Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Derniers commentaires
Pages
9 janvier 2016

Sandor sur ses lauriers

 nUIT

                                  Neuvième lecture de Sandor Marai, et ma passion pour cet écrivain ne se dément pas, bien au contraire. Du côté de Stockholm il fut souvent évoqué mais non... Justice (c'est le cas de le dire avec La nuit du bûcher) lui est rendue car l'action se passe à Rome où un carme espagnol, 1598, prend en quelque sorte des leçons d'inquisition pendant quelques mois. C'est que les hérétiques sont nombreux en cette fin de XVIème Siècle et que l'Eglise veille au grain. Je suis donc resté à la même époque que mon dernier livre chroniqué, La Religion. Epoque troublée, mais toutes les époques ne le sont-elles pas? Sandor Marai, qui eut maille à partir avec le régime de son pays, a pas mal voyagé avant de décider de son ultime destination, choisissant la nuit en 1989 aux Etats-Unis. En 1974 c'est en Italie qu'il vivait lors de l'écriture de La nuit du bûcher.

                                  Même si Bernardo Gui, le sinistre Grand Inquisiteur du Nom de la Rose, est évoqué c'est deux siècles plus tard que Marai a situé l'action de ce beau roman. L'auteur hongrois qui a beaucoup écrit sur les derniers conflits a également souvent utilisé l'Histoire, Casanova par exemple dans La conversation de Bolzano.Le moine d'Avila est ainsi éduqué aux méthodes du Saint-Office pour faire avouer les hérétiques. C'est que c'est tout un art dans cette Rome où la délation va bon train, où l'on se dévisage plus que de raison, et où les orthodoxes de mardi peuvent devenir les déviants du jeudi. C'est en fait une longue lettre qu'écrit ce moine à son frère Urbain, dans laquelle il revient sur son accueil romain, son initiation près des confortatori, des prêtres mais aussi des notables réunis en une confrérie, et chargés de fortifier l'espoir des condamnés, bénévolement par charité chrétienne ou parfois par curiosité et voyeurisme.

                                 Le moine (on ne sait pas son nom) sera finalement admis à l'ultime nuit d'un des plus célèbres "giustiziabili", Giordano Bruno, qui malgré sept années de geôle et de torture ne se sera jamais repenti. La doctrine de Giordano Bruno n'est pas l'objet du livre. Mais le questionnement du moine, ses hésitations, ses doutes, ainsi que l'influence de l'écrit suite à la diabolique invention de l'imprimerie, sont par contre au centre du roman de Sandor Marai, lui aussi victime en d'autres temps de régimes inquisiteurs. En cela La nuit du bûcher est parfaitement en phase avec toute l'oeuvre de cet auteur, pour moi plus que majeur, de la Mitteleuropa si riche en bouleversements et en écrivains.

La nuit du bucher de Sándor Márai vous donne l'avis d'Yspaddaden. Je le partage bien volontiers.

Huit autres romans de Sandor Marai ont fait l'objet de chroniques ici-même. 

Publicité
Commentaires
C
Tout à fait d'accord avec toi quant à ce livre qui confirme pour moi aussi que Sandor Marai est un écrivain majeur. Mais c'est seulement le troisième que je lis de lui.
Répondre
V
J'avais vu son nom dans tes auteurs favoris. Je ne connaissais pas du tout. Je ne lis jamais de livres historiques ; c'est une bonne idée.
Répondre
A
Il ne s'endort pas tant que ça sur ses lauriers alors, ton Sandor !!! :lol: Il va falloir que je me décide à le lire, j'ai un peu honte quand je vois que tu en es au 8ème , oups ! Cela dit j'ai beaucoup lu sur l' Inquisition à une époque (en Espagne et en Italie du temps de Savonarole), alors...d'autres thèmes m'attirent davantage mais cet auteur j'y viendrai ! Bises d'un dimanche trempé et venteux et à ttds♥
Répondre
D
je l'ai mis en réservation depuis le 10 décembre et il n'est toujours pas dispo, j'enrage un peu surtout en te lisant
Répondre
S
Merci pour ce bel avis. Fait étrange, hasard bienheureux, j'ai lu après ce roman "Le roman de la rose" d'Umberto Eco et le dernier volume des aventures de Nicolas Eymerich, inquisiteur de Valerio Evangelisti. Le moins que l'on puisse dire c'est que l'Inquisition fascine toujours...
Répondre
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Archives
Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Newsletter
33 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 371 054
Publicité
Publicité