Le doute sous le portique
Rashomon(1950) est le film qui a révélé Akira Kurosawa à l'Occident.Le Japon put alors cinématographiquement relever la tête et l'on commença à découvrir la richesse de ce Septième Art nippon très spécifique et qui désarçonne parfois le spectateur européen.Adapté de deux récits d'un écrivain connu au Japon Rashomon est une réussite exemplaire de ce que j'appelle le cinéma de l'interrogation,vaguement affublé en France de l'adjectif pirandellien référence au grand dramaturge italien Pirandello auteur de A chacun sa vérité.

Les protagonistes d'un meurtre témoignent tour à tour.Mais chaque version diffère bien entendu et les trois personnages réfugiés pour cause de pluie battante(il pleut souvent dans le cinéma japonais) se heurtent sur la vérité et sur la faillite de l'humanité bâtie sur le mensonge.Le bonze,le domestique et le bûcheron méditent sur la fragilité du vrai et la relativité des déclarations.Savamment orchestré d'une série de retours en arrière Rashomon met en relief des classiques de la littérature du pays,bandit,femme soumise(pas tant que ça,là encore il y a doute),samouraï.Couronné de récompenses Kurosawa a été gentiment accusé de calcul à l'exportation pour toucher enfin le public de l'Ouest.Peut-être pas faux mais qu'est-ce qu'on s'en moque.Cette porte de Kyoto ouvrait la voie pour une découverte passionnante:il y avait donc un cinéma aux confins de l'Asie.Et d'une complexité inattendue.
Legend of a mind est l'un des grands succès des Moody Blues,ce groupe à deux existences bien séparées sous un même nom.Les puristes préfèrent en général les premiers Moody Blues,très blues effectivement avec Go now,Bye bye bird,And my baby's gone.Et puis à l'occasion de changement de personnel le groupe devint subitement "le plus petit orchestre symphonique du monde".Il y eut en effet la révolution du mélotron,sorte d'ancêtre du synthé dont les Moodies furent parmi les premiers à se servir.Suivirent alors plusieurs albums de rock symphonique très agréables à défaut d'être très originaux dont le multimillionnaire Days of future passed avec son tube universel Nights in white satin,tout plein de flûtes et d'accords un peu lourds mais encore une fois bien plaisants quand même.Les disques qui vinrent alors furent plutôt de moins en moins inspirés sans être vraiment ratés.Et diminua le succès,dure loi du rock.J'ai choisi l'excellent Legend of a mind,extrait de In search of the lost chord.Musique planante puisque évoquant Timothy Leary dont l'influence sur la vie(et la mort)de nombre de légendes du rock n'est plus à démontrer.






Raoul Walsh,maître de l'action tambour battant,a vécu plusieurs vies et fréquenté entre autres David Wark Griffith,Erich von Stroheim et Pancho Villa.Autant dire que Walsh n'est pas un cinéaste de salon mais un buriné qui avait perdu un oeil sur le tournage de In old Oklahoma.Son complice préféré était Errol Flynn comme lui très à l'aise dans différentes activités comme les femmes,la bagarre et le whisky.Mais c'est Clark Gable qui est le héros des Implacables(54).Gable n'est pas un héros westernien comme Wayne ou Stewart.Il vient plus de la comédie de séduction et n'est plus un jeune homme au milieu des années cinquante.




The shadow of your smile est un thème musical célèbre dont j'avais oublié qu'il était extrait du Chevalier des sables,ce joli film de Minnelli parmi ses derniers.The sandpiper flirte avec les limites du mélo,ce qui n'étonne pas de la part de Vincente Minnelli qui aime les couleurs flamboyantes comme les robes de Liz Taylor et les les complexes de culpabilité comme ceux de Richard Burton,clergyman ayant perdu sa flammme depuis longtemps sous les arrangements.

