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26 juin 2007

L'admirable retour de la colline

Du bon vieux cinéma(enfin,surtout bon).Vincente Minnelli s'y entend à merveille pour nous émouvoir avec une histoire somme toute assez classique et qui ne déparerait pas un quelconque feuilleton télé somnologène.Un couple qui se déchire dans une Louisiane moite et brutale.Deux enfants,l'un plus légitime que l'autre.Mitchum,remarquable une fois encore en père fatigué,riche et coureur de jupons mais lucide sur lui-même.Eleanor Parker,bafouée si longtemps et qui ne vit que pour son fils,jusqu'à faire son malheur.Dans ce domaine pas très éloigné de Tennessee Williams avec moins de fantasmes et plus de couleurs Minnelli nous offre un de ces somptueux mélodrames comme il en a le secret(avec Douglas Sirk).On pense à Comme un torrent,Les quatre cavaliers de l'Apocalypse.

      Sous le titre français Celui par qui le scandale arrive Home from the hill enchante par ses portraits douloureux, trouble par sa brutalité,témoigne par l'ambiance sudiste, paternaliste et cynégétique,bouleverse par quelques mots,ces mots des gens qui ne savent pas se dire qu'ils s'aiment bien plus qu'ils ne le supposent.Un scope technicolor particulièrement raffiné achève de donner à ce film une aura dans le style famille sous l'orage sublime et inoubliable.Minnelli connaît le sens du spectacle.N'est-il pas l'auteur de nombre de comédie musicales Brigadoon,Un Américain à Paris?On lui doit aussi Les ensorcelés, formidable méditation sur les mirages du cinéma,et sa presque suite Quinze jours ailleurs, désenchantée.Dans le grand tourment de Celui par qui le scandale arrive le talent d'un metteur en scène,en couleurs,en douleurs éclate à chaque plan.

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21 juin 2007

Un inédit de Fritz Lang

      Comme de coutume la firme Wild Side a bien fait les choses pour la sortie DVD de House by the river(1950) film de Fritz Lang jamais sorti en France.Le disque de compléments nous propose un entretien William Friedkin-Fritz Lang et l'éclairage sur le film de Patrick Brion et Pierre Rissient qui argumentent fort bien de la carrière alors cahotique de Lang en Amérique.Ils insistent aussi sur le rapport freudien de la plupart des films de Lang,allemands ou américains.J'ai déjà eu l'occasion de donner mon sentiment sur cet aspect du cinéma langien dans l'article sur J'ai le droit de vivre il y a quelques mois.Quant à l'entretien avec Friedkin je le trouve peu intéressant même s'il revient très longuement sur le fameux et désormais douteux épisode de son entrevue avec Goebbels et sa fuite le soir même de Berlin.

   House by the river,bâti pour la petite maison Republic est adapté d'un roman de A.P.Herbert.Un écrivain besogneux commet un crime sans vraiment le vouloir.Thème favori de Fritz Lang la culpabilité et le basculement possible à tout moment d'une vie vers le côté obscur(Dark Vador n'est-il pas un des ultimes avatars de Mabuse?).Le meurtrier n'a de cesse de tenter de transférer cette faute sur son frère et entame une déchéance morale qui ne peut conduire qu'à sa perte.On pense à Hitchcock et à ses rideaux ou ses escaliers.On a parfois comme quelques flashes de l'expressionnisme historique disparu depuis 20 ans,surtout la belle façon de filmer l'élément liquide,décidément difficile à apprivoiser comme complice obéissant pour une tâche criminelle(autres exemples Verdoux,L'aurore,Une place au soleil).

   Chez les immenses on sait qu'il n'y a pas de films vraiment mineurs.House by the river commence seulement sa carrière et il y a gros à parier que les les légions de passionnés de Fritz Lang sauront lui faire place en leur cinémathèque.Perversion,innocence bafouée, manipulation, psychanalyse et rapports ténus entre la culpabilié et la créativité,tout y est.

10 juin 2007

Ouragan aux confins de la Floride


Key Largo (1948)

    Moins connu que les célébrissimes films de Hawks Le port de l'angoisse et Le grand sommeil Key Largo(1948) est la dernière rencontre Bogart-Bacall.Considéré comme un peu moins réussi surtout je crois à cause de l'origine théâtrale très marquée du film c'est pourtant une oeuvre que je vénère,l'ayant vue très jeune et revue régulièrement avec plaisir.Key Largo sonne pour moi comme la magie du film noir,américain au sens le plus cinématographique du terme accompagné de ses mythes les plus forts.C'est d"abord une question de phonétique:j'adore la consonnance Key Largo(prononcer "ki" bien sûr,ce que j'ignorais à ma première vision).La seule manière qu'a Bogie de prononcer ce "Key Largo" dans le car qui l'emmène vaut le déplacement.Il y a dans ces trois syllabes tout le mélange de cynisme et de grandeur d'âme de la plupart des personages bogartiens.Après guerre à l'extrême ouest de la Floride un chapelet d'îles,les Keys,subit de violents ouragans qui isolent la maigre population.Dans ce micromosme créé par le dramaturge Maxwell Anderson les principaux personnages vont se retrouver dans un hôtel, huis clos étouffant pour ces éclopés de la vie comme les aime John Huston,metteur en scène.

   C'est d'ailleurs un film de complices,Huston-Bogart, Huston-Richard Brooks(scénario),Robinson-Bogart.Et que dire de l'alchimie Bogart-Bacall qui n'aie déjà été écrit?Bogart,nommé aux Oscars est impressionnant de colère retenue,même si son personnage n'apporte pas de dimension nouvelle comme le feront à mon avis African Queen ou Ouragan sur le Caine.Peu importe tant sa présence nous émeut à chaque plan y compris les plus "lourds" psychologiquement lorsqu'il feint la lâcheté.Mais le personnage bogartien est toujours border line entre dédain,lâcheté,égoïsme et une humanité de boy-scout.Qu'est-ce qu'on l'aime.

   En face le génial Edward G.Robinson interprète Rico,une ordure très inspirée de son rôle de Little Cesar dans le film de Mervin LeRoy.Limite psychopathe surtout dans les scènes d'humiliation(Claire Trevor alcoolique mendiant un verre par exemple) l'ennemi public est en fait terrorisé par la tempête sur les Keys.Dans ce film,variation en huis clos sur le thriller,un peu embarrassé par le manque d'espace et le confinement,on retrouve aussi la thématique de Huston, ancien de la Guerre fatigué,deuxième chance avec Nora (Bacall ici non pas femme fatale mais veuve sérieuse et qui retrouve l'espoir).Pour l'anecdote le bateau de la délivrance porte le nom Santana,nom du yacht de Bogart lui-même bon marin.

 

 

26 mai 2007

Mr.Faulkner goes to Hollywood

   

    Les grands écrivains américains sont tous passés plus ou moins par la case Hollywood.Aucun n'a marqué de son empreinte le cinéma en tant que scénariste,la plupart du temps noyés entre cocktails et corrections de leurs rares contributions par les producteurs.Ainsi William Faulkner aurait contribué à plusieurs films de John Ford(uncredited,comme on dit),ainsi qu'à l'un des films américains de Renoir,L'homme du Sud) et à d'autres productions oubliables.Par contre il est très officiellement au générique de trois films importants de Howard Hawks:Le port de l'angoisse,Le grand sommeil,La terre des Pharaons où il ne semble pas avoir été concerné davantage.Faulkner n' a jamais été un homme d'images.Cependant quelques films adaptés de son oeuvre valent largement le détour.

   

  L'intrus réalisé en 49 par Clarence Brown est un excellent constat sur la vieille culture sudiste basée sur les habitudes de justice sommaire bien ancrées dans ces comtés que Faulkner connaît si bien.Sans acteurs connus L'intrus dépeint avec conviction le lynchage et la prise de conscience de certains citoyens qui finissent par ouvrir les yeux.J'ai toujours pensé que Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur,le beau roman de Harper Lee(au cinéma Du silence et des ombres de Robert Mulligan) avait une filiation assez directe avec le roman L'intrus.

    Mis en scène avec flamme par l'immense Douglas Sirk déjà cité très récemment,La ronde de l'aube(The tarnished angels) adapté de Pylone a fait l'objet d'une remarquable analyse par le Dr.Orlof dans l'article Un et un font trois.Je vais donc lâchement vous envoyer dans son cabinet pour y lire l'essentiel sur La ronde de l'aube,auquel je souscris entièrement.

    J'aime bien Reivers de Mark Rydell,bâti autour de Steve McQueen en 1969,qui nous montre une autre facette faulknérienne,roman d'apprentissage truculent,une virée dans le Mississipi où l'on voit un adolescent apprendre la vie auprès de personnages forts en gueule et surtout libres penseurs.Titre français du livre:Les larrons.C'est un des très bons rôles de Steve McQueen,capable ici de mêler la verdeur et l'émotion,la tendresse et l'action.

  Il était par contre très difficile de rendre la complexité familiale des très touffus Le bruit et la fureur et Les feux de l'été.Martin Ritt s'y est risqué mais ces films,rarement présentés,ne parviennent qu'à peine à évoquer la moiteur du sud,physique et morale. Sanctuaire,trame plus policière,n'est pas de loin,le meilleur rôle d'Yves Montand dans la réalisation de l'anglais Tony Richardson(61) où seule surnage la très bonne prestation de Lee Remick.

26 mai 2007

Un vieux film bien démodé,bien noir et blanc,bien romanesque,bref un très bon film

     Signé Douglas Sirk le somptueux prince du mélo(Ecrit sur du vent,Mirage de la vie,etc..),ce qui est une garantie minima de qualité ce film,oublié même des dictionnaires ciné,n'a pas vraiment de titre français.Vous pouvez lire sur l'affiche A woman,a man,a temptation.Vous avez donc compris.D'un hyperclassique trio amoureux Sirk l'esthète trousse une très sensible variation sur l'habitude et l'homme vielllissant,engoncé de ses certitudes et de ses charges qu'une rencontre avec un amour de vingt ans va faire chanceler.Nous sommes en 1956.

   Brabara Stanwyck est une de mes actrices de référence dans le cinéma hollywoodien.Elle tient ici le rôle de l' "executive woman" solitaire qui renoue le temps d'un week-end avec Fred MacMurray,sobre et juste en père et mari qui se questionne.Les clichés abondent bien sûr mais on est prié de ne pas trop cracher sur les clichés,surtout nous autres blogueurs qui en usons tous plus ou moins.Sirk n'est pas un moraliste même si le film peut sembler aujourd'hui douçâtre voire terne.Il est en fait bien dans la ligne de son auteur, flamboyant quoique assez éloigné des fulgurances de Mirage... ou Ecrit...La famille américaine,c'est à dire la famille tout court n'est pas épargnée,en mode mineur, discret.Moi je crois que ça ressemble à la vie et qu'un film comme American Beauty n'en est pas fodamentalement éloigné.

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20 mai 2007

Suite difficile

 

   Citation de John Cassavetes dans ce  film:"La vie est une suite difficile de départs,de divorces,de ruptures, etc...". Assurément pourtant il émane de ce film un indéfinissable mais fragile sentiment d'union...

Love streams,avant-dernier opus du grand John porte bien son nom qu'il faudrait si on le traduisait intituler flux d'amour mais il est vrai que ça sonnerait ridicule.Pourtant il s'agit bien de flux,de marées hautes et basses dans la vie des personnages cassavétiens.On le sait ces gens là sont toujours à la dérive,plus ou moins border line,empêtrés dans des problèmes existentiels insolubles et qu'ils diluent soigneusement dans la musique(le blues doit avoir été inventé pour eux et Too late blues a pour titre français La ballade des sans espoir),l'alcool,la nuit et le psychodrame.

   On n'oublie pas la virée des Husbands et on a appris qu'Ainsi va l'amour.Love streams nous plonge dans la relation entre un frère et une soeur,tous deux dézingués de la vie.Elle,Gena Rowlands,est divorcée et perd la garde de sa fille avant de donner des signes de dégénérescence cérébrale tragi-comique. Lui, Cassavetes en personne qui remplace John Voigt,découvre son fils de dix ans qu'il ne connaît pas.Comme vous le voyez nous ne sommes pas chez les as de la vie de famille.Cependant les retrouvailles de Robert et de Sarah sont bouleversantes car dans le cinéma de Cassavetes le facteur humain est présent comme nulle part ailleurs et c'est ce qui donne à ses films,pas très nombreux,cette aura magnifique entre espoir et pulsions destructrices,entre rire et larmes tous deux hypertrophiés comme il se doit dans ce monde où l'on s'aime quand même sans savoir se le dire.La fraternité entre l'écrivain alcoolique raté et sa soeur complexée est un beau morceau de cinéma.Le montage parallèle de la première moitié du film où l'on ignore le lien qui les unit mène ainsi aux scènes non pas d'affrontement mais de rencontre tout simplement.Ne sommes-nous pas tous des écrivains ratés qui n'ont pas su parler à leur soeur,à leur maîtresse,à leurs enfants?

19 mai 2007

Des images comme on aimerait en voir moins souvent

   

  Comme on aimerait que ces deux films,distants de trente ans n'aient pas eu lieu d'être.Ces deux films sont pourtant très intéressants et surtout pas racoleurs.Ont-ils un point commun?Deux metteurs en scène très originaux et qui n'ont jamais donné dans la facilité:Jerry Schatzberg et Gus Van Sant.Et c'est peu dire que dire que ces deux films,inédits pour moi,m'ont mis mal à l'aise,appuyant sur deux drames très différents,pas si différents en fait.On aimerait chasser de notre mémoire cinéphilique deux films plutôt bons,une fois n'est pas coutume.mais voilà,il y a la vie,et dans la vie il y a Panique à Needle Park(1971) et Elephant(2003)

   Panique à Needle Park est le second film de Jerry Schatzberg,photographe qui débuta très tard au cinéma. Tragédie de l'enfermement dans sa forme la plus contemporaine,la drogue,pure et dure et son cortège d'enfants déchus,ce film se veut dénué de tout romantisme mais n'y arrive pas tout à fait,le couple Pacino et Kitty Winn fonctionnant par instants comme une histoire d'amour simple et belle dans sa descente aux enfers.Ce qui trouble encore beaucoup dans Panique à Needle Park est la précision documentaire des gestes quotidiens du junkie qui personnellement m'est difficilement supportable.Plus que jamais et hélas d'actualité cette oeuvre hyper-dérangeante proche de la non-fiction demeure un témoignage qui n'a pas toujours été bien compris.La presse lui a en effet reproché le chaud et le froid,à savoir pour certains une complaisance morbide et pour d'autres une condamnation par trop aveugle.Pour moi ce film brûlant que je viens seulement de découvrir n'est pas si éloigné d'un film récent et honoré,Elephant,constat glacial.

  Elephant,Palme d'Or,obéit à une mécanique rigoureuse traitant de la violence en Amérique sans la moindre fioriture,et loin de toute psychologie de bazar ou non.Plusieurs blogueurs ont évoqué récemment Elephant et Sachaguitry notamment en a parlé mieux que je ne le saurai.On peut lui faire une petite visite.Pour conclure il se trouve que c'est le hasard qui m'a fait voir ces films dans la même semaine,semaine qu'on peut donc qualifier d'éprouvante.

5 mai 2007

Précieuse trilogie à l'anglaise

  •        Le soin apporté par James Ivory et son complice de toujours le producteur Ismaïl Merchant a permis la naissance d'une très belle trilogie qui a donné à la France  la chance de découvrir l'auteur anglais Edward Morgan Forster(1879-1970).Rarement tryptique d'adaptations aura fait preuve d'autant de cohérence et de finesse.Transposer le monde à la fois précieux et souterrain de Forster n'était pas à la portée du premier tacheron venu.E.M.Forster issu d'une famille patricienne était un esthète proche du groupe de Bloomsbury au début du siècle.Son oeuvre romanesque tente une correspondance entre les classes sociales de l'Angleterre edwardienne.Cette connection passe entre autres par le premier roman ouvertement homosexuel, Maurice,qui ne parut qu'après sa mort.Mais les rigidités demeurent outre-Manche et ailleurs et l'oeuvre romanesque de Forster commence seulement à convaincre de son intérêt.A noter que David Lean, malade,adapta lui aussi Forster pour son dernier film La route des Indes,qui ajoute aux thèmes centraux des barrières sociales à briser et des amours interdites une réflexion voisine sur la colonisation.Attention il ne faut pas prendre Forster pour un révolutionnaire.Il garde ses distances,cela ne l'intéresse pas vraiment.Il sait seulement que le monde change, doucement, lentement.                                                                                                            

            

    En 1986 Chambre avec vue,outre une belle ballade dans ma chère Florence au temps béni du tourisme aristocratique(enfin béni pour certains),nous emporte dans une délicieuse histoire d'amour soigneusement corsetée de chaperon et de pasteur.C'est la version light des conventions d'époque et la belle Helena Bonham-Carter,en pamoison toscane n'épousera pas le sinistre Daniel Day-Lewis.Comme ces acteurs étaient jeunes!A mille lieues du cinéma agité ce film adapté du roman Avec vue sur l'Arno obtiendra un succès inattendu.Ne nous y trompons pas.Derrière les baignades polissonnes et les pique-niques verdoyants la jeune Lucy prendra subtilement conscience d'un univers peut-être en voie d'extinction,d'extinction lente certes.

    Maurice(87) avec James Wilby et un tout nouveau,Hugh Grant,est un film plus grave et aborde le carcan social sur un versant plus noir que Forster connaissait bien.Si l'on aime les raccourcis on pourrait dire que Maurice est un hybride de L'amant de Lady Chatterley et de The servant.Du roman de D.H.Lawrence le thème de la mésalliance avec le garde-chasse pour ce jeune bourgeois.Du film de Losey d'après Pinter l'attirance et l'influence grandissante du serviteur et les rapports maître-serviteurs qui tournent à la relation inversée esclaves-maîtres.

     J'ai une préférence pour Retour à Howards End(92) où l'on voit que les auteurs ont tout compris de l'univers de Forster.L'interprétation Hopkins-Thompson y est pour beaucoup car ces acteurs là sont à l'évidence les personnages de cette croisée des chemins avec la prise de conscience sociale encore timide et féministe(le personnage de la soeur cadette,Helena Bonham-Carter).Il fallait pour ce film un écrin et c'est la maison Howards End car c'est cela Retour à Howards End,un film-maison comme il y a des films-fleuves.Le lieu est très important chez Forster comme chez Ivory.Déjà dans Chambre avec vue et Maurice les demeures patriciennes étaient des personnages à part entière.Ici Howards End est une sorte de maison jonction des deux siècles et des classes se rapprochant dans la douleur.On y accède en voiture,on n'est pas loin de Londres,on s'y ressource.Le capitalisme y est parfois brutal.Comme ce monde a mal,comme ce pays est douloureux,sous le feutre et le chrome.

E. M. Forster

     Beaucoup de suppléments dans ce coffret,surtout les propos de Ivory et Merchant.Le travail sur les costumes et les décors aussi.Et une anecdote croustillante dans la bouche de James Ivory,que je rapporte en ces temps de démagogie bilatérale qui n'épargne pas la blogosphère:la grande Vanessa Redgrave, héritière d'une célèbre famille de grands comédiens et icône gauchisante,exigeant pour son rôle,court,le double du cachet avant d'en savoir le montant.Vous ai-je dit bilatérale?

27 avril 2007

Bien avant Eve,la Comtesse et le limier

      Belle découverte que  ce rare film de Joseph Mankiewicz Quelque part dans la nuit(1946),son deuxième long métrage.Bien qu'empruntant les codes du film noir,son décor,sa nuit,ses docks,ses boîtes de nuit,Quelque part dans la nuit est déjà très "touche Mankiewicz" par l'importance du dialogue.On sait que Mankiewicz est un grand scénariste et un cinéaste "bavard",bavard mais brillant.

   John Hodiak,convaincant acteur de séries B. incarne un blessé du Pacifique frappé d'amnésie et au visage refait,en quête de son passé,peut-être d'ailleurs un passé d'assassin. L'amnésique fait partie des figures du film policier, permettant facilement des variations sur l'identité et la mémoire et Mankiewicz ne s'en prive pas.Mais encore une fois les mots font mouche,caustiques,ambigus et assez souvent sous forme de proverbes et de dictons.S'il est un cinéste du parlant c'est bien Joseph Mankiewicz et la suite de  sa carrière devait s'avérer étourdissante de brio avec Eve,La Comtesse aux pieds nus,L'affaire Cicéron,On murmure dans la ville,Jules César,Le limier,L'aventure de Mrs.Muir,tous films d'une intelligence insolente experte en manipulation.

7 avril 2007

L'immense acteur qu'aurait pu être...

     Parmi les destins brisés du cinéma bien peu de gens connaissent Laird Cregar dont l'impressionnante présence plane sur deux films passionnants du tout aussi méconnu John Brahm,réalisateur allemand faisant partie de la très fournie diaspora d'artistes germaniques ayant émigré aux Etats-Unis pour les raisons que l'on sait.Ces deux films sont assez proches l'un de l'autre,sortis la même année 1944 avec tous deux,en face de Laird Cregar,le flegmatique et lui-même inquiétant George Sanders.Il s'agit de Jack l'Eventreur que j'avais injustement oublié dans un précédent billet finement intitulé Fiche le camp, Jack, excellente version du mythe moralisateur d'un Jack the Ripper pourfendeur de prostituées ou d'actrices (synonyme?), et du meilleur encore Hangover Square.Avant d'aller plus loin je vous laisse en tête à tête avec les yeux de Cregar dans Hangover Square.Peu d'acteurs,Peter Lorre peut-être ou Mitchum dans M. et dans La nuit du chasseur sont aussi marquants dans la catégorie assassins.

     Jack l'Eventreur arrive à nous surprendre non par le décor bien balisé depuis longtemps du Londres victorien et embrumé mais par quelques idées peu exploitées dans cette histoire archiconnue:les bobbies sont à cheval,ce qui donne de jolies teintes expressionnistes qui trahissent bien l'origine de John Brahm,né  Hans Brahm à Hambourg dans les années 1890.L'ami Jack a des activités au fourneau comme un certain Landru et c'est dans les coulisses du théâtre,source de toutes les perversions,qu'il scellera son destin de monstre émouvant que la carrure de Laird Cregar rapproche d'un autre grand sentimental,King Kong.Là encore le mythe de La Belle et la Bête s'avère très cinégénique.Ce The lodger est une réussite mais Hangover Square me paraît plus original.

   Laird Cregar y joue le rôle d'un compositeur frappé d'amnésies et de pulsions meurtrières.J'avoue n'avoir pas revu récemment ce film mais conserve un souvenir d'une vision noir et blanc d'une sorte de colosse fragile amené au pire à son corps défendant.Hangover Square culmine dans un hallucinant bûcher final.Ma mémoire y mélange,peut-être un peu infidèle,des sensations de pogroms et de chasse aux sorcières.John Brahm tourna peu d'autres films intéressants sauf Le médaillon avec justement un autre halluciné,Mitchum. Quant à Laird Cregar sa morphologie à la Falstaff qui lui valut d'interpréter à 25 ans des personnages de 45 lui valut aussi deux attaques cardiaques qui l'emportèrent à 28 ou 30 ans selon les biographes.

31 mars 2007

Le médecin et le yakuza

    L'ange ivre(1948) est l'un des premiers films d'Akira Kurosawa.Cinéaste des bas-fonds de l'après-guerre japonaise l'attirance pour cette frange du peuple nippon ne le quittera jamais.Dans L'ange ivre la caméra revient souvent sur une sorte de marécage faisant office de déchetterie.Les personnages y passent tour à tour.On dirait que c'est le pays tout entier qui crache le sang comme le gangster soigné par le médecin alcoolique.Les rapports entre ce bandit qui ambitionne de devenir le parrain local et ce médecin qui fait de l'humanisme bourru sans le savoir sont parmi les plus beaux du si riche cinéma de Kurosawa.

  Dans l'Empire du Soleil Levant de 1948,post-apocalyptique comme presque tout le cinéma japonais les dancings ressemblent à ceux de Chicago et les voyous pourraient sortir d'un film de Scorsese,par ailleurs grand admirateur de Kurosawa.Les personnages féminins ne sont pas sacrifiés,surout la jeune fille en voie de guérison,très fraîche et enjouée.C'est bien sûr l'affrontement des deux hommes:le yakuza qui finit par douter et le toubib plein de bonne volonté faillible qui crée la tension et les scansions de L'ange ivre.C'est aussi le premier rôle de Toshiro Mifune chez Kurosawa.Les deux hommes ne se quitteront plus et Mifune deviendra le seul acteur nippon connu en Europe.Son jeu,assez occidentalisé,me fait penser à Brando pour le côté chien fou et à Gassman pour le côté hableur.Pardon pour ce raccourci.

   Le marécage,symbole d'un Japon perdant et perdu, permet à Kurosawa des plans splendides aux accords d'un guitariste dans l'ombre.Je n'en citerai qu'un:le bandit, très affaibli par la tuberculose, est adossé contre l'un des rares arbres du cloaque.L'arbre est rachitique et l'homme,voûté de douleur,ressemble à un chômeur italien culpabilisant.Quel compliment!

   

25 mars 2007

Réinsertion difficile(vieux débat)

    Deuxième film américain de Fritz Lang,J'ai le droit de vivre(You only live once,1937) n'est pas si éloigné de Fury,magistrale démonstration de le violence ordinaire des citoyens,proche d'un totalitarisme que Lang avait fui peu de temps avant.Henry Fonda,souvent honnête homme et idéaliste du cinéma américain y campe un type ordinaire sorti de taule après avoir payé sa dette selon la formule.La société ne l'entend pas de cette oreille et hôteliers apeurés,employeur réactionnaire,et anciens codétenus lui rendent vite la vie impossible.

   J'ai le droit de vivre

    Il y a les figures classiques du film démocrate:prêtre courageux,avocat dévoué et désintéressé,et même un épouse parfaite.Il semble que Fritz Lang se soit très vite adapté,preuve de la grande capacité de cet homme à transcender les systèmes.Le succès sera au rendez-vous de ses deux premiers films américains puis cela se gâtera comme l'explique le grand languien Chabrol dans ce DVD.Pourtant et je l'ai déjà souligné dans une note sur les westerns de Fritz Lang il y a continuité dans toute l'oeuvre du géant viennois.Depuis Les Araignées et Les espions jusqu'à l'ultime Mabuse(1960) il est question du pouvoir politique ou judiciaire,du mensonge d'état et de victimes broyées,victimes souvent loin d'être très innocentes.Fonda comme Tracy dans Fury passerait assez vite la frontière du meurtre de même que s'érige dans la ville la pègre pour traque et juger M.le Maudit.Nous avons tous deux visages. Simplement certains parviennent presque à n'en montrer qu'un.

9 mars 2007

Familles je vous hais

   Mensonges,névroses,alcools,violences sont au coeur du théâtre de Tennessee Williams.On ne choisit pas sa famille et Thomas Lanier Williams a connu une vie familiale pour le moins heurtée.Père détesté et soeur aimée mais malade et lobotomisée.Chez Williams psy à tous les étages et plus encore dans ses pièces.Pièces que l'on est peut-être en droit de trouver fatiguantes et outrées.Pourtant un peu de détestation ne peut nuire.

   Richard Brooks a mis en scène deux fois T.W.:Doux oiseau de jeunesse et La chatte sur un toit brûlant tous deux avec Paul Newman jeune et très "underplaying".J'ai vu le deuxième qui est un film de braise,poisseux comme ce vieux Sud(Old Dixie) entre canicule et orage sur plantation.Les noirs n'y sont encore que des silhouettes et le cercle de famille nous y étouffe entre une belle-soeur prolifique et vénale,une mère éplorée devant son tyran de mari,ce "Père chéri" unanimement haï et une Liz Taylor pas très loin de Qui a peur de Virginia Woolf? Oscar du meilleur second rôle pour le whisky,très à l'aise dans son rôle de starter.

   Burl Ives,enveloppe d'Orson Welles et verbe à la Barrymore,est un parfait patriarche dans cette histoire d'une nuit dans le Sud,visqueuse et lubrique.Quelque chose en nous de Tennessee fait qu'on s'y sent finalement assez bien,comme en famille.

4 mars 2007

Fiche le camp Jack

     Oh et puis non reste avec nous.C'est qu'on s'est habitué à toi,nous,depuis plus d'un siècle que tu nous distrais de tes sympathiques assassinats de prostituées dans ces délicieuses rues de Whitechapel.Nous aimons,nous,ces infâmes tenanciers de bordels,ces danseuse de cancans qui n'attendent que l'égorgement fatal dans ces brouillards  cinématographiques,non loin de bobbies incapables et de cochers de fiacres louchant d'un oeil torve sur les rares clientes pressées.Ah!Qui dira la poésie de ces nuits londoniennes où brille sous la lune la lame argentée d'un couteau bien acéré qui s'apprête à rendre justice à sa manière. 

    Selon les versions,my friend Jack,tu as été habile politicien,chirurgien renommé,surintendant de Scotland Yard,prince proche de la Couronne.Qui que tu sois Jack,on t'aime,nous les cinéphiles,de noir et blanc souvent vêtus comme les décors que tu hantes d'une chorégraphie de chair et d'os,cape et poignard,redingote frôlant les pavés luisants sous les pâles réverbères.Reste encore un peu Jack.

    La série B des producteurs Monty Berman et Robert S.Baker n'a aucune star à l'affiche,mais beaucoup de charme.Amis bloggers si le coeur vous en dit Jack vous donne rendez-vous par ailleurs.N'hésitez pas à vous rendre à ses invitations qui valent bien celles de ses descendances,Hannibal,Jason,Freddy et consorts.

From HellTime After Time Meurtre par décretA Study In Terror 

   The Lodger - A Story Of The London FogVols  Paris-Londres(aller simple)

Les guides sont respectivement Allen et Albert Hughes,Nicholas Meyer,Bob Clark,James Hill et Alfred Hitchcock.

4 mars 2007

Sans commentaire

C'est un film que j'ai vu à sa sortie.C'est considéré comme un très bon film.C'est le film qui m'a le plus marqué.C'est un film que j'ai juré ne jamais revoir.J'ai tenu parole depuis 36 ans.C'est un film qui est pourtant parmi mes quelques 300 DVD.Si les plus jeunes ne le connaissent pas sachez que c'est un film sur le paradis perdu.Quant aux plus anciens peut-être aimeront-ils en retrouver quelques arpèges.

http://www.youtube.com/watch?v=GdzThgveHwQ

18 février 2007

Chronique d'un habitant de Manhattan

J'ai terminé mon cycle sur six décennies de cinéma par Manhattan.Après L'aurore,La règle du jeu,Rashomon,L'Avventura et Andreï Roublev le ton était donc à la légèreté et à l'humour.Et mes élèves avaient bien mérité un feu d'artifice eu égard à leur patience et à leur fidélité.J'ai vu tous les films de Woody Allen sauf les deux derniers et je considère Manhattan comme une charnière entre les comédies hommages du début:Woody guerillero dans Bananas,Woody gangster dans Prends l'oseille et tire-toi ,Woody spermatozoïde dans Tout ce que vous avez... et les oeuvres de sa maturité dont certaines sont amères voire graves.Peu de temps avant Manhattan le très bon Annie Hall et le très introspectif et bergmanien Intérieurs avaient amorcé un sérieux tournant.

   Manhattan est la quintessence de l'univers alllénien,ne serait-ce que par le titre.On n'est même pas à New York mais à Manhattan coeur vieil européen de la mégalopole américaine.Américaine si peu parfois avec ses allusions à Fellini,au cinéma japonais,à Shakespeare,à Tchekhov et Freud,à Mozart et Flaubert.Bien sûr il ya le jazz,Armstrong et Gershwin que je vous offre en fin d'article.Isaac Davis,Juif new yorkais,affublé de deux ex-femmes,d'une maîtresse mineure,d'un ami écrivain ou éditeur ou les deux,vogue de restau branché intello en galerie où l'art moderne dégage une"remarquable altérité".Central Park sert de paysage paroxystique à Woody Allen,lui qui n'aime guère s'éloigner de la Grosse Pomme.

Manhattan est le film le plus délicieux d'Allen avec son romantisme qui chez tout autre serait de pacotille, ses dialogues qui ailleurs seraient parfaitement snobs et niaiseux,ses musiques qui pourraient apparaître comme passéistes.Mais voilà:W.A. est un vrai créateur d'images et de situations cinématographiques avec un univers bien à lui que l'on aime tant en France.Bien sûr W.A. est maintenant devenu une institution surtout de ce côté de l'Atlantique et l'on commence à faire la fine bouche.Mais une intégrale de Woody Allen avec pas loin de 45 films contiendrait bien 45 oeuvres au moins intéressantes.J'aime notamment ses douces incursions fantastiques dans La Rose Pourpre du Caire,Zelig,ou Alice.Et il y a tant de bonnes choses dans Crimes et délits,Maris et femmes,September,etc...

Ecoutez le magnifique prologue de Manhattan au son de Rhapsody in Blue

http://www.youtube.com/watch?v=VyY4EUR4by8

17 février 2007

Boulevard du crépuscule

Ni dieux ni démons

    Boulevard du crépuscule pour ce joli film qui brode une variation sur les derniers jours de James Whale,metteur en scène fin et esthète lui aussi brisé par Hollywood.James Whale,réalisateur des deux plus beaux films sur la Créature:Frankenstein et La fiancée de Frankestein,délaissé par le cinéma n'est plus qu'un vieil homosexuel malade et nostalgique de sa grandeur.Sa rencontre avec un jardinier réveille des ardeurs toutes platoniques et des souvenirs de jeunesse,de guerre et de films.

   James Whale finira dans sa piscine pleine d'eau dans Ni dieux ni démons alors qu'il est mort dans sa piscine vide en réalité.Légende,réalité.Peu importe puisqu'on est là dans le double imaginaire du Septième Art avec les fantasmes de Whale (saisissant et grandiose Ian McKellen) d'une part et d'autre part la fiction de Bill Condon,réalisateur de ce film passé inaperçu en 99.Ni dieux ni démons n'a rien d'une biopic appliquée et sentencieuse.C'est seulement quelques jours dans la vie de James Whale au long desquels on approche le spectacle de la création au travail à travers les émotions du personnage ni vraies,ni fausses,mais qui peut-être ont pu exister.

  Autant je suis méfiant devant les lourdes biographies qui peinent à restituer un portrait d'artiste dans sa longueur et sa subtilité,autant je me laisse emmener dans un voyage intérieur plein de finesse et de poésie comme celui-ci.L'amour des artistes n'est pas si loin d'un Ed Wood de Tim Burton.Compliment.

James Whale et Ian McKellen.

17 février 2007

Les filles du Moulin

                        Stephen Frears,Monsieur le Président du 60° Festival de Cannes est décidément très éclectique.Il nous offre avec Madame Henderson présente un curieux film,croisé de comédie musicale et de critique sociale,assez réjouissant.Madame Henderson,riche veuve de la gentry,décide de racheter le Windmilll,théâtre londonien peu avant la guerre.Avec l'aide du maître de ballet Vivian Van Damm elle se paie le culot de dénuder ses danseuses "à la manière parisienne". Shocking certes mais finalement très au goût du public et même des élites le Windmill battra de ses ailes y compris au plus fort du blitz sur Londres,réconfortant notamment les soldats entre deux missions.

Parfaitement porté par deux acteurs magiques qui rivalisent de querelles (Judi Dench et Bob Hoskins) le film est un joyeux pied de nez aux empêcheurs de danser en rond (Hitler par exemple).Frears aime les gens du spectacle et prouve une fois encore qu'entre les prolos de Dublin et les immigrés pakistanais nulle exclusive ne borne son cinéma.

28 janvier 2007

La route à deux

VOYAGE_1

            C'est une merveille d'ironie et de tendresse.C'est un voyage en France des années 60 où l'accordéon joue le soir à l'auberge et où la Côte d'Azur est encore le comble de l'exotisme.C'est aussi un voyage dans le temps pour jeunes amoureux,jeunes mariés,un tout petit peu moins jeunes parents.C'est une route du Nord au Sud à la rencontre d'un couple vacillant.Mais n'est-ce pas la norme pour un couple de vaciller,et de tomber?C'est un voyage où le couple se relève avec des bleus et des coups de soleil.C'est le voyage des ambitieux, des arrogants que nous sommes ou avons été.C'est une balade en bagnole qui fait du mal,avec des couples au restaurant qui n'ont plus rien à se dire.

      C'est un bien triste voyage où l'on comprend qu'il est hélas courant de n'avoir plus rien à se dire.C'est un voyage auquel on voudrait échapper.C'est un voyage duquel on ne ressort pas indemne.C'est un film très réussi de Stanley Donen:Albert Finney y est d'une vérité totale et Audrey Hepburn d'une fragilité destructrice complète.Maurice Binder le graphiste et Henry Mancini le compositeur sont du voyage,gage précieux.C'est un voyage que j'ai revu et dont je ressors avec encore un peu plus de désespérance.Mission donc accomplie pour ce bout de route.

24 janvier 2007

A l'attaque du Ford méconnu

Coffret John FordPourquoi ces trois films?Et pourquoi les éditions ont-elles décidé de ressusciter ces trois films fort méconnus?Mystère.Mystère et petite déception car ce coffret m'a laissé sur ma faim.Par ordre d'intérêt décroissant voici donc...

   Steamboat round the bend(35) est un film délicieux et truculent dans un monde à la Mark Twain et qui raconte une course de bateaux à roues sur le Mississipi avec Will Rogers alors grande vedette en capitaine et une rivalité virile comme Ford les aime tant,homérique et confiante en l'Amérique.Comédie comme Ford en a signé quelques-unes Steamboat round the bend restitue cette ambiance Showboat et Ol' Man River dans un registre qui se veut de bonne humeur,un peu dans la lignée des très ultérieurs L'homme tranquille ou La taverne de l'Irlandais.

   What price glory(52) offre de bons moments mais ne réussit pas toujours à convaincre par son mélange de burlesque,bagarres épiques et alcoolisées comme d'habitude,duos presque chorégraphiques entre les rivaux James Cagney et Dan Dailey,tous deux issus du music-hall,et d'angoisses de la guerre dans cette oeuvre dont l'action se passe en France pendant la Grande Guerre.Par contre quelques belles scènes assez émouvantes quand Ford prône la simplicité et la proximité de la mort au travail.

   Quatre hommes et une prière(38) présente l'enquête de quatre frères pour réhabiliter leur père,officier de l'armée des Indes.Je trouve ce film raté et artificiel.Seuls les cinéphiles s'amuseront à reconnaître David Niven et George Sanders très jeunes.Pour les Indes mieux vaut revoir Les quatre plumes blanches ou Les trois lanciers du Bengale en les situant bien sûr dans le contexte d'époque...

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