Le milieu du lac
Cédant à la pression des blogueurs plus jeunes(soit 97% environ) et pour faire moi-même moins que mon âge je viens annoncer mon coup de coeur pour Midlake qui si c'est le milieu du lac doit être celui du Lac Majeur ou du Lac Supérieur vu la grâce qui émane de cet album The trials of Van Occupanther.Nanti d'une pochette particulièrement hideuse le disque recèle des trésors que je m'en vais vous détailler juste un peu.
A l'évidence Midlake s'intéresse à l'écologie comme en témoignent les titres Roscoe ou It covers the hillsides.C'est toute l'ambiance qui apporte une touche de fraîcheur et une véritable originalité à l'ensemble des morceaux.Ceci fait que Midlake ne ressemble à rien de très connu et que l'itinéraire des chansons n'est pas parfaitement balisé comme la plupart des albums.Surprise donc dans cette jolie production dont quelques harmonies évoquent un peu Mercury Rev pour donner une vague idée.Le plus simple est d'écouter Roscoe.Dire que ce groupe vient du Texas étonnera bien des gens car le son de Midlake est très loi du rock sudiste qu'on associe un peu systématiquement à l'état pétrolier.


les choses changent,mais à la manière de Visconti et du Guépard. Télérama,qui n'écrit pas que des banalités,parle de Ray Davies comme d'une vieille maison victorienne où il y aurait encore de nombreuses pièces à visiter.C'est joliment tourné et je souscris entièrement.Et je signe... 










Extrait de l'album Hell's Ditch Summer in Siam délaisse pour une fois les harmonies et les boissons celtiques et nous entraîne dans les bas-fonds de l'Orient comme dans un film des années trente avec fumeries d'opium,prostituées et arts martiaux. Les cinéphiles penseront peut-être à Sternberg et à Shanghaï bien que ce soit un été en Thaïlande que chante McGowan auprès de qui Gainsbourg à l'air d'un premier communiant.La chanson est laconique et feutrée,le saxo plaintif et le piano égrènent les états d'âme d'un personnage en déshérence et en exil au pays des paradis artificiels.Cet univers là n'est pas si loin de Joseph Kessel ou Lucien Bodart qui furent comme chacun sait des voyageurs "très sages".Qui a dit que Rien qu'une chanson n'évoquait que des vieilleries.Summer in Siam n'a que ...16ans. 
Comment le cinéma pouvait-il traiter du procès d'Oscar Wilde en 1960?L'acteur réalisateur russo-américain Gregory Ratoff ouvre le film par un plan sur la tombe du père de Dorian Gray,sise au Père Lachaise et presque aussi fréquentée que celle de Jim Morrison.Mais en 1960 difficile d'entrer dans les détails de la vie privée d'Oscar.Cette production restera donc un film sage peu vu et surtout peu apprécié de la critique. J'ai un avis un peu différent. Certes nous naviguons en plein académisme et la satire de l'Angleterre victorienne est bien pâle.Certes le film est en fait un film-prétoire(genre en soi pas inintéressant mais terriblement théâtral).Vous me direz que le théâtre a été la vie d'Oscar Wilde,alors pourquoi pas.Cela manque singulièrement d'entrain mais de bons acteurs anglais très classiques,Robert Morley qui ne donne pas une image très glamour de l'écrivain,Ralph Richardson, font passer un bon moment comme une visite patrimoniale en la perfide Albion qui comprit si mal cet Irlandais.Une pièce de plus dans l'immémorial contentieux Londres-Dublin.
Cet homme s'appelle Matthew Kneale et c'est l'auteur d'un roman génial qui convoque Stevenson, Conrad, Darwin, De Foe entre autres.Ceci est une introduction très quelconque car Kneale n'a besoin d'aucun parrainage.Il suffit de lire Les passagers anglais(Belfond,Presses Pocket) pour qu'éclate son talent de conteur et de moraliste.Le livre tient à la fois du conte des Lumières et de l'épopée à la Jules Verne.Mais assez de name dropping comme dirait Delerm.Plongez vous dans ce voyage au bout du monde d'un navire dont le capitaine convoie un jeune botaniste,un pasteur plutôt fondamentaliste comme on dit aujourd'hui,un médecin convaincu de supériorité.Ce voyage les mène en Tasmanie,cette île du sud de l'Australie où vivent des autochtones ce qui est bien leur droit.