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BLOGART(LA COMTESSE)

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1 juin 2006

Un peu d'Intolérance

        Enfin j'ai vu Intolérance,sommet du cinéma,qui porte allégrément ses 90 ans.David Wark Griffith avait tout compris au montage,cet art dans l'art.Mixant sans vergogne,et c'est tant mieux,quatre époques différentes,le grand cinéaste offre là l'équivalent filmique des chefs d'oeuvre littéraires du XIX° Siècle,comme si Flaubert,Hugo et Balzac s'étainet unis pour écrire un fleuve.Car c'est un fleuve qu'Intolérance:scènes d'anthologie comme l'idée du berceau-transition que la mère bouge doucement, hallucinants décors auxquels les Taviani ont rendu hommage dans Good morning Babilonia,foules en furie,gros plans démentiels.

Ce film demande au spectateur une attention particulière car chacun y trouve ce qu'il veut.Les roues des chars des Perses finissent par se confondre avec ceux du train ou des automobiles.Les fanatismes finissent aussi par se joindre,que ce soit celui des Pharisiens qui condamnent Jésus,celui de la Saint Barthélémy,ou celui des ligues puritaines américaines.

On a beaucoup critiqué Griffith sur Naissance d'une nation(voir note ancienne de ce blog).C'est vrai que ce film,de nos jours,peut indisposer.Mais de grâce,quand l'homme comprendra-t-il qu'une oeuvre est toujours le produit de son époque?Et que le génie  ne se partage pas?Mal reçu à sa sortie,Intolérance est maintenant à sa place,au Panthéon.Eisenstein, lui,l'aura assimilé plus vite que les autres.

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26 mai 2006

Le fleuve Savage

Il a fallu attendre sa mort ou presque Rue du Pacifiquepour que soient traduits en France les livres de ce fabuleux conteur de l'Ouest qu'est Thomas Savage(1915-2003).Mieux vaut tard que jamais et ça valait le coup.A ma connaissance trois livres sont parus.Un petit mot sur les deux que j'ai lus.

Rue du Pacifique est la description d'une petite ville du Montana,état natif de Savage,au début du siècle et juste après la Grande Guerre,qui,on l'ignore souvent,a changé les esprits aussi en Amérique.Des fortunes se construisent(on pense,un tout petit peu à La splendeur des Amberson,qui se passait à l'Est, roman de Booth Tarkington,film du grand Welles). Que voilà un compliment!

Affairisme,humiliation,rivalité des clans. Tout y est pour une sorte de tragédie,avec essor des communications et la très fine évocation d'un continent en train de muter. Thomas Savage ne donne pas dans la saga,souvent agréable mais parfois interminable. Sobrièté et profondeur qui impressionnent et nous font mieux connaître cette époque post-westernienne. La musique de Savage est habile à nous transporter dans la peinture de l'Ouest américain et des âmes qui l'habitent.   Le Pouvoir du chien 

Le pouvoir du chien explore la psychologie de deux frères à la tête d'un ranch.Le mariage de l'un et la misogynie de l'autre iront à la lisière du drame en un roman intense et secret qui a conduit certains critiques français à évoquer un Giono qui aurait émigré.Pourquoi pas?Je pense, moi, que Savage se rattache à l'extraordinaire cortège des écrivains américains qui transcendent la courte histoire de leur pays pour lui donner la littérature la plus aboutie.A noter une troisième parution,La Reine de l'Idaho.Bonne lecture chez Belfond ou 10-18.

23 mai 2006

Lola

lola_montes_poster

S'il est un film "en couleurs" c'est bien Lola Montès de Max Ophuls.J'ai rarement vu une telle réussite picturale où l'or des lustres et la splendeur des attelages donnent au film  cette allure si aristocratique mais menacée de proche disparition.Il me semble que la suite des amours de Lola  fait écho à La ronde des amants d'après Arthur Schnitzler et aux péripéties des bijoux de Madame de ... d'après Louise  de Vilmorin,autres films prodigieux de Max Ophuls.

 

Ophuls est un enchanteur du mouvement et du spectacle,tout spectacle,danse,cirque,peinture,music-hall,tous arts très présents dans son oeuvre,transfigurés,faussement frivoles.Ophuls c'est la politesse de la mélancolie,que je trouve parfois proche de Visconti quand il nous fait sentir la fragilité des choses y compris des castes.

19 mai 2006

Pluvieux et lumineux

Le dernier film écrit par Akira Kurosawa a été réalisé par son assistant depuis 25 ans, Takashi Koizumi. Après la pluie c'est une étape dans la vie d'un ronin,samouraï non attaché à un maître.Bloqué par la pluie et les crues le héros trouvera un nouveau souffle dans l'amour simple et ample de sa femme et la droiture de sa condition de combattant du bien. Après avoir failli être engagé comme maître d'armes d'un seigneur local il reprendra la route.

  Après la pluie

  Ce film n'est pas une fresque mais plutôt une estampe, testament de Kurosawa dont le message a été admirablement compris et mis en images par Koizumi. Le vert des forêts, le murmure des eaux, le vol d'un oiseau, le retour du soleil sont tout de lumière à la fois frêle et envoutante. Quelques combats très nobles et ...la noblesse aussi de s'avouer vaincu rythment ce film qui conclut merveilleusement la vie du grand montreur japonais Akira Kurosawa dont on ne louera jamais assez l'éclectisme.

16 mai 2006

Menu fretin

Les requins de TriesteTrieste, port italien de l'Adriatique est une ville en mutation depuis la fin du Rideau de Fer et de la Yougoslavie voisine. Il y avait motif à un tableau passionnant de cette liberté retrouvée pour le meilleur et le pire. Bien sûr il y a des clandestins, de l'argent sale, des notables dépravés, des histoires de famille. Il y a un flic italien. Rien de méprisable mais j'ai trouvé peu d'intérêt à cette histoire car le héros manque singulièrement d'épaisseur. Les requins de Trieste se lit bien et ...s'oublie. Il peut même s'oublier dans un compartiment. Mais pour ça je conseille d'attendre les éditions de poche.Veit Heinichen,auteur autrichien,n'est pas à mon avis un créateur d'univers de polar,ou pas encore.

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13 mai 2006

Comme idées musicales

Comme idées musicales de comédies musicales ce week-end j'en ai eu deux:une bonne et une moins bonne.


Je n'avais jamais vu Un violon sur le toit de Norman Jewison,adapté d'un succès de Broadway(71) et craignais  des longueurs et des mièvreries de cette histoire du folklore yiddish d'Europe Centrale.Malgré trois heures le film tient ses promesses et Jewison a réussi un bon spectacle assez familial où tous les numéros musicaux sont excellents.Toutes les danses,le mariage,les traditions sont bien rendues au son d'une musique entraînante et le comédien israëlien Topol est confondant de truculence et d'humanité ayant fort à faire avec cinq filles à marier.Le destin des Juifs d'Ukraine vire au grave,sans excès de mise en scène,avec les pogroms et l'exil et de modestes valises sur les chariots.Bravo,pour cette silhouette d'un violon sur le toit,comme une cigale parmi toutes ces fourmis laborieuses.

Blanches Colombes et vilains messieurs

Déception avec Blanches colombes et vilains messieurs(55) de Joseph Mankiewicz qui nous a donné tant de chefs-d'oeuvre dont le plus beau a valu à ce blog la moitié de son nom.La présence de Brando et Sinatra n'empêche pas des numéros de scène anémiques,une actrice bien fade(Vivain Blaine) et les trognes de ces joueurs professsionnels obligés d'écouter les sermons de l'Armée du Salut  manquent vraiment de folie pour la seule bonne idée du film.Jean Simmons est bien jolie dans son uniforme de Soeur Sarah et la bagarre à La Havane nous offre un très bon mambo.Tout cela reste assez faible.

9 mai 2006

La nuit est sur la ville

La nuit est sur la ville et quelle ville que celle qui nous est présentée dans ctte excellente collection Polars(Film noir),éditions Carlotta.!Sept films,très peu diffusés sur les chaînes hertziennes,signés Preminger,Hathaway,Siodmak,Dassin et Kazan.Et l'occasion de revoir des acteurs un peu oubliés,José Ferrer,Richard Conte,Dana Andrews,Victor Mature...

Les forbans de la nuit,de Jules Dassin nous entraîne dans le Londres des années 50,dans le milieu  de la lutte gréco-romaine et des petits trafics voisins.Pourtant on trouve peu de morts dans ce thriller nerveux,juste une magnifique photographie urbaine,avec ce qu'il faut de barmen complaisants,de musique sortant d'un night-club enfumé, d'entraîneuses fatiguées.Richard Widmark,véritable figure de proue de cette collection(il est aussi dans le Carrefour de la mort et Panique dans la rue),habite littéralement cette ambiance.Il faut le voir marcher dans les rues de Londres,sec,élégant,agité puis crispé et encaisser des répliques"noires" à souhait du genre "You have it all,but you're a dead man" ou "You're born a hustler,you'll die a hustler"(Né margoulin,tu mourras margoulin).

Avec le mystérieux Dr.Korvo (Whirlpool) nous retrouvons Gene Tierney dans un rôle bien plus fort que dans les Forbans de la nuit,aux prises avec José Ferrer,sorte de psychiatre qui a fait de l'hypnose un objet contondant.Ce film me semble un peu plus artificiel  bien sûr si l'on songe à Laura.Peut-être le fatras psychanalytique est-il un peu indigeste.

L'histoire du cinéma a toujours aimé les genres,western,musical,comédie américaine.Patrick Brion présente cette collection avec la compétence qui est la sienne.Je rappelle un autre spécialiste,François Guérif,auteur entre autres de Le film noir américain(Denoël),très bon bouquin qui va de Griffith et Stroheim à Ferrara et Tarantino,avec flics et voyous,femmes fatales et imperméables mythiques.

6 mai 2006

La force de Dassin

La collection DVD Wild Side,dont je vous ai déjà présenté le très beau et très intelligent coffret Macbeth d'Orson Wellles vient de sortir deux films noirs de la grande époque de Jules Dassin,époque américaine avant le maccarthysme et c'est un modèle là encore de cinéphilie de qualité,digne de la Pléiade.


Les démons de la liberté(Brute Force,1947) ets un film d'une rare efficacité que l'on classe par habitude dans les films "carcéraux" car décrivant la vie et la révolte d'une prison.Le scénario de Richard Brooks,journaliste au départ,est radical et narre la montée en violence chez les prisonniers de Westgate.Noir,le film l'est sans détours.Il est surtout désespéré et le huis-clos n'offre guère de perspective vers le ciel ouvert.Les gars de la cellule 17 préparent un coup mais les dés sont pipés.D'une extrême violence pour ces années quarante finissantes,le film me paraît moins centré sur un héros principal que d'autres films sur le thème.Le traitement en est un peu plus "choral" et recèle des pépites dont Calypso,condamné qui ne s'exprime qu'en chantant et un troublant gardien-chef sadique,Hume Cronyn,immense acteur de théâtre,très impliqué,coscénariste de Hitchcock et que Mankiewicz employa au mieux.Une bande-son très bien utilisée,une pin-up au mur de la cellule sont d'autres éléments de ce film rude et sauvage.Passe aussi,très discret,un peu de rêve quand ces pauvres types évoquent leur femme.Comme dit l'un des prisonniers"Ce qui s'est passé dehors,pour nous,avant,même pas terrible,au moins c'était dehors"

     La cité sans voiles,réalisé un an après avec le même producteur Mark Hellinger,loin du décor quasi-unique de Brute Force,nous plonge dans New York pour une enquête policière au coeur de la mètropole dans un style assez proche du  Néoréalisme italien,ce cinéma de la vérité jamais égalé.La ville,peu filmée ainsi jusque là nous apparaît avec les gens du quotidien au labeur,les enfants dans les rues,femmes de ménage,commerçants.Cela semble banal aujourd'hui mais en 1948 c'était plutôt assez révolutionnaire à Hollywood.Réalisé sans vedettes très connues The naked city.sonne comme un document,au plus près de cette Amérique urbaine d'après-guerre,encore accentué par la narration de Mark Hellinger lui-même.Et quels plans sur les passerelles,les ponts et Big Apple!D'autres filmeront New York:Scorsese,Allen,Ferrara à leur manière.New York superstar!



Cette édition DVD comporte des suppléments géniaux.Chabrol et Brion,des connaisseurs,parlent des deux films.Et Jules Dassin lui-même revient sur ces deux tournages,du haut de ses 94 ans.C'est très émouvant.Cela donne envie de découvrir Les bas-fonds de Frisco.Quant aux Forbans de la nuit ce blog  l'a déjà chroniqué.                

4 mai 2006

Platitudes journalistiques sur des pierresqui roulent

J'ai attendu quelques semaines pour écrire mes propres platitudes sur le disque des Rolling Stones A bigger bang dont vous ne pouvez ignorer l'existence.Plusieurs catégories d'articles tant audio-visuels qu'écrits nous ont à cette occasion été infligées.


Il y a ceux pour qui la route des Stones s'est arrêtée à Sticky fingers et qui pensent que si les pierres roulent encore c'est sur l'or.Bien sûr c'est vrai mais la musique  des Stones est de toute façon hors du temps depuis des lustres et jamais médiocre.


Il y a ceux qui ont encore osé comme pour les précedents albums depuis 25 ans titrer "Les papys font de la résistance "et à qui on devrait retirer leur carte de presse car il y a des limites à la platitude,tout de même.


Il y a ceux qui pensent qu'un bon rocker est un rocker mort et que n'ont droit de cité que John Lennon,Brian Jones,Jim Morrison,Janis Joplin,Jimi Hendrix,Kurt Cobain,Marc Bolan,Buddy Holly,James Dean et consorts,tous partis,si,possible sous forme de vomissures,d'abus d'abus,ou de véhicules emballés.Si,si,James Dean était un rocker qui n'avait jamais chanté...


Il y a ceux qui ont découvert que les Stones n'innovaient guère.Vraiment ceux qui ont écrit cela n'innovent guère.Il y a ceux,nombreux qui font semblant de les avoir aimés à l'époque d'It's all over now mais ne connaissent qu'Angie.



Il y a celui qui,tout jeune bachelier sur les rives de l'Oise,avait acheté son premier album pour fêter ça.L'album s'appelait After math.Si abîmé il est maintenant inécoutable.Celui-là espère,qu'auteur de ces lignes,il n'est pas devenu illisible.Peu importe l'âge du capitaine,un Stones ne peut être totalement inintéressant.


C'était donc ma propre rock'n'roll platitude...

1 mai 2006

Quand le déclin mène aux invasions(ou ma jeunesse perdue)

  VousLES INVASIONS BARBARES avez remarqué que je ne suis pas un cinéphile qui suit l'actualité de très près.Ainsi je viens seulement de voir Les invasions barbares, film bouleversant, non exempt de facilités,démagogique mais efficace et surtout terriblement humain.Ce film est un fils( non, pas de faute de frappe). C'est bien un film-fils,un fils à Papa,un fils prodigue,un fils indigne,un fils quoi.Son père: Le déclin de l'empire américain qu'à l'époque j'avais vu à sa sortie,étant plus jeune de  18 ans. Ce film, choral, fait partie des "désenchantés",ces classiques où une génération se penche sur ses belles années, et c'est souvent au moins nostalgique quand cela ne va pas jusqu'à vous donner le bourdon,plus encore quand le spectateur est du même âge. Attention jeunes amis le film bilan guette tout le monde.Ne vous croyez pas à l'abri.  Quelques citations.

Vincent,François,Paul et les autres,quand des quadras bien cadrés jouent au foot lors de leurs parties de campagne. Montand rattrapé par l'infarctus,Piccoli médecin des pauvres devenu médecin des moins pauvres,Reggiani qui tente de finir son livre depuis 30 ans,comme moi.

Vincent, François, Paul et les autres…

Les copains d'abord de Lawrence Kasdan(83) dont le titre original The big chill(Le grand refroidissement) ets bien plus explicite. Désillusions près du cercueil d'un ami de 25 ans. 

Nous nous sommes tant aimés ou Dieu que la guerre était jolie quand nous avions toute notre foi et toutes nos dents. Ettore Scola et ses amis Gassman et Manfredi(75) "Nous voulions changer le monde et c'est le monde qui nous a changés". Pardi!

Quequefois un week-end suffit pour qu'ainsi tout bascule et que plus rien ne soit jamais comme avant: Délivrance ou son "petit frère" Stand by me, même si les héros de ce dernier n'ont que 12 ans.Il n'est jamais trop tôt pour avoir mal.

Les plus belles années de notre vie,de William Wyler(46):un retour de guerre bien difficile comme celui du Voyage au bout de l'enfer.Et puis plein d'autres films qui cueillent la vie et vous burinent toujours un peu plus.

Les invasions barbares donne envie de revoir le Déclin de l'empire américain.Ont-ils changé tant que ça?Et vous?Et moi? 

8 avril 2006

Deux films auxquels n'a pas coupé Burt

Avant tout je présente mes excuses pour ce titre dont la drôlerie n'échappera à personne.Les chasseurs de scalps(68) est le premier western de Sydney Pollack avant Jeremiah Johnson,beaucoup plus ambitieux. Cependant The scalphunters  ne manque pas de qualités et surprend. Je n'avais jamais vu ce film qui est une histoire de l'ouest tendance truculente,voire comique avec des traits d'esprit. Burt Lancaster y incarne un trappeur qui se voit gratifié d'un esclave noir plus intelligent que lui, qui sait lire et s'adapter même prisonnier des chasseurs de scalps de Telly Savalas,célèbre chauve série(rigolo,ça?)TV.  Des dialogues avec son cheval, d'autres qui vont comme un cheval fou(pardon Arrabal),une bagarre homérique de boue debout et le tour est joué pour un western qui ne prétend pas être un "vibrant plaidoyer antiraciste" mais une farce astucieuse loin d'être idiote.

Lawman

L'homme de la loi(70) de Michael Winner,metteur en scène très peu inspiré de Bronson et de ses histoires de justicier est un western à la trame classique.Un sherif intègre(Burt Lancaster) doit arrêter une brochette de durs et suppléer au marshall local,un ancien devenu trop timoré(Robert Ryan dans un de ses derniers rôles,au visage si marqué. Lee J.Cobb joue le maître des lieux, plus riche psychologiquement que la plupart de ces gros fermiers de westerns,figures emblêmatiques de la prospérité souvent sans scrupules

4 avril 2006

C'est dans les vieilles dentelles

AF-00900R.jpg"Vous reprendrez bien un peu d'arsenic,et quelques vieilles comédies américaines,toujours à même d'égayer octobre moribond"


J'ai découvert deux raretés inédites pour moi.Désir de Frank Borzage(1936) et Ernst Lubitsch est une pétillante occasion de voir un couple d'exception,Marlene Dietrich et Gary Cooper,très à l'aise dans l'humour,elle en escroc(quel est le féminin d'escroc?) aimant les perles et lui aimable Américain en vacances en Espagne.Ils son beaux et drôles,très loin de la chanteuse de beuglant et du légionnaire de Morocco(1930),ployant sous le destin chez Sternberg,leur autre film en commun.



On a peu vu également Henry Fonda en héros de comédie.Un coeur pris au piège(1941) de Preston Sturges nous le présente,herpétologiste en croisière succombant au charme d'une tricheuse aux cartes(Barbara Stanwick),un rôle à la Cary Grant.



Quant au vrai Cary Grant c'est sans commentairesIl faut le voir rouler des yeux au téléphone entre deux cadavres,deux tantes meurtrières à l'heure du thé,et deux frères,l'un sosie du monstre de Frankenstein et l'autre se prenant pour Roosevelt,sonnant du clairon à chaque fois qu'il monte l'escalier.C'est l'irrésistible Arsenic et vieilles dentelles(1944) du cher Frank Capra qui nous donne envie par sa folie d'acheter des cotillons le jour de la Toussaint.

2 avril 2006

Une enfance à Berlin,non,à Dublin

  Retour Sang impur - Prix Femina étranger 2004en Irlande:voici Hugo Hamilton qui vient de sortir en France Dejanté,un thriller chaudement recommandé par la revue Lire:une référence que j'espère découvrir vite.Mais aujourd'hui je vous propose Sang impur,prix Fémina 2004,qui raconte une enfance à Dublin,comme beaucoup d'autres auteurs irlandais dont il semble que le récit d'enfance soit un passage obligé. Mais il n'y a là rien de typiquement irlandais.

De mère allemande d'une famille antinazie mais que les braves autochtones traitent d'hitlérienne en un magnifique réflexe xénophobe,Hugo Hamilton raconte sa drôle de famille où,accessoirement,le père,tellement pur et dur nationaliste qu'il interdit sous son toit les mots anglais, a la main et la baguette facile pour élever ses enfants.Où l'on en viendrait presque pour certain à préférer la poigne du moustachu du moment qu'il cogne fort sur les Anglais.

Après Roddy Doyle(voir note ancienne),Joseph O'Connor,Colum McCann sans remonter à la figure tutélaire de la littérature irlandaise(James Joyce,Portrait de l'artiste en jeune homme) Hugo Hamilton se penche surtout sur ces liens inextricables entre l'Angleterre et L'Irlande qui s'en veulent tant depuis 8 siècles environ,ennemis intimes et inséparables.(chez Phébus)

12 mars 2006

La peau douce

La peau douce

La peau douce fait bien partie des oeuvres majeures de Truffaut.On retrouve bien toute la sensibilité littéraire et romanesque du père d'Antoine Doinel avec ce drame "bourgeois";On parle souvent de drame paysan,de drame ouvrier.Un drame reste un drame.La progression de cette histoire d'adultère mène inexorablement à l'épilogue.Truffaut a fait de son héros un essayiste et l'on voit là encore l'influence de la littérature sur son univers.Jean Desailly,remarquable dans sa maturité d'homme éperdu puis perdu,est bouleversant de vérité.On a rarement peint la douleur du couple,puis du trio avec cette acuité qui nous concerne tous.Une petite touche d'humour est présente avec l'accueil de l'auteur à Reims et la déveine qui lui tombe dessus.A noter pour les passionnés deux scènes que Truffaut renouvellera:celle du tableau lors de la séparation qu'on retrouvera dans Domicile conjugal,également lors de la séparation d'Antoine et Christine,enfin celle du chat au petit déjeûner qu'on reverra dans la Nuit américaine.

4 février 2006

Dixieland(Louisiana Story)

Il y a quelques années j'avais écrit ce texte sur la Nouvelle-Orléans et la Louisiane.Le voici avec un nouveau titre,hommage au grand cinéaste Robert Flaherty.

Le crépuscule sudiste est descendu

Enveloppant le Vieux Carré d’un mélange

De nostalgie et de révolte

Dans l’air tant de choses ont changé

Qu’est devenue la Cité du croissant?

Encombré de lectures

J’ai en vain poursuivi

L’immuable,le séculaire

Les traces

Mais le Meschacebe a dû se perdre

Définitivement.

Alourdi de bien trop d’images

Perclus d’illusoire j’ai traîné

A la recherche des parfums d’Antilles

Je les croyais si proches

Le fleuve ne porte plus

Ni cannelle ni coton

Le fleuve a ses geôliers

Verticaux

Tours et gratte-ciel éloignent

Le souvenir des Natchez

Comme celui des élégants corsaires

La mort de l’Ancien Monde

Fut ici la plus théâtrale

Il a suffoqué,français ou castillan

Voici longtemps sous la raison

Antebellum

Où dorment les crinolines

Des belles dames du Sud

Aux valses pétillantes?

Restent de si jolis noms

Iles Chandeleur,Fleur de Paris

Fontainebleau,Palourde

Comme une touche de Vendée

Evanescente.

Au Cabildo j’ai répondu à l’invite d’un fiacre

Rue Chartres,rue Toulouse

L’orphéon de King Oliver

Les sémillantes créoles

Ont cédé le pavé de Bourbon Street

Aux industries de nos années

Celles du voyeur

Peep shows et revendeurs

Orleans s’st égarée

Jelly Roll Morton boude le Carnaval

Masques et perruques de M ardi-Gras

Ne sont que vestiges

Et Satchmo est bien mort

J’ai voulu quitter la ville

Devenue comme jumelle d’autres lieux

Le tramway poussif de l’avenue Napoléon

Les fauteuils cannelés

Je les ai oubliés comme les colonnades

De Saint Charles

Aux ragtimes électriques.

Sur la route des marais

En quête de province,rêveur impénitent

J’égrenais lettre à lettre

Bâton Rouge,Pontchartrain

Pointe Coupée

Beautés du vocabulaire

Poésie de la topographie

Sonnant comme une chanson du terroir

Au creux du delta

D’Amérique.

Le pays qui marche sur les eaux

Tend ses myriades de bras

Etait-ce le paradis terrestre?

Des allées de chênes laissant filtrer

Les colonnes doriques de la grande demeure

D’un magnat nostalgique

Entretiennent les chimères

Au ciel le bruissement des aigrettes,des spatules

Cyprès et seringas

Gardent les plantations

Dont les fastes anciens décorent

Ces manoirs-hôtels de stuc et d’albâtre

J’y ai goûté le julep,le café-brûlot

Au rythme de ma fantaisie

J’ai dérivé vers les paroisses.

Mais,voisin,le géant texan

S’est chaque jour accolé davantage

A la Louisiane et les derricks

Salissent le lit des rivières

Où maraudait Huckleberry Finn

Alors j’ai abandonné ce Sud

Un peu celui de notre enfance à tous

Pour voir ailleurs ce qui restait

Peut-être

De mon Amérique à moi.

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