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21 octobre 2011

Bill joue John

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                  Somptueux quintet que celui assemblé par le maître Bill Frisell pour 14 réinventions musicales de John Lennon,et parfois de John et Paul. All We Are Saying, tout neuf et même pas encore en vente,réunit autour du guitariste de génie,protéiforme à souhait,la violoniste Jenny Scheinmann, le bassiste Tony Scherr,le guitariste Greg Leisz et le batteur Kenny Wollesen.Tout juste sexa Bill a tout exploré avec sa guitare, du folk,du brasiliana, du jazz, du bluegrass, du swing.Peu importent ces termes.Le musicien est fabuleux et il faut écouter cet album qui,accessoirement et si besoin était,confirme l'extrême richesse du répertoire des Beatles, réorganisable à satiété.

      Des titres de Lennon solo,mais aussi de Lennon-McCartney, qui sont maintenant de vrais classiques, définitifs.Ce n'est pas très surprenant pour Imagine ou Nowhere man.Mais c'est plus étonnant pour des chansons plus anciennes,gentilles "poperies" quasi quinqua,mais magnifiques dans la recréation des cinq musiciens,Please please me par exemple.Alors All I'm saying is "Give Bill a chance".

http://www.deezer.com/listen-13890084   Please please me

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17 novembre 2011

L'homme en ex-île

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                S'il y a un chanteur français qui me paraît digne du joli challenge initié par Claudialucia il me  semble que c'est lui.Cela n'engage que moi(phrase que j'écris souvent,très souvent,nécessaire,nécessaire).Il me faut vous dire que j'écoute peu de chanson française,sauf les piliers,bien entendu.Pom,pom.J'ai choisi la plus évidemment liée au Romantisme,et pour cause...Mais bien d'autres chansons de William Sheller,par ailleurs grand musicien et compositeur "néo-romantique", feraient l'affaire.Je suis allé à Guernesey et Hauteville House peut-être plus encore la faute à Sheller que la faute à Hugo.La chanson Guernesey,extraite de l'album Univers, a été coécrite par Sheller et Lavilliers.

http://youtu.be/MG98ocg8cA0  Guernesey    William Sheller

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28 octobre 2011

Un maître du chant

  carrefour

   Quelle douce perversion de replonger dans le noir et blanc,français en l'occurence.C'est ainsi.J'ai toujours aimé les films plus vieux que moi,parfois bien plus vieux.A dix ans je savais par coeur le dialogue "Vous avez dit bizarre?" de Jouvet et Simon.Mais voilà:les films ont une fâcheuse tendance à devenir de plus en plus souvent plus jeunes que moi.Le cinéma du dimanche soir de France 3 de l'ami Brion me permet ainsi de jouer à Faust en me proposant des films qui me donnent une ultime illusion de jeunesse.C'est le cas du pas mal du tout Carrefour (1938) que le cinéaste allemand Kurt Bernhardt (plus tard Curtis Bernhardt) en transit entre Berlin et l'Amérique,ce qui se faisait beaucoup dans ces années,réalisa en France avec Charles Vanel et le prince des crapules,le maître chanteur par excellence,le sardonique diabolique Jules Berry.

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   Histoire d'amnésie,possible usurpation d'identité,Pirandello n'est pas si loin.Bien sûr le schéma est ultra-classique,avec tribunal,retours en arrière, maîtresse fatale et légitime dévouée.Vanel grand bourgeois décoré est-il un ancien voyou?Il y a du Jean Valjean là-dedans.Et puis pour les ordures au cinéma,maîtres-chanteurs, escrocs,chevaux de retour,enjôleurs de soubrettes,liste non exhaustive,on peut toujours compter sur le Jules,inoubliable histrion mangeant à tous les rateliers.S'il n'y avait qu'un salaud du cinéma français,les patrons Renoir et Carné ne s'y sont pas trompés,ce serait définitivement l'immense Jules Berry.Sublime canaille!

11 octobre 2011

Ma vie sans...Subterranean homesick blues

http://www.deezer.com/listen-566099   Subterranean homesick blues   Harry Nilsson

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         Ma vie sans Zimmerman... continue bien que les chansons phares de Dylan aient été pour la plupart présentées.On a oublié ou presque Harry Nilsson.Sauf la ballade Everybody's talking du film Macadam cowboy et le langoureux Without you.Le plus curieux est que ces deux tubes sont des reprises.Pourtant Nilsson fut admiré par John Lennon, Brian Wilson, Randy Newman.Auteur de deux albums superbes,Aerial ballet et Harry, Nilsson fut un folkeux, un crooner, un mélodiste qui toucha à tout y compris aux substances habituelles tristement ordinaires.Mort en 94 à 53 ans Harry Nilsson mériterait tellement d'être réécouté.

         Première plage sur l'album Bringing it all back home ce Blues nostalgique des rats de cave (?) est la plus incompréhensible des chansons de Dylan par ailleurs très prodigue en textes abscons.Rappelez-vous le clip de la chanson où Dylan feuilletait les paroles avant de les jeter.L'enregistrement de Nilsson est extrait de Pussy cats où l'on trouve aussi les reprises de Save the last dance for me et Rock around the clock.Produit par son ami et collègue de beuveries John Lennon il contient aussi l'une des plus belles chansons pop qui soient,Black sails.

3 octobre 2011

Nowhere man

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                  Première incursion chez John Burnside,auteur écossais,très positive.Nous sommes en 1970 environ dans l'Angleterre industrielle en voie de désindustrialisation.Francis,son frère Derek,son amie Alina et son frère Jan,fils d'émigrants lettons,ont une vingtaine d'années.On est déjà loin de la Swinging London et ça ne rigole pas tous les jours dans ce pays d'acier et de crassiers. Drogue et violence à tous les étages,comme partout puisque l'expérience des uns aura à jamais dans notre monde refusé de servir aux autres.Sinon ça se saurait et Kurt Cobain aurait vécu plus longtemps que Jim Morrison.Mais faut pas rêver.Peu de place pour le rêve donc à Corby,une fois la bière tirée et les couteaux évités.Passer d'Ecosse en Angleterre pour Francis n'aura donc pas été simple dans ce "Royaume-Uni".Mais pour certains les dés ont été jetés précocément avec leur souffle de vie.Francis part alors d'abord sur les chemins anglais,buissonniers mais où l'herbe n'est pas plus verte.Parfois outrageusement banal Francis se défonce comme tout un chacun mais lui ne croit même pas ainsi se singulariser.Belle lucidité.

       Une vie nulle part n'est pas qu'un livre sur le mal-être ou sur la partance.Les liens familiaux sont remarquablement évoqués dans les deux premiers tiers du livre,avec la parole donnée à son frère Derek qui joue de la basse et écoute Rory Gallagher pour chasser le quotidien enfumé,ou à leur père Tommy veuf sombre et que l'ange de la violence caresse parfois aussi.L'amitié et le souvenir ont accompagné Francis comme de bienfaisants nuages mais la route est bien âpre pour cet indépendant un moment égaré en un château sectaire parcouru de fantômes sonnés.

     Une vingtaine d'années va ainsi passer depuis la Californie et Silicon Valley à laquelle on ne s'attendait certes pas jusqu'au retour final.Des rencontres,des frustrations sur cet itinéraire d'un enfant troublé,zébrées de riffs de guitare qui pour moi sonnent comme une madeleine littéraire tant la musique de ces années électriques balance en moi depuis plus de quarante ans.Manifestement je me sens assez frère de Francis et de Derek et j'ai partagé,ému,leurs espoirs et leurs désillusions,et plus simplement leur fraternité jusqu'à un secret terminal révélé que je n'ai pas encore découvert.Car,et c'est assez rare,je suis si bien avec Francis que je ne précipite pas mes adieux à son univers.Je ne peux qu'engager à faire la route avec ces gars-là,authentiques et douloureux.Quant à John Burnside il aura de mes nouvelles.Ou plus exactement j'aurai de  ses romans.Lui pardonnant même la pourtant gravissime erreur d'attribuer le fabuleux Wooden ships à Jefferson Airplane au lieu de Crosby,Stills and Nash.Hey John!Je suis chatouilleux là-dessus. 

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3 février 2012

Géographie: San Diego, Californie

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   San Diego (« Saint-Jacques »), est une ville côtière du sud de la Californie  située à l'extrême sud-ouest du pays, au, bord du Mexique. Avec 1 301 617 habitants en 2010, elle est la huitième ville du pays et la deuxième de l'État en termes de population. Berceau historique de l'état de Californie, San Diego est connue pour son climat agréable et ses plages ainsi que son port en eaux profondes et son histoire militaire avec la marine des Etats-Unis qui y dispose de plusieurs bases et y stationne l'une des grandes flottes navales du monde.Tom Waits a enregistré San Diego serenade en 1974 pour l'album The heart of Saturday night.

   C'est une jolie chanson très simple où Tom l'éraillé évoque les regrets et la tristesse de l'homme incapable de saisir sa chance et de savourer les petits bonheurs de la vie avant d'en être privé.Toutes ces choses de rien qui,comme la santé,ne s'apprécient que trop tard.En voici une version dépouillée qui convient bien à l'univers de Tom Waits.

 http://youtu.be/viJGpXvk_9Q  San Diego serenade   Tom Waits

7 août 2011

Concerto hambourgeois

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   Je ne connaissais rien de Siegfried Lenz.J'avais vu il y 25 ans un film de Jerzy Skolimowski qui m'avait bien plu,Le bateau phare avec Robert Duvall et Klaus Maria Brandauer.Je viens d'apprendre qu'il est adapté d'un roman de Siegfried Lenz.Mes lectures doivent parfois (presque) au hasard,je l'ai déjà dit.En phase germanophile ce titre,Le dernier bateau,m'a attiré et sa brièveté n'y était pas pour rien.Logorrhées et pavés me pèsent de plus en plus.Mais là si c'est le hasard il a bien fait les choses.C'est une des plus belles lectures de ces dernières années.

    Arne,douze ans,se retrouve orphelin.Un ami de son père le recueille au sein de sa famille.Les deux pères ont jadis navigué ensemble.Cet homme dirige un chantier de démolition navale à Hambourg.Diversement apprécié parmi les trois enfants Arne se révèle surdoué et hypersensible.Hans l'aîné se prend d'affection et l'amitié ne sera jamais démentie.Ils partagent une chambre,une chambre pleine de la Mer si j'ose dire.Les décors,les objets de marine,cartes,les couchettes proviennent de bateaux dégréés.C'est une belle réussite esthétique d'imaginer ainsi cette pièce où semblent souffler un vent hanséatique et un esprit ouvert au large.Tout hélas n'est pas aussi ouvert et Arne grandit de quelques années,restant cependant à la marge. Sans vraie méchanceté,par maladresse plutôt que par ostracisme,les jeunes,intimidés en quelque sorte, comme apeurés et notamment Wiebke la soeur de Hans ne sauront pas faire le geste,simple sûrement et qui aurait suffi.

     Comme si les sentiments parfois nous pesaient comme un carcan et qu'à force de ne pas se dire qu'on s'aime plutôt bien,on laissait une forme d'indifférence conduire vers le drame,inéluctable.Cette histoire magnifique et troublante nous entraîne à la manière d'une corne de brume qui mugirait vers des confins baltiques,alors que martellent les ouvriers du chantier sur les nefs en destruction et que la peine nous étreint.Je sais que d'autres ont aimé,comme Dominique Le dernier bateau - Siegfried Lenz.Je sais aussi maintenant que Siegfried Lenz est un écrivain majeur de l'Allemagne d'après-guerre.Il était temps,Lenz est né en 1926.Je sais enfin,mais ça je le savais déjà:ô combien de choses on ignore! 

 

28 septembre 2011

Géographie: Tacoma,Washington

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http://www.deezer.com/listen-9364403  Tacoma   Jay Ray

    Tacoma c'est l'Ouest extrême,maintenant éclipsé par Seattle,dans l'état du Washington.Son nom viendrait de l'amérindien et signifierait Mère des Eaux.La ville fut aussi surnommée City of Destiny surtout parce qu'elle constituait le terminus de la Northwest Railroad, "When the railway meets the sails".La ville compte 200 000 habitants et c'est la troisième de l'état derrière Seattle et Spokane.Si vous désirez entendre parler ou chanter au sujet de Tacoma n'importe quel festival de chants de marins (les shanties) fera l'affaire:l'un des plus célèbres est Le port de Tacoma.

   Détails sur le produit

     En plus de cette chanson voici d'un inconnu intéressant bien parti pour le rester,inconnu,Tacoma,belle ballade du dénommé Jay Ray.En attendant hissez le grand foc et cap au large.

http://youtu.be/rtpGIcct02A  Le port de Tacoma   A Virer

18 septembre 2011

Géographie: Boise, Idaho

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            Parfois au cours de cette errance américaine,un peu wendersienne à l'écoute,je présente des musiciens très connus,d'autres dont je ne sais pas grand-chose.De ce groupe Chance the Gardener je n'ai glané que de maigres tuyaux.Je crois qu'ils ont choisi leur nom d'après l'excellent film avec Peter Sellers,Bienvenue Mister Chance. L'important c'est de nous rendre à Boise,capitale de l'Idaho,état du Nord-Ouest que nous avions jusqu'ici ignoré.Située sur la Boise River,ce qui nous avance bien,Boise compte 200  000 habitants et espère accueillir les J.O.d'hiver 2022.

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http://www.deezer.com/listen-11700535  Boise,Idaho   Chance the Gardener

15 septembre 2011

La difficile condition d'être un ange

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          Bien sûr Si loin,si proche! n'a pas tout à fait la poésie, l'élan, l'imaginaire de son frère aîné Les ailes du désir dont il faut sans cesse rappeler que le titre allemand Le ciel sur Berlin est tellement plus beau et moins affecté.Tout y semble un peu plus laborieux.La surprise est passée.Le mur de Berlin est tombé. Cassiel est un ange, comme Damiel autrefois, qui a préféré devenir humain par amour pour Marion, la trapéziste. Cassiel décide de devenir humain lui aussi, mais tout se passe mal.Si le mur est tombé  Berlin et le monde n'ont pas pour autant retrouvé leur morale et leur spiritualité.Le film navigue en deux niveaux ,une première partie, en noir et blanc assez proche du premier film, une seconde plus proche del'univers wendersien type thriller,L'ami américain par exemple..

   Tout cela est forcément un peu fourre-tout,ce noir et blanc en couleurs,ces allées et venues tiennent du patchwork et de l'artifice parfois.Mais il n'en reste pas moins que j'aime l'univers de Wenders et son regard sur la ville,cette symphonie berlinoise qui me donne envie de dire "Ich bin ein Berliner" mais quelqu'un d'autre l'a déjà dit.Le cinéphile sera évidemment privilégié vu les hommages au film noir,au serial,au feuilleton.La présence de Peter Falk en son propre rôle en témoigne.Wim Wenders,grand rocklover,a aussi convié un Lou Reed fantômatique à souhait.Enfin je ne résiste pas au beau nom du personnage joué par Willem Dafoe,Emit Selfit,Time itself,Le temps lui-même.Quant aux femmes,Kinski,ou Dommartin on sait depuis bien longtemps qu'elles n'ont jamais été mieux que chez Wenders.


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15 juillet 2011

Beau roman de boue

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       Ce beau livre mérite de figurer parmi les grands classiques historiques sur la Grande Guerre,écrits par ceux qui l'ont faite, Barbusse, Genevoix, Dorgelès, Junger, Remarque, Hemingway ,Manning.Et pourtant Un long long chemin a été écrit il y a quelques années seulement par Sebastian Barry,auteur irlandais né en 1955.Willie Dunne,fils de policier,s'engage dans les volontaires pour le front de Flandre et Picardie.Jeune et naïf,amoureux transi,catholique de tradition,Willie se verra broyé comme bien des jeunes gens de tous horizons par l'effroyable logique,inaltérable entreprise de destruction massive que fut le conflit.La vie dans les tranchées en ces années de fange,Sebastian Barry s'y entend parfaitement à nous la faire partager, version irlandaise alors même qu'à Dublin d'autres jeunes gens tombent lors des Pâques Sanglantes de 1916,plongeant la verte Erin dans des décennies fratricides.Plus que meurtri par la guerre chimique qui vient de faire son apparition Willie l'est au moins autant par la canonnière sur la Liffey et les maisons dublinoises bombardées.

   Un long long chemin ne laisse pas trop de place à la truculence,ni à la musique,un peu plus à Dieu et au catholicisme avec un beau Père Buckley,aumônier à l'écoute déchiqueté lui aussi.Brutal et sanglant ce chemin ne nous épargne ni la tripaille ni la trouille de ces gamins perdus.Et puis parfois une fleur des champs,un oiseau tenace ouvrent une toute petite fenêtre,un peu d'oxygène déchire l'ypérite.C'est un très bel ouvrage sur la guerre des hommes et leur folie,ce temps pourri où les meilleurs sont capables des pires exactions.Ce temps aussi où après la guerre la renaissance est douloureuse,infiniment.Willie aura au moins appris à lire Dostoievski qu'un soldat anglais,Timmy,lui a fait découvrir.Il aura aussi appris que son père,policier légaliste,ne verra plus jamais les choses comme son fils.Toujours très au fait de la littérature de ce coin d'Ouest l'ami morbihannais Yvon nous en a parlé bien avant moi.BARRY Sebastian / Un long long chemin

7 octobre 2011

Géographie: Long Beach, Californie

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             De Long Beach,460 000 habitants au sud de L.A. on connait surtout le Queen Mary,légende flottante maintenant palace au quai,quai des nantis cela va sans dire.Le trafic portuaire y est énorme et, inter-dépendant avec L.A., c'est l'un des plus importants au monde.Long Beach fut au commencement l'un des berceaux du cinéma avant d'être supplantée par Hollywood.Illustration musicale par Eddie West,une jolie ballade pas follement originale mais agréable.

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http://www.deezer.com/listen-9733008  Maybe Long Beach   Eddie West

21 juin 2011

Femmes au bord du Danube et de la crise de nerfs

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       Le Hongrois Zsigmond Moricz (1879-1942) n'est pas très connu en France.Patience:on a bien fini par lire un peu Perutz ou Joseph Roth.Retour donc à ma chère Mitteleuropa des Lettres.On pourrait appeler ce roman L'immeuble Ulloï,référence à un célèbre livre égyptien.J'ai crû L'épouse rebelle très léger, comme cette couverture affriolante.Je l'ai fini,le croyant toujours léger,mais léger comme le cinéma de Max Ophuls et les romans d'Arthur Schnitzler.C'est à dire fin,percutant et comme dansant sur un volcan.En 34 l'Europe entière dansait sur un volcan quand fut publié L'épouse rebelle.Moricz fut avec Bela Bartok l'un des rares intellectuels hongrois à s'opposer aux lois antijuives de Horthy.Et la Hongrie des années trente n'avait plus rien de l'Empire.Petit pays et petites gens tout aussi fauchés valsent très besogneusement dans ce lieu unique,leur immeuble délabré,comme Budapest.Se toisent et se croisent un jeune journaliste têtu,sa  femme inquiète du manque,une colonelle séparée de son mari en retraite peu généreux,une famille d'industriels,une famille de fonctionnaires tout aussi désargentés.

     Et comme dans La ronde de Schnizler ou Madame de...  le merveilleux film d'Ophuls tant de fois célébré ici, le point commun,l'immeuble dans ce cas réunit les protagonistes par apartés ou par plans plus généraux autour de quatre places gratuites pour le théâtre,héroïnes peu banales de ces deux jours à Budapest.Deux jours avec ruine,chance,promesses de meilleur,craintes du chômage, fâcheries, sourires et larmes.Il y a des jeunes filles,des prétendants,une courtisane,des officiers,des mères inquiètes et des pères offusqués.Le ton est à la comédie, viennoise et vespérale,bien que Vienne n'aime guère Budapest et vice-versa et bien que l'Autriche-Hongrie ait été reléguée dans les nations mineures.La quatrième de couv. évoque Lubitsch. C'est vrai,ce cinéaste aurait été à l'aise dans ces va-et-vient,ces atermoiements certes bénins mais parfaitement clairs quant à l'avenir,sombre.

   Et s'il y a lumière et espoir malgré tout sur Buda et le monde,c'est des personnages féminins qu'elle se diffuse.Bien plus rageurs et rebelles que ces messieurs,toutes classes confondues.Le titre du roman,qui semble lorgner sur une simple histoire de couple,est à prendre un peu comme une litote,ou au moins comme le symbole d'un féminisme encore discret mais qui n'en pense pas moins.

  

3 juin 2011

Irish ahuri hilarant

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    L'ahuri c'est moi à la lecture de ce bouquin unique et paradoxal.L'Irish c'est le dénommé Flann O'Brien dont seul le nom manque singulièrement d'originalité. L'hilarant c'est le qualificatif qui me semble adapté au Troisième policier.Prière d'abandonner dès maintenant toute velléité de rationnalisme pour essayer de comprendre ce que je vais essayer d'écrire à propos de ce stupéfiant roman dont l'auteur a manifestement essayé (et réussi,lui) à embarquer son lecteur dans un voyage véli-vélo (c'est dans le texte),sans queue ni tête mais pas sans génie et qui ferait passer Kafka pour un maître de la logique imparable et Lewis Carroll pour un amateur.Attention c'est parti pour un résumé qui ne nous avance guère:Un homme mort,qui ne sait pas qu'il est mort,se trouve dans un pays étrange où des policiers obèses volent des bicyclettes pour empêcher les gens de devenir leur propre bicyclette.?!?!?! Ca tient debout,non? Au moins ça tient à vélo.

    Le héros du récit oscille tout au long de son aventure entre la panique, l'inquétude, la crédulité, l'envie. Absolument irracontable Le troisième policier ne ressemble à rien mais,surtout,rien de connu de moi ne ressemble au Troisième policier.A l'extrême rigueur c'est éventuellement à certains univers de bandes dessinées qu'on pourrait penser,mais de cela je ne suis guère spécialiste.Revenons à nos moutons d'Irlande.Dans ce doux pays de policiers et de bicyclettes un mort n'est pas forcément décédé mais une corde de pendu n'est pas forcément définitive.Si vous entrez dans ce livre serez-vous comme moi,à n'y comprendre goutte (de whiskey),à moins d'en connaître un rayon (de bicyclette) sur les bizarreries de la gravité pas toujours au centre et les mutations génétiques de l'homme-vélo ou du vélhomme,non,pas du vélum.On y croise entre autres sept unijambistes qui unissent leurs pilons deux par deux pour qu'il soient quatorze. Quelques extraits ne feront qu'ajouter à votre perplexité,j'en suis tout rouge,de confusion,mais d'un rouge vert d'Irlande.

    "N'y-a-t-il pas de danger d'avaler un piège à rats?"-"Si l'on porte un dentier il faut qu'il soit solidement agrafé et collé contre les gencives avec de la cire rouge." 

    "Où allons-nous?Sommes-nous sur le chemin d'un aller ou sur le chemin du retour d'un autre aller?"

     Par ailleurs notez l'effrayante violence de ce passage sur la délinquance, proprement cauchemardesque:

"La criminalité a terriblement augmenté dans cette localité.L'année dernière nous avons eu soixante-neuf cas de circulation sans feux et quatre vols.Cette année nous avons quatre-vingt-deux cas de circulation sans feux,  treize cas de circulation sur voie réservée aux piétons et quatre vols.Un dérailleur à trois vitesses a été bousillé pour rien,il y aura sûrement une plainte déposée au tribunal et la paroisse paiera les pots cassés.Avant que l'année s'achève vous pouvez être sûr qu'on volera une pompe,ce qui est un acte criminel aussi abject que pervers,une tache sur l'honneur de la région".

P.S. A propos de pompe à vélo Raymond Devos avait-il lu Flann O'Brien?Lui qui dans un sketch mémorable se promenait avec sa pompe à vélo pour éviter qu'on ne la lui vole:"Et j'ai bien fait parce que mon vélo on me l'a volé". 

 

10 juillet 2011

Le Tage fatal

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   Feuilletons,feuilletons,quelles merveilles!J'ignorais Camilo Castelo Branco.Et Raoul Ruiz adaptant Proust ou Giono m'avait pas mal ennuyé.Mais j'ai promis à D&D et ses 25 images qui s'occupe de ma lusophonie pas  assez galopante selon lui mon avis sur Les mystères de Lisbonne,vu dans sa version télé.


Mystères de Lisbonne Bande-annonce 1

       Ruiz et son scénariste Carlos Saboga ont véritablement osé le feuilleton.En France on pense à Hugo,Dumas ,Eugène Sue.Au Portugal je crois que leur contemporain Castelo Branco est très connu et comme toujours quand j'ignore je me renseigne un peu.Auteur de plus de 250 livres Camilo Castelo Branco a vécu lui même le mélo et le feuilleton. Fils naturel d'un noble et d'une paysanne,orphelin assez jeune il a connu la prison et a fini par se suicider.C'est avec délices que je me suis plongé dans ces cinq heures pour une cinquantaine d'années avec retours dans le passé, métamorphoses, duels et retraits au couvent.Du classique,infiniment respecté par le rythme,  l'éclairage et la musique.Avec comme il se doit un personnage pivot,le Père Diniz,qui bien sûr n'a pas toujours été le Père Diniz.

      Il faut pour s'immerger dans ce rocambolesque une disponibilité matérielle et psychologique,surtout pour une oeuvre totalement inconnue car si j'ai fréquenté pas mal Hugo,Dumas et Balzac,me familiarisant ainsi avec Dantès,Vautrin ou Thénardier et leurs multiples avatars,je ne connaissais pas cette histoire.J'ai eu un peu de mal à identifier chaque personnage et leurs changements d'identité. Inconvénient classique du genre roman-feuilleton mais qui se transforme en avantage tant on brode un peu sa propre saga au long du film.

        Cela dit beaucoup de belles scènes truffent le film.Les couvents me paraissent décidément très cinégéniques et la noirceur des scènes de parloir étoffe paradoxalement les scènes de palais.Deux compères,Mange-couteau et le gitan négocient la vie d'un orphelin et se retrouveront des années plus tard en d'autres lieux et autre tenues.Des amours ancillaires,des captations d'héritages,des mariages arrangés,tous les ingrédients du serial (même si on n'appelait pas ça ainsi au XIXème Siècle),des complications qui font qu'on est à peu près sûr de passer à côté de certaines intrigues plus marginales,tout cela fait de nous un complice,un séide, un reître à la solde de la littérature,abusé et heureux de l'être par l'imagination de l'auteur et les splendeurs de l'adaptation.Car la mise en scène est de toute beauté et mériterait une  seconde vision.Et s'il nous faut nous attacher c'est bien sûr au Père Diniz,figure du prêtre éclairé détenteur de vérités,ayant déjà vécu deux ou trois vies,dont l'ambiguité ne sera jamais tout à fait levée.De la haute littérature sûrement (j'essaierai de trouver le temps de lire Castelo Branco,c'est un peu un luxe de Chronos) et du grand ciné qui,Atlantique oblige,nous envoie comme il se doit jusqu'au Brésil en ce siècle passionnant et somme toute pas si éloigné.

29 mai 2011

C'était mieux avant,c'était même mieux avant avant...

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    Minuit à Paris a pas mal de charme,c'est sûr.Je vois peu de films nouveaux et les chronique plus rarement encore,me contentant de quelques commentaires de ci,de là,chez des cinéphiles plus assidus à l'actualité. Voici une petite exception pour un film très sympa,déjà amplement analysé.Mais je fais partie des alléniens depuis 40 ans et croirais déchoir si j'en ratais un seul.On passe souvent de l'autre côté du miroir chez Woody Allen.Souvenez-vous des pourtant très différents Alice,La rose pourpre du Caire, Zelig qui,tous,laissaient le cartésianisme au vestiaire. Dans Minuit à Paris le fantastique est fantaisie.Et Allen nous refait le coup assez classique de l'Américain à Paris,figure du cinéma illustrée à de nombreuses reprises assez délicieusement même si cartepostalement.Par exemple et avec quel brio...

americai  Gene Kelly et Vincente Minnelli

irma Jack Lemmon et Billy Wilder

    Un Américain à Paris,Irma la douce et d'autres films plus récents,je pense à l'excellent Before sunset  (Brève rencontre à Paris ) ont bien balisé le séjour parisien des citoyens U.S.Woody Allen lui-même dans Tout le monde dit I love you, s'y était déjà frotté avec succès.Owen Wilson,écrivain un peu en panne,aux douze coups de minuit,se retrouve dans les années vingt où la bohême s'appelle Hem ou Fitz (très familier avec eux je les appelle par ces diminutifs).On y croise le colérique Pablo Ruiz,peintre cubique fauché mais ça changera considérablement de ce point de vue.Et Gertrude Stein,papesse des intellectuels américains, impressionnante grande actrice Kathy Bates.C'est le mythe de Cendrillon car à l'heure juste une magnifique limousine d'époque emmène notre héros boire et danser,s'encanailler dans ce Paris est une fête,titre du récit d'Hemingway auquel Dasola entre autres fait référence.Je crois que ce livre vient de reparaître en une nouvelle traduction.Un passage entre autres,peu chaste,en est célèbre:à la Closerie des Lilas ou quelque chose comme ça,Ernest et Scott comparent leurs, leurs, leurs...,disons anatomies respectives.Mais revenons à Woody Allen qui a trouvé en Adrien Brody un jeune Dali vraisemblable et qui donne au tout aussi jeunot Luis Bunuel l'idée de L'ange exterminateur que Don Luis réalisera quarante ans plus tard.

    Tout cela n'est guère sérieux,mais diablement séduisant.D'autant plus que Woody nous gratifie d'une jolie pirouette finale ou presque qui nous replonge encore un peu plus avant,des hurluberlus nommés Lautrec,Degas,Gauguin regrettent le temps d'avant,la Renaissance.On aura compris que le film de W.A. est un joli bijou d'une pacotille agréable sur le thème éternel de la nostalgie.J'ai aimé ce film.Cependant un détail me perturbe un peu.Manhattan,Annie Hall,September,dis Woody,c'était pas un peu mieux avant quand on traînait sur Central Park,un sac papier à la main,en devisant de Bergman avec nos lunettes d'écail. Ou alors c'est moi-même qui étais mieux avant.Non,c'est pas ça.C'est,comment dire,c'est surtout que j'étais,oh,je cherche mes mots.Ah,ça y est,plus jeune,c'est ça,j'étais plus jeune.

Sur cette époque Lire Etats-Unis certes mais vivre Paris

31 mai 2011

Géographie: San Jose, Californie

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http://www.youtube.com/watch?v=pLuEpGhzVaI  San Jose  Joe Purdy

        Joe Purdy, qu'a dû me faire connaître http://jazzbluesandco.over-blog.com/ grand pourvoyeur folk devant l'éternel, est inconnu ici.Sa carrière est pourtant déjà longue avec une moyenne d'un album par an. Guitariste, mandoliniste ,harmoniciste, Joe Purdy nous emporte vers San Jose,extrait de Take my blanket and go.

PURDY

   San Jose avant d'être une des grandes métropoles californiennes et le centre de la fameuse Silicon Valley fut une très modeste communauté agricole espagnole,du nom de Pueblo de San José de Guadalupe.Troisième agglomération de Californie,au sud de la baie et à la lisière de la faille de San Andreas,San Jose,dont les jours sont peut-être comptés,est moins célèbre que L.A. ou Frisco mais passe pour la plus dynamique des grandes villes américaines.Affirmation glanée sur la toile et qui n'est pas gravée dans le bronze.Gravées dans la cire par contre,beaucoup de bonnes chansons de Joe Purdy.

12 avril 2011

Ma vie sans...Most likely you go your way (and I'll go mine)

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http://www.youtube.com/watch?v=sidm9Lwc_64  Most likely you go your way (and I'll go mine)

    Vous ia-je déjà parlé de ma vie sans Zimmerman...?Je crois que oui.Issu de l'album Blonde on blonde,qui m'a toujours exaspéré parce qu'il faut ouvrir le CD pour lire les titres voici Most likely you go your way (and I'll go mine) ,morceau assez swing et injonction somme toute banale.C'est vrai ça,sûrement vous irez de votre côté et moi du mien.Todd Rundgren,requin musical,multi-instrumentiste,plus producteur depuis pas mal d'années nous en donne une version assez réjouissante.L'album Faithful,1976, comprend une face d'originaux et une face composée de six reprises de classiques outre Dylan, Hendrix, Beatles(2),Beach Boys,Yardbirds que Todd Rundgren a voulu proches des titres primitifs.

14 mai 2011

Ma vie sans...Jokerman

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http://youtu.be/hgaSNPhQ9vo  Jokerman  Caetano Veloso

          Pour une fois une grande voix brésilienne,je les oublie un peu trop souvent,pour illustrer l'influence de Dylan.Caetano Veloso qui connut les geôles du pays a assez vite pris du champ avec la bossa nova brésilianissime pour un courant vaguement nommé tropicaliste où il intégra les racines africaines du Brésil,la langue espagnole,peu en cour on s'en doute,et une vraie passion pour le rock des phares, Beatles, Dylan,Stevie Wonder.Cette attitude musicale ne lui valut pas que des amis au Brésil qui comme ailleurs est parfois frileux.J'adore cette version de Jokerman très vive et que steels,percussions,violoncelle amalgament parfaitement.Cela m'incite en outre à voir de plus près la disco de Caetano Veloso.La Toile a parfois du bon.

            Extrait de l'album Infidels,1983,le titre est impossible à traduire puisqu'il s'agit d'un mot qui mot qui n'existe pas en anglais, formé sur le modèle de "Loverman", influence de la musique noire américaine. Comme souvent chez Dylan beaucoup de références bibliques dans cette chanson,pas forcément très claires au mécréant que je suis.Cela n'a que peu d'importance.Un titre très ancien comme Subterranean homesick blues m'avait déjà emballé en 1965.Je n'y ai toujours rien compris.

11 mai 2011

Géographie: Santa Fe, Nouveau-Mexique

     

http://www.youtube.com/watch?v=ErdA9ky7RkY   Santa Fe   Shawn Mullins

     Demeurée capitale de l'état malgré la croissance d'Albuquerque que nous a chantée Neil Young Santa Fe est l'un des villes les plus hispaniques des Etats-Unis.Et l'une des plus belles,tout au moins selon les canons Vieille Europe.Comme toutes les autres cités espagnoles le nom originel était un peu plus long, Ville Royale de la Sainte Foi de Saint François d'Assise.Mais pour un outlaw en fuite qui n'avait guère le temps de prendre un billet de diligence Santa Fe fit l'affaire.C'est vrai que le nom sonne comme une halte poussièreuse gorgée de soleil et de cactus,lorgnant vers le Mexique,l'ancien.

Santa Fe

         Plus haute capitale des Etats-Unis Santa Fe est en fait devenue très à la mode et a su parfaitement "récupérer" l'adobe et l'art indien.Je ne suis pas sûr que tout y soit parfaitement authentique.De toute façon ce voyage se veut musical avant tout.Shawn Mullins,folkeux de son état,chante Santa Fe.

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   Enfin côté cinéma Santa Fe fut souvent en vedette aux côtés d'Errol Flynn ou Randolph Scott.La piste de Santa Fe notamment retrace sans trop de discernement la vie de George Armstrong Custer.Mais ceci est une autre histoire.Il existe même,en France,sur une chaîne confidentielle,un magazine du western nommé Santa Fe.

15 mars 2012

Géographie: Fort Worth, Texas

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              Fort Worth,ville jumelle de Dallas,fut longtemps l'une des capitales du bétail.Son surnom n'est-il pas Cowtown? C'est drôle comme les Américains aiment donner des sobriquets à leurs villes. La ville s'enorgueillit du plus grand dancing country and western au monde.Je vous dis ça au cas où cela vous démangerait impérativement.

         Encore un blues,inépuisable filon,un country blues plus exactement.chanté par un blanc,Steve Earle,vieux routier du protest-song ancestral.Earle,né en 55,fugueur à 14 ans,a collaboré avec bien du monde,un peu avec la justice aussi d'ailleurs,incarcéré quelques mois pour abus d'abus.Je ne comprendrai jamais trop le conformisme de ces gens que j'aime par ailleurs,mais qui n'ont pas encore saisi qu'il était vite devenu plus original de porter une cravate et de boire de l'eau minérale.Il a aussi beaucoup fréquenté Shane McGowan(The Pogues),ce qui est bien musicalement et plus encore "alcoolément".Mais Steve Earle est un grand songwriter et cela n'enlève rien à mon estime pour sa musique.Il a écrit Fort Worth blues pour son ami Townes Van Zandt, autre grande figure du folk, trop tôt disparu,selon la formule.Steve Earle figure aussi sur le quadruple CD Chimes of freedom,tout récent hommage à Bob Dylan.Album pour lequel je n'ai pas été contacté malgré la rubrique de reprises régulières de Zimmerman ici même.Ce dernier trait se veut d'humour,cela va sans dire et mieux en le disant.

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 http://youtu.be/LMknbUBLu5E Fort Worth blues   Steve Earle

In Ft. Worth all the neon's burnin' bright
Pretty lights red and blue
But they'd shut down all the honky tonks tonight
And say a prayer or two
If they only knew

You used to say the highway was your home
But we both know that ain't true
It's just the only place a man can go
When he don't know where he's travelin' to

But Colorado's always clean and healin'
And Tennessee in Spring is green and cool
It never really was your kind of town
But you went around with the Ft. Worth Blues

Somewhere up beyond the great divide
Where the sky is wide and the clouds are few
A man can see his way clear to the light
Just hold on tight
That's all you gotta do

And they say Texas weather's always changin'
And one thing change'll bring is somethin' new
And Houston really ain't that bad a town
So you hang around with the Ft. Worth Blues

There's a full moon over Galway Bay tonight
Silver light over green and blue
And every place I travel through, I find
Some kinda sign that you've been through

But Amsterdam was always good for grieving
And London never fails to leave me blue
Paris never was my kinda town
So I walked around with the Ft. Worth Blues

29 avril 2011

Les vrais croyants

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   Premier livre de Joseph O'Connor ce recueil se compose de treize nouvelles sur l'Irlande d'il y a vingt ans,juste avant son boum économique et sa chute brutale.L'Amérique n'est guère présente contrairement aux livres ultérieurs d'O'Connor comme ses grands romans,surtout ce chef-d'oeuvre qu'est Inishowen. D'ailleurs ces personnages des Bons chrétiens,titre français de True Believers,ne partent guère.Parfois ils croient qu'ils partent,comme Ray,40 ans,qui dans Faux départ,comprend que "L'amour c'est parfois simplement rentrer chez soi et pas beaucoup plus".Et puis,les grands espaces,ils vont plutôt les chercher dans la bière et le whiskey,au bord de la noyade à chaque crépuscule.A chaque aube ils se lèvent, difficilement,pour une journée où le travail sera rare et la famille pénible.De la dure condition d'être irlandais pour qui n'est pas un trader du tigre celtique.La partition de l'île est le thème du premier texte,Les collines aux aguets,qui nous rappelle que Londonderry a longtemps ressemblé à Beyrouth.

    Consacré aux modeste,ce recueil sait nous toucher dans le regsitre familial avec L'évier,lieu privilégié de la solitude du mâle,pas très glamour mais si quotidien.L'humour souvent désespéré n'est pas absent non plus (La liberté de la presse où Jim Guthrie vient de perdre sa femme dans un accident de train et s'en trouve profondément choqué surtout parce qu'elle tenait sur elle le Daily Sentinel,journal qu'il détestait et ne lui avait jamais vu entre les mains).Un bon livre de nouvelles se doit de nous décevoir une ou deux fois.J'ai très peu goûté La fête chez les bédouins où pour le coup O'Connor quitte Irlande et Angleterre pour un voyage en Tunisie où bière et rires gras,hélas universels,nous présentent des abrutis notoires comme on en rencontre hélas souvent.

   Les deux derniers textes,parfois bouleversants,tracent le sobre portrait d'un prêtre troublé et courageux (L'amour du prochain) et celui d'une famille dont la mère est partie laissant quatre enfants et dont le père,lui aussi,force la dignité.Cette dernière nouvelle a donné son titre au recueil.Un certain Yvon aime aussi ce livre...

O'CONNOR Joseph / Les Bons chrétiens

15 juin 2011

Géographie: Muscle Shoals, Alabama

MUSCLE

            Muscle Shoals n'est guère qu'une bourgade en Alabama,dans une vague agglomération de 70 000 habitants qui ne serait pas entrée dans l'histoire ni la géo que j'aime si...Si la musique ne s'en était pas mêlée.Fin des années 60 plusieurs studios d'enregistrement virent le jour sous la houlette de Rick Hall qui souhaitait que ce bled plutôt redneck concurrence Memphis,Tennessee,pas très éloigné.Ainsi naquit FAME (Florence Alabama Music Enterprises).Et cela marcha si bien que le Muscle Shoals Sound devint membre éminent de la musique populaire américaine au même titre que New York,Chicago,Memphis,New Orleans,Nashville.Muscle Shoals n'évoque plus grand chose à présent.Mais les immenses de la soul,Wilson Pickett,King Curtis,Aretha Franklin ne firent qu'y précéder les légendes Joe Cocker,Paul Simon,J.J.Cale,Bob Seger,Steve Winwood et l'ami Eddy Mitchell.Tony Joe White le génial swamp-rocker nous entraîne à Muscle Shoals, Alabama. Bienheureuse Amérique musicale que l'on retrouve dans cette chanson qui parle aussi de Stockholm,Amsterdam,Paris.

http://www.deezer.com/listen-2520390   On the return to Muscle Shoals  Joe White

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6 août 2010

Simple mais beau

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                     J'ai déjà dit comme j'aimais Neil Hannon.J'aime la littérature.Alors quand Neil présente ses héros je ne puis que fondre.Même si je n'aurais pas fait un choix identique.Forte consonnance anglo-saxonne chez cet Irlandais unique.Mon goût est d'ailleurs déjà en partie dans l'abécédaire de mes écrivains majeurs.Et si vous ne me laissez que trois livres,que ce soient ceux-là.A eux seuls ils peuvent presque dispenser des autres.Car ces trois livres ont "changé" ma vie.D'aucun je ne suis sorti indemne.

http://www.youtube.com/watch?v=vPzS91gGzLM The booklovers

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23 avril 2011

Bunuel et Mirbeau au pied de Jeanne

  

           Cette nouvelle rubrique est à prendre au pied de la lettre.Ce piédestal ne sera ni un pinacle,ni un podium.Il n'est destiné qu'à l'humour,la musique,l'histoire,le cinéma,la littérature,la peinture,quelques autres sottises qui n'ont qu'un but,rendre hommage au pied,le plus souvent aux deux car le pied si possible va par paire.Et puis si, les affaires de coeur,les jeux de mains,les yeux dans les yeux,les cheveux coupés en quatre et les mauvaises langues fréquentent assidument les blogs il m'a semblé que la base était parfois oubliée. Revenons donc aux fondamentaux.Quoi de plus fondamental que les pieds?Et puis la moitié du pseudo de ce blog ne vient-elle pas des pieds nus d'une certaine comtesse dans un si beau film?

   pied  L'une des scènes de pied les plus célèbres du Septième Art:Jean-Claude Carrière adapte le sulfureux(à l'époque) roman d'Octave Mirbeau pour le grand Luis Bunuel.Les fantasmes du grand bourgeois pour la chaussure de Célestine-Jeanne Moreau.C'est Le journal d'une femme de chambre,1964.

   Nous ne séparerons guère les pieds de leurs proches,les chaussures, bottes,chaussons,etc.Par contre il sera peu question de jambes car ce blog se veut sérieux et les jambes n'ont rien à voir avec les pieds. Même si parfois les uns tiennent les autres à bras le corps.Pardon à Truffaut et à son merveilleux Homme qui aimait les femmes dont les jambes comme des compas donnent au monde son équilibre,je ne sais plus la citation exacte.Certains objecteront que cette rubrique ne casse pas trois pattes à un canard et n'arrive pas à la cheville de bien d'autres.Mais je resterai droit dans mes bottes,orteil étant notre bon plaisir (cette ultime vanne métatarsienne ne s'élevant guère qu'au ras des pâquerettes).

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