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8 mars 2016

Dies irae, dies irae

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                                Ces Six jours me rebutaient un peu. J'ai fait l'effort de m'y mettre et Ryan Gattis a fini par me convaincre. Quand on commence à bien saisir les personnages, à peu près tous des jeunes types pas très avenants, et des filles à l'avenant des peu avenants, on s'intéresse tout à fait à ce roman qui raconte de façon hautement réaliste les six jours de L.A. au printemps 92. Ces émeutes qui ont fait vaciller l'Amérique survenaient après l'affaire Rodney King. Pendant ces six jours Los Angeles à feu et à sang a montré au monde une cité où les lois n'ont plus cours. Alors comment décrire la puissance de ce bouquin qui a tout pour nous fatiguer rapidement, ce qu'il fait d'ailleurs, mais qui parvient ensuite à nous happer dans la spirale de violence qui s'empara d'El Pueblo de Nostra Senora la Rena del Rio de Los Angeles de Porcunciula?

                                Truffé d'argot et de mots chicanos Six jours se présente comme une suite de récits à la première personne, narrés par les personnages eux-mêmes, dix-sept en tout, la plupart membres de gangs, très jeunes, garçons et filles, mais aussi une infirmière et un pompier, ce qui nous repose un peu car l'affaire est assez éprouvante. Durant la moitié du livre ça m'a passablement gonflé de donner de mon temps en compagnie de ces individus. C'est vrai, quoi, on peut avoir envie d'autre chose que de fréquenter cette faune. La vie y est en effet assez animale, c'est souvent tuer avant d'être tué, et tout cela sous abondance narco et perte de tout libre arbitre. Le tableau est effrayant, apocalyptique. Et puis, doucement, on cerne mieux les acteurs, qui ont chacun leur façon d'être, voire leur philosophie (peut-être un grand mot). Ainsi, tout en appréciant notre sous-préfecture de 60 000 âmes, pas irréprochable, on vibre à l'unisson de cette ville d'avenues et de boulevards, où de Hollywood à East L.A., des manoirs luxueux aux taudis, au travers des fortes minorités qui en arrivent à se déchirer entre elles, c'est qu'un Salvadorien n'est pas un Mexicain, ah non,  la vie suit son cours, certe pas tranquille, certes souvent bref, mais toujours le lot de certains hommes. Ainsi vit-on à Los Angeles. Du moins essaie-t-on.

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                               C'était il y a plus de vingt ans. Je ne sais pas bien comment respirent aujourd'hui les Angelenos. Mais je sais que Ryan Gattis a écrit un bon livre, parfois proche de la poésie urbaine, brutale et violente, à l'image des tags et des graphes innombrables dont l'auteur semble être un chantre accompli. Renseignements pris l'auteur est lui-même proche du street art et si dans cette expression il y a art il y a aussi rue.

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Commentaires
S
Hello Edualc<br /> <br /> Si loin de nous, tu me sembles être...<br /> <br /> Nos chemins si différents ne se croisent plus guère, mon esprit est ailleurs, occupé par des préoccupations matérielles :wink:<br /> <br /> Mais il est toujours possible de survoler, en pensée, les chemins de Picardie :lol:<br /> <br /> Bon dimanche et gros bisous
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A
Bonjour eeguab,<br /> <br /> <br /> <br /> Le mépris, le roman de Moravia, est mieux réussi que le film, je te le conseille, l'adaptation de Godard n'est pas ce qu'il a fait de mieux.<br /> <br /> On a souvent considéré les œuvres de Moravia comme étant des romans de gare, grossière erreur, lis Agostino, l'ennui, les indifférents, la Romana, on n'est pas loin de buzzati et les adaptations cinématographiques sublimes. As tu vu Agostiono de Bolognini ?<br /> <br /> Sinon, un conseil de lecture, Saul Bellow, enorme.<br /> <br /> <br /> <br /> A bientot<br /> <br /> <br /> <br /> Anton
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E
Bonjour Anton. Je te comprends, il y a tant à lire. Les fous du roi est un grand livre et Robert Penn Warren un grand auteur. Je n'ai pas lu Moravia, je le connais un peu par le cinema, Le mépris, La Ciociara. A bientôt.
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A
Bonjour,<br /> <br /> <br /> <br /> Ce livre me tentait également, mais là je viens de finir la planète de Mr Sammer de Saul Bellow livre magnifique et superbement écrit alors me lancer dans ce type d'aventure, je préfère attendre. Saul Bellow critiquait la façon dont les américains recherchait l'hédonisme en se basant surtout sur le consumerisme et en oubliant les valeurs morales propres à l'être humain. Quelque part, avec les violences policières, les discriminations et ce que je disais auparavant, sans oublier bien entendu les guerres de gangs, n'avons nous pas les raisons de ces émeutes ?<br /> <br /> Et puis, à force de ne lire que des romans américains, j'en ai une quinzaine encore en attente dont les fous du roi qui me tentent beaucoup, je vais quand même passer à autre chose, relire l'ennui de Moravia<br /> <br /> <br /> <br /> Anton
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A
Mouiiii... (tu sens mon enthousiasme là ?), je veux bien admettre qu'il s'agisse là d'un sujet "essentiel" dans la "marche du monde" mais je sature un peu avec la violence (même si hélas c'est le pain quotidien de beaucoup dans ce monde) ! A voir et à suivre ! ;) J'aime quand tu "circonvolutes" avant de dire que tu as aimé malgré tou ! :lol: Bises et à ttds.
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C
Heureusement, Donald Trump va mettre de l'ordre à tout ça...<br /> <br /> A moins que la ville ne s'effondre dans le Pacifique plus rapidement que prévu...<br /> <br /> Quelle que soit l'option, je préfère être un ange ici que là-bas...<br /> <br /> Kiss from your angel baby<br /> <br /> ¸¸.•*¨*• ☆
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L
Encore un article sur ce roman et à chaque fois je me dis que je dois le lire malgré mes réticences. Je comprends si bien le moment où tu te demandes pourquoi faut-il paser du temps avec des êtres si violents. Je lirai ce roman car malgré cela il semble un livre essentiel à la compréhension de notre monde.
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