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5 novembre 2006

Une chanson:Living in the past

Ecoutez!  http://www.youtube.com/watch?v=FO3i6uf_W6s

1968 on connaît nombre de guitar heroes pas encore morts,quelques drummers de haute tenue et haute teneur en produits divers,des bassistes gauchers mais pas gauches,des organistes, Auger, Price, Manzarek, Fischer.Et voilà que nous arrive un faune,un satire se tenant la plupart du temps sur une jambe comme une cigogne.Cet homme s'appelle Ian Anderson,Ecossais,et surtout flûtiste virtuose qui enrichira le rock de sa présence charismatique et parfois envahissante le groupe à éclipses mais souvent passionnant Jethro Tull.Avec la complicité d'un certain J.S.Bach qui à ma connaissance n'a jamais fait partie d'un groupe rock répertorié mais qui a connu une célébrité relative et une influence indéniable,l'un des plus gros succès de Jethro Tull sera Bourée,instrumental évoquant non pas l'ébriété,quoique,mais le folklore.

  Après plusieurs succès en single Jethro Tull comencera à se prendre au sérieux avec des albums de qualité mais qui assènent leur leçon un peu lourdement.Du genre progressive rock mâtiné de folk avec des incursions hard,ce qui n'a rien d'infâmant mais provoquera une certaine dispersion musicale du groupe.A citer notamment l'album en forme de journal Thick as a brick.Parmi les titres les plus connus de J.T. nommons Song for Jeffrey,Sweet dreams,Locomtive breath,Aqualung.

  Par contre Jethro Tull tourne encore et c'est plutôt pas mal car les groupes de sexagénaires ont souvent su insuffler une couleur très différente à leurs morceaux d'antan.Les voir maintenant ce n'est pas ouvrir un juke-box mais redécouvrir un univers un peu autre.Rock 'n'roll must go on.Je vous propose le remuant Living in the past avec Ian bondissant.

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16 mai 2006

Menu fretin

Les requins de TriesteTrieste, port italien de l'Adriatique est une ville en mutation depuis la fin du Rideau de Fer et de la Yougoslavie voisine. Il y avait motif à un tableau passionnant de cette liberté retrouvée pour le meilleur et le pire. Bien sûr il y a des clandestins, de l'argent sale, des notables dépravés, des histoires de famille. Il y a un flic italien. Rien de méprisable mais j'ai trouvé peu d'intérêt à cette histoire car le héros manque singulièrement d'épaisseur. Les requins de Trieste se lit bien et ...s'oublie. Il peut même s'oublier dans un compartiment. Mais pour ça je conseille d'attendre les éditions de poche.Veit Heinichen,auteur autrichien,n'est pas à mon avis un créateur d'univers de polar,ou pas encore.

9 mai 2006

La nuit est sur la ville

La nuit est sur la ville et quelle ville que celle qui nous est présentée dans ctte excellente collection Polars(Film noir),éditions Carlotta.!Sept films,très peu diffusés sur les chaînes hertziennes,signés Preminger,Hathaway,Siodmak,Dassin et Kazan.Et l'occasion de revoir des acteurs un peu oubliés,José Ferrer,Richard Conte,Dana Andrews,Victor Mature...

Les forbans de la nuit,de Jules Dassin nous entraîne dans le Londres des années 50,dans le milieu  de la lutte gréco-romaine et des petits trafics voisins.Pourtant on trouve peu de morts dans ce thriller nerveux,juste une magnifique photographie urbaine,avec ce qu'il faut de barmen complaisants,de musique sortant d'un night-club enfumé, d'entraîneuses fatiguées.Richard Widmark,véritable figure de proue de cette collection(il est aussi dans le Carrefour de la mort et Panique dans la rue),habite littéralement cette ambiance.Il faut le voir marcher dans les rues de Londres,sec,élégant,agité puis crispé et encaisser des répliques"noires" à souhait du genre "You have it all,but you're a dead man" ou "You're born a hustler,you'll die a hustler"(Né margoulin,tu mourras margoulin).

Avec le mystérieux Dr.Korvo (Whirlpool) nous retrouvons Gene Tierney dans un rôle bien plus fort que dans les Forbans de la nuit,aux prises avec José Ferrer,sorte de psychiatre qui a fait de l'hypnose un objet contondant.Ce film me semble un peu plus artificiel  bien sûr si l'on songe à Laura.Peut-être le fatras psychanalytique est-il un peu indigeste.

L'histoire du cinéma a toujours aimé les genres,western,musical,comédie américaine.Patrick Brion présente cette collection avec la compétence qui est la sienne.Je rappelle un autre spécialiste,François Guérif,auteur entre autres de Le film noir américain(Denoël),très bon bouquin qui va de Griffith et Stroheim à Ferrara et Tarantino,avec flics et voyous,femmes fatales et imperméables mythiques.

4 mai 2006

Platitudes journalistiques sur des pierresqui roulent

J'ai attendu quelques semaines pour écrire mes propres platitudes sur le disque des Rolling Stones A bigger bang dont vous ne pouvez ignorer l'existence.Plusieurs catégories d'articles tant audio-visuels qu'écrits nous ont à cette occasion été infligées.


Il y a ceux pour qui la route des Stones s'est arrêtée à Sticky fingers et qui pensent que si les pierres roulent encore c'est sur l'or.Bien sûr c'est vrai mais la musique  des Stones est de toute façon hors du temps depuis des lustres et jamais médiocre.


Il y a ceux qui ont encore osé comme pour les précedents albums depuis 25 ans titrer "Les papys font de la résistance "et à qui on devrait retirer leur carte de presse car il y a des limites à la platitude,tout de même.


Il y a ceux qui pensent qu'un bon rocker est un rocker mort et que n'ont droit de cité que John Lennon,Brian Jones,Jim Morrison,Janis Joplin,Jimi Hendrix,Kurt Cobain,Marc Bolan,Buddy Holly,James Dean et consorts,tous partis,si,possible sous forme de vomissures,d'abus d'abus,ou de véhicules emballés.Si,si,James Dean était un rocker qui n'avait jamais chanté...


Il y a ceux qui ont découvert que les Stones n'innovaient guère.Vraiment ceux qui ont écrit cela n'innovent guère.Il y a ceux,nombreux qui font semblant de les avoir aimés à l'époque d'It's all over now mais ne connaissent qu'Angie.



Il y a celui qui,tout jeune bachelier sur les rives de l'Oise,avait acheté son premier album pour fêter ça.L'album s'appelait After math.Si abîmé il est maintenant inécoutable.Celui-là espère,qu'auteur de ces lignes,il n'est pas devenu illisible.Peu importe l'âge du capitaine,un Stones ne peut être totalement inintéressant.


C'était donc ma propre rock'n'roll platitude...

19 août 2006

Ascenseur pour l'échafaud

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4 février 2006

Dixieland(Louisiana Story)

Il y a quelques années j'avais écrit ce texte sur la Nouvelle-Orléans et la Louisiane.Le voici avec un nouveau titre,hommage au grand cinéaste Robert Flaherty.

Le crépuscule sudiste est descendu

Enveloppant le Vieux Carré d’un mélange

De nostalgie et de révolte

Dans l’air tant de choses ont changé

Qu’est devenue la Cité du croissant?

Encombré de lectures

J’ai en vain poursuivi

L’immuable,le séculaire

Les traces

Mais le Meschacebe a dû se perdre

Définitivement.

Alourdi de bien trop d’images

Perclus d’illusoire j’ai traîné

A la recherche des parfums d’Antilles

Je les croyais si proches

Le fleuve ne porte plus

Ni cannelle ni coton

Le fleuve a ses geôliers

Verticaux

Tours et gratte-ciel éloignent

Le souvenir des Natchez

Comme celui des élégants corsaires

La mort de l’Ancien Monde

Fut ici la plus théâtrale

Il a suffoqué,français ou castillan

Voici longtemps sous la raison

Antebellum

Où dorment les crinolines

Des belles dames du Sud

Aux valses pétillantes?

Restent de si jolis noms

Iles Chandeleur,Fleur de Paris

Fontainebleau,Palourde

Comme une touche de Vendée

Evanescente.

Au Cabildo j’ai répondu à l’invite d’un fiacre

Rue Chartres,rue Toulouse

L’orphéon de King Oliver

Les sémillantes créoles

Ont cédé le pavé de Bourbon Street

Aux industries de nos années

Celles du voyeur

Peep shows et revendeurs

Orleans s’st égarée

Jelly Roll Morton boude le Carnaval

Masques et perruques de M ardi-Gras

Ne sont que vestiges

Et Satchmo est bien mort

J’ai voulu quitter la ville

Devenue comme jumelle d’autres lieux

Le tramway poussif de l’avenue Napoléon

Les fauteuils cannelés

Je les ai oubliés comme les colonnades

De Saint Charles

Aux ragtimes électriques.

Sur la route des marais

En quête de province,rêveur impénitent

J’égrenais lettre à lettre

Bâton Rouge,Pontchartrain

Pointe Coupée

Beautés du vocabulaire

Poésie de la topographie

Sonnant comme une chanson du terroir

Au creux du delta

D’Amérique.

Le pays qui marche sur les eaux

Tend ses myriades de bras

Etait-ce le paradis terrestre?

Des allées de chênes laissant filtrer

Les colonnes doriques de la grande demeure

D’un magnat nostalgique

Entretiennent les chimères

Au ciel le bruissement des aigrettes,des spatules

Cyprès et seringas

Gardent les plantations

Dont les fastes anciens décorent

Ces manoirs-hôtels de stuc et d’albâtre

J’y ai goûté le julep,le café-brûlot

Au rythme de ma fantaisie

J’ai dérivé vers les paroisses.

Mais,voisin,le géant texan

S’est chaque jour accolé davantage

A la Louisiane et les derricks

Salissent le lit des rivières

Où maraudait Huckleberry Finn

Alors j’ai abandonné ce Sud

Un peu celui de notre enfance à tous

Pour voir ailleurs ce qui restait

Peut-être

De mon Amérique à moi.

3 juin 2006

Une chanson:It ain't me babe

J'ai décidé de présenter quelques chansons ou morceaux que j'aime particulièrement. Certains choix seront connus, d'autres moins. Souvent ce seront des titres peu connus d'interprètes célèbres comme aujourd'hui. Je ne vais pas vous présenter Dylan, seulement vous dire que j'ai vécu au rythme de son oeuvre,à mon avis encore relativement méconnue tant elle est riche et parfois en dents de scie.

    It ain't me babe est extrait de Another side of Bob Dylan(64).Je l'ai choisi pour sa simplicité. Une chanson qui dit tout bonnement: Ce n'est pas moi, chérie, ce n'est pas moi celui qui'il te faut.Combien de fois ai-je prononcé ou tenté de le faire ces quelques mots besogneux et si difficiles quand s'annonçait la rupture? Cette chanson est de l'époque Dylan ou guitare et harmonica suffisaient à accompagner la douleur du partir.

    You say you' re lookin' for someone, who will promise never to part, someone to close his eyes for you, someone to close his heart,  someone who will die for you and more. But it ain't me babe, no, no, no it ain't me babe, it ain't me you're lookin' for.

   Cette chanson a été adaptée par Hugues Aufray et Pierre Delanoe pour un album entier de chansons de Dylan et la version de It ain't me babe est assez réussie. Bien sûr nombre de chansons de Dylan sont des merveilles au long de 40 ans de musique. Les plus simples sont loin d'être les plus anodines. Merci au site www.bobdylan-fr.com/

6 mai 2006

La force de Dassin

La collection DVD Wild Side,dont je vous ai déjà présenté le très beau et très intelligent coffret Macbeth d'Orson Wellles vient de sortir deux films noirs de la grande époque de Jules Dassin,époque américaine avant le maccarthysme et c'est un modèle là encore de cinéphilie de qualité,digne de la Pléiade.


Les démons de la liberté(Brute Force,1947) ets un film d'une rare efficacité que l'on classe par habitude dans les films "carcéraux" car décrivant la vie et la révolte d'une prison.Le scénario de Richard Brooks,journaliste au départ,est radical et narre la montée en violence chez les prisonniers de Westgate.Noir,le film l'est sans détours.Il est surtout désespéré et le huis-clos n'offre guère de perspective vers le ciel ouvert.Les gars de la cellule 17 préparent un coup mais les dés sont pipés.D'une extrême violence pour ces années quarante finissantes,le film me paraît moins centré sur un héros principal que d'autres films sur le thème.Le traitement en est un peu plus "choral" et recèle des pépites dont Calypso,condamné qui ne s'exprime qu'en chantant et un troublant gardien-chef sadique,Hume Cronyn,immense acteur de théâtre,très impliqué,coscénariste de Hitchcock et que Mankiewicz employa au mieux.Une bande-son très bien utilisée,une pin-up au mur de la cellule sont d'autres éléments de ce film rude et sauvage.Passe aussi,très discret,un peu de rêve quand ces pauvres types évoquent leur femme.Comme dit l'un des prisonniers"Ce qui s'est passé dehors,pour nous,avant,même pas terrible,au moins c'était dehors"

     La cité sans voiles,réalisé un an après avec le même producteur Mark Hellinger,loin du décor quasi-unique de Brute Force,nous plonge dans New York pour une enquête policière au coeur de la mètropole dans un style assez proche du  Néoréalisme italien,ce cinéma de la vérité jamais égalé.La ville,peu filmée ainsi jusque là nous apparaît avec les gens du quotidien au labeur,les enfants dans les rues,femmes de ménage,commerçants.Cela semble banal aujourd'hui mais en 1948 c'était plutôt assez révolutionnaire à Hollywood.Réalisé sans vedettes très connues The naked city.sonne comme un document,au plus près de cette Amérique urbaine d'après-guerre,encore accentué par la narration de Mark Hellinger lui-même.Et quels plans sur les passerelles,les ponts et Big Apple!D'autres filmeront New York:Scorsese,Allen,Ferrara à leur manière.New York superstar!



Cette édition DVD comporte des suppléments géniaux.Chabrol et Brion,des connaisseurs,parlent des deux films.Et Jules Dassin lui-même revient sur ces deux tournages,du haut de ses 94 ans.C'est très émouvant.Cela donne envie de découvrir Les bas-fonds de Frisco.Quant aux Forbans de la nuit ce blog  l'a déjà chroniqué.                

21 juin 2006

Un Japonais au Japon

La musique et les mots de Murakami,c'est un voyage dans un Japon moderne qui ne doit plus grand-chose  à la tradition,et pourtant...Et pourtant on retrouve dans Après le tremblement de terre,constitué de plusieurs petits récits,une poignée de Japonais de tous âges,malmenés par le souvenir de ce séisme qui aura peu ou prou changé leur vie.Séparation,retrouvailles donnent à tous ces personnages indéfinissables une part d'ombre ,une nimbe de délicatesse bien difficile à préciser,la marque d'un écrivain.

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil

      Dans Au sud de la frontière,à l'ouestdu soleil le héros ,quadra passionné de jazz,voit resurgir du passé son amie d'enfance,amour envolé depuis longtemps.De subtils retours en arrière nous font le portrait en trois âges d'Hajime à dix,vingt,quarante ans,des trahisons et des regrets,de la douleur de vivre.Ruptures de ton comme dans ce foutu jazz qui peut faire si mal.


    Les amants du Spoutnik est une variation sur le triangle amoureux où chacun des amants gravite en fait sur l'orbite de la solitude,thème éminemment présent dans l'oeuvre de Murakami qui n'en dédaigne pas de petites touches d'humour pour autant,ce qui nous laisse un délicieux souvenir de lecture,assez peu commode à expliquer,mais bien réel.L'impression,surtout,de n'être pas si mal dans le monde de Murakami.


     Né en 49 à Kobe;terre instable,Murakami a traduit Raymond Carver et F.S.Fitzgerald et écrit toujours sur le jazz,entre deux aller-retour Japon-Amérique.Les trois livres chroniqués sont chez 10/18.


                                                                        

20 juin 2006

Une chanson:MacArthur Park

Oui le grand comédien Richard Harris tant apprécié d'Eric à juste titre pour ses rôles auxquels il  il faut ajouter parmi les meilleurs Le prix d'un homme, Le désert rouge, Traître sur commande, Major Dundee a enregistré quelques chansons sans grand intérêt sauf une, la géniale composition de Jim Webb,MacArthur Park.

     Cette chanson-fleuve de 8 minutes est construite comme une véritable mini-symphonie orchestrée de main de maître par Jim Webb. Les accords de piano du début encadrent parfaitement le récitatif de Richard Harris. Mais que tout cela est difficile à décrire! Après deux couplets dont je ne trouve pas limpide la signification si ce n'est que des vieillards jouent aux échecs au souvenir d'une robe en coton jaune, arrive le refrain, envoûtant:

     MacArthur Park is melting in the dark all the sweet green icing flowing down.Someone left the cake out in the rain.I don'think that I can take it 'cause it took so long to bake it.And I'll never have that recipe again.

    Ces paroles même après lecture me semblent presque aussi curieuses. Visiblement moi non plus je n'ai pas la recette(recipe) pour bien saisir la portée de MacArthur Park. Je ne sais même pas si ce MacArthur Park se situe à Londres,Chicago ou Frisco. Je n'ai qu'une  envie c'est que vous l'écoutiez. C'est une rareté, superbe et romanesque dont je viens de m'apercevoir qu'il est impossible d'en dire plus.Sûrement il est préférable qu'une aura un peu mystérieuse continue de nimber de mystère cette chanson hors du commun.

   http://www.youtube.com/watch?v=GHS8hj4TdT8                                          Ecoutez!

12 septembre 2006

Des rives de l'Ontario aux brumes picardes

Le chemin des âmesIl existe des milliers de livres sur la guerre 14-18 et non des moindres. Celui du canadien Joseph Boyden mérite une place aux côtés des plus grands malgré le jeune âge de l'auteur dont c'est le premier livre. Elijah et Alex,deux indiens de l'Ontario tentent de survivre comme bien d'autres dans le bourbier de la Grande Guerre. C'est cette expérience au jour le jour que décrit Joseph Boyden en phrases assez sèches dénuées de lyrisme ou la peur au ventre et le boucan d'enfer sont les compagnons du quotidien.Ce qu'endurent les sens des soldats de l'odeur des cadavres aux gaz de combat,de la surdité aux vomissements,ne va  pas disparaître au retour du survivant dans son lointain pays.

    D'une violence tranchante et sans détours Le chemin des âmes est aussi initiatique bien sûr puisque les hommes d'après la guerre sont de tout temps les enfants de ce conflit plus encore que de leurs vertes années quand bien même celles ci se seraient déroulées sur les rives du Lac Ontario. A son retour au Canada Alex le survivant est accueilli par sa seule famille,sa tante à l'esprit fragile et c'est par une double narration(Alex et Niska) que Boyden tisse ce récit bouleversant et si humain,simplement humain. Précipitez-vous sur la merveilleuse collection Terres d'Amérique chez Albin Michel.Bien sûr vous êtes en droit de préférer la rentrée littéraire française...

18 août 2006

A Victor

       

     Les géants n'ont pas toujours la vie facile:petit hommage à ce destin que fut la vie d'Hugo, avec la folie d'Adèle et la mort de Léopoldine. Il me fut inspiré par une balade en bord de Seine dans ce pays de Caux que remonte parfois le mascaret.

   

Portrait de Léopoldine Hugo (1824-1843)

Comment la douce Seine a-t-elle pu t’amputer?

Toi,Victor,ce titan de tout un siècle

Qui aura su vaincre les pires exils

Toi qui,tonnant des rochers normands

Contre les misères et les mépris

L’indestructible,pareil à ces brisants

Mon ami,capitaine au long cours

Maudissons ces flots traîtres

L’enfant,ton enfant,ton sang

Entraînée dans la nuit

Monstruosité du mal des hommes

Quand la peine est innommable

Et que la poésie arrache le coeur.

Léopoldine,la douce Léo

Repose là-bas au bord du fleuve

Et j’aime à lui rendre hommage

Victor,tu nous es alors si proche

Et Léo est un peu ma fille

Au sourire flétri,brisé en cette aurore

Gavroche coule ses larmes

Il nous reste,Victor

Le fleuve de ton verbe

Contemplations

Quintessence du beau malheur.

8 août 2006

Sous le signe du Capricorne

Vu un film de politique-fiction,enfin pas si fiction que ça:Capricorn one de Peter Hyams(78).Le metteur en scène est un bon cinéaste de SF(Outland,2010 l'année du premier contact,Relic).

Ce film,modeste est une satire de la désinformation dont sont capables les politiques,à rapprocher du film de Barry Levinson,Des hommes d'influence.Les manipulations du pouvoir,en 78,sont encore relativement artisanales.On frémit à ce qu'il pourrait advenir de nos jours,la technologie et les effets spéciaux étant ce qu'ils sont.Sam Waterston,un acteur rare que j'aime beaucoup(La déchirure,La Porte du Paradis) est un des trois astronautes confinés dans un hangar déguisé en mission spatiale

20 août 2006

Une chanson:Suzanne

    La première et la plus célèbre chanson de Leonard Cohen. Pas vraiment une surprise mais comment résister au charme maintenant presque quadragénaire de cette sirène, de cette créature naîve et troublante qui ma envoûté il y a longtemps et ne m'a jamais quitté. Suzanne que je suis encore capable de chanter en intégralité et en version bilingue alternant l'anglais et le français, moi qui ne sais pas chanter.Suzanne qui au bord de la rivière m'emmène toujours parmi les ordures et les fleurs retrouver les héros dans les algues et les enfants du matin qui se penchent vers l'amour.

   Suzanne qui n'a peut-être pas toute sa raison mais qui sait encore faire vaciller la mienne.Suzanne que j'ai murmuré aux oreilles aimées,aimantes puis moins aimées et moins aimantes.Suzanne ce prénom auquel au moins je serai resté fidèle.Suzanne que même Jésus le marin qui veillait du haut de sa tour solitaire a aimée, vêtue de hardes et de chiffons.

  On dit que Leonard n'aime plus beaucoup Suzanne. Je crois le comprendre:Suzanne lui a tout donné et repris comme ces créatures un peu vampires qui détruisent au moins un peu leur père.Moi, je l'aime toujours...

    I want to travel with her, I want to travel blind, I know she will trust me 'cause she touched my perfect body with her mind.

  Bien sûr il y a au moins 30 chansons de Cohen qui méritent la postérité:j'en citerai trois peu connues, Let's sing another song,boys, I'm your man ou A bunch of lonesome heroes. Toute son oeuvre est passionnante mais Suzanne et sa rivière coulent dans mes veines.

http://www.deezer.com/listen-550368  Ecoutez!

19 septembre 2006

Une chanson:Mr.Bojangles

Bill Robinson        Novembre1949. 500 000 personnes massées entre Harlem et Brooklyn .Les funérailles de Bill "Bojangles" Robinson tournent à l'émeute. Bien que mort sans le sou le petit danseur des rues de Richmond (Virginie) était devenu l'incontestable empereur des claquettes que toute l'Amérique noire pleurait. Depuis les Etats-Unis fêtent tous les ans le Tap Dance Day et chantent la superbe mélodie Mr.Bojangles qu'ont interprétée entre autres Neil Diamond,Robbie Williams,Harry Belafonte,Nina Simone .Permettez-moi de vous présenter ma version préférée,celle du Nitty Gritty Dirt Band,sorte de conglomérat basé à Nashville et composé depuis 40 ans de tout ce qui s'est  fait ou presque dans le domaine country.Je les considère comme l'équivalent des octogénaires de l'Old Preservation Hall de la Nouvelle-Orleans.Une sorte de Nashville Social Club...Cette version est la plus magique et le plus bel hommage des countreux,qu'on dépeint parfois d'une manière très caricaturale comme toujours,à cet art premier afro-américain:les claquettes.La chanson n'est pas une vraie bio de Bill Robinson mais une variation sur  un danseur des rues,écrite par Jerry Jeff Walker.

Clac!Clac!   http://www.youtube.com/watch?v=bBCXw14cbKE

19 août 2006

Kong et les Marines

     Venant de voir King Kong 2005 et Jarhead je m'apprêtais à en faire une analyse de la plus haute finesse,vous pensez bien quand je me suis souvenu que mon vieil ami le Cinéphage les avait chroniqués à la sortie.J'ai relu son billet sur Jarhead et vous y envoie car il a dit tout ce que j'en pensais. Donc j'ai pris le parti de ne pas refaire le travail si bien fait par un autre si ce n'est pour apporter une touche nouvelle ou une contradiction.

    Quant à mon autre vieil ami King Kong j'ai trouvé à sa version Peter Jackson 2005 des qualités plastiques(la danse de Naomi Watts sur la falaise qui trouble tant Kong,les glissades souriantes sur la patinoire avant le massacre,une petite partie dans l'île quand dinosaure, Kong et Naomi sont suspendus). Mais que de surenchère visuelle,auditive et de durée dans ce film boursouflé comme un très long jeu vidéo dont j'ai depuis longtemps passé l'âge.Ce King Kong là a aussi un côté sérieux sur le plan zoologique. On voit que des primatologues sont passés par là. Manifestement Jackson est plus à l'aise dans l'univers de Tolkien.

   Enfin le point commun entre les deux films est surprenant. Un personnage de KK lit Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad qui a lui-même inspiré Apocalypse now que Sam Mendes projette dans le cinéma aux armées de Jarhead. De là à penser que Brando très alourdi aurait pu jouer King Kong...

21 août 2006

Un Américain pas bien tranquille

Edward Abbey m'était inconnu. Robert Redford me l'a en quelque sorte présenté puisqu'il a préfacé l'édition du Gang de la clef à molette dont je vous présente l'édition américaine illustrée par Crumb car je crois que ça correspond assez bien à l'univers de la bande dessinée. On aura compris que si Redford est impliqué c'est que ce bouquin a une forte connotation écologique. Une adaptation ciné a été envisagée dans les années 80 sans succès.

   Seulement voilà je ne me suis pas vraiment passionné pour l'aventure de ces Pieds Nickelés en lutte dans l'Ouest américain contre le saccage de la nature et l'urbanisation galopante. Non que j'y sois insensible mais je n'aime guère ces personnages, ce quatuor composé d'un toubib vieillissant, d'un mormon qui répond au joli sobriquet de Seldom Seen(Rarement vu) bien que polygame, d'un vétéran du Vietnam figure incontournable dans ce bouquin assez démago, et d'une jolie jeune femme juive peu farouche. Donc une Amérique en miniature sillonne le Grand Ouest de sabotages en explosions contre l'autre Amérique bien-pensante.

   Le Gang de la Clef à Molette  Le problème est que rapidement le quatuor m'est apparu tout aussi peu reluisant que la socièté américaine toute entière me rappelant un peu le néo-conformisme très vite installé dans la contre-culture hippie par exemple, que j'aimais beaucoup par ailleurs. Déçu par les aventures languissantes et longuettes du Gang de la clef à molette je recommanderai à ceux qui tiennent à embarquer dans cette histoire deux choses:se munir d'une carte détaillée de l'Ouest américain car Edward Abbey abuse des noms propres, et d'un lexique du petit dynamiteur patenté à moins d'être ingénieur chimiste.

    Bien sûr j'ai un peu chargé la galère car ce livre peut plaire. Néanmoins je considère qu'il ne mérite pas l'aura qu'il a, paraît-il aux Etats-Unis;. Mort en 89 Abbey a demandé à être enterré dans le désert. Nul ne sait où. De toute façon je n'avais pas l'intention de me rendre sur sa tombe.

24 juillet 2006

Paul is alive and well and lives in London


            Qu'on se le dise!Sir Paul McCartney,qui changea la face du disque(les deux faces,à l'époque) avec trois autres individus il y a 42 ans,est plus en forme que jamais.On retrouve avec Chaos and creation in the backyard une douzaine de perles du génial songwriter de Liverpool.Ces petits bijoux sont enfilés sur un collier confectionné par McCatrney,seul en studio ou presque.Devenu avec le temps multi-instrumentiste Paul nous offre de sublimes ballades,sans aucun titre faible,chose rare.


             Le climat,bien sûr,est post-beatlesien et assis confortablement  nous rêvons des sixties réenchantées par la grâce d'English tea,Jenny Wren,Too much rain,ou Riding to Vanity Fair(ma préférée pour l'instant).Un moelleux tapis de cordes soutient très bien certaines chansons et la voix ,léger falsetto parfois,fait merveille.Ouvrez vite cette fenêtre sur arrière-cour!Evidemment cela vous fera penser parfois à d'autres ballades,en des temps immémoriaux sur des disques d'une autre matière  dont les pochettes étaient parfois des oeuvres d'art.Allez Paul!The show must go on...

10 octobre 2006

Sur les traces de la Mitteleuropa

Sur mes traces : MémoiresGregor von Rezzori(1914-1998) venait d'un pays qui n'existe plus. Ce pourrait être en Roumanie, vaguement, maintenant.Il a longtemps été apatride comme bien des hommes de cette époque et de ces pays coincés entre Europe Centrale et Balkans.Il fut autrichien puis fit de l'Italie sa terre choisie.Son oeuvre littéraire,peu connue en France,est en allemand. C'est une sorte d'errance relativemant dorée qui a rythmé la vie de l'auteur à travers les bouleversements du Vieux Continent.

Comme un Stefan Zweig ou un Robert Musil, Gregor von Rezzori a transfiguré par son talent d'écrivain une vie sous le signe de l'exil et de la perte d'identité.Sur mes traces est publié aux Editions du Rocher.De la diplomatie au cinéma Rezzori a été une sorte de dilettante politiquement incorrect et libre.Parmi ses autreslivres notons L'hermine souillée et La mort de mon frère Abel.  

17 juillet 2006

L'enfer de la corruption

      Vu l'un des trois seuls films d'Abraham Polonsky en DVD,l'Enfer de la corruption(Force of evil) de 1948.Ce film ne dure que 1h20 mais en dit long sur la nature de l'homme et la corruption inhérente.Je vous parle d'un temps où les metteurs en scène ne se croyaient pas obligés de force ralentis,ni de 2h15 de projection,pour faire entendre leur propos.Polonsky fut l'un des metteurs en scène les plus écartés par le maccarthysme et Bertrand Tavernier et Pierre Rissient nous expliquent parfaitement les déboires de Polonsky.


                   John Garfield est saisissant dans une composition d'avocat véreux bouleversé par la mort de son frère à cause du "système" qui décide enfin de se ranger du côté de la justice.Attention le cinéma de Polonsky n'est pas celui de Cayatte.Ni manichéen ni simpliste il nous fait pénétrer dans cet univers de corruption sans grandes tirades ni leçons,modeste mais percutant.



1 octobre 2006

Une chanson:A horse with no name

Horse With No Name

     Voici un cheval qui eut son heure de célébrité bien qu'anonyme.Le trio America n'a en général pas très bonne presse dans les anthologies.Catalogués pâles copieurs,Crosby,Stills and Nash du pauvre,etc... ces trois folkeux ne sont certes pas des aigles mais je ne suis moi-même pas toujours un aigle et là je sens que je vous déçois.Bref ces oiseaux d'Amérique qui vivaient en Angleterre ont aligné quelques tubes un peu interchangeables et dans la  lignée Byrds(pardon Thom), CSN puis CSNY, Poco, Burrito, Buffalo Springfield ils sonnent un peu fin de race.

    Mais,car il ya un mais,le grand sentimental qui sommeille en moi a gardé toute son affection à ce cheval,qui depuis est devenu une rossinante,comme à un vieux cheval de bois de mon enfance.S'il vous plaît ne brisez pas mes rêves et écoutez-le avec dévotion et recueillement.

  http://www.youtube.com/watch?v=FkoldPBdROEHI hi hi!

8 octobre 2006

Rock-book

 Owen Noone & Marauder de Douglas Cowie                         Le tout premier roman de Douglas Cowie porte le curieux titre de Owen Noone & Marauder(éditions Christian Bourgois,souvent intéressantes).Il conte les trois années d'existence d'un groupe de rock,activité souvent soumise au siège éjectable ayant tendance à s'autodétruire assez vite.Pourtant dans ce périple rock américain peu de clichés,pas de défonce,pas de mésentente entre les membres(deux musiciens seulement),peu de filles en pamoison.Juste un peu de bière comme vous et moi si j'ose dire.Mais une belle description simple de la carrière fulgurante et dévoreuse d'un groupe de rock contemporain,aussi vite saisi par le succès que par le doute.Je vous laisse le découvrir vous citant une seule phrase,géniale et dont j'aimerais avoir eu l'idée.


Il vendait des poupées gigognes à l'effigie d'Owen Noone(leader du groupe).Dans Owen Noone se trouvait Kurt Cobain dans lequel se trouvait John Lennon dans lequel se trouvait Elvis Presley dans lequel se trouvait Buddy Holly.


On pourrait emboîter ainsi bien des poupées si chères à notre coeur de rocker.

10 octobre 2006

Une chanson:Papa was a rolling stone

Ou de l'importance du producteur qui fait que parfois un "produit" peut être génial.Berry Gordy fut ce producteur.Detroit en fut le fief et Tamla Motown la raison sociale.Les Temptations en furent peut-être le plus beau fleuron.

Greatest Hits

      Comme les Four Tops, les Supremes, Stevie Wonder, MarvinGaye les Temptations ont aligné dans les années 67-70 une collection de tubes à vous arracher du fauteuil et à vous jeter sur la piste.Et croyez-moi en ce qui me concerne c'est un exploit mais les riffs de Papa was a rolling stone sont capables de bouger un menhir.Cette musique est bien sûr ultra-calibrée mais avec une équipe comme celle qui bossait chez Motown à l'époque on peut dire qu'une musique bien produite et qui atteint son but ludique et entraînant vaut largement des tonnes de disques d'auteur ennuyeux.

http://www.youtube.com/watch?v=yeZ9zX5sdq8 Ecoutez déjà!

5 octobre 2006

L'Irlandais qui aimait tant la France

     Autant le dire,je suis un grand fervent de The Divine Comedy dont l'univers me semble d'une richesse inouïe. Je n'ignore pas que l'on peut soupçonner Neil Hannon d'affèterie, de préciosité, voire d'une sorte de snobisme des mots,un peu germanopratin,un peu Nouvelle Vague. Je prétends néanmoins que les albums de TDC sont bel et bien partie prenante de l'Histoire du Rock,version symphonique vêtue de velours.Victory for the comic muse est mon quatrième disque de TDC. Les titres des précédents Casanova, Fin de siècle, Promenade indiquent à merveille la francophilie,le côté littéraire et le goût de Neil Hannnon pour une certaine décadence fleurie.The Divine Comedy ou comment transcender le désuet en grandiose même si la grandiloquence a souvent guetté et piégé Neil et TDC.

   Parmi les chansons des anciens disques citons When the lights go out all over Europe ou TDC cite Jean-Luc Godard et Jules et Jim plutôt qu'Hollywood. The Summerhouse, une superbe variation sur les souvenirs d'enfance proche du Messager de Joseph Losey. The booklovers un long récitatif ou Neil Hannon se contente de citer les noms de ses auteurs

Promenade

préférés de Walter Scott à Roddy Doyle en passant par Camus, Cervantes et Thomas Mann. La culture de Neil Hannon est à la fois musicale, littéraire (on s'en douterait vu le nom du groupe et l'allusion à Dante) et cinématographique. Il est un peu un Dorian Gray contemporain et semble à l'aise dans les décors chers à Oscar Wilde. Ces trois morceaux sont sur l'album Promenade.

   Sur Fin de siècle, un peu plus électrique notons le libertin Generation sex, le swinguant National Express, le démoralisant mais si beau Commuter love(Amour en gare de banlieue londonienne,pas vraiment Capri!) et Sunrise sur la ville natale de Neil Hannon, Derry(Londonderry) cette cité d'Irlande du Nord qui fut longtemps en flammes,du temps de la haine en mon île préférée.

    Je découvre ce jour Victory for the comic muse avec deux ou trois plages un peu faibles, ce que j'aime bien, détestant les choses trop parfaites. Et puis entre autres la plus belle chanson que j'aie entendue depuis des lustres:A lady of a certain age, l'histoire d'une  Anglaise richissime qui ne veut pas vieillir. Mais qui d'entre nous veut vieillir? Je vous livre quelques mots sur cette lady en parfum Chanel et robes Givenchy dont le francophilissime Neil Hannon dit:

       You chased the sun around the Cote d'Azur,until the lights of youth became obscured.

     Cette lady vieillissante m'a touché au coeur par son universalité. Le temps est assassin pour chacun de nous. Libre à moi de pleurer un peu avec la vieille Anglaise sur les somptueux arrangements de The Divine Comedy. Accessoirement tant que la France sera aimée par des gens comme ce dandy fièvreux et romantique de Neil  Hannon il ne faudra pas désespérer du rayonnement de notre

11 octobre 2006

Louis le Cherokee

   J'ai la passion des écrivains indiens d'Amérique et de leur éternelle quête d'identité,coincés entre leur histoire et leur avenir. La situation difficile des Indiens a au moins le mérite d'avoir formidablement stimulé leur littérature.Voici Louis Owens disparu quinquagénaire en 2003.

Meme la vue la plus percante                      Dans Même la vue la plus perçante,joli titre, Cole McCurtain, métis d'indien professeur d'université comme l'auteur Louis Owens, puise dans la culture et la tradition amérindiennes pour mener une enquête sur une série de meurtres d'étudiantes.Au travers de ses propres interrogations sur son frère mort et ses ancêtres massacrés il trouvera son chemin, toujours hanté par le souvenir de son peuple.

   "J'écris pour exprimer le mal fait à la Terre. Quand le monde aura perdu le sens que les Indiens ont des relations de l'homme et de la nature, la Terre aura tout perdu3

La littérature de Louis Owens est faite de magie qui ne se contente pas d'être incantatoire, qui est aussi très engagée comme en témoignent les autres romans Le chant du loup, Le joueur des ténèbres, Le pays des ombres. Tous magnifiques et lyriques, parfois à la limite du fantastique qui baigne volontiers les écrits de presque tous les romanciers indiens auxquels la résistance aura donné des ailes.Plus tard ,mais d'autres blogs en parlent assez souvent, nous évoquerons Sherman Alexie, James Welch, N.Scott Momaday, David Treuer

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