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5 avril 2011

Un sale samedi

viollent   

  Violent Saturday n'est pas à proprement parler un film noir.Et pourtant il s'agit bien d'un hold-up dans une petite ville,encore assez proche de l'esprit western quoique située dans les fifties.La conquête a été remplacée par la mine mais il y a bien un hôtel,un banquier,une infirmière,une famille Amish qui aurait pu être quaker,un chef de chantier qui aurait pu être un chef de convoi,honnête et travailleur.Et puis trois voyageurs dont l'un,représentant de commerce,Les inconnus dans la ville,qui a donné le titre français.Dans son unité de temps ou presque ce film est une vraie réussite qui en 1h30,durée standard et que je regrette souvent devant d'interminables pensums actuels,nous présente les traits essentiels des protagonistes.La petite communauté a bien des petits travers,le banquier est un peu voyeur,le fils du patron de la mine un Don Juan de sous-préfecture,son couple au bord du gouffre,une secrétaire a commis un petit vol.La vie de tous les jours,à la petite semaine, mais ce samedi sera décidément une sale journée.

  Richard Fleischer ne dispose pas d'un budget énorme,ni de très grandes stars.Des acteurs peu connus en France sauf peut-être Victor Mature et Lee Marvin qui le deviendra plus tard.Là il ne campe qu'un des gangsters,le plus nerveux bien sûr qui transformera un cambriolage en meurtre.Ce fut son lot pendant des années.En quelques heures cinq morts dont les bandits dont le chef avait vraiment l'air d'un voyageur de commerce.La petite ville devra vivre avec ce souvenir et l'infirmière un peu frivole n'en voudra pas au banquier trop curieux.Et le fiston de Mature comprendra que son père,qui n'est pas revenu de la guerre avec une médaille peut se conduire courageusement.Et l'angélique Amish (Ernest Borgnine,pourtant souvent une brute au cinéma) aura planté sa fourche dans le dos de Marvin.Ainsi donc les choses peuvent reprendre leur cours à Bradenville.Rien cependant ne sera jamais tout à fait comme avant.Ce film,quasi série B. est remarquable de sagacité,de modestie,et peut damer le pion à bien des productions de haute volée.Richard Fleischer l'a réalisé en 1955.Sa carrière n'en fait pas un auteur mais à des titres divers,20 000 lieues sous les mers, Le génie du mal, Barabbas, L'étrangleur de Boston, Soleil vert sont des films très honorables.

http://www.youtube.com/watch?v=5NpKIjcBmBk  Séquence d'ouverture qui situe bien le contexte industriel.

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2 avril 2011

Géographie: Asbury Park, New Jersey

  499174gree       

       Asbury Park est une petite cité de 16 000 habitants du New Jersey,cet état coincé entre le New York et la Pennsylvanie,une sorte de banlieue entre deux banlieues.Un seul nom a fait sortir cette bourgade de l'anonymat,Bruce Springsteen.Déjà son premier album s'appelait Greetings from Asbury Park,N.J.Mais la chanson 4th of July,Asbury Park(Sandy) est extraite du deuxième album The wild,the innocent and the E street shuffle.Le 4 juillet est bien sûr la fête nationale.

http://www.youtube.com/watch?v=uKYIsPyeaiw 4th of July,Asbury Park(Sandy)

   En fait on retrouve en quelques miles de Freehold à Asbury Park tout l'univers du Boss,du moins de tous ses premiers disques.Dans ce coin d'Amérique plutôt prolo le jeune Bruce Frederick Springsteen a connu un univers ordinaire avec les filles de la cafeteria,les bagnoles d'occase,et les premiers riffs d'une carrière exemplaire.Vivre sans lui eût été difficile.Il existe d'ailleurs pour les voyageurs un Boss Tour.Moi je pense que le plus beau des Boss Tours c'est de passer et repasser ses disques.

30 mars 2011

Poésie meurtrière

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      Actuellement très nordique dans mes lectures mais bien loin de Wallander et de Millenium je découvre Jon Kalman Stefansson (pour les gars du Nord je me fais grâce des accents,seule liberté orthographique que je me permette).Plus fort pour moi que les deux auteurs précédents,suédois, cet Islandais né en 63 se voit pour la première fois traduit en français avec Entre ciel et terre,très forte histoire de fortune de mer et drame familial se déroulant dans l'hostilité d'une Islande où les dieux nordiques sont bien peu cléments.Les hommes ici sont pêcheurs,la bière y coule dans les rares estaminets où des femmes rudes et souvent solitaires dispensent une chaleur retenue.La poésie,Barour en est fou.C'est atypique mais pourquoi un âpre matelot d'Islande n'apprécierait-il pas le Paradis perdu de Milton,auteur anglais aveugle?Barour tout à sa lecture oublie sa vareuse en partant sur la barque morutière.Fatale distraction sous ces latitudes et le modeste esquif rentrera avec un cadavre gelé.Le gamin,c'est ainsi que Stefansson le nomme,en conçoit un chagrin monstrueux.Il était son ami et n'a pu le sauver.Alors le gamin ne voit plus de raison de vivre.Mais avant il entreprend un voyage dans l'île afin de rendre au vieux Capitaine Kolbeinn,aveugle lui aussi comme Milton,ce fameux livre,livre assassin en quelque sorte,le Paradis perdu.Si la première partie du livre nous cramponne à la coquille de noix en plein Atlantique en un style très riche où ciel, mer, vents et marins se combattent avec un souffle inouï,la deuxième accompagne le gamin dans son voyage-quête pour retrouver le propriétaire de ce livre magique mais désormais maudit.

   Cette intiation conduira le jeune homme à croiser d'autres personnages, épisodiques, et cela disperse un peu le propos.Et puis quelque chose de tout bête m'a un peu gêné:il est parfois difficile de s'y retrouver dans les prénoms islandais et de s'avoir si l'on parle d'un homme ou d'une femme. Inconvénient minime pour qui fait preuve d'un peu d'attention.Mais j'ai aimé me perdre dans ces ruelles d'obscurité et de neige en un univers romanesque fantômatique et  qui laisse la part belle à l'imaginaire et à la poésie.Et puis dans la quête,surtout quand elle se veut maritime mes vieux amis Melville et Stevenson errent à jamais au bastingage,en partance,fiévreux.Jon Kalman Stefansson a bien mérité d'eux,lui qui est presque l'homonyme du second.Cap au Nord.Et cap sur l'avis de Dominique,plus enthousiaste encore. http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/02/19/entre-ciel-et-terre-jón-kalman-stefánsson.html

 

13 juillet 2011

Géographie: Cedar Rapids, Iowa

cedar_rapids

http://www.deezer.com/listen-5773118      St Clarie of Cedar Rapids  The Hangdogs        

   Joli nom que Cedar Rapids,d'après la rivière du même nom.Deuxième ville de l'Iowa Cedar Rapids,comme toutes les villes U.S.,porte un surnom;"la ville des cinq saisons".Une magnifique sculpture moderne la représente au centre de la ville.Bon garçon j'ai décidé de vous l'épargner.Après tout,moi c'est mon idée ce tour d'Amérique,mais vous n'êtes pas obligé de subir systématiquement un moche monument de là-bas.

beware_of_dog

     Par contre certains aimeront peut-être The Hangdogs et St Clarie of Cedar Rapids,de l'indie folk-rock (?).Totalement inconnus de mon service de documentation,pourtant pléthorique.Au fait,attention au chien,vous entrez dans ce blog à vos risques et périls.

Road to roots,en gros entre   

metal_sign_the_mother_road_route_66_silver   et   dirt_road_blues_poster

   Abilene,Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore,Baton Rouge, Berkeley, Birmingham, Brooklyn,Cedar Rapids, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Cleveland, Dallas, Denver, Folsom, Galveston, Jacksonville, Kansas City,  Knoxville,Laredo,Las Vegas,Los Angeles, Memphis, Mendocino,Miami,Milwaukee, Mobile, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville,New Orleans, Oakland, Omaha, Philadelphie, Phoenix, Pittsburgh, Portland, Rapid City,Reno,Saint Louis,San Antonio,San Bernardino,San Jose, Santa Fe, Statesboro, Tallahassee, Texarkana, Tucson,Tulsa, Washington, Wichita, Youngstown.

26 mars 2011

Quelques heures dans la vie de Torsten Bergman

 nachmittag   

           Couverture en allemand pour ce livre suédois de Lars Gustafsson car je n'ai pas trouvé de visuel français. Mais L'après-midi d'un carreleur  publié en France,Presses de la Renaissance en 1992,est un roman qui nous rappelle que le Nord n'est pas l'apanage des polars,un peu envahissant parfois.Dans cette courte histoire qui se déroule effectivement en un après-midi un ouvrier sexagénaire veuf et dépressif effectue un petit boulot,comme on dit,pour quelques heures et au noir,cela va sans dire.Se retrouvant dans une maison inhabitée ces quelques moments vont l'amener à rencontrer un ancien collègue tout aussi désargenté.Ces quelques moments,dérisoires dans une vie ratée,réveillent en Torsten les souvenirs en un bilan d'un pessimisme qui fait penser à un autre Bergman,cinéaste celui-là.

   Mais l'austérité de ce sujet,l'homme vieillissant et délabré dans un no man's house désespérant,se teint parfois de poésie quand le carreleur retrouve le goût d'un bel alignement dans une salle de bains.Ou quand quelques bribes du temps passé lui reviennent en mémoire,du temps du travail bien fait.Dans un pays comme à l'abandon un brin d'imagination,quelques fleurs du souvenir,le sourire d'un enfant peuvent suffire un court,un bien court instant à éclairer le visage de Torsten ou de son ami Stig.Après tout voilà quelques heures de passées.On a connu pire...

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16 avril 2011

Géographie: Wichita, Kansas

 wichita

http://www.deezer.com/listen-8098970  Wichita  The Jayhawks

       Wichita lineman était le choix évident pour cette ville du Kansas.Ce classique de Glen Campbell a été entre autres pointures repris par Johnny Cash, James Taylor, Tony Joe White, R.E.M., Cassandra Wilson.Aussi ai-je donc trouvé sur le bel album des Jayhawks Hollywood Town Hall la chanson appelée simplement Wichita.Le disque date de 1993,mené par Gary Louris et Marc Olson,et je considère les Jayhawks comme l'une des meilleures formations folk de ces années.Plusieurs albums d'une grande richesse et des requins blanchis sous le harnais comme Nicky Hopkins ou Benmont Tench ont fait de cette formation venue de Minneapolis les chantres d'un folk indie,moins indie avec les années forcément,mais toujours très classe.Après sept ou huit enregistrements les Jayhawks ont plus ou moins splitté mais Louris et Olson notamment se retrouvent souvent pour le plaisir de tous les folklovers dont votre serviteur.

The Jayhawks - Hollywood town hall - Expanded edition

  Wichita,400 000 habitants,est la plus grande ville du Kansas et son surnom est Air Capital car spécialisée dans l'aéronautique.Sur les rives du Little Arkansas l'un des symboles de la ville est ce Gardien des plaines.Bien tardif hommage aux premiers habitants de la région...

550px_ThisIsAmbient_KeeperOfThePlains_Day 

13 mars 2011

Géographie: Abilene,Texas

 KIGHT

http://www.deezer.com/listen-2525621 Way out in Abilene   Lightnin' Hopkins

    Pour notre voyage il y a toujours un bluesman pour nous filer un coup de main à continuer la dust road de la musique américaine.Back to Texas avec une ville bien connue car souvent présente dans les westerns.A condition qu'il reste des amateurs de westerns,ce qui est aussi fréquent qu'un saloon sans tricheur ou un James Stewart dun mauvais côté de la loi.Abilene,107 000habitants au plein coeur du Texas,a été célèbre pour ses rassemblements de bétail.Mais il y a d'autres Abilene au Kansas ou en Georgie.

fr202Le grand Sam Lightnin'Hopkins lui nous emmène bel et bien au Texas,natif de cet état en 1912 et mort à Houston en 1982,ville dont il avait connu la prison vers 1930 comme tout bluesman de bonne facture.Influencé à ses débuts par Blind Lemon Jefferson Lightnin' Hopkins fut très prolifique tant acoustique qu'électrique.Au début des seventies il fut redécouvert et fit la première partie des mythiques groupes de la Côte Ouest,Jefferson Airplane,Grateful Dead et 13th Floor Elevators.

7 mars 2011

Exquis canaux létaux

     In_Bruges_1460         

          On dit souvent qu'il y a quelque chose de surréaliste au royaume de Belgique.Et ce n'est pas Bons baisers de Bruges,le curieux premier film de Martin McDonagh qui va contredire cet adage.Soit deux tueurs plutôt irlandais dans la superbe Venise du Nord,magnifique d'art flamand et de rues-musées.Mais Bruges,comme Florence,peut provoquer un peu d'étourdissement,une sorte d'ennui aussi.Oh,d'ennui très poli entres vieilles Anglaises et Japonais mitraillant,mais d'ennui tout de même.C'est le cas du plus jeune des tueurs car le plus âgé,lui,ne se déplaît pas et sympathise avec l'habitant.Colin Farrell et Brendan Gleeson sont parfaits,apportant l'un son côté nerveux et dépressif à se jeter dans le si beau canal,l'autre massif et placide comme un préretraité du meurtre rémunéré.Leurs pérégrinations leur font croiser entre autres une dealeuse de tendresse et autres substances,un nain cabotin,une logeuse qui ne s'en laisse pas compter.

    Mais voilà leur boss,le glacial Ralph Fiennes toujours impeccable,demande à l'un d'éliminer l'autre,avant de traverser lui-même la Mer du Nord comme un terrain vague comme disait quelqu'un qui a pas mal chanté Bruges et Gand et Bruxelles.S'ensuit une course poursuite où le taux de morbidité des personnages principaux sera très élevé sans que leur amitié ne soit vraiment mise en cause.Nous sommes là dans le "professionnel" sérieux et pourtant presque burlesque, nonsensique à l'anglaise parfois.J'oserai dire que In Bruges m'a parfois rappelé les meilleures comédies policières des mythiques studios Ealing.Sous les pavés... les gages (des tueurs).Soyez prudents cependant en montant au beffroi et ne fréquentez guère les nains parfois maléfiques.On le sait depuis Fritz Lang et Les Nibelungen.

15 février 2011

Du bon vieux noir avec flic irlandais et caïd à cigare

rogue

          Adapté de l'écrivain William P.McGivern,Rogue cop,Sur la trace  du crime,que m'a fait découvrir le ciné-club de France 3,toujours aussi efficace,s'avère un bon polar,classique mais bien fait,sur la corruption-rédemption d'un flic plus tout jeune,interprété par un Robert Taylor plus tout jeune non plus.Je n'ai jamais lu McGivern mais Fritz Lang et Robert Wise ont respectivement adapté deux de  ses romans avec brio pour ne faire deux classiques du film noir,Règlements de compte (The big heat) et Le coup de l'escalier (Odds against tomorrow).Ces polars urbains des fifties me réjouissent beaucoup,surtout quand ils me sont totalement inédits.

    Taylor,flic passablement corrompu,a gardé un minimum d'éthique qui finit par prendre le dessus quand son frère,qui refuse un faux témoignage,est abattu par les hommes de main,du caïd local,le "délicieux" George Raft qui n'était pas à un rôle d'ordure près.La jeune Janet Leigh,chanteuse de cabaret comme il se doit dans tout bon film noir,tente de se refaire une virginité et il ne manque pas non plus une alcoolique notoire,brave fille paumée victime des brutes.L'indic principal,figure importante et souvent pittoresque,est une vendeuse de journaux d'un âge certain et qui connaît du monde.Original.Car dans une série noire l'enquêteur,le méchant mais aussi le lien qui les réunit doivent être réussis.Un bon vieux noir et blanc en quelque sorte avec titre français pas terrible comme souvent.Le metteur en scène,Roy Rowland,n'est guère connu que pour avoir dirigé The girl hunters où l'écrivain Mickey Spillane joue en personne son détective Mike Hammer.Un film assez rare à ma connaissance.

11 février 2011

Géographie: Portland, Oregon

downtownportland

         Portland,très à l'Ouest,est la plus grande ville de l'Oregon,550 000 habitants.Surnommée City of roses car particulièrement riche en jardins et roseraies Portland semble être une des villes américaines les plus en phase avec l'écologie.Proche du Pacifique,sur la Columbia River Portland lorgne vers la célébrité des deux autres métropoles du Nord-Ouest Pacifique,Seattle dans l'état voisin du Washington et la mythique Vancouver,déjà canadienne.Voici une jolie ballade du folkeux inconnu de mes services mais néanmoins talentueux Lucky Overton.Enregistrée à Portland en une seule prise sèche.De l'artisanal total.

theportlandsessions_art

http://www.deezer.com/listen-9042909 28 miles to Portland  Lucky Overton

30 janvier 2011

Géographie: Oakland, Californie

oakland_cityscape

               Ville satellite de San Francisco,peuplée de plus de 400 000 âmes,Oakland est surtout réputée,mal,pour être une des cités de l'Ouest parmi les plus gangrenées par la délinquance.Nous ne nous y attarderons donc pas si ce n'est pour un air de blues,signé Paul Wood,virtuose de l'open D,(sauf erreur du modeste bluesman qui signe cette rubrique).L'album Bridge burner comporte notamment des reprises des increvables Boom boom,Hoochie coochie man et Treat her right.N'oublions pas surtout l'ombre de Jack London dans les tavernes d'Oakland mais de cela nous reparlerons très bientôt.

http://www.deezer.com/listen-1463236 Oakland to Memphis  Paul Wood

11 mars 2011

Sinueux Suédois s'insinuant sensiblement

   chemin  

     Ouvrage des années 80 devenu classique de la littérature nordique Le chemin du serpent de Torgny Lindgren,né en 1938,  est un ouvrage fort, rugueux, violent dans sa peinture d'une société scandinave du XIXème Siècle.Société paysanne,très petite paysanne d'ailleurs où le maître est en fait le créancier du village,qui de père en fils s'arroge tous les droits sur le maigre lopin comme sur femme ou fille du paysan.Ce livre court a surtout l'originalité d'être une longue supplique adressée à Dieu par un très modeste fils de la terre.On ne connaît pas la réponse de Dieu.Le ton général n'est cependant pas misérabiliste,plutôt terre à terre si j'ose dire avec quelques éclairs un peu plus lumineux,surtout ceux qui ont trait à la musique,violon et orgue dont jouent certains protagonistes.

   Le chemin du serpent n'est pas seulement l'incantation lancinante que l'on pourrait craindre.Il nous insinue énergiquement dans la vie de ce siècle encore bien obscur des confins du royaume du Nord.En un temps pas si éloigné où toute menue monnaie devait s'arracher au prix d'efforts physiques harassants ou d'humiliations devant les puissants.On sent au long des 138 pages du récit,toujours comme une confidence au Très-Haut décidément bien loin,tout le courage et l'obstination à vivre de Jani le jeune homme,au moins jusqu'à ce que,intervention divine?,même le sentier du serpent disparaisse dans un glissement de terrain,qui constitue d'ailleurs le prologue du livre.Ceci fait que l'on n'est même plus très sûr de ce passé somme toute récent.Et puis la condition de ces familles était si humble...

20 mars 2011

Faux départ,parcours moyen,fin un peu mieux

  untitled

          Qu'est-ce qui fait une déception de lecture?Par exemple le hasard à la Bibliothèque Municipale,un titre un peu énigmatique,un auteur anglais inconnu.Mais ça n'a pas fonctionné terrible cette fois.Je vous expédie ça vite fait,injuste probablement car la fin du livre m'a quand même intéressé.David Carter, la cinquantaine, est frustré par la vie. Sa femme Eleanor s'enfonce dans une déprime interminable. Son poste de conservateur de musée lui échappe.Sa fille Kate s'est éloignée. Mais surtout il a appris que toute son existence a été construite autour d'un mensonge : il est un enfant adopté.Alors David n'a de cesse de se mettre en quête de son passé, à travers vieilles photos, lettres et vestiges ténus. Nous replongeons ainsi dans le Londres du Blitz, la ville de Coventry d'après guerre, et la campagne irlandaise.Cela avait tout pour me passionner,l'histoire récente d'un pays qui m'a toujours passionné,les racines disjointes et l'interrogation de David Carter.

   Pourtant à peine trois semaines après l'avoir lu je ne me "rappelle" plus Il n'y a pas de faux départ de Jon McGregor.Je suis sûr que cela vous est déjà arrivé.Pourquoi en parler?Parce que j'ai envie de dire que la littérature parfois ne suffit pas,pas plus mauvaise qu'une autre d'ailleurs.Mais tout cela sauf l'extrême fin du livre m'a laissé de glace.Un peu d'amertume aussi,le temps nous étant compté et le nombre de livres d'une vie fatalement dérisoire. 

16 décembre 2010

Grand autel

   

   Deuxième volet de ce que je considère comme un admirable dyptique (après Bianca) La messe est finie date de 1985.Don Giulio,jeune prêtre plutôt traditionnel,pas traditionnaliste pour autant,quitte sa paroisse du Sud pour une modeste banlieue romaine,bien éloignée du Vatican.Giulio a bien des traits communs avec Michele l'étudiant de Je suis un autarcique et Ecce bombo,le cinéaste de Sogni d'oro et surtout le professeur assassin de Bianca.Dostoievskien comme c'est pas permis Don Giulio,épris de pureté,est le frère du Michele de Bianca,presque un jumeau.Si Michele avait l'obsession d'une pureté,la rigueur idéologique (se rappeler notamment la première scène de Bianca où il met le feu pour désinfecter  la salle de bains) Giulio,lui,c'est institutionnellement qu'il est amené à s'occuper des problèmes d'autrui.Ce devoir de s'immiscer,le jeune prêtre s'y applique, avec toute sa rigidité,ses bases de moralité et d'absolu.Mais le chemin de Don Giulio n'est pas si éloigné de celui de Nazarin de Luis Bunuel,quoique sur un ton tout de même infiniment plus familier.Mais au contact,rude,de sa famille,de  ses fidèles,de ses amis de jeunesse qu'il a retrouvées à Rome,Giulio sera conduit,subrepticement grace à l'épatant scénario de Moretti et Sandro Petraglia,à accepter au moins partiellement les autres dans leur réalité.

   Quelle est-elle,cette réalité?Ses vieux amis de jeunesse ,l'un ayant flirté avec le terrorisme des années de plomb,un autre reclus et désocialisé,un troisième illuminé ne lui sont d'aucun secours.Son prédecesseur en cette pauvre paroisse,défroqué se pâme d'admiration devant son gamin.Sa famille se fêle avant de se fracturer, séparation,suicide,avortement.Tout cela est bien lourd pour le jeune prêtre en quête d'une éthique et d'une perfection qu'il va devoir apprendre à amender.Et l'enseignement de Don Giulio,cette utopie comportementale,sera bousculé par le récit qui s'charnera à détruire ses certitudes.

     On retrouve la chanson,la danse,le ballon,ces madeleines délicieuses qui ponctuent le cinéma de Nanni Moretti.Et l'on comprend que si Moretti n'est ni Michele Apicella,ni Don Giulio,il est un peu tous les autres personnages,chacun suivant son chemin malaisé,mécompris des autres et bien peu en paix avec lui-même.Non exempt d'une certaine brutalité,comme la vie,voir l'ahurissante "noyade" de Giulio,La messe est finie se termine avec le départ de Don Giulio por un pays où le vent rend fou,mais surtout avec ce sourire inoubliable du jeune prêtre dont l'impuissance va de pair avec l'espoir de l'aube malgré tout,et et avec la dernière danse dans l'église sur l'air de Ritornerai.Bouleversant oeuvre d'un cinéaste encore très jeune La messe est finie me touche comme il ya 25 ans.

http://www.youtube.com/watch?v=WUBZb0ynkqY  Andate in pace con Ritornerai

9 décembre 2010

Le capitaine russe et le prisonnier autrichien

               L'univers de Leo Perutz me convient à merveille et j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire.Où roules-tu, petite pomme? fut publié en feuilleton en 1928 dans le Berliner illustrierte Zeitung.Même si j'avoue préférer Le cavalier suédois ou Le tour du cadran le romanesque et l'aventure sont bien au rendez-vous dans cette Europe d'entre deux guerres.Les Habsbourg sont tombés,les Romanov aussi et le vieux continent bouge,frénétique.Georg Vittorin,officier viennois,cherche à se venger de son geôlier russe,Sélioukov,en 1919.Son intention est de retourner là-bas,en Russie,mais la fin de la guerre a libéré bien des tensions et bien des appétits,le plus souvent peu reluisants.Devant la vénalité et l'amnésie de ses anciens codétenus Vittorin devra affronter la solitude et le désenchantement.Il devra aussi parcourir l'Union Soviétique,entre nostalgies tsaristes et certitudes bolcheviques,tout aussi "sympathiques".Se méfier également des factions réactionnaires ou révolutionnaires.A propos les balles du peloton d'exécution n'ont pas d'état d'âme.Elles sont balles et c'est tout.

    Après des péripéties à Constantinople,Milan,Paris Vittorin qui aura entre temps exercé maintes activités parfois peu licites retrouvera la trace de l'infâme Sélioukov pour un "duel sans témoins" vraiment surprenant.Comme toujours chez Leo Perutz on n'est pas très loin de la fable et les nationalités y sont avantageusement interchangeables.On peut bien sûr évoquer à propos de Où roules-tu,petite pomme? le difficile retour du soldat,l'amertume des vengeances,la tristesse infinie des bruits de bottes.On peut évoquer ce qu'on veut tant la prose romanesque de Perutz est imaginative et chevauche toutes les frontières.

21 novembre 2010

Les dessous de la reine

                         En 1928, Erich Von Stroheim était considéré comme probablement génial mais ingérable, ambitieux et talentueux mais si pointilleux, et si difficile,et Gloria Swanson comme l’une des actrices très en cour. Avec Joe Kennedy,le douteux père d'hommes politiques dont il s'avéra que bien qu'assassinés ils étaient loin d'avoir toutes les vertus y compris sur le plan politique, en tant que coproducteur, les deux stars pensaient réaliser avec Queen Kelly un film qui ferait date.. Mais une fois encore Stroheim allait mériter son statut de maudit.Après trois mois de tournage, Le Chanteur de Jazz fait son apparition et bouleverse le paysage cinématographique.On peine à imaginer aujourd'hui la panique qui saisit producteurs, acteurs,réalisateurs,et tous les techniciens de  cette industrie basculant dans le parlant,ou du moins le sonore.Beaucoup de poisse pour un film,Stroheim et ses exigences n'étant pas le moindre frein à sa propre carrière. Joseph Kennedy décide d’arrêter les frais et de bloquer le film pensant qu’un muet était désormais voué à l’échec.  Gloria Swanson décide néanmoins de tourner une fin hâtive qui voyait la mort de son personnage et le suicide du Prince Wolfram fou de chagrin.Stroheim refusa de voir cette œuvre ‘bâtarde’ distribuée aux U.S.A. En effet, de trente bobines (5 heures de film) initialement prévues, il n’avait pu en tourner que dix.                

             Queen Kelly est à mon sens avec Greed et Foolish wives l'une des trois pièces maîtresses de la saga stroheimienne.Une fois de plus ce film lui a échappé mais ce qu'il y a de vraiment fabuleux avec Stroheim c'est que même disgrâciées et atrophiées ses oeuvres restent pure merveille de cinéma.Les deux premières scènes du film sont admirables.La présentation de la reine Régina dans son lit,entourée de ses alcools,ses cigares et ses drogues,nudité voilée par un chat particulièrement débile,est ahurissante de férocité,allégorie de la fin des empires européens,de la décrépitude de leurs héritiers,de la fin d'un monde qui fut encore celui de l'enfance de Stroheim à Vienne.Antithèse  presque parfaite la deuxième scènes nous montre un conte de fée au cours duquel un Prince tombe amoureux d’une orpheline rencontrée au bord d’une route,en promenade avec ses condisciples du couvent,le tout d'une blancheur virginale. L'officier,fiancé de la reine,se révèle  un personnage attachant, noceur, libertin et bon vivant mais capable de romantisme et de sentiments à ses heures.Les lignes formées par le groupe des orphelines et celui des cavaliers sont un bien joli moment de géométrie cinématographique. Queen Kelly est un film parcouru de sensualité,d'érotisme et vire à une certaine obscénité dans les ultimes séquences africaines,manifeste surtout dans cet ahurissant mariage entre le vieux souteneur libidineux, syphilitique,baveux et alcoolisé et la jeune héroïne sur le pas encore cadavre d'une improbable tante qui lègue à Kelly ...son bordel au Tanganyyka.

Queen_20Kelly_22

      Tully Marshall est remarquable de monstruosité dans la peau de ce personnage. Ces vingt minutes de démesure ont failli ne jamais voir le jour.Le film se termine ici, le reste prévu dans le scénario nous étant résumé en quelques minutes à l’aide de cartons et photos de tournage.Tout compte fait l'extravagance assumée du scénario qui ne craint pas les injures à la  vraisemblance,le baroque parfois kitschissime et brutal des oppositions,la flamboyance du noir et blanc et de l'Europe Centrale à l'Afrique presque australe,le dialogue nord-sud ainsi explosif,font de Queen Kelly malgré ses manques et ses outrances un des meilleurs films muets de la dernière période.Et surtout,pour moi,une de ces oeuvres qui me font penser que le cinéma  a souvent perdu en se mettant à parler et surtout,trop souvent à causer, causer, causer...

13 novembre 2010

Géographie: Tallahassee, Floride

    

    Les Chèvres de montagne nous emmènent en Floride,bien loin de tout relief escarpé.On pense souvent que Miami est la capitale de la Floride.Que nenni! Pas Orlando non plus mais Tallahassee au nord de l'état.Ville administrative et universitaire non loin du Golfe du Mexique qui compte environ 200 000 habitants.Le groupe Mountain Goats sous la houlette du berger John Darnielle sévit depuis 20 ans environ.De géométrie très variable les Mountain Goats ont une discographie pléthorique qui n'a guère dépassé l'Amérique du Nord.

http://www.youtube.com/watch?v=VZ1W6U0FmrQ  Tallahassee

    Petit rappel du circuit Tin Pan Alley depuis le départ et par ordre alphabétique.Il est toujours temps d'embarquer.

                    Albuquerque,Atlanta,Atlantic City,Austin,Baltimore,Baton Rouge, Berkeley, Brooklyn,Cheyenne,Chicago, Cincinnati, Cleveland, Dallas, Denver ,Galveston, Kansas City,Knoxville,Laredo,Las Vegas,Los Angeles, Memphis, Mendocino,Milwaukee, Mobile, Nantucket, Nashville,New Orleans, Omaha,Phoenix,Rapid City,Reno,San Bernardino, Statesboro, Tallahassee, Texarkana, Tucson, Washington,Youngstown

18 octobre 2010

Ma vie sans...Man in the long black coat

http://www.youtube.com/watch?v=n0OhFBBCfOM Mark Lanegan/Man in the long black coat

      Extrait de l'album Oh mercy,sous l'égide de Daniel Lanois,album que j'aime énormément,mon préféré dans les vingt dernières années du Zim,voici Man in the long black coat vu par Mark Lanegan,premier complice de Kurt Cobain il y a 25 ans,puis membre de Queens of the Stone Age.Inquiétant cet homme en noir,mais tous les men in black semblent prêts à vous réveiller à 4h30 pour vous emmener,presque sans un mot,impeccablement sanglés dans leur grand manteau noir.Cela va de Sergio Leone aux milices de Lacombe Lucien en passant par les sous-fifres du Parrain et les sbires de Dark Vador dans Star wars.La voix si rauque et d'outre-tombe de Mark Lanegan ne nous rassure guère.C'est cependant une belle chanson et Todd Haynes a utilisé cette version pour I'm not there,le film de 2007,que vous avez sûrement vu.Pas moi,au fait.

2 octobre 2010

Dans le port de Rotterdam

                 La colère du monde entier du Néerlandais Maarten 't Hart a été publié aux Pays-Bas en 93.Cet écrivain est très peu connu en France où l'on ne s'intéresse guère à la littérature batave,aux noms d'auteurs parfois un peu âpres à assimiler.Cet excellent roman ne déparerait pas une catégorie polar,avec zone d'ombre du passé sur un pays en guerre,années qui passent et retour sur le plomb général de ces années quarante,version petit port tout proche de Rotterdam. Rotterdam,une ville de départs,parfois ratés, parfois sans retour,tout embrouillardés de mémoires vacillantes ou sélectives,Rotterdam dont on devine le rôle majeur dans cet imbroglio que cherche à démêler Alexander,fils de modestes et pingres chiffonniers,en proie aux tracasseries de ses condisciples à l'école,mais que la découverte d'un vieux piano va transfigurer,ce qui nous vaut de très belles pages sur Bach ou Schubert par exemple.La Hollande calviniste en son austérité de façade en prend pour son grade en cette histoire un peu mystérieuse mais dont l'humour n'est pas absent avec ces portraits de fonctionnaires zélés ou des ces universitaires un peu étroits.

                    Roman musical que La colère du monde entier,parfaitement orchestré et rythmé par la passion d'Alexander.Roman d'apprentissage aussi mais n'est-ce pas l'apanage de toute oeuvre romanesque.On assiste à l'éclosion du talent mais plus encore à la maturation de l'adolescent plutôt timide et influençable.Jeune témoin d'un meurtre c'est entre les leçons de piano et l'Université que le fils des chiffonniers de Rotterdam deviendra compositeur et "collaborateur" peut-être d'un encombrant beau-père,maestro génial dans lequel il n'est pas impossible de retrouver les traits du plus grand chef d'orchestre de l'après-guerre.Louons ainsi les ambiguïtés de ce livre complexe et fouillé.Une fugue de Bach semble accompagner les diversions,les faux semblants,les chausse-trapes de ce très bon bouquin qu'on peut lire comme un policier,ce qui n'est ici nullement péjoratif.

15 septembre 2010

Tableaux d'une exposition

                  Plutôt une  déception,assez sévère au demeurant que ma deuxième incursion chez Lars Saabye Christensen,après le si passionnant Beatles.Vingt ans séparent les deux livres et certains considéreront sûrement que Le modèle souffre moins de  scories en brassant une histoire somme toute simple et dans le thème et dans le temps.A cinquante ans Peter,peintre célèbre mais un peu en perte de vitesse,se voit diagnostiquer une cécité prochaine.Et ce à l'aube d'une nouvelle exposition dont son galeriste Ben attend beaucoup.Sa femme et sa fille  suscitent chez lui plus d'incompréhension que de complicité.Enfin le hasard le met en présence d'un ami d'enfance,ophtalmologue,aux pratiques pour le moins curieuses.Quelques mois avant l'échéance obscure Peter retrouvera-t-il le souffle créateur in extremis en faisant le portrait de sa fille par exemple?

                 J'ai eu du mal à m'intéresser vraiment aux atermoiements de Peter.Les portraits me semblent insuffisamment fouillés, particulièrement ceux de Ben et de Thomas l'ami retrouvé,plutôt malsain.Qualifié de roman faustien,ce qui est bien pratique dès qu'un personnage regarde son âge en face et se décide à ne pas l'accepter,quitte à prendre les chemins les plus douteux,Le modèle s'englue dans des considérations morales un peu à rebrousse-poil.Hélène l'épouse est dans le théâtre et le cousinage d'Ibsen est souvent évoqué.Hélas pour moi je connais  trop mal l'oeuvre du grand dramaturge norvégien pour y trouver mon compte. Christensen est-il devenu à Oslo une sorte d'institution lui aussi?Il semble qu'il soit très apprécié en Scandinavie, romancier, dramaturge, poète ,scénariste, traducteur,parolier,etc...Vous pouvez vous plonger dans cette sorte d'interrogation sur la création artistique.C'est comme ça qu'on dit,non.Quand on trouve ça moyen,comme moi,on dit qu'on trouve ça moyen.

2 septembre 2010

Au revoir commissaire Winter

    

                 Le polar a une limite.Ou alors c'est moi qui m'en impose.j'ai cessé de lire Michael Connelly après cinq aventures de Harry Bosch,Ellis Peters a fini par me lasser de Frère Cadfael,je n'ai jamais trop goûté les romans de Fred Vargas,Wallander et Erlendur,enfants du Suédois Mankell et de l'Islandais Indridason m'ont impressionné mais j'ai fini par les quitter.Peut-être les retrouverai-je avec plaisir mais assez parcimonieusement.C'est que leur univers m'est maintenant bien codifié et ils sont pour moi de vieux alcools un peu éventés.Je viens ainsi de  dire au revoir au commissaire Eric Winter et à son équipe,sise à Goteborg,pour les mêmes raisons.La construction des polars d'Ake Edwardson est méthodique,trop à mon gré,au long des ces brefs chapitres champ-contrechamp,et finit par générer une certaine lassitude.

            Les enquêteurs,bien ciblés,trop sûrement,ressemblent à ce que l'on peut voir journellement à la multicéphale mais souvent monocorde télé.Le patron,le commissaire Winter,plus de 40 ans mais tout jeune père,ses adjoints,divorcé,près de la retraite,ou jeune femme d'origine burkinabé.il doit bien y avoir un gaucher,un homosexuel,un alcoolique.Rien de déshonorant à cela,mais rien d'enthousiasmant. Eprouvez-vous la même chose face à cette présence des personnages un  peu trop télévisuelle à mon goût?On m'objectera justement qu'il y a toujours eu Hercule Poirot,Philip Marlowe,tous les privés,Sherlock Holmes et Maigret.Vrai.Alors ce doit être moi,qui à force d'apparaître de façon récurrente dans mes lectures,me serais lassé un peu de ce personnage un peu usé:moi.

       Pour ma défense je dois dire que les trois derniers romans d'Edwardson que j'ai lus:Ombre et soleil,Je voudrais que cela ne finisse jamais et Ce doux pays ont été achetés presque par erreur d'un simple clic distrait.Des dangers d'Internet...

22 février 2011

Géographie: Muskogee, Oklahoma

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http://www.youtube.com/watch?v=a9nu7ofgwWs Okie from Muskogee (Merle Haggard)

                            Une chanson peut cacher la forêt.Merle Haggard,légende vivante du country américain est maintenant l'objet d'un culte,tributes,disques,duos avec ce qui se fait de mieux.Son histoire est étonnnante et prouve si nécessaire la complexité humaine.Orphelin de père très jeune(il est né en 37) il connaît très vite les maisons de correction,puis les braquages,la taule à San Quentin où deux rencontres vont changer sa vie:Caryl Chessmann et Johnny Cash qui,lui,vient chanter.Il faut préciser que les faits reprochés à Haggard sont graves et ne pas verser dans l'angélisme.Curieusement cette chanson semble celle d'un Américain moyen très conformiste (je n'aime guère les épithètes réac ou progressiste, humaniste ou citoyen,tous vides de sens depuis longtemps).

          Okie from Muskogee a bien sûr été fort mal reçu par la communauté hippie,il fallait s'y attendre.C'était en 1969.Une chanson qui vient du pays profond avec des paroles "Nous ne fumons pas de marijuana.Nous ne brûlons pas nos appels sous les drapeaux.Nous n'avons pas de longs cheveux poisseux."Quarante ans après la polémique est loin et l'on a tous appris que la convention et la rebellion étaient en fait soeurs jumelles un peu fâchées, facettes d'un même pays,voire d'un même homme. Muskogee,Oklahoma,compte 40 000 âmes environ,ni pires ni meilleures que vous ou moi probablement.Je hais les simplismes. Quant à Merle Haggard il y a longtemps que les meilleurs chantent volontiers avec lui,Kris Kristofferson,Willie Nelson,Joan Baez.D'innombrables reprises de Okie from Muskogee circulent dont celles des Beach Boys et du Grateful Dead,eux-mêmes plutôt chevelus et sous substances de leur vivant,ironie du showbiz...Et sauf erreur Oliver Stone l'a utilisée dans Platoon.

   Petit rappel de l'itinéraire déjà effectué,par ordre alphabétique:

Albuquerque,Atlanta,Atlantic City,Austin,Baltimore,Baton Rouge, Berkeley, Brooklyn, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Cleveland, Dallas, Denver, Folsom, Galveston, Kansas City,Knoxville,Laredo,Las Vegas,Los Angeles, Memphis, Mendocino,Milwaukee, Mobile, Muskogee Nantucket, Nashville,New Orleans,Oakland, Omaha,Phoenix,Pittsburgh, Portland, Rapid City,Reno,Saint Louis,San Antonio,San Bernardino, Statesboro, Tallahassee, Texarkana, Tucson,Tulsa, Washington, Youngstown.

8 août 2010

Je suis un morettiste

morettije.jpg

        Premier film de Nanni Moretti,en des conditions rudimentaires de super 8 et de budget famélique,Je suis un autarcique s'avère déjà passionnant tant le personnage,toujours très proche de Moretti lui-même,et ses acolytes savent nous ramener à leurs obsessions de fin seventies,et plus encore de début de la fin de leur jeunesse.Et ça c'est universel.Bien sûr tout ça est pas mal bricolé,ou mis en scène comme bricolé parfois,mais j'ai marché,j'ai suivi les premiers pas de Moretti avec ce film que je n'avais jamais vu.Michele Apicella et ses amis,peu laborieux,rêveurs de lendemains qui chantent,quelle idée,détracteurs du cinéma d'avant,comme tout le monde,n'est-ce pas la Nouvelle Vague,"donnent" dans le théâtre d'avant-garde.Ca vous pose un homme,ça.Ca vous pose surtout un groupe,mi TNP grande époque mi Pieds Nickelés.Ou 20% TNP 80% Pieds Nickelés.Il faut vous dire que j'adore les Pieds Nickelés,bien oubliés des bédéphiles à propos.J'ai noté une citation extraordinaire d'un critique théâtral dans le film;"Le cinéma meurt, seul le théâtre dessine encore des hyéroglyphes signifiants".Cette phrase est merveilleuse...

   Encore quelques hyéroglyphes signifiants dans cette chronique si vous l'acceptez.Peu de vie de famille dans Je suis un autarcique,cela ressemblerait à des histoires de fratries ou de mères siciliennes,de ce cinéma maudit sur lequel Nanni Moretti,homme que je tiens d'une haute intelligence,pas si fréquent au cinéma,a bien sûr changé d'avis.Dans les bonus on le  voit d'ailleurs se chamaillant avec Mario Monicelli.Comme si Nanni n'était pas à la fois le dynamiteur et le continuateur de ces généraux sublimes,Roberto, Vittorio, Luchino, Federico, Michelangelo mais aussi Mario, Luigi, Dino,Francesco, Pietro, Mauro, Valerio....Comme si l'oeuvre totale de Nanni Moretti ne s'inscrivait pas parfaitement dans l'immense cohérence du plus beau cinéma du monde.

   Moretti a un peu la main lourde sur ce théâtre contemporain.En cela il n'est pas si loin de cette comédie italienne.Il ne sera pas si loin non plus de Fellini dans Aprile,de Rosi dans Le caïman.Voir Je suis un autarcique plus de 30 ans après permet d'apprécier le cheminement de ce créateur assez peu prolixe,mais qui ne craint pas d'aborder le cinéma dans toute son envergure depuis la blague potache jusqu'au drame familial,et ce en toute italianité,ce qui ne peut que me séduire.Voir l'avis de Ed Nanni Moretti (coffret dvd : les premiers films)

15 août 2010

Et la défaite continue

                     Me revoilà plongé dans Yves Gibeau....Et la fête continue qui date  de 1950 n'est guère un ouvrage optimiste.Mais bon sang,de quelle trempe était fait cet écrivain,avec son regard sur cette fin de guerre à Marseille?C'est que les fins de guerre sont difficiles, comme les milieux de guerre,les débuts de guerre,les avant-guerre,les après-guerre.Pour le reste ça peut aller.Le jeune homme n'a guère le coeur à la Canebière.Il cherche surtout à trouver de quoi bouffer,c'est le terme en usage quand la question est essentiellement d'ordre alimentaire au sens propre,ce qui est le cas,même dans le Midi.Et puis Stéphane,ancien prisonnier,doit éviter les mauvaises rencontres.On a vite compris la proximité de Stéphane avec Yves Gibeau.

              Il a bien une ou deux connaissances,des tenants de la débrouillardise,un impresario douteux,une prostituée et surtout Nathalie avec qui le ciel peut s'éclaircir,du moins l'espère-t-il.Cela nous vaut une grande tendresse,une sorte de sentiment un peu timide,car ce grand escogriffe aux jambes flagada pour cause de diète,meurtri par l'enfance,cette "petite guerre", n'est autre que Gibeau lui-même,cet amoureux de la littérature,ce blessé des autres.On ne mange guère a sa faim dans ...Et la fête continue,et la quête n'est pourtant pas que de nourritures terrestres.Un peu tous les métiers,selon l'expression consacrée,et c'est bien de ça qu'il s'agit,survivre,même si pas bien loin de la pègre.J'ai eu la chance de rencontrer cet homme sur le tard de  sa vie.Il n'était guère plus lourd que le Stéphane de Marseille.Et je revois ses yeux de grand enfant que les coups durs,ceux du Landerneau littéraire entre autres,n'avaient pas réussi à atténuer.Il y a  ainsi dans l'histoire de la littérature des prolifiques intéressants,des prolifiques casse-pieds,des discrets fascinants dont la vie et les écrits errent toujours en un pli de notre mémoire.Yves Gibeau est de ceux-là.

9 octobre 2010

Géographie: Austin, Texas

 

                         Quand on commence à être un peu à court pour cette rubrique il reste un ami à qui faire appel.Johnny Cash a tant chanté l'Amérique,tant enregistré,notamment des histoires de trilogie alcool/bagarre/taule qu'il n'a pas fait que chanter d'ailleurs.On peut toujours compter sur lui.Alors je vous emmène en prison.Pas la mythique San Quentin mais celle d'Austin,capitale du Texas,cet état qui semble toujours regretter la défunte république du même nom.Elle tire son nom de Steve Austin,l'un des fondateurs de l'état.Sam Houston(Alamo),lui,donna son nom à la plus grande ville texane.Il fut Président de la République du Texas.Quel romancier aura l'idée d'imaginer une dissolution des Etas-Unis en 51 républiques?Les Texans verraient cela d'un bon oeil.Thank you Johnny!

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http://www.youtube.com/watch?v=QU1nXeBV8qo  Austin prison

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