,ce fou du patrimoine ciné.
http://www.youtube.com/watch?v=za3AKJG1Lo4 Rio Grande!
![Tim Buckley / Goodbye And Hello [Best of]](http://images-eu.amazon.com/images/P/B00005OKOV.08.MZZZZZZZ.jpg)



Edward Abbey m'était inconnu. Robert Redford me l'a en quelque sorte présenté puisqu'il a préfacé l'édition du Gang de la clef à molette dont je vous présente l'édition américaine illustrée par Crumb car je crois que ça correspond assez bien à l'univers de la bande dessinée. On aura compris que si Redford est impliqué c'est que ce bouquin a une forte connotation écologique. Une adaptation ciné a été envisagée dans les années 80 sans succès.
La première et la plus célèbre chanson de Leonard Cohen. Pas vraiment une surprise mais comment résister au charme maintenant presque quadragénaire de cette sirène, de cette créature naîve et troublante qui ma envoûté il y a longtemps et ne m'a jamais quitté. Suzanne que je suis encore capable de chanter en intégralité et en version bilingue alternant l'anglais et le français, moi qui ne sais pas chanter.Suzanne qui au bord de la rivière m'emmène toujours parmi les ordures et les fleurs retrouver les héros dans les algues et les enfants du matin qui se penchent vers l'amour.
On dit que Leonard n'aime plus beaucoup Suzanne. Je crois le comprendre:Suzanne lui a tout donné et repris comme ces créatures un peu vampires qui détruisent au moins un peu leur père.Moi, je l'aime toujours...




















Il y a deux manières d'adapter au cinéma les énigmes à l'anglaise d'Agatha Christie comme il y a deux héros au panthéon des enquêteurs de la perfide Albion:Hercule Poirot,belge de son état,a bénéficié de très gros moyens et distribution all-stars que ce soit sous les traits d'Albert Finney pour Le crime de l'Orient-Express ou de Peter Ustinov pour Mort sur le Nil ou Meurtre au soleil.Hotels de luxe, croisière entre gens du même monde, transports de tout confort, moustaches d'Hercule bien lustrées. Pas désagréable mais plus proche de Hollywood et de ses soirées costumées que de la campagne anglaise:voilà ce que m'inspirent ces chromos plaisants mais pesants. 

