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BLOGART(LA COMTESSE)

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28 juin 2010

Ma vie sans...Girl from the North Country

   Immortelle ballade cette Fille du Nord n'a cessé de m'enchanter depuis mes jeunes années.Pas forcément vraiment de Dylan,flou artistique très zimmermanien sur la paternité de cette chanson,qui ressemble à pas mal d'autres notamment Scarborough Fair,autre perle folk.Voici la magnifique version  des Waterboys de Mike Scott au meilleur de leur forme.Il y a longtemps de ça.Il y a longtemps de tout quand on mûrit.Ce qui ne nous empêche pas de nous souvenir d'une fille du Nord ou de l'Ouest,aux cheveux longs ou courts,au châle de laine ou au corsage fleuri.On ne cesse de réinventer le souvenir de la Fille du Nord.Et on voudrait s'assurer,des années après qu'elle ne souffre ni du vent ni du froid.Alors si vous la voyez n'oubliez pas de "donner le bonjour à la fille qui fut mon amour".

http://www.youtube.com/watch?v=gzP2-B4TueI  Girl from the North Country

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23 juin 2010

Afrique du Sud,vainqueur

    

                     Grande terre littéraire dont je n'avais lu que Paton,Brink et Schoeman,d'Afrique du Sud ne nous vient pas que la fange.Prix Nobel, J.M.Coetzee a écrit en 83 Michael K.,sa vie,son temps.C'est la très modeste histoire d'un homme lui-même humble jardinier englouti par la spirale guerrière du pays.Il n'y comprend rien,Michael.Manifestement il n'a pas inventé la poudre mais il voue un culte à sa mère malade qu'il trimballe dans une brouette pour la mettre à l'abri des violences de ce Sud meurtri.Bientôt ce ne sont plus que les cendres de sa mère Anna qu'il porte sur son coeur.Michael tente alors de survivre à l'aide des rares graines de potiron et de melon qui constitueront son unique mets.Coetzee décrit magnifiquement les travaux de Michael,ses tentatives d'irrigation et ses douces joies transitoires lors de sa récolte de cucurbitacées.Ces lignes agraires sont fabuleuses et courent dans la première moitié du livre,pépites insoupçonnées et porteuses d'espoir,modeste lui aussi.Car tout est modeste dans Michael K.,sa vie,son temps.Le héros n'a d'autre idée que de lutter pour préserver sa dignité plus que sa vie.

    Son initiale peut bien sûr faire penser à Joseph K. et à Kafka.Je l'ai du moins ressenti ainsi.Ce pays en guerre civile permanente,hérissé de camps,divers mais réels,plus parcourus de mépris et d'indifférence que de véritable haine,farcis de toutes les incompréhensions,ne semble avoir ni queue ni tête,telle une bureaucratie tatillonne qui a oublié toute fraternité.L'homme Michael,fruste,n'existe qu'en son carré de légumes qu'il appelle ses enfants.C'est une belle figure de cette littérature riche,haletante et hyperalgique;c'est un personnage que je n'oublierai pas.J.M. Coetzee de son écriture austère et calme est un auteur de haut vol.J'ai très envie d'en lire davantage.Je vais finir en faisant vraiment la fine bouche:j'ai cependant été plus sonné encore par Karel Schoeman(voir chroniques de ses quatre romans traduits en français).

21 juin 2010

Géographie:Tucson, Arizona

http://www.youtube.com/watch?v=c3hRWLUWQNI  Tucson,Arizona

  Dan Fogelberg dont il fut déjà question ici nous a quittés il y a deux ans.Il fut l'un de ces nombreux songwriters à oeuvrer en douceur,mélodiste doué,balladin aux jolis textes dont quelques très grands succès là-bas,outre-Atlantique.Consultant les historiens il semble que son plus bel album soit Netherlands,en 78,avec force cordes et souvent la flûte de Tim Weisberg.J'ai proposé il y a longtemps Leader of the band,hommage à son père.Pour cette page voyageuse voici Tucson, Arizona,deuxième ville de cet état dont la cité originale Old Tucson,servit à de nombreux westerns dont Rio Bravo.Tombstone,le célèbre site de O.K.Corral,n'est d'ailleurs qu'à quelques miles.

18 juin 2010

Les jeunes années de Nanni

      spet_9349782_29190

        Ecce bombo n'est que le deuxième film de Nanni Moretti,1978.Et déjà s'affirme l'importance d'un cinéaste nouveau.Auteur complet,acteur,Moretti s'immerge à fond,de sa veine autobiographique qui constitue tout son cinéma.Les tribulations de ce groupe d'étudiants un peu tardifs,sur fond de sensibilité de gauche,mais toujours à l'italienne,infiniment plus fine qu'il n'y paraît et surtout que le cinéma français,m'ont parfois semblé assez proches des élucubrations des Vitelloni,Fellini 1953.Plus intellectualisé certes,plus cadré politiquement,mais avec le même amour des personnages.Michele a du mal à avec sa vie d'adulte,parfois infantile et souffrant un peu du syndrome de Tanguy.Vaguement dépressif et frustré il se comporte comme un tyran notamment envers ss soeur.Et puis surtout Michele-Nanni parle.Mais alors il parle...

    Avec quelques amis nantis d'une conscience politique un peu élastique il devise,il cause,il pérore,il la ramène.Et de refaire le monde,de groupes de paroles en radios libres.Nanni Moretti au long de sa filmo aura souvent parlé de lui,mais sans jamais devenir l'histrion que l'on aurait pu craindre.C'est que manifestement ce cinéaste manie l'intelligence du propos et la tendresse du regard,comme un sportif doué dans une piscine de water-polo.Ce sera plus marquant encore dans ses films ultérieurs,Palombella Rossa,Bianca,La messe est finie sur lesquels nous reviendrons.Dans ce beau coffret DVD Moretti,interrogé sur Ecce bombo, revient sur la genèse du film,l'autoconscience,spécialité morettienne relayant la conscience politique vacillante à juste titre,et ce n'en est que plus ambigu,plus intéressant.Son direct,retour à un certain classicisme sociétal (on est en présence d'une jeunesse bourgeoise et romaine),emploi de certains non-professionnels dont le propre père de Nanni Moretti,donnent à Ecce bombo une jolie brise d'authenticité.Moretti,pas toujours très disert,n'a tourné que dix films en 34 ans.Aucun n'est à négliger.L'ami Ed est d'accord:Nanni Moretti (coffret dvd : les premiers films)

15 juin 2010

Chant gregorien

    

                              Ce livre est paru pour la première fois en 79.J'aime bien cet auteur de la Mitteleuropa,thème parmi mes préférés.Gregor von Rezzori n'a pas toujours fait partie de la jet set,même s'il a parfois fréquenté le cinéma (voir le précédent article le concernant,tournage de Viva Maria).De par ses origines,né  en 14 en improbable Bucovine,nom qui semble sortir des aventures de Tintin,et qui était en fait l'extrême orient de l'Empire austro-hongrois,Rezzori a toujours été un déraciné.De luxe parfois,mais d'un luxe paneuropéen à l'élégance raffinée en sa perdition.Car bien sûr le monde premier de Gregor von Rezzori n'existe plus.

    Dans la famille von Rezzori on a toujours vu des Juifs,Europe Centrale s'entend.Comme des Roumains,des Ruthénes,des Moldaves,etc...Il ne paraît pas que cet anitisémitisme constitutif ait été si flagrant chez Gregor.Mais à l'évidence il n'est pas absent. D'où d'ailleurs est-il absent?L'auteur dans ce récit d'une partie de sa vie manie humour et désespoir,un désespoir qui ne s'en laisse pas conter au long de trois mariages dont le deuxième avec une femme juive accessoirement. Affabulateur Rezzori certes l'est et ses pluseurs livres de mémoires sont un régal d'imagination,de celle qui s'appuie sur le vécu de Bucarest entre deux guerres ou la Vienne d'avant l'Anschluss.

          Apatride en quelque sorte ou cosmopolite, à quel canton rattacher Gregor von Rezzori?Je l'ignore.Ce dont je me porte garant c'est qu'il rejoint pour moi l'impressionnant bataillon d'outre Rhin,outre Danube des Musil, Schnitzler, Zweig, Marai, Roth,etc...La mine Mitteleuropa est inépuisable pour moi.Le baroudeur du vieux continent Rezzori s'est calmement éteint sous les cyprès toscans en 1998.Quand je vous disais que cet homme ne pouvait pas être vraiment mauvais.Un tel goût...

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13 juin 2010

Le confort est roi

  Oui le confort est roi à l'écoute de  ce beau duo,Kings of Convenience, vraiment.Pour parodier un hebdo bien pensant  qui commence par té et finit par ma,et dont je suis abonné râleur depuis des lustres,et qui pour ses critiques rock aime les citations,je dirai ceci:avec leur look de sages étudiants genre Simon et Garfunkel qui auraient écouté les Brésiliens et dîné avec Calexico,sans les mariachis,les deux Rois du Confort nous concoctent une musique tout en harmonie et des arpèges parfois virtuoses et surtout l'envie de siroter un cocktail  estival avec une amie,aux Iles Caïman par exemple.Au fait ces gars là sont norvégiens,avec de drôles de noms et des o traversés d'une diagonale.Personne n'est parfait.

http://www.youtube.com/watch?v=c-ppARtcQfo Cayman Islands

12 juin 2010

Géographie:Atlanta, Georgie

http://www.youtube.com/watch?v=8gZT5sC_7P8  Oh Atlanta

                            Petite fête,l'excellent groupe Little Feat nous plonge dans une grande métropole nord-américaine,capitale de la Georgie,mais Autant en emporte le vent.Si la ville elle-même ne compte que 600 000 habitants l'agglomération en a plus de 5 000 000 et constitue une plaque tournante aéroportuaire sans égale aux Etas-Unis.Atlanta s'enorgueillit d'un Gone with the wind Museum où souvenirs, affiches,photos célèbrent Rhett Butler et Scarlett.Un autre musée raconte une boisson au succès planétaire que vous n'ignorez pas.Berceau de Martin Luther King et Julia Roberts Atlanta est le symbole même de la douceur de vivre au Sud. J'oubliais,pas pour tous la douceur.

         Les YMCA sont souvent brocardées par le slogan "Yankees may come again".Atlanta n'a jamais oublié 1864 où le Général nordiste Sherman mit le feu à la ville,un incendie qui n'était pas celui de David O.Selznick pour Hollywood.Il y a d'ailleurs dans l'agglomération une sorte d'équivalent des statues des Monts Rushmore du Dakota,avec les effigies des chefs du Sud Jefferson Davis,Robert Lee et Stonewall Jackson.Quant à Little Feat,après leur grands succès seventies, la mort brutale à 34 ans de leur leader Lowell George ne leur permit plus vraiment de retrouver l'état de grâce.

10 juin 2010

People sur Côte d'Azur

    

           1971:une dizaine d'agités peu portés sur le soda dans une villa de Villefranche-sur-Mer.On les voit balancer une télé par le balcon,on apprend que le cuisinier français gagne Marseille une fois par semaine pour se fournir,pas seulement en homards,Keith Richards a maille à partir avec la police,les nombreux enfants présents goûtent aux volutes.Révolutionnaire tout ça,vous pensez.En fait la rock and roll attitude est terriblement conformiste.Et alors,si on se foutait que ce soit révolutionnaire ou conformiste.Mais ce film Stones in exile a un grand mérite.Il m'a forcé à retrouver ce double album dont j'avais oublié qu'il était si bon.J'avais 22 ans et je viens seulement de comprendre toute la beauté de ce disque.Et vive le vinyle.Et vive la musique.Je viens de calculer que je ne l'avais pas écouté depuis environ 7300 jours.Qu'ai-je donc fait?

http://www.youtube.com/watch?v=UXcqcdYABFw  Bande-annonce.

8 juin 2010

Ma vie sans...Like a rolling stone

              

                                              Vous le savez peut-être,ma vie sans...(air connu).Moi j'aime bien Joe Grushecky,avec son nom de plombier polonais et son allure de docker lituanien.Je suis le seul  apparemment.Like a rolling stone est le plus grand succès en France de Bob Dylan,le titre qui consacre son virage électrique. Vous savez,cette fameuse trahison selon certains.Première plage de l'album Highway 61 revisited,assez long mais qui passait en boîte de nuit en 1966,tel un bon slow langoureux,Like a rolling stone a été repris en public par Hendrix à Monterey,puis par...les Rolling Stones beaucoup plus tard.Joe de Pittsburgh,qui est un copain du Boss,oeuvre à peu près dans le même registre et Springsteen a souvent écrit pour lui.Son E Street Band à lui,Joe,s'appelle The Houserockers.Moi j'aime bien Joe...

http://www.youtube.com/watch?v=PFahKl6EDFc

    How does it feel to be without a home,like a complete unknown, Like a rolling stone

4 juin 2010

Mon général

generalerovere

     Assez boudé par l'intelligentsia à sa sortie Le Général Della Rovere,l'un des derniers films de Roberto Rossellini avant ses travaux pour la télévision,a gagné ses galons avec le recul.Jugé trop linéaire,d'une facture trop classique à sa sortie en 1960,année où d'autres Italiens devaient prendre le pouvoir(La dolce vita,L'Avventura),ce film habile et interprété magistralement conjugue l'émotion d'un parcours d'homme,escroc de comédie italienne en des temps de tragédie,et la cruauté de la guerre finissante,au moment où, hideuse,elle semble ne jamais vouloir rendre les armes

     Il ne convient pas à mon sens d'employer le grand mot de rédemption pour qualifier l'attitude courageuse de Bardone,endossant les habits du Général.C'est plus simple et plus humain.Bardone a tout bonnement un niveau d'abjection forcément limité.Escroc assez sympa (pléonasme) il prend tardivement conscience de l'inhumanité de cette guerre en même temps que de  sa propre veulerie.Sans grands effets de manche Vittorio de Sica trouve là l'un de ses meilleurs rôles,quand l'étonnement fait place à la stupeur et la stupeur à l'indignation.A cette époque tant Rossellini que De Sica tendent à devenir des hommes du passé.Rome ville ouverte et Le voleur de bicyclette sont des pièces de musée.Et les deux hommes se respectent sans probablement beaucoup s'aimer.Le Général Della Rovere ne sera pas un grand succès malgré le Lion d'Or de Venise 59.Sclérosés l'un comme l'autre par les honneurs et l'académisme,dit-on...

   Pour moi c'est un grand film sur l'homme dans la guerre,universel,pleutre et héroïque,passionnant rejeton de tous les paradoxes qui font un homme.Et des personnages médiocres ou malhonnêtes peuvent s'avérer grands.L'inverse hélas est plus vrai encore.Face à un colonel allemand complexe,Hannes Messemer qui campa souvent ces officiers,De Sica,tête à claque,finit par nous toucher profondément.Le mystificateur rencontre son destin,inattendu,sous la forme de graffitis de condamnés politiques.Dès lors plus d'arrogance,plus de faux semblant.Pas assez retors mais déjà annobli Bardone répondra à l'ultime appel "Della Rovere!".Quinze ans après la fin des hostilités Rossellini et De Sica ont bouclé la boucle. Le prêtre de Rome ville ouverte et le chômeur du Voleur de bicyclette,héros très ordinaires,peuvent dormir tranquilles:leurs pères de cinéma ont bien mérité du cinéma italien.

      

31 mai 2010

Géographie:Kansas City, Missouri

                  Curiosité géographique,Kansas City est double.Au confluent du Kansas et du Missouri la Kansas City du Kansas fait face à la Kansas City du Missouri,plus importante.Les deux sont bien sûr liées bien que d'états distincts.Les Beatles et James Brown ont chanté Kansas City.J'ai choisi beaucoup moins couru:le grand chanteur de country Roger Miller,bien méconnu en France,prête sa voix chaude à cette histoire d'une petite vedette locale à la télé qui préfère rester Kansas City star plutôt que d'accepter un job à Omaha.Roger Miller chantait des airs country plutôt joyeux mais savait prendre un accent plus grave lors de très belles chansons, simples et émouvantes,comme Little green apples ou My elusive dreams.

http://www.deezer.com/listen-3629148 Kansas City star

29 mai 2010

Nom,Hopper,prénom,Dennis, ou comment être in,off,et out

Pour une fois une rediffusion vu le départ de Dennis Hopper

A suivre Dennis Hopper à la Cinémathèque(2008)

Hopper c'est ça.

9 Hopper c'est ça aussi.

       Cet homme dont a fait un peu vite un symbole de cette fameuse contre-culture sur laquelle je reviendrai longuement,cet homme se voit maintenant quasiment canonisé à l'occasion de cet hommage très sérieux à la Cinémathèque.O tempora o moris!Dennis Hopper est-il un tel monument?A propos de monument il est l'auteur de L'homme de La Salsa,gigantesque statue de fer et de plastique qui trône sur la place devant le vénérable temple du Septième.Dans le jardin de votre voisin vous trouvez ça kitschisssime voire mochissime.Ici c'est différent,on fait dans le pop-art.Je plaisantais, mais Hopper n'a fait que ça toute sa vie,plaisanter.Je n'ai pas vu par contre la moto d' Easy Rider car elle n'est restée qu'une semaine.

   Bien avant Easy rider Hopper a joué non pas des seconds rôles mais des cinq ou sixièmes rôles et a fréquenté James Dean,apparaissant dans Géant,La fureur de vivre et jouant avec Lancaster, Douglas, Newman,Eastwood.Déjà ingérable semble-t-il.Des extraits de films bien oubliables et différents souvenirs tenant plus de l'anecdote(contrats,invitations) parsèment la première partie  de la scénographie.Marrant pour les cinéphiles invétérés,sans intérêt véritable.Mais en fait Hopper s'il a voulu en quelque sorte dynamiter Hollywood s'en est assez bien accomodé.Les cinq étapes de l'expo ne sont d'ailleurs qu'un hommage/cauchemar à Hollywood:Aux marges d'Hollywood, Quitter Hollywood,Les nouveaux mythes de Hollywood,Los Angeles le nouveau visage de Hollywood,Exploser Hollywood.On voit ainsi l'omniprésence de la mecque du cinéma,qui fait que même à côté ou en dehors on est dedans.Suis-je assez clair?

  On revient longtemps sur Easy rider bien sûr.Que dire d' Easy rider qui n'ait déjà été dit et redit? J'ai vu ce film,j'avais dix-huit ans. Steppenwolf et les Byrds ont changé ma vie,avec beaucoup d'autres.Billy et Captain America aussi.Cette ode à la liberté et au non-conformisme a hélas,et c'était inévitable,secrété très vite un néo-conformisme qui s'est avéré tout aussi bêlant que celui des bien-pensants. Quand on est des centaines de milliers à se vouloir différents ce sont les autres,cravatés,qui finiraient par être marginaux. 

   Et puis il y a les tableaux de Hopper,Dennis,pas Edward, dommage. Et surtout les tableaux des amis de Hopper,qui ont nom Basquiat,  Rauschenberg, Lichtenstein, Warhol,Schnabel,Ruscha.La poésie,réelle,y est urbaine, violente, colorée et rugueuse.Tout cela est loin d'être dénué de charme.Certains m'ont amusé et je me suis,imaginé un court instant magnat ou mécène,ou propriétaire de vastes lofts où exposer ces toiles pour le moins encombrantes dans leur agressivité sympathique.Dans cet univers hétéroclite chacun y trouve son compte plus ou moins,sans pouvoir cependant être tout à fait sûr de la limite entre l'art et l'arnaque mais on peut en dire autant de tant de mouvements artistiques ou littéraires.Qui sommes-nous pour vraiment être juges?

   Dennis Hopper a réussi à devenir une image,plus sage qu'il n'y paraît et surtout un modèle de roublardise,que l'on aime bien.Assez tordu pour le monde de Lynch,assez cinglé pour l'aventure apocalyptique du bien nommé Apocalypse now,assez finaud pour avoir senti parmi les premiers les spasmes des quartiers de L.A. où il habite,mais dans une sublime demeure,Hopper mêle les relents de Kerouac,la folie de Fante,les délires de Brett Easton Ellis.C'est vrai qu'on a connu des acquaintances moins toniques.Est-ce assez pour parler de touche à tout de génie?Touche à tout certes.Pour le génie c'est une denrée plus rare et Mr.Hopper n'est tout de même pas l'Orson Welles du mouvement beat dont il serait un tardif rejeton,ni le happening-maker démiurge que l'on voudrait parfois nous faire croire.So long Mr.Hopper le détour par Bercy,soyons justes,n'est pas si mal.On n'en sort pas plus anti-conformiste,mais pas plus bête non plus.Et puis ce fameux anti-conformisme n'est que le conformisme de demain,ou même de tout à l'heure.

28 mai 2010

Le pognon de la vioque

 

             Le prolétariat vu par Comencini dans L'argent de la vieille n'est pas tout à fait affreux,sale et méchant.Le personnage joué par le génial Alberto Sordi conserve une lueur d'humanité qu'a perdue depuis longtemps Bette Davis,la richissime américaine en villégiature en Italie.Prodigieux cinéma de là-bas qui nous amène à nous pencher sur le scopone,jeu de carte à l'italienne qui oppose la vieille,son chauffeur chien battu,Joseph Cotten, et le couple Sordi le ferrailleur et Silvana Mangano.La tradition annuelle met en scène ces quatre roublards qui s'aiment bien malgré tout:il faut voir le couple italien s'habiller pour ces parties de bluff,dérisoires et grandioses dans leur lutte pour survivre,fauchés qu'ils sont en permanence.D'ailleurs ils jouent avec l'argent de la vieille,n'ayant pas le premier dollar,à peine la première lire.Pourtant la douairière est susceptible et ne s'en laisse pas compter et n'a de cesse que de plumer les modestes qui repartent raides comme avant.

       L'immense tendresse de Luigi Comencini pour ces quatre fantoches nourrit un film cruel mais délicieux ,délibérément et terriblement humain.Silvana Mangano,peut-être la seule "raisonnable" du lot,affublée du "tocardisssime" histrion,l'immortel Sordi,pare même cette fable tardive de la comédie italienne(1973) d'un joli épilogue amoureux.Enfin on se doute que Comencini immense peintre de l'enfance(Cuore,L'incompris,Un enfant de Calabre) n'oubliera pas d'enrichir le tableau de famille d'un joli rôle d'adolescente fragile mais décidée.

   

25 mai 2010

Bonne adresse à Dublin

    Ouvrage collectif,comme un hommage à cet établissement célèbre,le Finbar's Hotel à Dublin,initié par Dermot Boger,ce livre sorti en 99 réunit outre ce dernier Anne Enright,Jennifer Johnston,Roddy Doyle,Hugo Hamilton,Joseph O'Connor et Colm Toibin.Chacun a écrit une nouvelle ayant pour cadre le Finbar's Hotel,une institution sur les bords de la Liffey.L'endroit fut fort connu au début du XXème Siècle pour avoir abrité entre autres turpitudes épiscopales et trafics divers de part et d'autre de la floue limite de la légalité.Les sept auteurs ont eu à peu près quartier libre mais unité de temps et de lieu étaient figures imposées.Dermot Bolger a lié ces étranges aventures notamment par un vieux barman amateur de vodka,un comble,ici.

   Autre énigme:les textes ne sont pas signés.J'ai crû reconnaître les univers de Colm Toibin et Joseph O'Connor mais rien n'est moins sûr bien qu'ils soient les deux écrivains que j'ai le plus lus parmi ce septuor.Un gangster,un héritier des premiers propriétaires fondateurs,une femme en fin de vie,deux soeurs haïssantes,un homme avec un futur cadavre dans son sac....Voilà les amis irlandais que vous fréquenterez si vous décidez de loger au Finbar's Hotel.Pour les irlandophiles dont je suis ce florilège est séduisant comme un whiskey tourbé,certains verres étant plus savoureux que d'autres.J'y ai retrouvé une phrase magnifique que j'avais lue dans le très beau roman Inishowen de Joseph O'Connor.Je lui avais attribuée à tort.Elle est de William Butler Yeats l'immense poète de là-bas..

    "Mon âme est enchaînée à un animal mourant"

  Comment voulez-vous écrire le moindre vers après ça?Salauds de poètes!

22 mai 2010

Matrimonialement vôtre

   Affiche : Mariage a l italienne

                                   Le ton de ce film de de Sica oscille de la comédie napolitaine à la gravité un tantinet mélodramatique.Bien sûr le cinéma plus tardif de Vittorio de Sica n'est pas exempt de lourdeur,à l'exception de l'ultime Jardin des Finzi-Contini.Cependant on aurait tort de négliger ces épousailles,l'une des nombreuses confrontations Marcello et Sofia.Mastroianni campe unn commerçant prospère et Sofia une prostituée finalement "annexée" par l'homme en une sorte de Mariage à l'italienne version off.Vingt années au "service" de l'homme en échange d'un traitement "correct":qu'a-t-elle donc à en vouloir davantage?Nous sommes en 1964 et les choses bougent en Italie,enfin un petit peu.C'est le changement à l'italienne...qui prend son temps.Il faudra un subterfuge digne d'une farce à l'italienne pour qu'enfin ce mariage prenne forme.N'oublions pas que c'est la version ciné d'une célèbre pièce napolitaine d'Eduardo de Filippo,auteur dont la truculence mâtinée de satire sociale n'est pas très reconnue en France.Le couple Mastroianni-Loren,déjà réuni par de Sica l'année précédente dans Hier,aujourd'hui et demain le sera encore dans Les fleurs du soleil.

   Ce DVD est très clairement présenté et remis en perspective par les critiques Alain Garel et Sabrina Piazzi.Triomphe populaire Mariage à l'italienne vit les critiques faire un peu la fine bouche.Pour eux le film lorgnait trop vers la comédie et le numéro,très réussi,d'acteurs.De Sica,c'est vrai,était moins partie prenante que dans ses débuts néoréalistes dans la construction du film,tout de même un peu phagocytée par le couple,sous la houlette,ne l'oublions pas de Carlo Ponti,Pygmalion de Sofia Loren.La même Sofia Loren est à mon avis infiniment plus convaincante ici,en prostituée toute jeune et plus encore en quasi domestique s'éveillant à une certaine conscience sociale qu'en paysanne de La Ciociara.

   Ne pas y chercher non plus le picaresque campanien qu'Eduardo de Filippo écrivait et jouait d'ailleurs en dialecte.Un peu affadi de ce  côté,un peu dynamité par ses acteurs,un peu figé par une origine théâtrale qui ne permet pas de respirer napolitain, Mariage, dans la série à l'italiennne est à mon sens moins intéressant que Divorce ou Meurtre.Mais ceux qui me connaissent un peu savent bien qu'ici film moyen à l'italienne vaut souvent beaucoup mieux que bon film à la française.Buona sera tutti!

18 mai 2010

Géographie: Statesboro, Georgie

           Au sud-est de la Georgie non loin de la jolie Savannah voici Statesboro,petite ville surtout universitaire dont vous voyez l'Hôtel de Ville.Et mondialement connue grâce au bluesman Blind Willie McTell,jadis auteur d'un classique du genre,Statesboro blues. Embarras du choix pour les versions, pléthoriques,chaque blues band ayant plus ou moins tâté du standard.Citons Taj Mahal,Chris Smither,Tom Rushe,Holy Modal Rounders.Une ribambelle d'amateurs chaleureux hante You Tube,peut-être un jour Picardy White Eeguab(y a encore du boulot).Plus sérieux The Allman Brothers Band...

http://www.youtube.com/watch?v=JToo3iwTOso  Statesboro blues

Petit rappel du périple musical depuis deux ans,par ordre alphabétique,ce qui en bus Greyhound représente pas mal de motels,de blues,et de whisky.

Albuquerque,Atlantic City,Baltimore,Baton Rouge, Berkeley, Brooklyn, Chicago, Cincinnati, Cleveland,Dallas,Denver,Laredo,Los Angeles, Memphis, Mendocino, Mobile, Nantucket, Nashville,New Orleans, Omaha,Phoenix,Reno,San Bernardino, Statesboro, Youngstown.

16 mai 2010

Maux d'auteur

   cvt_Vie-et-mort-en-quatre-rimes_4510

                                                En pleine Ozmania et j'aime les textes brefs voici Vie et mort en quatre rimes.Un grand écrivain s'ennuie lors d'une soirée au centre culturel en son honneur.Alors il anticipe un peu les questions du public,passablement banales en général en ces moments. Et son esprit recrée,vagabonde,invente à ces admirateurs un nom,une histoire, un passé,des parents,des amours.Lui-même pourrait bien être piégé en homme amoureux.C'est que quelquefois ces cérémonies peuvent un peu déraper, pas méchamment .On reste en pays de comédie mais il peut s'avérer troublant de mélanger les sphères privée et publique.Alors il vadrouille dans la petite ville,qui ressemble à celle de Scènes de vie villageoise  (je trouve les deux livres très proches).Des silhouettes,un chien menaçant puis un peu collant,et ses pensées vont aux lecteurs là-bas au centre,qu'il imagine, qu'il reconstruit déjà en écrivain de profession,peut-être pas très capable d'une vie propre.Alors reste l'aventure,une lectrice,une complicité,ça m'étonnerait mais qui sait?

                                                 Le titre Vie et mort en quatre rimes serait celui d'un recueil poétique d'un auteur flou et tout aussi incertain que cette nuit de perplexité. D'une perplexité cependant finement observée par l'une des belles plumes israéliennes.

15 mai 2010

Aparté

  Je n'ai pas l'habitude des états d'âmes sur toile.Pourtant,au mois de mai,vous l'avez sûrement remarqué il y a le Festival de Cannes.Amoureux du cinéma depuis toujours je déteste à peu près tout ce qui se rattache à cet évènement.Et c'est peu dire que c'est de pire en pire.Ayant beaucoup à rajouter sur Cannes je n'en dirai pas plus.Sauf que les films y sont parfois très bons heureusement.

14 mai 2010

Mal de mer

Noir océan

                                      Ce roman de Stefan Mani,venu d'Islande,jouit de critiques assez positives.Pourquoi m'y suis-je tant ennuyé?Une curiosité:il n'y a dans ce livre que neuf personnages,l'équipage du Per,cargo reliant l'Islande au Surinam.Au bout de 300 pages,sur 472,je n'avais pas encore clairement identifié les protagonistes.Mauvais signe.Mauvais marin que je suis le voyage avec ces gars-là,pas des enfants de choeur on s'en doute,m'a paru interminable et l'ambiance virile qui y règne ne m'a pas rendu la croisière plus passionnante.Un zeste de mutinerie contre ces salauds d'armateurs,un criminel embarqué par erreur,un soutier adorateur de Chtulhu,un second naziphile,tout ce salmigondis n'a pas fonctionné en ce qui me concerne.La Série Noire de Gallimard a déjà fait beaucoup mieux.

        J'ai lu quelque part une jolie formule chez un thuriféraire de Noir océan:Sam Peckinpah aurait pris la mer avec Joseph Conrad.Mazette c'est bien payé je trouve.Je me suis cru loin de La horde sauvage,fut-elle version marine,loin aussi d'une quête d'un Lord Jim ou Au coeur des  ténèbres.Aussi n'ai-je accordé qu'une petite photo au roman islandais,proportionnelle à ma déception. Probablement aussi ai-je besoin pour un bon "noir" d'une ambiance plus urbaine,plus citadine.

10 mai 2010

Ma vie sans...Abandoned love

Bob_Dylan__George_Harrison_backwithgeorge

            Ma vie sans Zimmerman etc...Ce titre peu connu devait figurer en 75 sur Desire mais ne fut incorporé dans la prolifique légion Dylan que sur la compilation de 85 Biograph,53 titres.Je vous la propose par quelqu'un qui à mon avis n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur,ayant fait partie d'un groupe un peu bicéphale qui connut un certain succès et dont on dit qu'ils ont changé la face de la musique.Et "on" a raison. Cette chanson d'amour abandonné a de jolies paroles,à vous foutre un peu le blues.Il y est question d'un homme abandonné par son saint patron qui combat quelque part un fantôme au lieu de le soutenir,de marcher rue de la liberté et la solitude,de tristesse parce qu'on vous a quitté.La vie,quoi...

http://www.youtube.com/watch?v=Ml7hzqdT4vk  Abandoned love

P.S. Le groupe susdit était composé de quatre membres.Lors d'un grand voyage dans le siècle musical ils furent les premiers à apercevoir la terre promise.Graces leur en soient rendues.

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