Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

BLOGART(LA COMTESSE)

Publicité
Derniers commentaires
Pages
30 janvier 2010

Eloge de la folie

 

           Les films italiens ne sont pas légion sur nos écrans.Vincere (vaincre) de Marco Bellochio revient sur l'épouse morganatique(?) de Mussolini.Mais Vincere ne se veut pas politique à mon sens et le Duce n'est présent que dans la première partie.Ce n'est pas le énième film sur la montée des Chemises Noires.Ce qui intéresse plutôt Bellochio,très sensible dans sa filmo au thème de la folie,c'est cet opéra funèbre qu'a constitué la liaison de Mussolini jeune et d'Ida Dalser.c'est ce ballet nocturne dans Milan,une ville qui semble étouffer.C'est la théatralisation extrême de cette histoire d'amour somme toute assez brève au coeur d'une Italie qui veut jouer dans la cour des grands après la Grande Guerre et finira par se jeter dans les bras d'un histrion pathétique et qui,il faut bien le dire,fascina au moins un temps presque tout le pays.

               Alors évidemment ce parti pris n'est pas exempt d'emphase et la musique,si elle prend parfois des accents verdiens par son rapport à l'histoire,peut apparaître à certains outrageusement pléonastique.De même on peut s'irriter du procédé d'identification d'Ida, internée et séparée de  son fils,avec le Kid de Chaplin.C'est que ce pauvre Kid a déjà payé un lourd tribut au cinéma par son exemplarité (asile, prison, orphelinat).Bellochio aurait pu s'abstenir de  quelques artifices mais je crois qu'il les assume pour nous conduire où il le voulait vraiment,à ce relatif panégyrique de la mère abandonnée,la très prenante Giovanna Mezzogiorno.On en arrive à oublier trop vite Mussolini,pas particulièrement courageux ni élégant on l'aura compris.Cela peut décevoir certains mais le propos encore une fois n'était pas historique.On en voit guère la clarté du jour dans Vincere.Faut-il le prendre comme un symbole de plus sur la longue nuit transalpine?On assiste à cette sorte d'exil mental de la jeune femme qui paiera cher d'avoir aimé.

       Traversé d'archives que j'ai trouvées bien amenées,ce qui est loin d'être toujours le cas,Vincere,s'il nest pas sans défaut (la maladresse évoquée chez l"ami Nightswimming sur l'emploi du même acteur pour le père et le fils étant la plus criante) me semble assez bien témoigner de la vigueur des vétérans italiens,Bellochio n'étant plus vraiment un débutant.Je reviens une seconde sur Giovanna Mezzogiorno actrice chez laquelle on retrouve bien la fièvre de son père Vittorio.

Publicité
24 janvier 2010

Ma vie sans...Country pie

http://www.youtube.com/watch?v=uiR66yyG-T0  Country pie

  Ma vie sans Zimmerman aurait été etc...Ce qui est extraordinaire avec Bob Dylan  c'est qu'à travers la quantité de titres de sa discographie,célèbres ou à peu près ignorés comme Country pie,des artistes très différents ont repris le flambeau.Qui en ces années 68-70 est plus éloigné de Dylan que le quatuor puis trio prog-rock The Nice sous la houlette de l'organiste Keith Emerson.On a beaucoup reproché à The Nice puis à Emerson,Lake and Palmer leur froideur technique et leur éloignement du binaire.On s'en moque pas mal,l'histoire du rock étant assez élastique et volubile pour accueillir chacun.Je connaissais Country pie par Fairport Convention,antédiluvien groupe folk,un peu notre père à tous.Ils étaient bien sûr plus proches de l'original mais les arabesques de The Nice étaient très étonnantes,mêlant allégrément sur ce disque Dylan et le Sixième Brandebourgeois de J.S.B.Infinie richesse de ce monde du rock qui m'a tant donné.Merci.

17 janvier 2010

Une chanson:Miles away

http://www.youtube.com/watch?v=TaM0ewZ-XMU  Miles away

  Cette voix si belle fut celle des Zombies,groupe pop prophétique dont il a déjà été question ici.Depuis des décennies Colin Blunstone enregistre et tourne dans la plus totale discrétion.Il y en a pas mal comme ça dans le monde du rock,qui a souvent pratiqué la politique du jetable.Colin Blunstone vient de sortir un bel album(The ghost of you and me),d'une pop plutôt symphonique point trop maniérée cependant.Mais le titre Miles away date du début des eighties.Il ne faut y voir ou y entendre qu'une jolie chanson d'un surdoué dont il ne faut pas oublier qu'il fut la cheville ouvrière du magique Odessey and oracle dont on sait maintenant qu'il soutient la comparaison avec Sergeant Pepper's et Pet sounds.Ce qui n'est pas mince.

12 janvier 2010

Marlene du Kremlin au Maroc

     Sixième film du tandem Josef von Sternberg/Marlene Dietrich L'impératrice rouge (34) jouit d'un certain prestige.On verra que je préfère Dietrich dans les sables de l'Atlas.Pourtant Catherine de Russie,légendaire impératrice est incarnée avec conviction par l'égérie de Sternberg,plus en manipulatrice et séductrice ambitiues qu'en toute jeune princesse allemande presque digne de la Sissi d'Ernst Marischka.Josef von Sternberg a su parfaitement évoquer le clinquant baroque de la cour et le gâtisme meurtrier du grand-duc Pierre,époux de Sophie devenue Catherine.C'est dans d'hallucinants décors souvent morbides(diables,squelettes) que Marlène fait son chemin qui la mènera au despotisme après avoir éliminé son idiot de mari,ce tsar qui jouait aux soldats de bois et assassinait volontiers ceux de chair et d'os.

   De lourdes portes de bois sculpté cachent mal les turpitudes et les embûches du pouvoir.Et c'est au son d'un festival de carillons qui accompagne le film constamment(même les différentes versions de Quasimodo n'ont pas autant fait vibrer l'art campanaire) que Marlene/Catherine se révèle éblouissante, enjôleuse, cavalière,(pro)créatrice de l'archétype de la souveraine éclairée et sans scrupules.Mais le propos de Sternberg est plus,tel Pygmalion,de magnifier Dietrich dans l'un de ses sept films en commun.L'histoire montrera que Marlene,telle une créature prométhéenne,lui échappera.Sternberg,l'un des nombreux Viennois américains,ne s'en relèvera jamais tout à fait.

    Les historiens considèrent que Coeurs brûlés,inénarrable titre français de Morocco (1930),est devenu kitschissime objet du culte de quelques cinéphiles attardés.Ils ont raison.Morocco,avec son esthétique un peu cheap,son improbable casbah et ce mythe de la Légion Etrangère avant que Gabin et Duvicier ne s'en emparent avec avidité et talent,Morocco ne devrait plus intéresser grand monde.Cette ouverture avec vague musique arabisante plongeant sur la carte n'a même pas la jolie voix off qui sera celle de Casablanca douze ans plus tard.Pourtant le miracle du sable fonctionne toujours pour moi.Ce grand légionnaire dégingandé et solitaire,Gary Cooper jeune,sait me toucher par sa maladresse et son fatalisme.Alors tant pis pour l'origine théâtrale criante d'un film par trop statique.

  Enfin je donnerais les 80 premières minutes du film pour ce plan du désert sous le vent,la compagnie de Cooper partant pour l'enfer de sable,et Dietrich,quittant un élégant protecteur,distingué et humain,pour rejoindre l'arrière-garde des filles à soldats,ces Marocaines énamourées avec âne et biquettes,qui balance  ses chaussures et rattrape pieds-nus ces femmes qui ne savent qu'aimer leurs hommes au képi blanc.Exotisme des années trente dont il est si facile aujourd'hui de pointer les outrances.Et s'il en fallait...

9 janvier 2010

Naufrages

    

   Souquez ferme les amis.Ce soir la mer est forte et je vous dédie quelques musiques de mon Musée de la Marine.Attention certains naufrages ou faits de guerre sont absolument authentiques.Par ordre d'entrée de ce requiem:le John B.,l'Antoinette,l'Hesperus,le Reuben James,l'Edmund Fitzgerald.N'oubliez pas votre gilet de sauvetage.Les femmes et les enfants d'abord.

http://www.youtube.com/watch?v=Q8NVY0INJFk  John B.

http://www.youtube.com/watch?v=dYQ-Iy3sHj8 Antoinette

WH71

http://www.youtube.com/watch?v=Fw-btrdpOG0 Hesperus

http://www.youtube.com/watch?v=ICy5P1pKy5A Reuben James

http://www.youtube.com/watch?v=5l3x_VoF3wo Edmund Fitzgerald

  Musicalement il y a de tout:le fabuleux Procol Harum (non ce n'est pas que Whiter shade of pale), ce vieux Woody Guthrie toujours sur le pont,les folkeux du Kingston Trio,Gordon Lightfoot,une des grandes voix du folk dont évidemment on ignore tout en France,et,plus surprenant, le groupe bubble-gum des midsixties britanniques Dave Dee,Dozy,Beaky,Mick and Tich.Et puis histoire de ne pas bloguer idiot je viens d'apprendre que le sublime The wreck of the Hesperus de Procol Harum était inspiré d'un poème de Longfellow.Enfin ne vous plaignez pas j'aurais pu vous infliger My heart will go on.

Publicité
5 janvier 2010

J'peux vraiment pas les voir en peinture(11)

Marie Laurencin évoque pour moi une célèbre chanson d'aquarelle et de saison qui n'existe que dans le  nord de  l'Amérique.Je la connais fort peu en fait.Mais j'aime beaucoup cette Arlequine à la guitare qui conjugue la Commedia dell'Arte avec toute sa naïveté et la musique que j'aime symbolisée par ce cosmopolite instrument qui n'est jamais très loin et que je viens personnellement de redécouvrir.

19guitarePauvre biche
Prise au piège
Entre les fauves
Et les Cubistes
(Jean Cocteau)

Marie Laurencin me fait penser à des jeunes filles en fleurs,à la Comtesse de Ségur,à un jeu d'ombrelles sur les rives d'un lac,aux lectures des petites cousines d'une époque dont on n'a plus idée.Ce n'est pas dans cette rubrique peinture mon oeuvre préférée.Il n'est pas interdit cependant d'y trouver du charme.

3 janvier 2010

Ma vie sans...Queen Jane approximately

                      Ma vie sans Zimmerman eût été...(mais vous le savez déjà,au fait).Curieux choix,me direz-vous que les Four Seasons,groupe plutôt vocal,très bon mais plus crooner que rocker pour cette version de Queen Jane approximately. C'est oublier la voix formidable de Frankie Valli,aussi à l'aise  sur Cole Porter que sur Dylan.Ce quatuor eut un succès colossal dans les années 63-64,bien habillés ces fils d'immigrés italiens admirateurs de Sinatra.Leur présence est épatante et Frankie Valli a d'ailleurs fait une belle carrière solo bien que peu connu en France.Les Four Seasons,fortement remaniés,existent toujours.Leur version du célébrissime I've got you under my skin par exemple est d'anthologie.

                    Le titre Queen Jane approximately est extrait de l'album Highway 61 revisited,début d'un Dylan ayant muté électrique mais ce débat là est bien caduc maintenant.Les paroles comme souvent  chez Bob Dylan sont à ne pas prendre forcément pour argent comptant.Il m'a semblé que le narrateur se posait en ultime recours quand Queen Jane serait rejetée de partout.Voilà ce que je j'ai cru déceler,enfin,approximately

.http://www.youtube.com/watch?v=gbue8xmrN7w  Queen Jane approximately

2 janvier 2010

On a failli perdre Charlot

   En 1923 Chaplin,déjà très populaire mais un peu las de n'être pris "que" pour un comique,fût-il génial,tourne L'opinion publique,film qu'il pense être un très important virage pour sa carrière.Important L'opinion publique l'est,à l'évidence.Mais fort heureusement personne n'aima ce film,ni critiques,indignés de voir Chaplin prendre l'accent grave,ni public,orphelin de son doux vagabond malchanceux.On l'a échappé belle.Songez que l'on n'aurait peut-être jamais connu Gold rush,Kid,Modern Times,City lights.Quant à Great dictator et Verdoux allez savoir!

  C'est que L'opinion publique est un mélodrame mondain,situé en France (A woman of Paris) pour atténuer la charge sur la société américaine.Lubitsch et Stroheim,ces Européens devenus américains auraient pu signer ce film.Très élégant de mise en scène,avec le sens des objets pour favoriser ellipses et légèreté,ce marivaudage grave fort bien interprété,Adolphe Menjou notamment en viveur presque touché,est une perle rare longtemps invisible  ou presque.Chaplin indique par sous-titre et dès le générique qu'il est absent de ce film(enfin,une silhouette).Une scène un peu orgiaque et très belle traverse le film lors d'une partie chez les riches oisifs.Elle est très significative et déplut souverainement.Le triangle amoureux,pourtant même pas vraiment adultère,fut fort mal reçu et interdit dans certains états.

   

           Dépourvu de happy end mais non d'une rédemption post-tragique qui a certes pris des rides (1923 rappelons-le) L'opinion publique a vogué son chemin, culte, rare,ignoré par Chaplin lui-même.On sait maintenant que c'est une oeuvre splendide,intelligente,dépourvue de toute démagogie du trottoir,ce qui aurait pu être tentant.Mais,bon sang,on l'a échappé belle.

1 janvier 2010

Grands Lacs musicaux

 

       Il restera quand tout va mal des gars quelque part dans le monde avec quelques cordes,deux mains et une voix.Et cela suffira à ce que je me sente mieux,parfois plus mal,mais quelque chose d'un peu plus intense.Ceux-là sont canadiens et s'ils ont manifestement subi une légère influence (R.E.M.) leur album Lost channels porte un bien beau titre et comporte de bien belles chansons dont cette histoire de chiromancie.

http://www.youtube.com/watch?v=RKmUxC2IP1M  Palmistry

30 décembre 2009

Au Nord rien de nouveau

   Et si le polar nordique commençait à lasser...C'est l'impression que m'a laissée Ombre et soleil.J'avais aimé pourtant Danse avec l'ange mais la surprise ne joue plus.Après avoir pas mal lu Mankell ou Indridason les serial killers scandinaves ont cessé de m'intéresser.Ils me semblent interchangeables,avec flics à la vie privée agitée,gothic rock ou black metal(pardon je ne suis guère expert),nuit précoce sur Goteborg ou toute autre cité nordique.Entendons-nous,rien de désagréable dans cette enquête du commissaire Winter mais il finit pour moi par se fondre dans le Walander suédois ou l'Erlendur islandais.Nous sommes avec Ombre et soleil en présence d'un roman de presque 500 pages,bien découpé en mois et en courts chapitres.On n'est pas loin du format,voire du formatage.J'ai acheté trois Edwardson d'un seul coup.J'ai eu tort,mais peut-être en oublierai-je un dans le train,ce qui ne m'empêchera pas de dormir.

27 décembre 2009

Géographie:Albuquerque,Nouveau-Mexique

              Albuquerque,500 000 habitants perchés à 1500 mètres sur les bords du mythique Rio Grande.Au centre de l'état du Nouveau-Mexique c'est un noeud et la plus grande cité de l'état,devant la capitale Santa Fé.Située à l'extrême nord du désert de Chihuahua la ville tire son nom d'un vice-roi de la Nouvelle-Espagne. Nombreuses traces de l'Espagne coloniale et des Amérindiens.Selon certains classements, contestés,Albuquerque serait la trente-troisième ville des U.S.A.Neil Young chante ainsi Albuquerque dont le nom reste de toute façon quasi imprononçable aux anglophones.

http://www.youtube.com/watch?v=mCiufxjOQHk

24 décembre 2009

Grace d'Ecosse

                                         Deuxième livre pour moi de cet auteur écossais(voir Le coeur de l'hiver http://eeguab.canalblog.com/archives/2007/01/23/2924105.html Cet écrivain commence seulement à être traduit en France,trente ans après la publication originale.C'est une plume très riche que Dominic Cooper.En moins de 200 pages il nous intéresse à Murdo Munro,forestier écossais qui vient de quitter sa femme à 58 ans,le jour du mariage de leur fille.après avoir accessoirement incendié sa maison.Fuyard,perdu,Munro,plutôt bon bougre,erre dans cette forêt d'Ecosse péninsulaire,en quête d'un restant d'avenir bien ténu.Les collines,les lacs,les ruisseaux de ce petit bout d'Ouest 'Ecosse n'ont pas de secret pour Dominic Cooper.C'est extrêmement bien décrit,à en frôler le vertige du lecteur.Qu'il parle des nuages ou des oiseaux il nous enchante.Tout petit extrait:"Survolant les collines en direction du sud,quatre corneilles,des lambeaux noirs devant la lumière plus haute,passèrent devant la montagne et disparurent bientôt."

   Drame de l'usure des sentiments et de la solitude,Vers l'aube,est un superbe poème de cette Calédonie tellurique,cette Ecosse rude et enclavée,ces rochers d'Occident aux prises avec la mer.A mille lieues de la littérature du nombril que je déteste prenez une pinte de cet alcool aux forts effluves que n'auraient renié ni Stevenson ni Conan Doyle.Je ne sais s'il y a d'autres romans de Cooper à paraître mais d'ores et déjà ce bel écrivain d'embruns et de fougères rejoint mon album photo.Il y sera en bien belle compagnie.

22 décembre 2009

Séquences franciscaines

  En 1950 Rossellini réalise un film unique qui ne  se rattache dans son oeuvre ni au Néoréalisme historique,ni à l'existentialisme préantonionien,ni aux expériences télévisuelles tardives.Mais quelqu'un a déjà dit tant de bien de Onze fioretti de François d'Assise que je me contenterai de vous y renvoyer.On peut lui faire confiance.

http://nightswimming.hautetfort.com/tag/rossellini  L'avis d'Ed de Nightswimming

20 décembre 2009

Liaisons dangereuses

         Ce livre est salutaire car il cerne fort bien les ambigus rapports entre littérature et politique,couple infernal et qui souvent a rapetissé plutôt que grandi les écrivains.Je crois que c'est Fellini qui disait que politique était prison.De fait le maestro avait raison et s'est d'ailleurs bien gardé de trop d'allégeance.Stéphane Giocanti,universitaire et biographe d'écrivains ,T.S.Eliot,Charles Maurras,n'oublie personne dans ce vagabondage littéraire.On y croise certes Sartre et Camus,Hugo et Zola,Malraux et Duras,astres de première grandeur.Mais le plus intéressant me semble le recul et le désengagement relatif des Hussards par exemple, Nimier, Laurent, Déon,tant me sont vite pénibles les leçons de certains,bilatéralement parlant.

   La littérature n'est jamais aussi forte pour moi qu'ailleurs,au dessus,ou au delà.Le cliché de l'écrivain dans la cité,de la conscience,du témoin privilégié,s'il est souvent compréhensible atteint vite ses limites.Encartés de tous les bords libérez vos chaînes,ce qui ne vous ôtera ni clairvoyance ni talent ni génie.Au contraire...Cette Histoire politique de la littérature nous présente toutes les facettes de cet improbable pacs.Il y a là les idéologues,les courtisans,les pamphlétaires,les bonnes consciences à peu de frais,les humanistes de cocktails,etc...Cela ne les prive pas complètement de leurs qualités d'hommes de lettres,mais quand même quelques-uns auraient dû y regarder à deux fois.Vous penserez comme moi mais peut-être pas  au sujet des mêmes auteurs.

13 décembre 2009

Ma vie sans...This wheel's on fire

http://www.youtube.com/watch?v=L8wV2ON9K5w]

          Je ne reviendrai pas sur la naissance du folk-rock,appellation sans intérêt.J'ai par ailleurs mille fois dit mon admiration pour les Byrds,catayseurs de tout un courant et dont je possède l'intégrale en édition limitée.Roger McGuinn,David Crosby,Chris Hillman,Gene Clark et Michael Clarke,tous passionnés de roots mais aussi de rock,devinrent en 65 le troisième grand B de la musique(Beatles,Beach Boys).leur influence  fut et reste énorme.De grands musiciens volèrent plus ou moins longtemps chez les Oyseaux,Gene Parsons,Gram Parsons,Clarence White,Skip Battin.Des originaux Gene et Michael nous ont quittés il y a bien longtemps.Si leur premier succès planétaire fut le légendaire Mr.Tambourine Man réduit à deux minutes ils ont enregistré une cinquantaine de titres de Bob Dylan.Voici This wheel's on fire..Rick Danko(The Band) l'a écrite avec Dylan et The Band l'a incluse dans le mythique Music from Big Pink.Nombreuses autres reprises dont Julie Driscoll et Siouxsie and the Banshees.

12 décembre 2009

Le mendiant et le colonel

           Quel beau livre que Tarabas un hôte sur cette terre.Tarabas,tour à tour étudiant, soldat, révolutionnaire, colonel, antisémite,mendiant s'est vu promettre par la gitane de New York le meurtre puis la sainteté.Pour devenir meurtrier c'est assez vite fait: l'Europe à feu et à sang vous tend les bras et Joseph Roth le juif galicien sait de quoi il parle.Pour la sainteté...Tarabas retrouve le chemin de son enfance,là où il pourrait donner un nom à chaque saule,chaque bouleau,là où l'attendent ses bonnes chaussures,et surtout là où père et mère sont leurs propres cercueils d'égoïsme et de folie.Quand criera-t-on plus fort le génie de Joseph Roth?

6 décembre 2009

Californie-Mexique,une histoire de Love

   

                      Le duo magique de Calexico et leurs acolytes revisitent le classique de la bande d'Arthur Lee,Love et cela donne une version fiévreuse et haletante,avec ambiance frontière et Rio Grande.Burns et Convertino ou l'alliance Nord-Sud versant musical,tout en finesse et conviction.Calexico avec son amalgame cuivres et guitares folk me pose cependant un problème car la mayonnaise me semble parfois trop artificielle.Heureusement nombre de jolies chansons parcourent leurs albums.

http://www.youtube.com/watch?v=o14hqYc96gE Alone again or

27 novembre 2009

Les carillons de minuit

                  Sous ce titre j'aborde un film dont j'ai déjà un peu devisé mais j'ai eu le plaisir de le présenter en ma bonne ville picarde pour l'Université du Temps Libre et c'est avec beaucoup de joie que j'ai pu le faire découvrir.L a richesse de Falstaff est telle que chaque vision en renforce la beauté.Si Macbeth en 48 trahissait encore une assez forte théâtralité,si Othello en 52 pouvait apparaître remativement décousu(mais là je chipote) Orson Welles réussit en 65 avec Falstaff,Chimes at midnight,la meilleure adaptation  de l'univers de Shakespeare,définitive et qui éclate à tout moment dans ce qui était au départ un bricolage hallucinant à partir de quatre pièces du grand Will.Falstaff,seul rôle comique de l'acteur Orson Welles transcende les genres pour aboutir à cette tragédie bouffonne où le héros,pleutre pitoyable et menteur mais surtout homme tout de bonté  échappe à Hamlet et Othello ces géniaux archétypes d'une totale noirceur.Falstaff c'est Rabelais,c''est la vie et la poésie qui veulent sauver encore l'Old Merry England,celle des Joyeuses commères de Windsor,celle de ripaille et de liberté, de truculence et de nostalgie.

  Pourtant Falstaff n'est qu'un personnage  secondaire dans Henry IV,Henry V,Richard II,les pièces de Shakespeare amalgamées par Orson Welles.Le gros homme,bouffon à la panse énorme et au verbe haut devient plus que l'alter ego de Welles.C'est maintenant un caractère magnifique et poétique à sa manière,loin des princes shakespeariens et plus enore des Quinlan ou Arkadin,autres démesurés wellesiens.Sous le corps obèse et aggravé par les cadrages,bouffi et plein d'alcool perce un esprit fin et ouvert,un philosophe dont la liberté nous émeut.

   Welles recrée en Andalousie l'Angleterre élisabéthaine pour cet adieu à l'enfance qui verra le joyeux Jack Falstaff mourir de chagrin lorsque le prince Hal devenu Henry V se détournera de son ami,son mentor ès freudaines de jeunesse.Le prologue hivernal où l'on entend le juge Shallow,crécelle,et Falstaff,bourdon est déjà un modèle d'utilisation du son au cinéma.Si la première partie de Falstaff est encore très farce et libertaire dans cette campagne anglaise riante et arrosée toutes les scènes où le pouvoir en place apparaît(John Gielgud,grande figure shakespearienne dans le rôle de Henry IV) nous ramènent à la dureté de la pierre des palais et à l'écrasante difficulté de régner.Scènes verticales,de murs et de lances,par opposition aux espaces pastoraux et végétaux où s'ébrouent Falstaff et ses amis.Mais je n'en finirais pas de décrire les enchantements des Carillons de minuit.

   Je ne dirai que quelques mots de plus sur la plus belle bataille du cinéma malgré la rude concurrence d'Alexandre Nevski.Cette bataille de Shrewsbury contre les rebelles est importante dans l'histoire de l'Angleterre.17 minutes de bruit et de fureur,presque sans paroles,un tiers de la totalité des plans du film et la silhouette ronde de Falstaff,trouillard et combattant de la dernière heure,courant de ci de là comme un personnage d'animation.Extraordinaire.On pense à Eisenstein déjà cité,à Griffith,à Ford.La bataille,épuisée,se ralentit.Les cavaliers sont devenus piétaille,la piétaille s'st couchée.Règne la boue.Le pouvoir légal a gagné.Le roi est mort.Vive le roi.Le jeune roi Henry V va renier le gros homme qui l'aimait,tout à sa tâche de maître du pays.Simplement, Falstaff le bouffon meurt d'aimer.

Images   http://www.youtube.com/watch?v=eii4_wbuPJY

24 novembre 2009

Rock big bands

      

   Quand se zébrait de cuivres fulgurants l'agonie des sixties...

album_blood_sweat_tears

http://www.youtube.com/watch?v=cKnHn-A5TNQ] Smiling phases Blood Sweat and Tears

http://www.youtube.com/watch?v=soLIZ4W0rZw 25 or 6 to 4 Chicago Transit Authority

http://www.youtube.com/watch?v=huPzVVl9QSQ  Clown The Flock

http://www.youtube.com/watch?v=_EBMo8xHGNs Vehicle The Ides of March

   Quand il n'y a rien à dire,rien à lire.Quand il n'y a qu'à écouter...

19 novembre 2009

A la lanterne

                   On est évidemment encore loin des Riches heures du muet.L'expo La lanterne magique est un joli moment d'histoire,d'évasion et d'étonnement.Ce pré-,que dis-je,ce proto-cinéma est très riche d'inventions,de couleurs,de fantaisie aussi.Depuis 1659 la lanterne magique née en Hollande a conquis l'Europe.Elle a servi à tout: distraction, religion, morale, révolution, propagande, pornographie, pédagogie,science.

image_58476489

        A l'évidence elle a influencé Verne,Méliès,Bunuel, les Surréalistes, Bergman, Lynch.Coppola signe la préface du copieux catalogue.On peut même s'amuser à manipuler les tirettes pour animer quelques scènes. Proust,Prévert lui ont consacré quelques belles lignes.et à l'heure où l'on semble redécouvrir Fellini comment ne pas faire le lien entre le plus magique des montreurs d'imaginaire et ce jouet extraordinaire que la Cinémathèque nous propose en différentes versions aux noms parfois très compliqués mais qui rutilent,qui rutilent?Le cinéma,attraction foraine?Ah oui alors et dans toute sa grandeur...

Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Archives
Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Newsletter
33 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 371 064
Publicité