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BLOGART(LA COMTESSE)
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17 octobre 2006

Un rêveur américain

   

Nuit enchantée

                         Dans la formidable inventivité de la littérature américaine dont je parle souvent la musique de Steven Millhauser apporte une touche fluide et poétique. Nuit enchantée est une suite de petits tableaux à la lisière du surnaturel, une nuit d'été en ville où les jouets et les petites filles restent éveillés tandis qu'un gang de gamines boit de l'orangeade dans les maisons qu'elles visitent.

      L'écriture de Milhauser pétille doucement, distillant une sourde inquiétude, injustifiée cependant. Bien sûr il s'en faut de peu qu'on ne dérive dans La nuit du chasseur mais ces morceaux de contes à veiller debout, dans la torpeur estivale d'une Amérique un peu rêvée, lorgnent plus vers un surréalisme sans ogre ni vraie violence. J'oubliais le personnage principal:c'est la Lune,plutôt bienveillante dans son étrangeté.Je crois me souvenir qu'elle tenait aussi un rôle important dans La nuit du chasseur, mais plutôt versant obscur.

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11 octobre 2006

Oslo Rock


       Attention,chose rarissime le blog de le Comtesse va chroniquer un disque rock de moins de 30 ans enregistré par des musiciens toujours vivants. Cela ne se reproduira pas de sitôt probablement.Amateurs de rock primesautier s'abstenir. Ces gens là sont aussi gais que leurs impossibles patronymes norvégiens. Un précédent album se nommait Industrial silence ce qui n'inspire guère l'exotisme. The deep end est de la même eau,de la même eau-de-vie ou du même aquavit rauque,nordique,rocailleux et diablement séduisant pour un amateur comme moi de joyeux lurons comme Leonard Cohen ou Nick Cave.

The Deep EndLes critiques évoquent aussi Jim Morrison àjuste titre pour le côté obscur comme dirait Yoda. Madrugada nous emmène dans une sorte de maëlstrom à grands renforts de riffs et de claviers au son noir(?),par ci par là des cuivres arabisants. Surtout une véritable ambiance s'installe et nous envahit avec des titres commme The kids are on High Street,Sories from the streets,Hard to come back.De quelle ambiance s'agit-il?Là j'ai du mal à me prononcer.Allez je me lance en disant que le guitariste  a parmi ses livres préférés Abattoir 5 de Kurt Vonnegut qui n'est pas précisément une bluette.On peut aussi vaguement convoquer Edgar Poe,Baudelaire,etc...

http://www.youtube.com/watch?v=vMssr3XwAyM 

Ca vous tente?

12 octobre 2006

Une chanson:Summer in the city

http://www.dailymotion.com/video/xliyd_the-lovin-spoonful-summer-in-the-ci Ecoutez!

   Moins de trois minutes et l'une des meilleures chansons rock qui soit,le Summer in the city des Lovin' Spoonful,1969 et la fin des sixties à Woodstock.

Summer in the City

   Le groupe de John Sebastian connaîtra quelques succès Daydream,Nashville cats,Rain on the roof mais leur titre de gloire qui résonnera à jamais dans les coeurs est cet étouffante fournaise de klaxons et de bruits de la ville que je considère comme l'un des dix meilleurs 45 tours de la culture rock.Cette mini mini symphonie qui évoque la violence urbaine qui sourd sous le pavé fait preuve d'originalité avec ses saccades et ses effets spéciaux rudimentaires.Je trouve que c'est un des succès de l'époque qui est le plus évocateur de cette période de contestation étudiantine.Cela est bien loin mais conserve tant de charme...

3 octobre 2006

La découverte de la découverte

D'ores et déjà grand merci à Cuné et Chimère, marraines pour moi de ce vertigineux roman;ce livre est une merveille d'intelligence qui brasse l'univers entier dans une sorte de puzzle alliant la quête spirituelle aux sources de la chrétienté à une histoire d'amitié qui permet d'évoquer la Shoah, l'euthanasie, l'engagement politique et les erreurs de jeunesse, la paternité, la science et mille autres sujets. Ces 1100 pages sont un défi qui peut donner le tournis mais dont on sort un peu plus intelligent.

La Découverte du cielEcrit par le Hollandais Harry Mulisch avec une richesse verbale qui n'a d'égal à mon avis que chez Umberto Eco, La découverte du ciel s'impose comme l'un des romans de la fin de siècle. Entrez dans l'univers baroque et universel de ce maître et ne croyez pas que de cet exercice de style érudit et total l'émotion soit absente. Car ce sont bien des hommes, des vrais qui sont les héros de ce roman foisonnant. Des hommes du XX° Siècle avec leurs doutes et leurs désenchantements, leurs interrogations métaphysiques et leurs aventures charnelles et sentimentales.

Objet  littéraire total, ne vous laissez pas rebuter par la longueur de cette oeuvre exceptionnelle. On est libre de ne pas partager toutes les options de ce livre. On est libre de peiner quelquefois(peu) tant l'auteur est un magicien de  la langue et de l'intelligence. On ne peut nier qu'il s'agit là d'un phare du roman paneuropéen contemporain.

11 octobre 2006

Une chanson:Early morning rain

   Combien de feux  de camp que je n'arrivais pas  à allumer?Combien de filles peu convaincues quand je chantais Peter,Paul and Mary?Combien de retours en auto-stop difficiles fredonnant Blowin' in the wind?Combien de copains qui eux savaient au moins trois accords de guitare et qui emportaient le morceau(terme un peu cru pour désigner mes rateaux)?Combien de mois a-t-on pu croire que Richard Anthony vivait comme un hippie?Combien d'illusions?Et surtout combien de temps de cela? Ecoutez mes amis,écoutez dans le vent,écoutez la réponse est dans le vent.

    Du coup j'ai décidé de vous dédier cette jolie ballade dans la pluie du matin,le long de la Route 9,un dollar en poche et bien loin d'elle,en compagnie du trio qui fut parmi les tout premiers à croire en Robert Zimmerman.Putain comme j'aimerais y être encore sur le Runway Number Nine.

  http://www.youtube.com/watch?v=rPnLK1WnXxg    Ecoutez!

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20 octobre 2006

Les Américains de Bass

Dans les monts LoyautésRick Bass a dédié ses premières nouvelles à Jim Harrison et c'est bien dans la lignée du gros ours moustachu chéri des Français que s'inscrit ce recueil Dans les Monts Loyauté.Souvenirs de jeunesse avec un oncle bringueur,boxeurs ratés dans des tripots,aventures au Montana sont quelques-uns des thèmes évoqués par Rick Bass.Il est bien dans la mouvance de cette merveilleuse littérature américaine libre où l'on croise Tom McGuane,Richard Hugo,Thomas Savage,Elwood Reid et bien d'autres.Des hommes tout autant que des auteurs qui hantent plus les rivières à truites que les cocktails newyorkais.

Ce courant se caractérise par une respiration qui,bien que très actuelle,fait référence aux grands mythes fondateurs de l'Amérique à travers sa nature parfois idyllique,parfois meurtrière.Le cinéma jusqu'à présent s'est montré incapable de transcender ces oeuvres,avec entre autres deux adaptations navrantes de conformisme extraites du recueil Légendes d'automne de Jim Harrison.Je ne vois guère qu'un Terrence Malick qui aurait peut-être la fibre...

Ce phénomène littéraire très puissant est à rapprocher de la littérature "indienne" dont nous reparlerons(James Welch,Louis Owens,David Treuer,Sherman Alexie).De Rick Bass on peut aussi lire Le guet,Oil notes,Platte River

13 octobre 2006

O'Hara l'inconnu

Hier totalement inconnu de mes services(c'est à dire de moi) John O'Hara(1905-1970) serait l'alter ego des Dos Passos, Hemingway, Fitzgerald et autres que je révère.Pour une fois seul le hasard m'a fait choisir cet auteur à la bibliothèque locale:il était là en évidence et je l'ai pris après avoir lu le verso.

Une lueur de paradisUne lueur de paradis(Bernard Pascuito Ed.) est un livre bref qui ne s'embarrasse pas de scories.Courte histoire ayant pour cadre Hollywood le roman présente les apparences d'un thriller familial avec père prodigue revoyant ses enfants adultes et discussions qui tournent mal.Le narrateur,scénariste assez besogneux comme le furent tant d'écrivains majeurs dont O'Hara lui-même, se révèle vite impuissant à empêcher la fatalité. Je ne suis pas sûr que cet auteur soit si important.Il est néanmoins un tès habile trousseur de ce type d'histoires où la psychologie se réduit à quelques traits et où l'intérêt n'a pas le temps de faiblir.

   Mais le meilleur roman de John O'Hara est,dit-on,Rendez-vous à Samarra dont nous reparlerons plus tard.En piochant je viens d'apprendre qu'O'Hara avait en fait été adapté plusieurs fois avec La Vénus au vison,Du haut de la terrasse,10,rue Frederic ou La blonde et la rousse.Bon sang mais c'est bien sûr!

14 octobre 2006

Une chanson:Summer in Siam

   Shane McGowan leader des Pogues et réputé pour sa tempérance et son dentiste ne semble plus donner de ses nouvelles.J'ai choisi Summer in Siam qui ne ressemble pas vraiment à la discographie des Pogues.

Extrait de l'album Hell's Ditch Summer in Siam délaisse pour une fois les harmonies et les boissons celtiques et nous entraîne dans les bas-fonds de l'Orient comme dans un film des années trente avec fumeries d'opium,prostituées et arts martiaux. Les cinéphiles penseront peut-être à Sternberg et à Shanghaï bien que ce soit un été en Thaïlande que chante McGowan auprès de qui Gainsbourg à l'air d'un premier communiant.La chanson est laconique et feutrée,le saxo plaintif  et le piano égrènent les états d'âme d'un personnage en déshérence et en exil au pays des paradis artificiels.Cet univers là n'est pas si loin de Joseph Kessel ou Lucien Bodart qui furent comme chacun sait des voyageurs "très sages".Qui a dit que Rien qu'une chanson n'évoquait que des vieilleries.Summer in Siam n'a que ...16ans.

http://www.youtube.com/watch?v=c6SreNgKpac Ecoutez cette misérable chanson indigne!

23 février 2008

Cinémathèque m'était contée

      Journée Cinémathèque.Il faut que je rentabilise mon libre-pass et c'est loin d'être fait vu le boulot.Trois commentaires donc pour la Belle Dame de Bercy,dont j'ai déjà dit ici même la relative froideur et les dédales d'étages et de demi-étages car je ne comprendrai jamais qu'il y ait un troisième haut et un troisième bas par exemple.Tatio-kafkaïen.

                Ce que j'aime c'est qu'ici pas d'exclusive.Les pires banalités voisinent avec les chefs-d'oeuvre incontestés et les productions underground parfois géniales et parfois parfaitement croquignolesques. J'aime aussi l'idée de voir une rareté dans une vraie salle avec des spectateurs pas forcément hypercinéphiles à mon avis,mais intéressés par tout un pan de cinéma inaccessible.Je pense surtout aux vieux parisiens qui ont ainsi l'occasion de voir tous les jours des films de leur jeunesse,aux acteurs bien oubliés mais qui pour eux demeurent bien réels.C'est un peu le cas de L'homme du Niger(1939),crachotant le dilemne d'un officier français au Soudan français,administrateur ayant le projet d'irriguer des eaux du Niger l'aridité africaine. Tourné avec le concours du Ministère des Colonies et de l'Administration de l'Afrique Occidentale Française(stupeur des jeunes lecteurs,si,si,cela a existé même si je n'ai pas connu, n'exagérons rien),L'homme du Niger est un témoignage de ce cinéma paternaliste et bien-pensant de l'époque qu'il nous est utra-facile de stigmatiser.Nobles intentions,un Victor Francen très officier supérieur,très Vieille France justement,Harry Baur à cheval(une curiosité pour ce film bien statique) que l'on peut logiquement préférer en Jean Valjean plutôt qu'en médecin colonial,ou en juge Porphyre face à Raskolnikov.Et partout l'honneur, Messieurs, l'honneur de servir et de se sacrifier.Histoire du cinéma,l'Histoire au cinéma, c'est bien l'un des rôles de cette belle maison qui présente en ce moment Africamania,panorama du cinéma africain bien contemporain celui-là et fait par les Africains,souvent aidé par la France.

     Sacha Guitry a fait un retour en force cette année.Dépassé maintenant,il était temps,le stérile débat sur le théâtre filmé.Dépassées aussi je l'espère les quelques semaines de l'épuration.Cette très belle exposition, close maintenant,présente les innombrables facettes de Guitry.Ses pièces,ses films,ses dessins,ses amis, ses oeuvres d'art,ses épouses qu'il expose un peu aussi d'ailleurs. Guitry,toujours en représentation,dont les amitiés auront été de Clémenceau à Pétain en passant par Blum,c'est une plume acérée et un hommage aux vieilles gloires avec des extraits de Ceux de chez nous,bien sûr,dont le titre vieille France ne doit pas bercer une nostalgie un peu rance mais au contraire donner à voir le génie français quand il a nom Renoir, Rodin, France ou Saint-Saens.

(Portrait d'Alphonse Allais)

   Brillamment orchestrée en plusieurs thématiques l'expo visite successivement l'influence du père Lucien Guitry,la comédie,les chansons et revues souvent oubliées,la mise en scène de sa propre vie privée et le 18,avenue Elisée-Reclus,hôtel particulier autant que musée des beautés françaises.Et que dire de sa voix,cet instrument irremplaçable et reconnaissable entre toutes,cette voix que l'on a crû pendant un demi-siècle celle de Paris,voire du Tout Paris,et qui s'avère avec la fin du purgatoire celle d'un très grand auteur et cinéaste.

    La Cinémathèque organise comme tout le monde un hommage à Mademoiselle J.M.Moi j'organise modestement un petit déshommage suite à l'overdose.Non que sa carrière ne soit pas importante, Truffaut, Malle, Losey, Antonioni, Bunuel, Angelopoulos, Brook ,Kazan, Welles,Wenders. ne sont pas particulièrement des tacherons.Mais j'ai avec ce qu'est devenue J.M. un problème d'allergie devant le rôle qu'elle joue depuis vingt ans,ou qu'on lui fait jouer d"ailleurs.Cette préciosité à parrainer tout le cinéma français,cet artifice dont elle fait preuve (je me souviens d'une désastreuse Vanessa Paradis chantant Le tourbillon,encensée par Mademoiselle J.M. louant sa beauté et son courage).A ce propos relativisons le courage et la prise de risque des comédiens,balançant à force d'interviews à peu près autant de banalités et de poncifs qu'un entraîneur de football un samedi soir.Il semble qu'intronisée figure tutélaire du cinéma français Mademoiselle J.M. soit bien loin de la fraîcheur d'âme de certains rôles passés.Dame démagogie est encore une fois passée par là et ce n'est pas le super césar d'honneur qui rendra raisonnable ce culte d'un autre âge.

20 octobre 2007

It's all crossover now Baby Blue

      

         Ce clin d'oeil dans le titre s'adresse bien sûr à l'ami Thom,qui aime Dylan comme moi,qui a lu tout Philip Roth et tout Balzac.Si au moins ça s'arrêtait là mais en plus il nous pousse dans nos derniers retranchements et nous oblige à nous remettre en question.Voilà donc ma contribution fortement teintée couleur apéro entre amis à cette Opération Crossover.A Thom qui tua ma liberté de balance!Celle-ci fallait oser.

          N'allez pas chercher des crosses aux verres.Et surtout pas à ces verres là.Je sais,cette photo est maintenant archiconnue.Mais moi,moi qui vous parle,j'ai eu dans les mains,vieux birbe que je suis,bloguant besogneusement parmi tous ces jeunots qui pourraient être mes fils(et,pour certains,j'en serais rudement fier),j'ai eu dans les mains l'exemplaire de Rock et Folk de 1969 où fut publié l'interview des trois individus ici présents.Cette photo trône dans mon salon depuis des lustres,agrandie et la tabagie qui semble en sortir continue de m'oxygéner.Alors de grâce n'allez pas chercher des crosses aux verres.D'ailleurs...

           Les gens,il conviendrait de ne les connaître que disponibles,à certaines heures pâles de la nuit,près d'une machine à sous,avec des problèmes d'hommes, simplement,des problèmes de mélancolie.Alors on boit un verre,en regardant loin derrière la glace du comptoir et l'on se dit qu'il est bien tard...

      Alors,de grâce,n'allez pas chercher des crosses aux verres,et surtout pas à ces verres-là.D'ailleurs...

         Le coeur bien au chaud,les yeux dans la bière,chez la grosse Adrienne de mon talent,avec l'ami Jojo et avec l'ami Pierre,on allait brûler nos vingt ans.Voltaire dansait comme un vicaire et Casanova n'osait pas.Et moi,moi qui restais le plus fier,moi,j'étais presque aussi saoûl que moi.

         Alors de grâce,n'allez pas chercher des crosses aux verres,surtout pas à ces verres-là.D'ailleurs...

        On avait apporté quelques litres aussi,car le bonhomme avait la fièvre de Bercy

         Et les soirs de nouba,parole de tavernier,à rouler sous la table il était le dernier.A rouler sous la table il était le dernier.

         Saumur,Entre Deux Mers,Beaujolais,Marsala,toute la fine fleur de la vigne était là

         Pour offrir à l'ancêtre en signe d'affection,en guise de viatique une ultime libation.En guise de viatique une ultime libation.

         Alors,de grâce,n'allez pas chercher des crosses aux verres,surtout à ces verres-là.Et n'allez pas chercher non plus des crosses à ces vers-là.

      Avec par ordre d'entrée en scène Léo Ferré(Richard),Jacques Brel(Les bourgeois) et Georges Brassens(L'ancêtre).

  P.S. Il est des nôôtres il  a crossover comme les auautres.                

         

2 décembre 2006

Une chanson:The way it is

http://www.youtube.com/watch?v=qSDbvbvhLKo   Ecoutez!

Bruce Hornsby a accompagné Dylan,le Grateful Dead,Leon Russell.Après avoir pas mal galéré ce virtuose du piano qui ne dédaigne pas l'accordéon cajun rejoindra un moment Huey Lewis avant de décrocher la timbale avec son groupe The Range et le single The way it is(1986).Suivront quelques bons albums évidemment ignorés en France.Il faut dire que Bruce Hornsby aime son rôle de requin de studio auprès de Dylan souvent,de Crosby,Stills and Nash(sous leurs différentes déclinaisons),Sting.Du très beau monde bien sûr mais j'aimerais avoir plus de nouvelles fraîches de Bruce Hornsby.La chanson The way it is et l'album homonyme(avec les titre évocateurs Mandolin rain,On the western skyline,The river runs low) sont teintées d'influence jazzy et bluegrass.Les premières notes au piano de The way it is,à l'évidence vous les connaissez.

17 mars 2007

Une chanson:Lil' Red Riding Hood

20th Century Masters - The Millennium Collection: The Best of Sam the Sham & the Pharao

    Domingo Samudio est,semble-t-il,devenu pasteur.Ce nom ne doit plus dire grand-chose à personne.Mais en 65 déguisé en fakir et tournant souvent dans un corbillard accompagné des Pharaons Sam l'Imposteur commit un tube gigantesque et toujours aussi pimpant.Ca commençait comme ça:"One,two,three,quattro" et c'était Wooly Bully.On ignore que le groupe eut quelques autres succès sympathiques.Voici donc une histoire d'après un certain Charles Perrault que je trouve très réussie.A noter que Big Bopper qui avait créé cette chanson était l'un des trois pionniers morts le 2 février 59 dans le premier pépin majeur de l'histoire du rock avec Ritchie et Buddy.

  http://www.youtube.com/watch?v=K4jthByzwfU  Tirez la chevillette!

3 novembre 2006

Petites histoires d'Argentine

Délicieuse friandise que ces Historias minimas de Carlos Sorin(2003),film apparenté au road-movie mais à la mode sud-américaine,un peu nonchalante mais pleine de charmes.Autre originalité:il n'y a que des gens gentils dans ce film et ça fait du bien.Pas de tango ni de football mais un chien moraliste que son vieux maître retrouve après trois ans de séparation,un chien qui apparaît comme le fil conducteur de la vieillesse de Don Justo qui sur le tard se remet en question.L'accompagnent dans ce voyage un voyageu rde commerce,poète à sa manière et amoureux d'une veuve dont l'enfant fête son anniversaire.Roberto veut lui faire un cadeau,mais distrait,ne sait même pas s'il s'agit d'une fille ou d'un garçon.En guise de cadeau il a acheté un gâteau en forme de ballon mais le transforme en... tortue plus à même de satisfaire les deux sexes.

    De jolies touches de fantaisie émaillent Historias minimas avec le troisième personnage,une jeune femme qui a gagné à un jeu télévisé débile(ce n'est pas en France qu'on verrait ça).Mais qu'a-t-elle gagné?L'autoroute vers la Patagonie,monotone mais saupoudrée de gens sympas,un flic accueillant,des ouvriers muisciens,un pâtissier compréhensif,achève de nous convaincre de la douceur des choses du monde quand la bonne volonté s'en mêle.Hasta luego,amigos!

30 octobre 2006

Une chanson:Legend of a mind

Legend of a mind est l'un des grands succès des Moody Blues,ce groupe à deux existences bien séparées sous un même nom.Les puristes préfèrent en général les premiers Moody Blues,très blues effectivement avec Go now,Bye bye bird,And my baby's gone.Et puis à l'occasion de changement de personnel le groupe devint subitement "le plus petit orchestre symphonique du monde".Il y eut en effet la révolution du mélotron,sorte d'ancêtre du synthé dont les Moodies furent parmi les premiers à se servir.Suivirent alors plusieurs albums de rock symphonique très agréables à défaut d'être très originaux dont le multimillionnaire Days of future passed avec son tube universel Nights in white satin,tout plein de flûtes et d'accords un peu lourds mais encore une fois bien plaisants quand même.Les disques qui vinrent alors furent plutôt de moins en moins inspirés sans être vraiment ratés.Et diminua le succès,dure loi du rock.J'ai choisi l'excellent Legend of a mind,extrait de In search of the lost chord.Musique planante puisque évoquant Timothy Leary dont l'influence sur la vie(et la mort)de nombre de légendes du rock n'est plus à démontrer.

http://www.youtube.com/watch?v=r_TbovyVOzs Ecoutez!   

15 mars 2016

Gustafsson et Morrison

                                      X temps que je n'avais pas publié dans cette rubrique prétexte qui tente une vague synthèse musique et cinéma. Just like Greta est une chanson de 2005 du grand Van Morrison (album Magic time) et qui en fait ne parle pas de Garbo, mais seulement du syndrome Garbo. Morrison, réputé peu commode, rêve de prendre ses distances avec la presse, le public, le monde en général. Une sorte d'exil de lui-même où Van Morrison veut débrancher, vivre seul, icône peut-être, ermite un peu. L'excessif kid de Belfast qui éructait G.L.O.R.I.A. il y a cinquante ans au Maritime Hotel chante toujours Divine-ment. Le Maritime Hotel de Belfast était bien loin du standing Grand Hotel de Greta Garbo, à tous points de vue. Mais il est des lieux où souffle l'esprit.Sous les mêmes influences que les Français ignorent presque totalement, le blues, le folk, un petit coup d'Irish fiddle, la soul, etc... écoutez le Van, l'autre Morrison.

28 juin 2006

John,John,Henry and Bruce

 

Oui,cette curieuse affiche belge est bien celle des Raisins de la colère ,singulièrement affadie quant au titre habituel.

 

"L'autoroute luit dans la nuit

Mais personne n'a envie de rire

Assis dans la lumière du feu de camp

J'attends le fantôme de ce vieux Tom Joad"

       Bruce Springsteen(The ghost of Tom Joad)

La ballade,très belle,qui donne son nom à l'album très dépouillé de Springsteen(1997) fait référence à Tom Joad,le fermier ruiné du grand roman de John Steinbeck,adapté au cinéma par John Ford,dès la sortie du livre(1940).Il est est des cas,très rares où un grand livre peut donner naissance à un grand film.Le roman sonnait un peu comme un reportage;le film,très rigoureux,est un road-movie avant la lettre,contant la poignante errance d'une famille de paysans d'Oklahoma au lendemain de la Grande Dépression.

La route,c'est celle de la Californie qu'emprunte la vieille automobile bringuebalante des Joad,rappelant bien sûr les chariots bâchés de la mythologie du western,cahotant,trébuchant.John Ford,immense auteur des plus beaux films sur l'Ouest,maîtrise à la perfection la dramaturgie de cet espace vers la liberté(Go West,young man).Sur la route on rencontre aussi bien la fraternité que la désillusion,l'amitié que la trahison et les lendemains chantent rarement aux exilés du rêve américain.

L'authenticité du film est totale.Certaines scènes ont été tournées dans de vrais camps "oakies"(le surnom des déplacés de l'Oklahoma).Et Henry Fonda incarne avec foi Tom Joad,chef de famille qui veut croire encore à son Amérique.Les raisins de la colère,c'est simplement toute la noblesse du cinéma américain.Un grand livre,un grand film et soixante ans après un grand disque.N'en déplaise,un pays qui nous a donné John Steinbeck,John Ford,Henry Fonda et Bruce Springsteen  ne peut être complètement mauvais.

 

 

16 novembre 2014

Liffey

Liffey

 

Ce fleuve là n'est pas en couleurs

Vous qui rêvez de Nil et d'Amazone

Vous qui ne jurez que par l'Ol' Man River

Vous qui bouquinez sur les quais de Seine

O'Connell Bridge moins long que large

L'enjambe en quinze pas

Remontez votre col en novembre

Longtemps la rivière a eu faim

Ses enfants l'ont maudite et loin là-bas

Ouest atlantique,ne l'oublient pas

La passerelle est bondée, le clochard assis

Patient et souriant n'a pas encore trop froid

Il n'est pas si tard, mais le ciel hibernien

Se désole et décline

Belle et sombre mine, la rivière

Se méfie d'un quelconque traître,

Si longtemps éventrée

De mouchards et de filles trop bavardes

Mais je l'aime en sa grise heure

Et je connais ces silhouettes

Si loin de l'émeraude

Elles n'écrivent pas toutes, mais comme elles savent dire

Leur douleur et leurs haines

Entre leurs doigts poisseux.

Certains midis elle s'embleuit

J'y arpente les planches

Les grues à l'est, vers Laoghaire

Y jouent avec les nuages

Sous le regard d'Albion la méfiance

Des siècles de mépris

Des phalanges frappent le bodhran

Virevolte le banjo

Désinvolte et mutin

Claquent les pieds de Moira

Quand bien même les enseignes ont changé

Là sur le pont danse-s-y

Improbable rencontre, et pourtant

Ulysse pourrait y aimer Molly

Des feuilles rousses sous leurs chaussures

Plaignent le coeur de ville

Statufiés, les héros d'hier

S'offrent à chaque regard

Poètes et musiciens

Rodent encore, à la harpe parfois

Ou bondissants flûtistes

Liffey de chaque instant

Modeste jusques en ton lit

Mais aux tendres fantômes

Aux noirs contours, aux joues creuses

Vois, j'ai tenu serment

Comme j'ai parlé de toi.

 

11 septembre 2020

L'Ecrivraquier/23/Lettre au Boss

Lettre au Boss

Bonsoir Boss. Nous avons le même âge et tu me dois même quelques mois, un droit d'ainesse en quelque sorte. Tu imagines comme je suis ému à voir en noir et blanc la bande du E. Boss, 47 ans, que je te suis, 47 ans que tu m'épaules, tant d'années et j'ai l'impression que c'est toi qui m'a suivi. Toi, le plus jeune de mes quatre cardinaux, tu as tant compté. Oh je ne prétends pas à l'exclusivité, on est sûrement des millions à avoir traversé  le demi-siècle à tes côtés. Et ni Leo (a-t-il enfin trouvé la paix?), ni Robert, ni Neil ne m'en voudront. Ils m'ont beaucoup donné mais toi c'est côté coeur que ça se passe. Unique.

Sur la vidéo les gars ont bien sûr pris de la bouteille et du ventre. Et perdu quelques cheveux. Ca tombe bien, me too. Au fait dis à Patti que je ne l'oublie pas. Et Danny, et Clarence sont maintenant au Rock'n'roll Sky of Fame. Je voulais te dire, il y a dix ans j'ai retrouvé ma guitare d'ado. On ne s'était pas revu depuis 42 ans, elle et moi. Depuis on ne se quitte plus. Tu vas rire mais j'essaie même de te jouer un peu. Non je suis sérieux. Devenu acoustique moi aussi avec le temps. J'arpente tes albums et ton Amérique qui est un peu la mienne. Bien secouée qu'elle est.

Nous aussi on est un peu secoués, tu es au courant. Alors ta Letter to You, faut que je te dise, elle m'a fait pleurer, forcément. Ben oui, une lettre, c'est devenu rare, et  passé 70 balais, ça te prend tout de suite un air de testament. Je voudrais pas tomber dans le pathos ou l'anciencombattantisme. Et puis tant pis. F... l'originalité. Alors je me souviens d'un Stade de France, 2003, et d'un flamboiement de musique dans la nuit banlieusarde, où tu donnas tant, seul en répète et avec les gars. Inoubliable, le plus beau moment rock de ma vie. Pas loin d'être le plus beau moment tout court. L'une de mes fiertés, mon gamin était là à mes côtés. Bon, il  avait 29 ans. Mais quand même.

Tes chroniques américaines, 50 ans de la vie là-bas, souvent du côté de Steinbeck, je n'oublierai jamais The ghost of Tom Joad, mais faudrait tant, faudrait tout citer. Tes chroniques, ta guitare et tes potes du E.  t'ont valu depuis longtemps mon Nobel à moi. Et si l'autre saloperie qui traîne le permet je devrais te consacrer une conférence au printemps au Temps Libre. Faut t'y faire Boss, tu es devenu un sujet de thèse. 

So long Boss. Greetings from France, Picardie. Mon New Jersey. Et merci, merci pour tout. 

8 décembre 2013

Quatre étoiles

Elvis Presley - Heartbreak Hotel

CHRIS ISAAK - Blue Hotel

Eagles, The - Hotel California (acoustic with Eric Clapton)

Leonard Cohen Chelsea Hotel #2 Live

Frank Sinatra - There's A Small Hotel (Miss Kittin)

GRAND HOTEL  PROCOL HARUM

                                                               En ce dimanche que j'ai souhaité musical au moins six hôtels au monde  ne ressassent pas l'insipide fond sonore habituel. La clientèle,vous le voyez,y est prestigieuse. On se retrouve dans le hall?  Je consulterai ainsi successivement à l'Hôtel des Coeurs Brisés, enregistré pendant les 18 mois où Elvis fut bon ,mais très très bon .Puis à l' Hôtel Bleu avec Chris et au célébrissime Hotel California où cachetonnent Eric et les Aigles. Ensuite le Chelsea Hotel, pas rigolard rigolard (I remember you well) mais où il y a du beau monde, Leonard et le Bison. Frankie fait le boeuf dans un Petit Hôtel pas loin et nous terminerons dans une suite du  somptueux Grand Hotel (Our fortunes speed and dissipate, serenades and sarabandes) des génialissimes musicos de Procol Harum, le plus grand malentendu de l'histoire du rock,qui n'en manque pas, de malentendus. Tout le monde en est resté à A whiter... Alors que P.H. a enregistré une quinzaine d'albums fabuleux. Bon si je me lance là-dessus je vais être désagréable.

2 mars 2021

Villa Blues 🎸

                           L'ami Patrick, sous le joli nom de Villa Seurat (P.R.) écrit de bien belles choses. Je m'y reconnais fréquemment. Ses textes ont une tonalité qui m'enchante, et le parfum de blues qui en émane ne peut que me réjouir. Avec une touche de surréalisme parfois. Alors rendez-vous sur ce Railroad Crossing, résultat de notre collaboration (la deuxième). Une histoire de chemin de fer, de musiques et de ruptures, le sel de la vie. Merci Patrick. Je leur dirai ces mots blues. 🎸 Modestement quant à l'interprétation, mais sincèrement. 

22 décembre 2015

In the name of rock/ Kathy

                                   La chanson de Kathy, quelque part sur l'historique album The sounds of silence, comme cette chanson est simple, et comme j'ai conscience de radoter. Mais comme elle est belle cette chanson de Paul et Art, maîtres absolus de ma jeunesse. Et comme ce prénom ou ce diminutif  est banal à peine auréolé d'un parfum midsixties, celui de mes quinze ans. Et que de ballades pour Kathy, Katherine ou Kathleen, auxquelles je me suis associé et qui savent encore toucher mon coeur et le faire rêvasser. Ces Kathy m'ont bien oublié et vice-versa, mais les cordes d'une guitare chantent toujours la mélodie des années tendres, du lycée de Compiègne et des forêts du Valois, où déjà je nervalisais* laborieusement, pensant à la fille du notaire. C'était un temps déraisonnable... Ce  billet ne convoque pas la nostalgie, je me suis seulement dit, pensant à certaines, que peut-être elles aimeraient écouter ça. C'est totalement dispensable, bien joli cependant.

* Pardon mon Gérard

22 juin 2020

In the name of rock / Madeline

                       Le folk, qui m'a tant aidé et inspiré, est inépuisable. Et cette fois je ne radote pas de vieilles lunes mais vous présente Madeline et un trentenaire que je connais depuis au moins dix minutes. La chanson est récente mais peut se rattacher au courant folk des outlaws songs, que tous les grands folkeux classiques ont visité ou revisité. Beaucoup d'entre eux ayant d'ailleurs eux même tâté de la cellule. Il y a tout un vocabulaire dans les disques de blues, de folk, passionnants à découvrir. Up around the bend ne veut pas dire juste au tournant mais en taule. Pareil pour Up the river. Where the chilly winds don't blow est une jolie périphrase pour le prison. Je conseille le très bon bouquin de Jean-Paul Levet, éditions Kargo, Talkin' that talk, le langage du blues et du jazz. On comprend beaucoup mieux les allusions et les doubles sens de toutes ces chansons. 

                       Ian Noe a donc écrit une Letter to Madeline d'une facture très classique. Sûr que le folk, souvent appelé americana, plus branché, brode depuis toujours des harmonies familières. Mais cette musique est hors du temps. Just a guitar, man, just a guitar... Non, je n'ai pas connu de Madel(e)ine. Pourquoi vous me demandez ça? Sauf celle qui a posé des lapins d'anthologie au grand Jacques.

1 janvier 2020

In the name of rock / Isabelle

                            Un Irlandais folkeux, autant dire un frère. Inconnu complet y compris de moi. Mais pseudo dû à Suzanne Vega et à James Joyce. Alors j'adoube et vous souhaite avec lui un January Blues prometteur. Et il vous parle d'Isabelle, mieux que je ne saurais le faire, et de la Grande Guerre, si présente en ma Picardie. J'aurais aimé vous présenter Isabelle la rêveuse moi-même mais pour les arpèges il vaut mieux que j'abrège avant que ça se désagrège.

21 avril 2019

In the name of rock/ Josie

                                   Une fois de plus, en quête de prénom, mon bon maître Don, de son accent écossais si marqué, a répondu présent. Lalena, Ballad of Geraldine, Maria Magenta, Guinevere, Celia of the seals, Jennifer Juniper, il les a tant chantées. Et moi avec lui. Tous ces prénoms que je remémore régulièrement sont pour certains fictifs, pour d'autres proches, proches de la réalité d'une vie. Depuis l'adolescent timide et introverti, envieux des copains conquérants, et déjà plus porté sur Nerval que sur le foot, jusqu'à ce jour où l'automne fait plus que  s'annoncer, elles ont..., elles m'ont..., disons, donné des coups, pas mal de coups. Dans certains cas j'avais, c'est vrai, cogné le premier. Je ne suis plus sûr de rien. Parfois pourtant ça ressemblait à de l'or dans mes mains. T'en souviens-tu,  Josie? Peu importe, She is gone (Willie Nelson).

1 janvier 2015

Heureuse Année

                                                                        L'un des plus beaux films du monde raconte un réveillon du début du siècle. Quand je parle du siècle je veux dire le XXème. J'ai dit mille fois mon admiration pour ce film. Un crépuscule, une aube. A l'heure où ce blog pourrait bien ralentir je voudrais souhaiter à toutes et à tous le meilleur pour l'an naissant.

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