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8 juin 2010

Ma vie sans...Like a rolling stone

              

                                              Vous le savez peut-être,ma vie sans...(air connu).Moi j'aime bien Joe Grushecky,avec son nom de plombier polonais et son allure de docker lituanien.Je suis le seul  apparemment.Like a rolling stone est le plus grand succès en France de Bob Dylan,le titre qui consacre son virage électrique. Vous savez,cette fameuse trahison selon certains.Première plage de l'album Highway 61 revisited,assez long mais qui passait en boîte de nuit en 1966,tel un bon slow langoureux,Like a rolling stone a été repris en public par Hendrix à Monterey,puis par...les Rolling Stones beaucoup plus tard.Joe de Pittsburgh,qui est un copain du Boss,oeuvre à peu près dans le même registre et Springsteen a souvent écrit pour lui.Son E Street Band à lui,Joe,s'appelle The Houserockers.Moi j'aime bien Joe...

http://www.youtube.com/watch?v=PFahKl6EDFc

    How does it feel to be without a home,like a complete unknown, Like a rolling stone

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12 juin 2010

Géographie:Atlanta, Georgie

http://www.youtube.com/watch?v=8gZT5sC_7P8  Oh Atlanta

                            Petite fête,l'excellent groupe Little Feat nous plonge dans une grande métropole nord-américaine,capitale de la Georgie,mais Autant en emporte le vent.Si la ville elle-même ne compte que 600 000 habitants l'agglomération en a plus de 5 000 000 et constitue une plaque tournante aéroportuaire sans égale aux Etas-Unis.Atlanta s'enorgueillit d'un Gone with the wind Museum où souvenirs, affiches,photos célèbrent Rhett Butler et Scarlett.Un autre musée raconte une boisson au succès planétaire que vous n'ignorez pas.Berceau de Martin Luther King et Julia Roberts Atlanta est le symbole même de la douceur de vivre au Sud. J'oubliais,pas pour tous la douceur.

         Les YMCA sont souvent brocardées par le slogan "Yankees may come again".Atlanta n'a jamais oublié 1864 où le Général nordiste Sherman mit le feu à la ville,un incendie qui n'était pas celui de David O.Selznick pour Hollywood.Il y a d'ailleurs dans l'agglomération une sorte d'équivalent des statues des Monts Rushmore du Dakota,avec les effigies des chefs du Sud Jefferson Davis,Robert Lee et Stonewall Jackson.Quant à Little Feat,après leur grands succès seventies, la mort brutale à 34 ans de leur leader Lowell George ne leur permit plus vraiment de retrouver l'état de grâce.

9 juillet 2010

Le patron,sa vie,son oeuvre

 

                  Ce livre n'est pas une biographie même si le premiers tiers reprend chronologiquement l'enfance,l'adolescence,puis l'âge adulte du fils Springsteen,mi-irlandais mi-italien d'origine,depuis Freehold,New Jersey,jusqu'aux stades internationaux des cinq continents.Deuxième mouture d'un ouvrage parue en 2002,cette version réactualisée par deux connaisseurs est passionnante à plus d'un titre au sujet d'un artiste que l'on croit savoir par coeur.Hugues Barrière et Mikaël Ollivier m'ont donné envie de consacrer 3 jours de vacances à potasser l'intégrale du Boss,dont je ne possède qu'un tiers environ,muni de leur bouquin,comme pour un bachotage musical sur cette grande figure du rock,infiniment plus complexe qu'on ne l'a laissé entendre.L'essentiel de ce livre est consacré aux thèmes et aux influences de Springsteen.J'en reprendrai simplement quelques-unes.

L'enfant de Tin Pan Alley

     Bruce Frederick Springsteen a été bercé de cette culture musicale américaine elle-même africaine,klezmer, latine, irlandaise, mexicaine,caraïbe,scandinave.Vous savez ce fameux melting pot.Nul mieux que lui n'a assimilé,brassé cet héritage fantastique,qui commença au XIXème Siècle,dans les rues avec des casseroles comme instruments(Tin Pan Alley).Il ne faut donc pas s'étonner d'entendre chez Springsteen des accents blues, rock,  folk, gospel, jazz, country, bluegrass, etc...C'est que,pourtant auteur d'une prolifique moisson de titres,le Boss n'a jamais hésité à reprendre sur scène tant le blues de John Lee Hooker que les vieux folkeux,Woody Guthrie,Pete Seeger, tant les phares sixties, Stones, Animals, Creedence,tant les rock'n'rollers Jerry Lee Lewis,Bo Diddley,Chuk Berry, que les rois Presley et Dylan.Somptueux amalgame de la puissance musicale d'un pays immense qui a toujours chanté la route et les hommes (voir rubrique Géographie),le chant de Bruce Springsteen traverse depuis 40 ans le temps et l'espace.Nous avons là une richesse tant musique que textes  d'une exceptionnelle envergure.Je pèse mes mots mais voudrais tant que le succès planétaire et durable de cet homme ne le réduise pas au phénomène de ventes et de scène.Oui Springsteen remplit les stades.Oui Springsteen est richissime.Non Springsteen n'a pas besoin de la moindre ligne supplémentaire. Mais il arrive que les gens qui réussissent soient des géants.Il arrive que le triomphe soit mérité.

Routes et voitures

      Enfant modeste du New Jersey  Bruce au comme premières amours les bagnoles et le rock'n'roll.Sa musique y reviendra souvent de Pink Cadillac en Used cars ou Car wash.Mais très vite la route sera l'un des thèmes récurrents des ballades les plus déchirantes, que ce soit la route vers l'Ouest pour fuir la crise,vers le Nord à travers la frontière,vers nulle part pour les assassins. Springsteen,écolier peu assidu,est un autodidacte qui a appris sur le tard l'histoire de son pays qu'il n'en finit pas de révisiter avec notamment les albums The river,Nebraska,Ghost of Tom Joad.

La guerre

     On ne reviendra pas ici sur la chanson Born in the U.S.A et la méprise qu'elle engendra longtemps.Des dizaines de titres parsèment l'univers springsteenien  sur le Vietnam et surtout l'après Vietnam,Brothers under the bridge,Shut out the light.Le vieux War d'Edwin Starr est en scène une de ses reprises les plus rageuses.Plus récemment il aborde l'Irak avec Devils and dust ou la reprise de Pete Seeger Bring them home.Mais le catalogue du Boss est si pléthorique entre albums studios,albums live et diverses reprises qu'on pourrait l'explorer longtemps sur ces différentes thématiques.

Influences littéraires

   Au-delà des influences musicales et cinématographiques fondamentales il est particulièrement et plus surprenant à mon avis de revenir sur les lectures, relativement tardives,de Springsteen.Steinbeck à l'évidence mais aussi la grande écrivaine sudiste Flannery O'Connor,plus récemment Philip Roth et Carlos Fuentes(ses nombreuses chansons transfrontalières).Le grand photographe Robert Frank l'a aussi beaucoup inspiré.

     Ces quelques lignes n'ont d'autre but que de souligner,au-delà de l'immense succès,l'importance de Springsteen dans le siècle.Nul mieux que lui n'a su amalgamer toute l'histoire musicale de son pays, douloureuse ,joyeuse, grandiose, injuste,en un mot américaine.Je sais qu'il n'a guère besoin d'aide,je sais que nombre de jeunes talents piétinent.Je sais aussi que l'on peut être riche et célèbre,et méconnu malgré tout.Je sais aussi que les textes de Bruce valent bien quelques exégèses.Mieux encore ses mots valent le coup de les mettre en musique.Ca tombe bien il a déjà fait tout ça.Ecoutez Springsteen,seul,avec les complices de la première heure du E Street Band,avec les  folkeux-countreux-dixieux-fanfareux-gospeleux du Sessions Band,en duos, innombrables, avec d'autres artistes.Originaux ou reprises souvent radicales.Vous avez une géométrie variable.C'est ça  aussi le Boss.

Et Boom boom  http://www.youtube.com/watch?v=d46Wwl2X8Uk

17 juillet 2010

Ma vie sans...Masters of war

                       

                          Sur l'album The freewheelin' Bob Dylan figure Masters of war,qu'on peut qualifier de protest-song typique,écrite en pleine Guerre Froide.On sait la limite de ce genre d'exercice,ce qui me conduit à ne pas considérer ce titre comme majeur chez Dylan.On ne refait pas l'histoire et Masters of war appartient dans toute sa splendeur à l'époque sixties.J'ai choisi la version de Pearl Jam le quintet de Seattle mené par Eddie Vedder.

  http://www.youtube.com/watch?v=fEPAx37GsU0  Masters of war

dylanwar

18 juin 2010

Les jeunes années de Nanni

      spet_9349782_29190

        Ecce bombo n'est que le deuxième film de Nanni Moretti,1978.Et déjà s'affirme l'importance d'un cinéaste nouveau.Auteur complet,acteur,Moretti s'immerge à fond,de sa veine autobiographique qui constitue tout son cinéma.Les tribulations de ce groupe d'étudiants un peu tardifs,sur fond de sensibilité de gauche,mais toujours à l'italienne,infiniment plus fine qu'il n'y paraît et surtout que le cinéma français,m'ont parfois semblé assez proches des élucubrations des Vitelloni,Fellini 1953.Plus intellectualisé certes,plus cadré politiquement,mais avec le même amour des personnages.Michele a du mal à avec sa vie d'adulte,parfois infantile et souffrant un peu du syndrome de Tanguy.Vaguement dépressif et frustré il se comporte comme un tyran notamment envers ss soeur.Et puis surtout Michele-Nanni parle.Mais alors il parle...

    Avec quelques amis nantis d'une conscience politique un peu élastique il devise,il cause,il pérore,il la ramène.Et de refaire le monde,de groupes de paroles en radios libres.Nanni Moretti au long de sa filmo aura souvent parlé de lui,mais sans jamais devenir l'histrion que l'on aurait pu craindre.C'est que manifestement ce cinéaste manie l'intelligence du propos et la tendresse du regard,comme un sportif doué dans une piscine de water-polo.Ce sera plus marquant encore dans ses films ultérieurs,Palombella Rossa,Bianca,La messe est finie sur lesquels nous reviendrons.Dans ce beau coffret DVD Moretti,interrogé sur Ecce bombo, revient sur la genèse du film,l'autoconscience,spécialité morettienne relayant la conscience politique vacillante à juste titre,et ce n'en est que plus ambigu,plus intéressant.Son direct,retour à un certain classicisme sociétal (on est en présence d'une jeunesse bourgeoise et romaine),emploi de certains non-professionnels dont le propre père de Nanni Moretti,donnent à Ecce bombo une jolie brise d'authenticité.Moretti,pas toujours très disert,n'a tourné que dix films en 34 ans.Aucun n'est à négliger.L'ami Ed est d'accord:Nanni Moretti (coffret dvd : les premiers films)

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25 mai 2010

Bonne adresse à Dublin

    Ouvrage collectif,comme un hommage à cet établissement célèbre,le Finbar's Hotel à Dublin,initié par Dermot Boger,ce livre sorti en 99 réunit outre ce dernier Anne Enright,Jennifer Johnston,Roddy Doyle,Hugo Hamilton,Joseph O'Connor et Colm Toibin.Chacun a écrit une nouvelle ayant pour cadre le Finbar's Hotel,une institution sur les bords de la Liffey.L'endroit fut fort connu au début du XXème Siècle pour avoir abrité entre autres turpitudes épiscopales et trafics divers de part et d'autre de la floue limite de la légalité.Les sept auteurs ont eu à peu près quartier libre mais unité de temps et de lieu étaient figures imposées.Dermot Bolger a lié ces étranges aventures notamment par un vieux barman amateur de vodka,un comble,ici.

   Autre énigme:les textes ne sont pas signés.J'ai crû reconnaître les univers de Colm Toibin et Joseph O'Connor mais rien n'est moins sûr bien qu'ils soient les deux écrivains que j'ai le plus lus parmi ce septuor.Un gangster,un héritier des premiers propriétaires fondateurs,une femme en fin de vie,deux soeurs haïssantes,un homme avec un futur cadavre dans son sac....Voilà les amis irlandais que vous fréquenterez si vous décidez de loger au Finbar's Hotel.Pour les irlandophiles dont je suis ce florilège est séduisant comme un whiskey tourbé,certains verres étant plus savoureux que d'autres.J'y ai retrouvé une phrase magnifique que j'avais lue dans le très beau roman Inishowen de Joseph O'Connor.Je lui avais attribuée à tort.Elle est de William Butler Yeats l'immense poète de là-bas..

    "Mon âme est enchaînée à un animal mourant"

  Comment voulez-vous écrire le moindre vers après ça?Salauds de poètes!

18 mai 2010

Géographie: Statesboro, Georgie

           Au sud-est de la Georgie non loin de la jolie Savannah voici Statesboro,petite ville surtout universitaire dont vous voyez l'Hôtel de Ville.Et mondialement connue grâce au bluesman Blind Willie McTell,jadis auteur d'un classique du genre,Statesboro blues. Embarras du choix pour les versions, pléthoriques,chaque blues band ayant plus ou moins tâté du standard.Citons Taj Mahal,Chris Smither,Tom Rushe,Holy Modal Rounders.Une ribambelle d'amateurs chaleureux hante You Tube,peut-être un jour Picardy White Eeguab(y a encore du boulot).Plus sérieux The Allman Brothers Band...

http://www.youtube.com/watch?v=JToo3iwTOso  Statesboro blues

Petit rappel du périple musical depuis deux ans,par ordre alphabétique,ce qui en bus Greyhound représente pas mal de motels,de blues,et de whisky.

Albuquerque,Atlantic City,Baltimore,Baton Rouge, Berkeley, Brooklyn, Chicago, Cincinnati, Cleveland,Dallas,Denver,Laredo,Los Angeles, Memphis, Mendocino, Mobile, Nantucket, Nashville,New Orleans, Omaha,Phoenix,Reno,San Bernardino, Statesboro, Youngstown.

6 mai 2010

Géographie:Reno,Nevada

   

                        Ce magnifique sac pour vous présenter Reno,Nevada,ville pas particulièrement séduisante,petite soeur de Vegas,c'est dire la référence.Surtout connue parce qu'on y divorce plus vite que son ombre,cette ville de 200 000 habitants a pour seul avantage de nous faire continuer notre voyage avec une  découverte.Me promenant toujours en musique aux U.S.A je viens de tomber sur une jolie chanson tirée du film avec Adjani,Toxic affair,1993,peu vu,en tout cas pas par moi.Goran Bregovic a composé cette chanson et Scott Walker dont j'ai parlé il y a peu lui donne une couleur sombre très personnelle.Si ça vous dit,pas particulièrement gai mais plutôt rare,je crois.

http://www.youtube.com/watch?v=y3YOweA72YM   Man from Reno

26 avril 2010

Calme Israel

           Amos Oz nous plonge dans la vie ordinaire d'une bourgade israélienne et c'est superbe de simplicité, d'humanité, d'attente, d'inquiétude.Le grand écrivain israélien est particulièrement convaincant dans ce format court qui lie cependant les personnages des nouvelles.Creuser,Attendre, Chanter,voilà quelques titres brefs et somme toute explicites.Les habitants vivent comme tout le monde,rien de typique de la part d'Amos Oz.Au contraire un sentiment d'universalité court au long de ces nouvelles où l'on rencontre maire,médecin,agent immobilier ,bibliothécaire, étudiant arabe,jeunes et vieux.Toute cette société est ordinaire,fragile et se pose des questions sur la fidélité,l'avenir,la santé.Ma préférée serait peut-être celle où la plupart des protagonistes se retrouvent pour chanter,sûrement pour avoir moins peur.

         On ne dira jamais assez la richesse du monde littéraire israélien.Dans cette promenade à Tel-Ilan,ce village qu'on pourrait croire immobile,l'urbanisation gagne comme dans tout le pays.Est-ce une gangrène touristique,une spéculation?Est-ce aussi l'évolution inéluctable?Oz ne verse pas dans la nostalgie.Il se contente de nous accompagner aux chaudes soirées de Tel-Ilan,avec un zeste  de mélancolie,beaucoup de  doutes,et l'envie d'en lire plus.Je n'en regrette que davantage la huitième et dernière  nouvelle,qui m'a mis mal à l'aise.Il est possible que je l'aie pas comprise,elle s'appelle Ailleurs,dans un autre temps.

28 mars 2010

Discorde Island ou la possibilité d'une île

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Sur le livre de David Vann,les avis de Dasola et Dominique

http://dasola.canalblog.com/archives/2010/03/27/17326861.html

http://nuagesetvent.over-blog.com/article-david-vann-sukkwan-island-45071942.html

  Cette île du Pacifique Nord est-elle en passe de devenir une destination culte (terme ridicule) en même temps qu'un sujet de querelle littéraire et accessoirement un triomphe de librairie?Elle va rejoindre d'autres terres célèbres en Lettrelande, Au trésor ,Mystérieuse, du Dr.Moreau.Les amies citées plus haut ne semblent guère désireuses d'y débarquer.Sans être inconditionnel de cette insularité mon séjour là-bas m'a semblé somme toute intéressant.Certes ce livre fait un sacré choc à mi-parcours.Il faut d'ailleurs se montrer particulièrement attentif à n'être pas trop disert en le chroniquant.Ce bouquin est un roman de 200 pages dont la brièveté cadre bien avec le côté expéditif de cette histoire.Dans cette littérature de la rudesse on aura compris que les rapports père-fils n'auront rien d'une île enchanteresse.Mais cette brutalité assène un coup de poing plutôt salutaire à ce type de récit qu'on aurait pu croire initiatique.Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue dont pas mal de blogueurs ont déjà évoqué le fil.

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   C'est un ouvrage qui divise à l'évidence les lecteurs et braque parfois ceux qui ne l'ont pas encore lu et ne le feront peut-être pas.Un malaise saisit toutefois le lecteur,fût-il plutôt favorable comme moi.C'est que fréquenter Jim et Roy n'est pas de tout repos et l'on peut comprendre facilement les réticences.Glacial,secoué de pleurs et de peurs,zébré de matins qui ne chantent pas,il est âpre de séjourner à Sukkwan Island.A chacun d'y puiser sa substantifique moëlle,quitte à dévorer en frissonnant  des crabes crûs comme le "héros".Pour se détendre on peut essayer de trouver qui sera l'interprète de l'adaptation ciné,quasi inévitable à mon avis.

19 mars 2010

Ma vie sans...It takes a lot to laugh,it takes a train to cry

http://www.youtube.com/watch?v=Qz47XGsi2e0 It takes a lot to laugh,it takes a train to cry

   Si comme moi vous pensez  qu'Il faut beaucoup pour rire,et rien qu'un train pour pleurer vous aimerez peut-être cette version 69,je crois,de cette chanson de Dylan extraite de l'album Highway 61 revisited.L'opus proposé est du à Mike Bloomfield,Al Kooper,Steve Stills qui s'étaient réunis pour une Super session comme il y en eut quelques-unes à la toute fin des sixties.Bloomfield c'était entre autres Electric Flag.Kooper c'était entre autres Blues Project et Blood,Sweat and Tears.Stills c'était entre autres Buffalo Sprignfield.Etc...A  noter sur ce  disque une très longue version du Season of the witch de Donovan.Bloomfield et Kooper accompagnaient déjà le Zim sur sa propre version très shuffle en 65 au beau milieu de l'un des meilleurs albums de Dylan.Y figuraient par exemple Like a rolling stone,Highway 61 revisited,Ballad of a thin man,Desolation Row.

27 février 2010

Géographie: Youngstown ,Ohio

                   Youngstown se trouve dans l'Ohio et est restée le symbole d'une Amérique industrielle.Le Boss lui consacre une chanson dans le sompteux et dépouillé album The ghost of Tom Joad.On ne dira jamais assez l'immense dignité de ce disque sur les petites gens de l'Amérique dont le héros des Raisins de la colère est l'archétype.Bruce nous en propose une version plus rock en concert à New York.Ecoutez l'ascension et la chute de Youngstown,cité del'acier,des hauts fourneaux,où se fourbirent les boulets de la Guerre de Sécession.Mais le destin de Steel City devait connaître la grande crise comme toute l'Amérique.Qui mieux que Springsteen sait nous conter cela?

http://www.youtube.com/watch?v=9PyKU6SqHpw Youngstown

19 février 2010

Un peu gris tout de même

                                Richard Price né en 1950 écrit assez peu.Scénariste pour Scorsese et Spike Lee,ses livres sont Clockers,Les seigneurs,Ville noire,ville blanche,Le Samaritain.,et dernièrement Souvenez-vous de moi.Peintre de New York on le présente un peu comme l'alter ego du Ellroy de L.A. ou du Pelecanos de Washington.Complexes et profonds ses bouquins vont au delà du bon polar,ce qui ne serait déjà pas si mal.Mon avis est un peu plus réservé. J'ai lu Ville noire,ville blanche,pavé de 620 pages,ce qui est beaucoup trop et affaiblit un peu à mon gré .Dans une banlieue de la Grande Pomme il y a souvent choc entre les communautés.On s'en serait douté depuis belle lurette.Richard Price pointe bien les contradictions et les cicatrices de ce monde de petits délinquants pas si petits,de miliciens peu fréquentables,de travailleurs sociaux harassés et guettés par le découragement, de flics paumés et alcooliques dont beaucoup essaient de faire à peu près bien un sale boulot.
                  Rempli d'enfants perdus,jonchés de seringues,zébré de peurs crépusculaires Ville noire,ville blanche n'apporte certes rien de vraiment nouveau sous le soleil noir de l'Amérique. Mais, sérieux, documenté,étayé d'une manière presque pédagogique il nous distille une fois encore la grande crainte de nos sociétés,version New Jersey,c'est à dire la porte à côté.

17 février 2010

Les trois rabbins font l'amer

  Vu l'image on a affaire manifestement à un homme sérieux.A serious man le dernier opus des frères Coen est à mon sens l'un de leurs meilleurs films.On connaît le rapport des frères à leur judéité,faite de non-dits,de routines et parfois d'accents plus graves.Woody Allen serait-il un cousin citadin des personnages coeniens de ces petites villes qu'évite signeusement Woody?Larry,prof de math non titularisé est juif,ce qui n'empêche pas s a famille d'aller à vau-l'eau.Son fils doit faire sa bar-mitzvah mais fume un peu,sa fille Sarah n'a que peu de temps pour ce qui n'est pas ses cheveux et sa femme veut parler divorce.Sexuellement c'est plus trop ça et sa voisine en transat l'émeut quand même un peu.

             Dans cette moche zone vaguement résidentielle son voisin plus costaud empiète sur sa pelouse.C'est un homme,un vrai,qui emmène son fils à la chasse et ramène un daim sur le 4x4.A la synagogue peu de vrai réconfort les rabbins n'étant plus ce qu'ils étaient.Ils sont occupés et connaissent mieux Jefferson Airplane que le Talmud semble-t-il.Ca ça ne serait pas pour me déplaire bien que Jeff soit un groupe très surestimé à mon avis.Heureusement le morceau choisi par Joel et Ethan est leur meilleur,Somebody to love.Fermeture de la parenthèse rock.Ce film c'est parfois un peu de l'hébreu pour le goy que je suis mais ça confère une once de mystère et d'étrangeté à cette comédie très grinçante.Je sais qu'Ed  et d'autres l'ont déjà signalé fort justement.Aucun acteur connu dans A serious man et c'est très bien ainsi tant ce monde nous est à la fois proche et très exotique.

  Le parti pris d'une certaine laideur traîne au long du film comme un parfum de médiocrité pour tous ces braves gens. Obésité,strabisme,calvitie,loin d'Hollywood.Une sorte de Coenland plutôt.Enfin je n'aurai garde d'oublier le beau prologue digne du Golem et autres contes ashkenazes.En fin de compte l'un des meilleurs films récents,qui me donne envie de lâcher un (tout petit) peu mes chers classiques.

6 février 2010

Quatre saisons de musique part.1

http://www.youtube.com/watch?v=CDLDl0_pt_k Summertime

Très peu de bavardage sur cette rubrique météo-saisonnière.Billy Stewart revisite en sa courte carrière (1936-1970)) le mythique Summertime de George Gerschwin.Ancien pianiste de Bo Diddley sa version du classique extrait de Porgy and Bess est l'une des plus étonnantes.Scat,onomatopées,bruits de bouche.C'mon Billy!

4 février 2010

Mauro rare

  veinedor014

                   J'ai toujours beaucoup d'affection pour le Ciné-club de France 3 qui nous fait découvrir des films peu diffusés,pas forcément inoubliables mais qui témoignent d'une génération,d'une époque.Un cycle Mauro Bolognini nous a permis de voir La veine d'or (1955),l'un de ses premiers films,quasi inédit en France.C'est vrai que Bolognini n'est un peu connu ici que par Le bel Antonio déjà chroniqué ici et quelques oeuvres tardives ayant bénéficié de coproduction française avec Deneuve ou Huppert.La veine d'or reprend un thème archi-classique,celui de l'amour exclusif et de la jalousie d'un grand adolescent pour sa mère veuve.L'action se passe dans le milieu aristocratique souvent,mais pas toujours choisi par Bolognini au long de  sa carrière.Pour l'anecdote le jeune homme est interprété par Mario Girotti qui devait tourner tant de chefs-d'oeuvre (?)sous le nom de Terence Hill.

      La musique de Carlo Rustichelli est un peu parasite,les scènes sont très attendues et nulle fantaisie ne vient alléger ce film somme toute usuel et d'inspiration vaguement bourgeoise un peu éclairée,ce qui n'est absolument pas péjoratif et constitue d'ailleurs une caractéristique de nombre de films italiens des années cinquante,après le Néoréalisme.Pourtant j'ai vu La veine d'or pour la première fois avec plaisir,témoignage d'un cinéma certes passé mais bien fait et prônant une certaine liberté féminine pas si évidente en cette Italie qui n'avait balayé le fascisme  que depuis dix ans.Richard Baseheart,acteur américain qui joua deux fois pour Fellini incarne avec conviction le Pr.Manfredi,deuxième chance de la mère de Corrado.

30 janvier 2010

Eloge de la folie

 

           Les films italiens ne sont pas légion sur nos écrans.Vincere (vaincre) de Marco Bellochio revient sur l'épouse morganatique(?) de Mussolini.Mais Vincere ne se veut pas politique à mon sens et le Duce n'est présent que dans la première partie.Ce n'est pas le énième film sur la montée des Chemises Noires.Ce qui intéresse plutôt Bellochio,très sensible dans sa filmo au thème de la folie,c'est cet opéra funèbre qu'a constitué la liaison de Mussolini jeune et d'Ida Dalser.c'est ce ballet nocturne dans Milan,une ville qui semble étouffer.C'est la théatralisation extrême de cette histoire d'amour somme toute assez brève au coeur d'une Italie qui veut jouer dans la cour des grands après la Grande Guerre et finira par se jeter dans les bras d'un histrion pathétique et qui,il faut bien le dire,fascina au moins un temps presque tout le pays.

               Alors évidemment ce parti pris n'est pas exempt d'emphase et la musique,si elle prend parfois des accents verdiens par son rapport à l'histoire,peut apparaître à certains outrageusement pléonastique.De même on peut s'irriter du procédé d'identification d'Ida, internée et séparée de  son fils,avec le Kid de Chaplin.C'est que ce pauvre Kid a déjà payé un lourd tribut au cinéma par son exemplarité (asile, prison, orphelinat).Bellochio aurait pu s'abstenir de  quelques artifices mais je crois qu'il les assume pour nous conduire où il le voulait vraiment,à ce relatif panégyrique de la mère abandonnée,la très prenante Giovanna Mezzogiorno.On en arrive à oublier trop vite Mussolini,pas particulièrement courageux ni élégant on l'aura compris.Cela peut décevoir certains mais le propos encore une fois n'était pas historique.On en voit guère la clarté du jour dans Vincere.Faut-il le prendre comme un symbole de plus sur la longue nuit transalpine?On assiste à cette sorte d'exil mental de la jeune femme qui paiera cher d'avoir aimé.

       Traversé d'archives que j'ai trouvées bien amenées,ce qui est loin d'être toujours le cas,Vincere,s'il nest pas sans défaut (la maladresse évoquée chez l"ami Nightswimming sur l'emploi du même acteur pour le père et le fils étant la plus criante) me semble assez bien témoigner de la vigueur des vétérans italiens,Bellochio n'étant plus vraiment un débutant.Je reviens une seconde sur Giovanna Mezzogiorno actrice chez laquelle on retrouve bien la fièvre de son père Vittorio.

24 janvier 2010

Ma vie sans...Country pie

http://www.youtube.com/watch?v=uiR66yyG-T0  Country pie

  Ma vie sans Zimmerman aurait été etc...Ce qui est extraordinaire avec Bob Dylan  c'est qu'à travers la quantité de titres de sa discographie,célèbres ou à peu près ignorés comme Country pie,des artistes très différents ont repris le flambeau.Qui en ces années 68-70 est plus éloigné de Dylan que le quatuor puis trio prog-rock The Nice sous la houlette de l'organiste Keith Emerson.On a beaucoup reproché à The Nice puis à Emerson,Lake and Palmer leur froideur technique et leur éloignement du binaire.On s'en moque pas mal,l'histoire du rock étant assez élastique et volubile pour accueillir chacun.Je connaissais Country pie par Fairport Convention,antédiluvien groupe folk,un peu notre père à tous.Ils étaient bien sûr plus proches de l'original mais les arabesques de The Nice étaient très étonnantes,mêlant allégrément sur ce disque Dylan et le Sixième Brandebourgeois de J.S.B.Infinie richesse de ce monde du rock qui m'a tant donné.Merci.

2 août 2010

Sérieux ne pas s'abstenir

                      

                Roberto Rossellini a consacré toute la dernière partie de sa carrière à la télévision.Il avait une très haute idée de ce qu'aurait pu être ce nouveau mode de diffusion.La R.A.I fut très intéressée,l'O.R.T.F aussi d'ailleurs.Vu de maintenant on croit rêver.J'ai déjà parlé ici même de l'extraordinaire Prise de pouvoir par Louis XIV.Le coffret Carlotta regroupe quatre oeuvres exigeantes,difficilement exploitables au cinéma effectivement,durée,austérité,presque jansénisme,hauteur et an-émotion,pardon du néologisme.Néanmoins passionnant même si j'ai découvert ces films très progressivement.Sans entrer dans les détails dont certains m'ont probablement échappé je voudrais insister sur la grande rigueur artistique de ce témoignage unique en en livrant quelques sentiments.

    Une encyclopédie historique de Roberto Rossellini

                    L'âge de Cosme de Médicis (4 heures environ quand même) est une somme remarquable sur les débuts de la Renaissance,la république florentine,et l'humanisme (pas celui à deux balles dont on nous rebat les oreilles en 2010 à grand coups de coeur dits citoyens,pardon,je m'égare),non,celui de ces visionnaires artistes,architectes,ingénieurs,polyvalents absolus et parfois quelque peu despotes éclairés.Rossellini,pédagogue autoritaire,ne cherche aucun morceau de bravoure mais des tractations,des questionnements,au long d'un film qui parle beaucoup,qui n'est certainement pas un objet cinématographique.Mais comme cela donne des regrets que la démarche n'ait jamais été suivie.Je rêve à une salle de cinéma qui serait étiquetée Histoire et idées,comme on a Art et essai,par ailleurs terme partculièrement pompeux et que je récuse.

    Je ne m'étendrai pas davantage sur les trois autres films,mes compétences limitées ne m'y autorisent guère.Il s'agit De Blaise Pascal, d' Augustin d'Hippone et de Descartes.Le jeu pour la plupart de non professionnels donne un cachet un peu scolaire absolument revendiqué par Rossellini qui voulait expurger de toute facilité d'acteur le récit,tout à sa cohérence didactique.Il me semble avoir connu Roberto Rossellini plus proche des acteurs,ou surtout des actrices.A mon avis ceci explique cela.J'ai tout à fait conscience de l'inutilité d'un tel article mais je n'aurais pas aimé n'en point parler.

   Pour conclure je rappelle qu'aucun metteur en scène de cinéma au monde ne s'est autant questionné et remis en question que Rossellini.Je lui vois au, moins cinq périodes:les films peu hostiles au régime,oui,oui,les chefs d-oeuvre néoréalistes,les introspections bergmaniennes (Ingrid pas Ingmar quoique...)la parenthèse enchantée de François d'Assise,les films pour la télévision dont l'époustouflante Prise de pouvoir par Louis XIV déjà chroniqué ici.

 

3 janvier 2010

Ma vie sans...Queen Jane approximately

                      Ma vie sans Zimmerman eût été...(mais vous le savez déjà,au fait).Curieux choix,me direz-vous que les Four Seasons,groupe plutôt vocal,très bon mais plus crooner que rocker pour cette version de Queen Jane approximately. C'est oublier la voix formidable de Frankie Valli,aussi à l'aise  sur Cole Porter que sur Dylan.Ce quatuor eut un succès colossal dans les années 63-64,bien habillés ces fils d'immigrés italiens admirateurs de Sinatra.Leur présence est épatante et Frankie Valli a d'ailleurs fait une belle carrière solo bien que peu connu en France.Les Four Seasons,fortement remaniés,existent toujours.Leur version du célébrissime I've got you under my skin par exemple est d'anthologie.

                    Le titre Queen Jane approximately est extrait de l'album Highway 61 revisited,début d'un Dylan ayant muté électrique mais ce débat là est bien caduc maintenant.Les paroles comme souvent  chez Bob Dylan sont à ne pas prendre forcément pour argent comptant.Il m'a semblé que le narrateur se posait en ultime recours quand Queen Jane serait rejetée de partout.Voilà ce que je j'ai cru déceler,enfin,approximately

.http://www.youtube.com/watch?v=gbue8xmrN7w  Queen Jane approximately

30 décembre 2009

Au Nord rien de nouveau

   Et si le polar nordique commençait à lasser...C'est l'impression que m'a laissée Ombre et soleil.J'avais aimé pourtant Danse avec l'ange mais la surprise ne joue plus.Après avoir pas mal lu Mankell ou Indridason les serial killers scandinaves ont cessé de m'intéresser.Ils me semblent interchangeables,avec flics à la vie privée agitée,gothic rock ou black metal(pardon je ne suis guère expert),nuit précoce sur Goteborg ou toute autre cité nordique.Entendons-nous,rien de désagréable dans cette enquête du commissaire Winter mais il finit pour moi par se fondre dans le Walander suédois ou l'Erlendur islandais.Nous sommes avec Ombre et soleil en présence d'un roman de presque 500 pages,bien découpé en mois et en courts chapitres.On n'est pas loin du format,voire du formatage.J'ai acheté trois Edwardson d'un seul coup.J'ai eu tort,mais peut-être en oublierai-je un dans le train,ce qui ne m'empêchera pas de dormir.

13 octobre 2009

Vingt ans après

           Henry Porter,né en 53,britannique comme il se doit,est l'un des maîtres actuels du roman d'espionnage.Vingt ans après les coups de masse et les embrassades il nous replonge dans les arcanes de la fin de la RDA,quand Chemnitz portait encore le doux nom de Karl-Marx-Stadt.

            Brandebourg,c'est juste avant la chute du Mur et ça raconte une histoire d'espionnage où comme dans toutes les histoires d'espionnage il y a des microfilms ou des disquettes dont on ne saisit pas très bien la nature.Il y a aussi plusieurs services de contre-espionnage dont on ne saisit pas toujours la clarté.Il y a enfin des agents doubles,triples,etc...J'ai cru y voir un Soudanais proche du KGB,un Vladimir appelé à de hautes responsabilités,un Polonais mort à Trieste mais était-il vraiment polonais quoique bien mort à Trieste.Pour toutes ces raisons je ne lis pas très souvent d'espionnage.
         

         Mais il y a dans Brandebourg et c'est passionnant les derniers soubresauts du régime d'Erich Honecker,les manifs de Leipzig,les manipulations terminales et essoufflées de la douce Stasi,la fuite d'un professeur d'art lui-même ancien collaborateur de cette même Stasi,comme tout le monde.Il y a ainsi un bon roman qui nous resitue cette histoire vieille de vingt ans juste avant que ne résonne le violoncelle de Rostropovitch près d'une ligne de démarcation qui avait connu pire musique.

19 septembre 2009

Un autre film du patron

   Parmi les rares films de Bogart que je n'avais jamais vus figurait Le violent de Nicholas Ray,1950.Si Dixon Steele,scénariste à Hollywood,est effectivement violent le titre original In a lonely place résume mieux le désespoir et l'ambiance de ce film régulièrement oublié quand on parle autoportraits de Hollywood.Pour mémoire citons La Comtesse...,Les ensorcelés,Boulevard...,Le grand couteau,etc...Le patron est excellent dans ce film où il retrouve un an après Les ruelles du malheur Nicholas Ray.Soupçonné de meurtre Dixon Steele cherche à se disculper et ce n'est pas le plus intéressant du propos.Ce que j'ai aimé dans Le violent c'est le mélange très bogartien de cynisme et de tendresse parfois presque infantile du personnage duquel il n'est pas interdit de penser que le caractère de Bogart lui est étrangement voisin.On sait que Bogey était un homme assez susceptible que l'alcool accompagna tout au long d'une vie agitée,c'est le moins que l'on puisse dire.

  Gloria Grahame est une partenaire qui est  à la hauteur du mythe et qui n'a rien à envier à Gardner,Bacall,Hepburn ou Bergman bien que ces quatre symboles soient à peu près insurpassables.Excusez du peu.Et puis je suis toujours hypersensible à la voix du patron,à nulle autre pareille.Enfin les personnages que joue Bogart ont tous en commun un humour,une dérision,un recul,on dirait aujourd'hui une sorte de second degré qui les empêche à tout jamais de dater.Dans sa nuit solitaire et bien qu'innocenté reste un douloureux leitmotiv "I was born when she kissed me,I died when she left me,I lived a few weeks when she was with me."

23 août 2009

Avoir vingt ans dans les confins

  Je ne pense pas que Kessel soit actuellement sur beaucoup de tables de chevet.Mais Les temps sauvages,récit tardif de son séjour en Sibérie après la Grande Guerre mérite un détour.Divisé en trois parties,si la première tourne un peu aux souvenirs d'anciens combattants,la deuxième nous plonge dans les hallucinantes magouilles d'après guerre et d'après révolution aux confins du Pacifique.Impressionnant.Mais le plus fort reste à venir:une dérangeante immersion dans la vie nocturne de Vladivostok à travers le portrait d'une entraîneuse à l'Aquarium.On peut appeler ça une histoire d'hommes,mais écrite avec beaucoup de sensibilité,ce qui n'empêche pas les boissons fortes.

   J'aime beaucoup revenir ainsi sur des écrivains au purgatoire.Parce qu'ils correspondent bien,trop bien,croit-on,à une époque disparue.Pourtant le thème des Temps sauvages,à savoir les après-guerres qui ne vont pas en paix,lui,est hélas indémodable.J'ai aimé ce voyage transsibérien du jeune Kessel,après Strogoff et Cendrars.Vladivostok signifie Seigneur de l'Orient,un seigneur de la guerre et plus encore en ces années vingt,du trafic et des compromis.

13 août 2009

Ma vie sans...It ain't me babe

                     It ain't me babe est extrait de Another side of Bob Dylan (64).Je l'ai choisi pour sa simplicité. Une chanson qui dit tout bonnement: Ce n'est pas moi, chérie, ce n'est pas moi celui qui'il te faut.Combien de fois ai-je prononcé ou tenté de le faire ces quelques mots besogneux et si difficiles quand s'annonçait la rupture? Cette chanson est de l'époque Dylan ou guitare et harmonica suffisaient à accompagner la douleur du partir.Voici la version de l'ami Cash,véritable alter ego de Dylan,qui enregistra nombre de chansons de Bob et chanta souvent en duo avec lui.Et quelle voix!

    You say you' re lookin' for someone, who will promise never to part, someone to close his eyes for you, someone to close his heart,  someone who will die for you and more. But it ain't me babe, no, no, no it ain't me babe, it ain't me you're lookin' for.

http://www.youtube.com/watch?v=PwD4t9gcLb4

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