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9 juillet 2012

Géographie: Postville, Iowa

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           L'ami Thierry m'a trouvé une nouvelle destination,terra incognita, Postville, Iowa.A force de m'envoyer dans des bleds pareils je risque d'y laisser ma peau.Vous ne connaissez pas Postville?Moi non plus.Il faut dire que cette bourgade est une métropole d'environ 2500 habitants.Pourtant Postville mérite notre attention,cas un peu particulier, surnommé Home of the world.Surtout pour faire oublier les graves incidents qui, opposèrent il y a quelques années les Juifs Hassidiques et les locaux essentiellement descendants  de Scandinaves,ceci à propos des conditions d'abattage du bétail selon les rites cashers.

         Tout ça c'est du blabla.C'est surtout prétexte pour s'intéresser au groupe indie-folk Rusty Bear originaire de Leeds,Royaume-Uni,et à ce beau disque,Source to sea.Lumineux et calme.Tout ça,évidemment,je l'ai soigneusement pompé chez Jazzbluesandco. Mais la chanson est belle,pour ceux qui apprécient le folk, intemporel et rêveur. 

http://www.deezer.com/music/track/20918141   Postville,Iowa   Rusty Bear 

 

rusty

 

Rappel de l'itinéraire suivi

          Abilene,Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore, Baton Rouge, Berkeley, Birmingham, Boise, Brooklyn,Cedar Rapids, Chattanooga, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Clarksdale, Cleveland, Dallas, Denver, Detroit, Dodge City, Flagstaff, Folsom, Fort Worth, Fresno, Galveston, Hopkinsville, Jacksonville, Joliet, Kansas City, Knoxville,Lafayette, Lansing, Laredo, Las Vegas,Long Beach,Los Angeles, Memphis, Mendocino, Miami, Milwaukee, Mobile, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville, Natchez,  New Orleans, Oakland, Omaha, Oxford,  Philadelphie, Phoenix, Pine Bluff, Pittsburgh, Portland, Postville, Rapid City,Reno,Saint Louis,San Antonio,San Bernardino,San Diego, San Jose, Santa Fe, Savannah, South Bend, Springfield, Statesboro, Tacoma, Tallahassee, Texarkana, Tucson,Tulsa, Tupelo, Washington, Wichita, Youngstown.

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22 avril 2012

Géographie: Chattanooga, Tennessee

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         N'oublions pas,n'oublions jamais Bill.Je sais que Chattanooga choo choo c'est surtout Glenn Miller mais je vous propose l'interprétation de 1954 de Tonton Bill,officieux parrain du rock'n'roll,ce qui n'est pas absolument évident à première vue.Son physique n'a rien d'un sex symbol sauf sa mèche sur le front et son jeu de scène n'est pas celui d'Elvis the Pelvis,tant s'en faut.Mais tourne le temps,Rock around the clock a définitivement jeté les bases d'une immensité musicale qui n'en finira plus.

mzi_gnkkrfne_170x170-75     http://youtu.be/Ul22mBkkKww Chattanooga choo choo Bill Haley

                Chattanooga est la quatrième ville du Tennessee, 180 000 habitants environ.Située dans le sud-est de l’État, sur la rivière Tennessee, et jadis noeud ferroviaire important,la ville est par son nom même impérativement au classique swing de Glenn Miller.Elle fut aussi le siège d'une importante victoire de l'Union face aux Confédérés en 1863. Tout ça c'est bien beau mais à toi Bill!Let's go!

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16 octobre 2010

Monsieur Clavel

            

                                                       On ne lisait plus guère Bernard Clavel à l'heure de Houellebecq et Nothomb.Clavel c'est pourtant tout autre chose que du roman de terroir hyperformaté.Je ne reviendrai pas sur sa vie qu'il a si bien romancée dans sa tétralogie majeure La grande patience dont les jurés du Goncourt ne crurent pas déchoir en le couronnant pour l'ultime tome Les fruits de l'hiver.Cet autodidacte, apprenti patissier,amoureux de ses terres du Haut Jura,des embruns d'Irlande et du blanc Labrador,conteur intarissable aux sagas autrement bien fichues que les pensums télévisuels (je pense à sa remarquable série sur la Guerre de Trente Ans,Les colonnes du ciel),cet homme,citoyen avant l'actuel et navrant galvaudage de ce beau substantif,ce pacifique convaincu (j'aime mieux que pacifiste mais peut-être Bernard Clavel n'aurait-il pas aimé) était l'un des écrivains de chevet de mon père avec ses premiers ouvrages L'ouvrier de la nuit,L'Espagnol.

                         Ca me ramène à des jours anciens mais je voudrais insister sur toute la qualité de l'écriture de Clavel,évidemment plus très en cour,mais si consciencieuse et terrienne au sens le plus noble du terme.Même le souvent  condescendant Télérama le traite en grand écrivain.Je ne suis pas certain de lire à nouveau Monsieur Clavel,la vie étant courte et les auteurs si nombreux.Mais je tiens à l'appeler ainsi,ne serait-ce que pour le plaisir de lire qu'il a donné à bien des gens et la détermination qui a guidé toute son oeuvre.Emballé par Le silence des armes je lui avais d'ailleurs écrit.Et ses apparitions chez Bernard Pivot étaient toujours savoureuses,notamment une historique émission d'Apostrophes où avec Brassens ils avaient parlé de l'armée,de la guerre et de la paix.Dans les hommages j'ai souvent lu à propos de Monsieur Clavel "de la belle ouvrage".C'est tout à fait ça.

5 octobre 2010

Ce sacré Jeannot

   

                 J'aime beaucoup cet homme.Je l'aime toujours autant après quelques milliers de passages télé dont il est par ailleurs un bon client.A ceux qui croient voir en lui ce cabotin mondain élégant et faussement nonchalant je donne entièrement raison.Jean d'Ormesson l'est indiscutablement.A ceux qui croient que se cachent derrière cette façade superficialité et esbrouffe je dirai qu'ils se trompent.Je tiens Jean d'Ormesson pour un écrivain majeur malgré ses efforts pour tant se montrer,à tel point que c'est pour mieux se cacher.Trêve de badinage C'est  une chose étrange que le monde est un roman(?) bluffant,stimulant,ébouriffant.Vous connaissez la trame:le Vieux,ce pourrait être Dieu, parle un peu des hommes,et d'Ormesson parle de Dieu qu'il a un peu connu,mais moins que Dieu ne connaît les hommes.Et Papy Jean de nous raconter les belles histoires de l'oncle Paul.Le grand livre du Monde s'ouvre ainsi,par touches très brèves,à croire que Jean d'O. est payé à la ligne,pour payer ses séjours à Venise et sa Méditerranée, onéreux.Sacré Jeannot.

        Galilée,Pascal,Newton,Darwin,Einstein que nous connaissons si bien,n'est-ce pas(???) entrent dans la danse.Et d'autres étoiles,sommités des sciences et de la philosophie,avec lesquels je suis un peu en froid,peu porté sur les équations et les interrogations métaphysiques.En face du Vieux il suffit comme Thésée de suivre le fil du labyrinthe pour démêler le simple du complexe,le sûr du probable,le doute de la vérité et Jeannot nous y entraîne,le volubile,le conteur,le farceur.Au bout du compte on n'est évidemment guère plus avancé (je parle pour moi qui suis au niveau de spiritualité de l'huître,et qui pour la science voisine avec Lucy).Mais ce n'est pas grave de rester en rade,le passé étant passé,intouchable,et le futur étant futur,inconnu.

       De cet excellent bréviaire de vie j'ai au moins retenu que d'Ormessson a connu ses plus belles extases se baignant en Grèce,flânant chez la Sérénissime,lisant Aragon.Programme ma foi bien digne d'intérêt,auquel je souscris volontiers.Souriant souvent,une brise inquiète effleure parfois Monsieur Jean.Et si j'avais préféré la profondeur de Voyez comme on danse j'ai adoré cette balade avec un auteur généreux,pressé car le temps lui est compté,allénien version Quai Conti,bavard comme Luchini et gai comme un pinson.Il y a du souffle romanesque même dans une réaction quantique bien que je ne sache toujours pas comment vivent les quarks.

14 août 2010

Le coup de Crace

   
  
 

 

 

                Jim Crace,encore méconnu en France,est né en 46 en Angleterre.Deux fois finaliste du prestigieux Booker Prize,il est l'auteur de L'étreinte du poisson, Quarantaine, Six ,Le garde-manger du diable. Et de De visu,curieux titre français de The pesthouse,dont je vous dis un mot ci-dessous.

            De visu est un roman de fin du monde dans un climat assez proche de Malevil.Nanti d'une jolie verve poétique ce voyage vers l'Est constitue ainsi l'avatar ultime et inversé de la ruée vers l'Ouest.Dans cette Amérique d'après la catastrophe(celle que vous voulez,Crace vous laisse le choix) Margaret et Franklin veulent retourner aux navires susceptibles,sur "le puissant fleuve à une seule rive",de quitter le continent pour l'autre terre promise.
              Parabole sur le Nouveau Monde,prématurément vieilli,livré aux pillards et aux maladies,De visu est une histoire d'amour qui devra passer par la case Moyen Age pour envisager à nouveau la sérénité.Et si le cauchemar futuriste servait au moins à cela:donner aux hommes l'occasion de faire mieux.

 
   
 
 

 

 
 
 
   
 
 
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27 août 2010

Ma vie sans...Lay lady lay

        Ma vie sans Zimmerman.... Extrait de l'album Nashville skyline,1969,Lay lady lay a été beaucoup enregistrée.J'aime la version des Everly Brothers,injustement réduits à leurs disques précoces.Buddy Guy en donne une version blues,on s'en serait douté.Mon groupe phare,les Byrds,l'a aussi chanté,mais ils ont chanté tout Dylan ou presque.Voulant donner dans la jeunesse j'ai choisi Josh Rouse.Natif du Nebraska Josh Rouse  a beaucoup fréquenté Nashville puis s'est tourné vers le vieux continent,en l'occurence l'Espagne.Parcours original

http://www.youtube.com/watch?v=dFnUv5pDitM   Lay Lady lay

13 septembre 2010

Géographie: Milwaukee, Wisconsin

          What's made Milwaukee famous, vieille scie de Jerry Lee Lewis,n'est certes pas l'oeuvre du siècle mais l'important est qu'elle nous permette d'être on the road again et d'échouer cette fois dans le Wisconsin.Voici donc la version de Rod Stewart dont le nom,je le sais,suffit à faire frémir d'horreur beaucoup de baby boomers vieillissants,comme Rod.Moi je n'arrive pas à détester Rod Stewart,une des grandes voix du rock,un peu contaminé par le syndrome de Vegas,qui guette tout rocker depuis sa première guitare au fond du garage mal éclairé.

    Comme bien des villes américaines Milwaukee,la plus grande cité de cet état du Nord non loin de Chicago,650 000 habitants,tire son nom d'un vieux nom indien,algonquin en l'occurence,signifiant Belle terre.La ville fut longtemps un centre de brasseries très important,sur les bords du Michigan.En 1900 y naquit Spencer Tracy.Quant à Rod Stewart,n'oubliez pas,jeunots que vous êtes,qu'avant le jet setter peroxydé il y eut le fabuleux chanteur des Faces qui fréquenta ce qui se faisait de mieux dans le Londres des sIxties moribondes.

http://www.youtube.com/watch?v=rXrvZQdgD6c What's made Milwaukee famous

   

28 juin 2010

Ma vie sans...Girl from the North Country

   Immortelle ballade cette Fille du Nord n'a cessé de m'enchanter depuis mes jeunes années.Pas forcément vraiment de Dylan,flou artistique très zimmermanien sur la paternité de cette chanson,qui ressemble à pas mal d'autres notamment Scarborough Fair,autre perle folk.Voici la magnifique version  des Waterboys de Mike Scott au meilleur de leur forme.Il y a longtemps de ça.Il y a longtemps de tout quand on mûrit.Ce qui ne nous empêche pas de nous souvenir d'une fille du Nord ou de l'Ouest,aux cheveux longs ou courts,au châle de laine ou au corsage fleuri.On ne cesse de réinventer le souvenir de la Fille du Nord.Et on voudrait s'assurer,des années après qu'elle ne souffre ni du vent ni du froid.Alors si vous la voyez n'oubliez pas de "donner le bonjour à la fille qui fut mon amour".

http://www.youtube.com/watch?v=gzP2-B4TueI  Girl from the North Country

21 avril 2010

Géographie:Nantucket, Massachussets

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                 Nantucket a pour moi le parfum atlantique de l'extraordinaire roman,dont très peu de gens ont lu la version intégrale,800 pages dont pas mal de descriptions anatomiques des cétacés.Je veux parler bien sûr de Moby Dick de Melville.Nantucket fut longtemps la capitale de la chasse à la baleine et l'ombre d'Ismael et du harponneur tatoué Quiequeg plane encore sur cette île-ville légendaire.Tout cela a bien changé et ce sont plutôt les jet-setters que les coureurs de cachalots qui fréquentent cette station huppée du Massachussets.La ville proprement dite de Nantucket est le centre d'un archipel au sud du Cape Cod.

     Le groupe Mountain,qui se voulait une sorte de Cream américain sous la houlette du bassiste Felix Pappalardi et de l'énorme guitariste,dans tous les sens,Leslie West,eut son heure de gloire vers 1971,avec l'album Nantucket sleighride dont le titre éponyme que voici,dédié au marin Owen Coffin,au nom prédestiné,Cercueil,pour mourir en mer.Quant à Felix Pappalardi il ne mourut pas tué par Moby Dick comme le Capitaine Achab mais plus prosaïquement tué par sa femme en 83.

http://www.youtube.com/watch?v=q0JrV86EKCs   Nantucket sleighride

14 avril 2010

Ma vie sans...Love minus zero/No limit

http://www.youtube.com/watch?v=W8H9o4r4NkI Love minus zero/No limit

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    Attention soupe annoncée.Mais ma vie sans Bob... n'aurait pas été enrichie du trio pop pour midinettes The Walker Brothers qui participèrent à leur manière à la galaxie Dylan.Et puis comme soupe celle des faux frères Walker était somptueuse et leurs slows enrobés...(censuré).Avant de gloser sur ce magnifique morceau consciencieusement mimé on est prié de noter que Scott Walker est devenue une sorte d'icône underground que pas mal de blogs et de critiques encensent, personnage incertain mais sophistiqué,sorte de père spirituel de Neil Hannon,mais je ne connais personne qui connaisse quelqu'un qui aurait vu un ami écouter Scott Walker.On sait quand même qu'il est passé par les cases Jacques Brel et Edith Piaf,ce qui vous pose toujours un artiste outre-Atlantique.Sur l'abum The drift,2006,il m'a  semblé entendre des moments somptueux au coeur d'un magma de bruitages.Tout cela est assez flou.Mais les Walker Brothers en 66 au Casino de Cabourg...je vous dis pas...

6 septembre 2009

Enchanté du désenchanté

         Budd Schulberg vient de mourir à 95 ans,je crois.S'il fut l'un des grands auteurs à Hollywood Schulberg n'a pas attendu le cinéma pour savoir écrire romans et nouvelles dont les cinéphiles ont retenu notamment Un homme dans la foule,Plus dure sera la chute,Sur les quais.Fils d'un ponte de Paramount,élevé dans le sérail il a écrit sur ce sujet Qu'est-ce qui fait courir Sammy? et Le désenchanté.

       

Le désenchanté fut publié en 1950.S'il est inspiré de la chute de Scott Fitzgerald Budd Schulberg nous donne là une oeuvre follement romanesque dans le bon sens,peignant dans un même maelstrom les débuts de la folie de Zelda(ici nommée Jere) et la débandade boursièrede la fin des Roaring Twenties.Dans romanesque il y a roman et quel roman,quelle histoire fabuleuse de champagne et de gueules de bois,de parties dignes de Gatsby et de déchéances tôt venues.
Manley Halliday qui fut il y a presque vingt ans un écrivain adulé se voit contraint à faire le tacheron pour les producteurs d'Hollywood(attention,pas tous incultes).Cornaqué par un jeune espoir du scénario,fauché comme c'est pas permis,  retrouvera-t-il le génie,ou simplement le talent,ou encore plus simplement la recette du retour en grâce?

           Schulberg traite admirablement d'un univers qu'il connaît bien.De Manhattan à Paris,de Berlin aux Alpes enneigées, zébré de retours au passé parfaitement inclus dans la progresssion qui va vers l'ultime,Le désenchanté est un très grand livre pas seulement sur l'usine à rêves,mais plus sûrement sur la brûlure d'un talent phénix qui n'en finit pas de ne pas renaître.

13 novembre 2008

Géographie:Omaha,Nebraska

Vue générale d'Omaha

    Les Grandes Plaines du centre,l'état du Nebraska,chanté par Springsteen a pour principale agglomération Omaha.Certes connue en France depuis le 6 juin 44 pour sa plage normande Omaha apparaît dans plusieurs chansons.Baignée par le Missouri cette ville de 40O OOO habitants a vu naître,excusez du peu,Fred Astaire ,Montgomery Clift et Marlon Brando.Musicalement je vous conseille la superbe ballade de Gary Louris,Omaha nights,celle très belle aussi de Counting Crows nommé simplement Omaha mais ne peux résister au plaisir de vous faire (ré)entendre l'un des plus fabuleux morceaux de l'ère psychédélique,le très bref mais très musclè Omaha du groupe Moby Grape.

http://www.youtube.com/watch?v=c_FlNwQlBmU

14 août 2008

Poe,puits,pendule

    Roger Corman,pape de ce que les cinéphiles appellent parfois la Série B,a adapté plusieurs fois Edgar Allan Poe.Ayant lu Le puits et le pendule il y a ... années je ne parlerai pas de fidélité ou de trahison,je n'en sais rien.A mon avis l'ami Fantasio doit savoir, lui.Mais j'ai eu un petit plaisir à regarder La chambre des tortures, titre français de deuxième main, semble-t-il.Une diligence refuse d'emmener son voyageur plus loin vers la falaise de cette côte espagnole. On aura reconnu une scène copiée sur Nosferatu. Empressons-nous d'ajouter que l'on ne vole pas dans les mêmes cieux du Septième.Mais pourquoi pas?

   Corman,qui a tourné certains films en quatre jours,a soigné celui-ci et bénéficié d'un scénario de Richard Matheson,le génial auteur de L'homme qui rétrécit et Je suis une légende.Nous sommes là dans l'illustration correcte avec des flash-back plus ou moins noir et blanc,enfin vaporeux,et quelques plans sur la mer agitée.Puis une contre-plongée sur le manoir en haut de la falaise.Vincent Price le complice est trop grimaçant et l'Inquisition n'est que fort peu abordée.Essaierai-je de voir Le corbeau,L'enterré vivant et La chute de la Maison Usher,des sus-nommés Corman,Poe,Matheson?Et si je retrouvais mon poche Histoires extraordinaires?

22 janvier 2009

Géographie:Laredo,Texas

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     Pour une chronique sur la musique difficile d'ignorer Laredo.Je n'ai pas trouvé de cité nommée Fa dièse  ou Solmisi.Sur le célèbre Rio Grande Laredo,200 000 habitants,est une des villes frontières avec le voisin mexicain.Nuevo Laredo,sur l'autre rive est donc mexicaine. Streets of Laredo est un classique du folk,une chanson très ancienne dont je vous propose la version de Joan Baez.Laredo est une ville qui a beaucoup à raconter,ayant vu sept drapeaux flotter sur son hôtel de ville.Elle fut même capitale de l'éphémère République du Rio Grande,état indépendant pendant 10 mois.Elle semble être souvent classée comme l'une des pires villes d'Amérique du Nord d'après certains journaux.San Agustin pourtant,veille sur Laredo.

http://fr.youtube.com/watch?v=H5zw4rzEoUI  Streets of Laredo

21 janvier 2009

Deux enfants chinois

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Une famille chinoise,un très beau film de Wang Xiaoshuai,déjà auteur du remarquable Beijing bicycle.On s'attend à un mélo avec enfant malade,sujet risqué.Effectivement c'en est un mais tout en sobriété et retenue.Avec quatre personnages littéralement saouls de malheur qui luttent dans cette rude société chinoise moderne.Et les drames que la politique de l'enfant unique a pu induire,sacrifiant si souvent l'individu à la nation.Juste et émouvant.Ces deux enfants chinois sont la petite fille malade et l'éventuel deuxième enfant qui pourrait lui sauver la vie par un don  de moelle osseuse.Mais c'est bien compliqué car les parents sont divorcés et remariés chacun de  son côté.

     Le Pékin qui nous est montré n'est pas bien sûr la ville historique.Mais n'y pas non plus l'impression d'une métropole surpeuplée  où grouillent les fourmis industrieuses.C'est que le milieu est relativement favorisé même si la vie ne leur est guère plus facile.Ainsi se dégage d'Une famille chinoise un charme à l'européenne très plaisant mais il ne faut pas demander à ce beau film,comme je l'ai entendu lors du débat qui suivait la projection, d'être en quelque sorte représentatif du monde chinois,si vaste et si difficile à étiqueter.

13 décembre 2008

Géographie:Cleveland,Ohio

     Dans l'Ohio dont nous visitâmes il y a peu Cincinnati voici Cleveland,importante métropole sur les rives du Lac Erie,l'un des Big Five.Autres Big Five:les cinq grands orchestres philharmoniques des Etats-Unis et celui de Cleveland en fait partie.Cleveland a une politique culturelle importante notamment avec les arts de la scène,très bien représentés,juste après New York.Encore deux mots:un certain Paul Newman y naquit en 1925.Et sur une radio de Cleveland en 1955 le disc-jockey Alan Freed passa une chanson qu'il baptisa du nom de rock'n'roll.Cette expression devait connaître un certain succès et,accessoirement,devenir presque ma raison de vivre.Musicalement que diriez- vous des immenses Robbie Robertson,Rick Danko,Levon Helm,Garth Hudson et Richard Manuel dans ce Look out Cleveland de The Band?

 http://youtu.be/vRTuarR_SmE Look out Cleveland

 

29 mai 2010

Nom,Hopper,prénom,Dennis, ou comment être in,off,et out

Pour une fois une rediffusion vu le départ de Dennis Hopper

A suivre Dennis Hopper à la Cinémathèque(2008)

Hopper c'est ça.

9 Hopper c'est ça aussi.

       Cet homme dont a fait un peu vite un symbole de cette fameuse contre-culture sur laquelle je reviendrai longuement,cet homme se voit maintenant quasiment canonisé à l'occasion de cet hommage très sérieux à la Cinémathèque.O tempora o moris!Dennis Hopper est-il un tel monument?A propos de monument il est l'auteur de L'homme de La Salsa,gigantesque statue de fer et de plastique qui trône sur la place devant le vénérable temple du Septième.Dans le jardin de votre voisin vous trouvez ça kitschisssime voire mochissime.Ici c'est différent,on fait dans le pop-art.Je plaisantais, mais Hopper n'a fait que ça toute sa vie,plaisanter.Je n'ai pas vu par contre la moto d' Easy Rider car elle n'est restée qu'une semaine.

   Bien avant Easy rider Hopper a joué non pas des seconds rôles mais des cinq ou sixièmes rôles et a fréquenté James Dean,apparaissant dans Géant,La fureur de vivre et jouant avec Lancaster, Douglas, Newman,Eastwood.Déjà ingérable semble-t-il.Des extraits de films bien oubliables et différents souvenirs tenant plus de l'anecdote(contrats,invitations) parsèment la première partie  de la scénographie.Marrant pour les cinéphiles invétérés,sans intérêt véritable.Mais en fait Hopper s'il a voulu en quelque sorte dynamiter Hollywood s'en est assez bien accomodé.Les cinq étapes de l'expo ne sont d'ailleurs qu'un hommage/cauchemar à Hollywood:Aux marges d'Hollywood, Quitter Hollywood,Les nouveaux mythes de Hollywood,Los Angeles le nouveau visage de Hollywood,Exploser Hollywood.On voit ainsi l'omniprésence de la mecque du cinéma,qui fait que même à côté ou en dehors on est dedans.Suis-je assez clair?

  On revient longtemps sur Easy rider bien sûr.Que dire d' Easy rider qui n'ait déjà été dit et redit? J'ai vu ce film,j'avais dix-huit ans. Steppenwolf et les Byrds ont changé ma vie,avec beaucoup d'autres.Billy et Captain America aussi.Cette ode à la liberté et au non-conformisme a hélas,et c'était inévitable,secrété très vite un néo-conformisme qui s'est avéré tout aussi bêlant que celui des bien-pensants. Quand on est des centaines de milliers à se vouloir différents ce sont les autres,cravatés,qui finiraient par être marginaux. 

   Et puis il y a les tableaux de Hopper,Dennis,pas Edward, dommage. Et surtout les tableaux des amis de Hopper,qui ont nom Basquiat,  Rauschenberg, Lichtenstein, Warhol,Schnabel,Ruscha.La poésie,réelle,y est urbaine, violente, colorée et rugueuse.Tout cela est loin d'être dénué de charme.Certains m'ont amusé et je me suis,imaginé un court instant magnat ou mécène,ou propriétaire de vastes lofts où exposer ces toiles pour le moins encombrantes dans leur agressivité sympathique.Dans cet univers hétéroclite chacun y trouve son compte plus ou moins,sans pouvoir cependant être tout à fait sûr de la limite entre l'art et l'arnaque mais on peut en dire autant de tant de mouvements artistiques ou littéraires.Qui sommes-nous pour vraiment être juges?

   Dennis Hopper a réussi à devenir une image,plus sage qu'il n'y paraît et surtout un modèle de roublardise,que l'on aime bien.Assez tordu pour le monde de Lynch,assez cinglé pour l'aventure apocalyptique du bien nommé Apocalypse now,assez finaud pour avoir senti parmi les premiers les spasmes des quartiers de L.A. où il habite,mais dans une sublime demeure,Hopper mêle les relents de Kerouac,la folie de Fante,les délires de Brett Easton Ellis.C'est vrai qu'on a connu des acquaintances moins toniques.Est-ce assez pour parler de touche à tout de génie?Touche à tout certes.Pour le génie c'est une denrée plus rare et Mr.Hopper n'est tout de même pas l'Orson Welles du mouvement beat dont il serait un tardif rejeton,ni le happening-maker démiurge que l'on voudrait parfois nous faire croire.So long Mr.Hopper le détour par Bercy,soyons justes,n'est pas si mal.On n'en sort pas plus anti-conformiste,mais pas plus bête non plus.Et puis ce fameux anti-conformisme n'est que le conformisme de demain,ou même de tout à l'heure.

15 octobre 2008

Oublier Barcelona

   VickyCristinaBarcelonaG   Je sors de Vicky Cristina Barcelona.c'est un bon film.D'ailleurs je ne connais pas de mauvais film de Woody Allen et je les ai tous vus,sauf Scoop..Mes préférés je les ai même vus trois fois.Dans ce dernier opus le marivaudage catalan est délicieux et les acteurs excellents. Musicalement fort bien illustrée cette love story vaguement,très vaguement julesetjimienne se laisse voir sans ennui.Le tourisme à Barcelone a l'air sympa et comme souvent sauf pour les prolos du port du Rêve de Cassandre chez Woody pas de problèmes du quotidien,du moins financièrement.Le milieu est branché,bohême,peintre exécrable mais vivace et pas trop tourmenté,ex-femme virago noire de cheveux et caricature,deux jeunes Américaines bien différentes.Les ingrédients sont là.Pas mal,seulement voilà.

    Seulement voilà.Moi,je n'étais pas là.Moi j'étais resté à Manhattan,européen que je suis car New York m'est infiniment plus européenne que Barcelone.J'ai eu envie qu'on me rende,en même temps que mes trente ans,mon psychanalyste,mon Delicatessen,les cinémas où passent Bergman et Dovjenko,Gerschwin et Danny Rose,le soeurs fâchées et les artistes ratés,mon hypocondrie et Central Park en automne.Pour moi oublier Barcelone est facile avec ce qui suit.

21 juin 2008

La fin des haricots

  La décimation(Ed.Christian Bourgois)

    Les années 1840,au Mexique,peu après Alamo.Quelques centaines de prisonniers texans tirent au sort des haricots.Un haricot noir pour neuf blancs et un malheureux sur dix sera exécuté.Avec La décimation, Rick Bass dont j'ai déjà présenté les nouvelles (Les Américains de Bass) nous offre un roman remarquable en tous points.Sur fond historique authentique,la création d'une milice de la République du Texas,oui le Texas a èté indépendant,Bass nous narre une aventure militaire, paramilitaire plutôt,particulièrement absurde.Ces hommes traversent le Rio Grande pour en découdre avec les Mexicains. Cruautés bilatérales, c'est ça qui est bien avec la guerre...On a parlé pour  ce livre de Cormac McCarthy,enfant chéri de la critique française  depuis No country...On a parlé aussi de Stephen Crane immortel auteur de The red badge of courage dont bien des blogueurs ont déjà évoqué l'intérêt.

   Cette seconde référence me semble plus évidente tant la fragilité des personnages,leur inadéquation pour la plupart avec le milieu brutal,minéral et inhumain auquel ils sont vite confrontés,nous ramène aux tourments du tout jeune soldat de la Guerre de Sécession décrit dans La charge victorieuse, titre français du film de Huston d'après Crane.Mais La décimation n'est pas un livre sur la guerre,fut-elle méconnue.C'est une longue ballade presque au sens médiéval sur la naîveté et parfois même l'angélisme de ces croisés d'un nouveau genre.On croit tous connaître l'histoire de l'Amérique sous prétexte qu'elle est courte.C'est oublier les soubresauts qui accompagnèrent la naissance et l'enfance de la jeune république.

    Lire La décimation c'est aussi plonger dans ce désert mexicain brûlant et froid,boire à l'eau des cactus, et se colleter à la gloire naissante de ces apprentis héros qui ne connaîtront en fait que les geôles d'un château de roche et l'inextinguible soif de survivre,au prix de toutes les humiliations.Mais ceci est une autre histoire,universelle et de tout temps.Vous n'oublierez pas ces hommes,dessinés au long de l'aventure par l'un d'entre eux,Charles McLaughlin,sorte de correspondant de guerre,dont les croquis témoignent de la bêtise et de la haine sous le fallacieux prétexte d'être né sur l'une ou l'autre rive du mythique Rio Grande.Rio grande dont on parle toujours à propos de frontière...

   

9 mars 2008

Au confluent ou triple crossover selon Thom

         L'ami Tom,ce pédagogue éclairé,cet éternel artisan de la qualité bloguesque,nous demande cette année une relation musique et livre.Alors j'ai étendu la liaison à cet excellent ménage à trois livre,disque, film.Cela donne un article des plus classiques mais si Springsteen peut faire redécouvrir Steinbeck ce ne  serait que justice.

        Bruce Springsteen,américain,ce qui n'est pas une insulte,a beaucoup lu Steinbeck.Moi aussi.Le Boss,auteur,a beaucoup vu John Ford.Moi aussi.Alors si on mélange Ford,Steinbeck,Springsteen on obtient Le fantôme de Tom Joad,bel album,un peu ardu,un peu austère sorti en 1995,nanti d'une étiquette 12 chroniques sur les oubliés de l'Amérique.On pense à Woody Guthrie évidemment. Certains pourront peut-être trouver le Boss un peu envahissant par sa propension à vouloir saisir l'Amérique entière dans sa musique.Ainsi en est-il des récentes Pete Seeger Sessions.Ce n'est pas mon avis.Springsteen est sûrement l'un des plus qualifiés pour revendiquer cet héritage.Roger McGuinn a également fait un très beau travail avec sa série Folk Den où il réinvestit des dizaines de vieux airs classiques du patrimoine,bien des chansons ayant d'ailleurs aussi été reprises par Bruce. http://www.ibiblio.org/jimmy/folkden-wp/ (un régal pour les guitaristes besogneux tentant tardivement une carrière de folk-singer).   

         Le disque commence par l'éponyme The ghost of Tom Joad,déchirante ballade faite des mots de Steinbeck,presque littéralement.Ce Springsteen là n'est pas accompagné du fringant E Street Band en entier et il est parfois seul avec sa guitare.Ces chansons pourtant écrites par lui sonnent comme les chansons des hobos des années de crise et semblent tout droit sorties de l'univers du Steinbeck des Raisins de la colère,Des souris et des hommes,En un combat douteux.Tour à tour les hauts fourneaux de Youngstown, les chicanos de Sinaloa cowboys,victimes d'acides,les pêcheurs vietnamiens de Galveston Bay.Beaucoup question de frontières(The line,Across the border),d'immigrés(The new timer).Ce disque n'est pas toujours facile d'accès et les textes sont parfois un peu comme psalmodiés rendant la compréhension peu aisée.Mais The ghost of Tom Joad rend parfaitement hommage à cette Amérique,et donne envie de lire John Steinbeck,mais aussi d'autres auteurs qui ont évoqué ces années,parfois peu connus,Edward Anderson,Nelson Algren.Comment ne pas citer aussi les photographes Walker Evans et Dorothea Lange?

http://www.youtube.com/watch?v=Cg1-0ZH0lIk The ghost of Tom Joad

   Coca-cola shack de Walker Evans.

2 avril 2006

Une enfance à Berlin,non,à Dublin

  Retour Sang impur - Prix Femina étranger 2004en Irlande:voici Hugo Hamilton qui vient de sortir en France Dejanté,un thriller chaudement recommandé par la revue Lire:une référence que j'espère découvrir vite.Mais aujourd'hui je vous propose Sang impur,prix Fémina 2004,qui raconte une enfance à Dublin,comme beaucoup d'autres auteurs irlandais dont il semble que le récit d'enfance soit un passage obligé. Mais il n'y a là rien de typiquement irlandais.

De mère allemande d'une famille antinazie mais que les braves autochtones traitent d'hitlérienne en un magnifique réflexe xénophobe,Hugo Hamilton raconte sa drôle de famille où,accessoirement,le père,tellement pur et dur nationaliste qu'il interdit sous son toit les mots anglais, a la main et la baguette facile pour élever ses enfants.Où l'on en viendrait presque pour certain à préférer la poigne du moustachu du moment qu'il cogne fort sur les Anglais.

Après Roddy Doyle(voir note ancienne),Joseph O'Connor,Colum McCann sans remonter à la figure tutélaire de la littérature irlandaise(James Joyce,Portrait de l'artiste en jeune homme) Hugo Hamilton se penche surtout sur ces liens inextricables entre l'Angleterre et L'Irlande qui s'en veulent tant depuis 8 siècles environ,ennemis intimes et inséparables.(chez Phébus)

15 septembre 2006

Un silence éloquent

La vie silencieuse de Marianna Ucria

Très belle écriture que celle de Dacia Maraini, somptueuse, qui nous entraîne au coeur de la Sicile du XVIII° Siècle. Le destin d'une femme, murée depuis sa naissance dans un total mutisme qui saura prendre conscience et vivre pleinement dans une île pétrie d'archaïsmes et de préjugés. La lecture sera le révélateur de cette sensibilité à vif et Marianna Ucria, la jeune aristocrate, mariée à 13 ans, pas plus mal qu'une autre d'ailleurs, verra son existence virer de la monotonie à l'exaltation, annonçant la prise en charge par les femmes de leur avenir. Marianna n'est pas une suffragette,non,mais une héroïne dont le romantisme saura faire corps avec une volonté de fer pour bouleverser le monde à sa manière.

     Dacia Maraini,fille de la noblesse sicilienne a grandi près de Palerme,cette ville secrète et fascinante où se situe l'histoire de Marianna Ucria.

     Emmanuelle Laborit a incarné l'héroïne dans le film homonyme de Roberto Faenza en 97, La Vie silencieuse de Marianna Ucria.

30 juin 2006

Ciné-Monde

Il y a des gens qui "s'occupent de notre culture" style Télérama,dont le slogan est"Prenez votre culture en mains,bande d'ignares".Non ils ne disent pas "Bande d'ignares" mais j'aime bien brocarder Télérama,ces bien-pensants de la culture.Ceci ne m'empêche pas d'u être abonné depuis 15 ans mais l'homme est complexe,n'est-ce pas,et bourré de contradictions. La Monde s'occupe aussi de nous et de notre culture cinéma.Là j'arrête de me gausser,c'est trop facile et puis aider l'honnête homme à se constituer une cinémathèque n'est pas si mal. Le Monde donc nous propose une douzaine de suppléments du dimanche .       Entre autres le rare Promenade avec l'amour et la mort de John Huston,sorte de fable hippie en pleine Guerre de Cent Ans où la toute jeune Anjelica Huston et Assaf Dayan,fils d'un général bien connu incarnent un couple partagé entre amour courtois médiéval et liberté soixante-huitarde.Ce vieux baroudeur de Huston était vraiment capable de tout et souvent du meilleur car le film,peu diffusé,se laiise voir avec plaisir et un brin de naïveté toujours bonne à prendre dans le monde du Monde,quelquefois bien austère,vous en conviendrez. L'éclectisme a présidé aux choix du Monde puisque dans cette douzaine l'on trouvera des incunables(Faust de Murnau,Intolérance de Griffith) et des classiques de Bergman,De Sica,ainsi qu'Almodovar ou Kim Ki-Duk plus récemment.

4 août 2006

Le Carré tourne rond


               John le Carré a plutôt été gâté par le cinéma.En effet les adaptations de ses romans sont dansl 'ensemble assez réussis.La toute dernière d'après La constance du jardinier,mise en scène par Fernando Meirelles(La Cité de Dieu) tient à la fois de la fable tiers-mondiste et du thriller,rien de cela n'étant incompatible. Les multinationales et les grands labos n'apprécient pas cette charge très corrosive contre leur action en Afrique.Les Africains eux-mêmes n'en sortent pas grandis,entre corruption du pouvoir, trafic d'esclaves et banditisme. Terriblement pessimiste sur l'avenir du continent africain The constant gardener est aussi un film d'action dans un Kenya où les fauves sont bipèdes.Ralph Fiennes est un diplomate qui sent son destin lui échapper,broyé par des intérêts supérieurs. En 2001 John Boorman avait adapté Le tailleur de Panama,très bonne fiction sur cette espèce de marmite qu'est  l'Amérique Centrale,kafkaïenne à souhait. Les films antérieurs d'après John le Carré sont encore marqués du sceau de la Guerre Froide,thème favori de bien des auteurs d'espionnage.Je n'ai jamais vu La Maison Russie(Fred Schepisi,90) mais conserve un bon souvenir bien que lointain de La petiite fille au tambour(George Roy Hill,84,où il est question du terrorisme palestinien) et du célèbre Espion qui venait du froid(Martin Ritt,65 avec Richard Burton).   

L'antagonisme Est-Ouest est maintenant passé de mode évidemment.Il semble que l'Afrique ou le Moyen-Orient soient les nouveaux terrains propices à ce cinéma qui allie souvent rythme et réflexion politique.Modestement et sans jouer les précurseurs je pense que l'Indonésie,cette poudrière de 210 millions d'habitants où il ne fait pas bon vivre pour certains,pourrait être la star de demain. Une révision de mes documents m'oblige à mentionner M 15 demande protection de Sidney Lumet en 67,que je n'ai jamais vu.

 

4 juin 2006

La Culasse de l'Enfer

  La Culasse de l'enfer

 

 

 

 

                  Tom Franklin,auteur solide de l'Amérique rude et rurale nous entraîne quelque part du côté de la Porte du Paradis,le célèbre et ruineux western de Michael Cimino.La Culasse de l'Enfer est le nom de la milice créée par les paysans de l'Alabama plutôt pauvres pour se venger de métayers voisins un peu plus riches.

                  Ce roman,d'une violence inouïe,parle d'un monde de misère et de saleté en une sorte de western de poussière et de boue où règnent le mauvais alcool et la loi du plus fort. Franklin comme bien d'autres écrivains américains,possède le souffle à la mesure du pays,si vaste et surtout si complexe et que les Français connaissent si mal,encombrés de clichés qu'ils sont dès qu'il s'agit de l'Amérique.On imagine très bien le shérif vieillissant,figure un peu classique mais bien dessinée, sous les traits de Clint Eastwood,Robert Duvall ou Tommy Lee Jones.A lire d'urgence avant l'adaptation inévitable à mon avis.

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