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8 juin 2015

63,rue de Monceau

 L9782070410514

                                  C'est un livre d'historien, pas un roman, mais Pierre Assouline est un parfait biographe (Simenon, Hergé) et j'ai trouvé passionnante et souvent émouvante la vie du Dernier des Camondo. La saga des Camondo, de l'Inquisition espagnole au génocide nazi en passant par le ghetto de Venise et les palais de Constantinople, n'est pas seulement un récit historique retraçant l'épopée de ces grands seigneurs séfarades. Sans refaire toute l'histoire de ces Juifs du Sud l'auteur nous en livre l'essentiel pour situer la fin de la famille à travers la figure du comte Moïse de Camondo (1860-1935). C'est aussi une méditation sur la solitude d'un homme qui consacra sa vie et sa fortune à reconstituer au coeur de la plaine Monceau une demeure du XVIIIe, siècle préféré de cet esthète collectionneur aristocrate, commensal des Rothschild ou des Pereire, à qui nous devons le musée Nissim de Camondo, espace qu'Assouline souligne comme l'un des lieux les plus raffinés de Paris.

                                Instantané d'une grande maison, Le dernier des Camondo est aussi le portrait d'une société contradictoire, l'aristocratie juive parisienne, flattée et vilipendée, habituée des chasses à courre comme des conseils d'administration, parfois suspectée d'être apatride au moins de coeur.Affaire Dreyfus, Grande Guerre où cet "apatride" perdit en 1917 son fils Nissim, pilote, affaire Stavisky, rafles (qu'il n'aura pas connues) de sa fille Béatrice et de ses petits-enfants morts en déportation, voilà tout un pan de la vie de Moïse de Camondo. Cet homme finira seul de sa dynastie, inconsolé parmi ses chefs d'oeuvre, le livre nous laissant sur un sentiment et de tristesse et de gâchis. Le tout demeurant à mon sens absolument fascinant.

musee_nissim_de_camondo_0007

                              Au musée qui porte le nom de son fils descendu dans la Meuse, tous les meubles, tapisseries, tableaux, tapis, porcelaines et pièces d'orfèvrerie datent du 18e siècle français et ont été collectionnés avec passion par Moïse de Camando. Ce dernier avait à sa mort tout légué aux Arts Décoratifs à la condition impérative que les collections soient présentées dans leur agencement originel, telles que pouvait les voir et les vivre le comte.

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Commentaires
S
Cette histoire me semble tout à fait passionnante, et le fait que ce soit un livre d'historien et non un roman (je n'ai lu jusqu'à présent que Sigmaringen, mais j'ai justement trouvé que c'était la partie romancée qui était la plus faiblarde du récit) me motive d'autant plus. Je lirai aussi probablement dans les années qui viennent ses biographies sur Simenon et Hergé.
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M
Ca a l'air passionnant ! Même si tu n'as pas chroniqué Sigmaringen, cela m'a permis de trouver un autre roman. il fait partie des auteurs que j'ai envie de découvrir davantage !
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C
Et bien je suis ignare mais je ne connais ni l'homme ni le musée ni le livre d'Assouline. Mais c'est intéressant! Je note!
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D
parc et musée sont notés pour un prochain mini séjour parisien <br /> <br /> j'aime bien Assouline en biographe c'est noté
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A
Je l'ai lu à sa sortie et dans la foulée, je suis allée visiter l'hôtel particulier. J'en garde un très bon souvenir (des deux)
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D
Bonjour eeguab, le musée Nissim de Camondo fait partie des lieux où je ne suis encore jamais allée (je le regrette) D'autant plus que le quartier avec le Parc Monceau est bien agréable. Bonne journée.
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