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20 avril 2011

Avant Philip Roth

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          Né à Berlin en 1883 Ludwig Lewisohn a sept ans quand il débarque en Amérique.Il est l'un des premiers écrivains "juifs américains",une mouvance qui mène à Isaac Bashevis Singer,Saul Bellow,Philip Roth par exemple.Le terme mouvance est impropre.On peut cependant trouver un socle commun à ces écrivains,un certain souffle très critique,voire destructeur des valeurs historiques américaines.Lewisohn épingle le conformisme mais j'ai souvent écrit,et je pense que ceci est essentiel,que l'anticonformisme se tranforme très vite en recette néoconformiste.Le roman Crime passionnel n'échappe pas à ce travers.Ce n'est pas à mon avis le défaut majeur de ce livre.Publié en 1930 il s'agit,du moins on le croit au début,de l'amitié entre trois étudiants dont l'un est juif.Stephen le narrateur et David deviendront avocats et Oliver,riche héritier,éditeur.Mais Crime passionnel ne s'intéresse guère à leur vie quotidienne ou leurs éventuelles frasques car il m'ont tous semblés bien désincarnés.

   Difficile dans ces conditions de se passionner pour la teneur essentielle du roman,c'est à dire l'analyse, bavarde et souvent par trop abstraite,des rapports entre puritanisme issu du Mayfower et sexualité qui,dit-on,fascina Freud à la lecture du premier roman de Ludwig Lewisohn, Le destin de Mr. Crump.Les suffragettes sont passées par là et l'antisémitisme se renifle à la manière américaine,mâtinée de souvenirs du Kaiser.Alors il y a bien un meurtre dans Crime passionnel, qui ne m'a pas vraiment réveillé bien qu'occupant le dernier tiers du roman,presque uniquement l'entretien entre Paul,le coupable et ses avocats Stephen et David.Considérations sur le féminisme,l'infidélité,la famille.Pardon, j'ai trouvé ça oiseux, verbeux. Vive la Bibliothèque Guy de Maupassant de ma bonne ville qui donne à lire gratuitement à tous.Personne ne m'avait jamais parlé de Ludwig Lewisohn.Je n'en vivais pas plus mal.

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25 mai 2011

Géographie: Philadelphie, Pennsylvanie

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http://www.youtube.com/watch?v=OrLdKYRBOEE  Sailing to Philadelphia

   Parmi les grandes cités Philly n'avait pas encore eu l'honneur de notre visite.Je ne referai pas la longue,riche et très particulière histoire de la ville de l'amour fraternel (ils n'ont pas vu Cold case).La cloche de la liberté qui retentit juste après la déclaration d'indépendance,la réputation de ville des Lumières et de tolérance religieuse,un célèbre film avec Hanks et Washington et deux chansons de Young et Springsteen,une comédie de Cukor avec Hepburn,Grant et Stewart:voyez,à Philadelphie on ne convoque que des grands.

   A propos de grands Mark Knopfler a invité James Taylor pour ce superbe et si harmonieux (trop,je sais,pour certains) Sailing to Philadelphia,pont entre Northumberland et Pennsylvanie.Pas des perdreaux de l'année,me direz-vous,mais vous avez compris qu'ici on ne fait guère dans le hype ou le tendance.Mais on aime tant cette musique.Cette belle chanson rejoint l'Histoire évidemment,narrant l'aventure de la Mason-Dixon Line,démarcation longtemps en vigueur entre le Nord abolitionniste et le Sud sécessionniste.

 

23 mars 2011

Géographie: Birmingham, Alabama

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    Une pépite rock'n'roll fifties fera l'affaire pour notre escale à Birmingham, Alabama,à ne pas confondre avec Birmingham,Angleterre,bien que l'une tire son nom de l'autre.Little Richard,Penniman à l'état civil,quasi octogénaire aujourd'hui,fut l'un des très rares pionniers du rock'n'roll noirs.Aussi électrique que maquillé l'enfant de Macon,Georgie,devait graver en quelques mois les incunables Long tall Sally, Lucille, Tutti frutti ,Rip it up.Puis il se calma un peu,devint ministre de l'Eglise des Adventistes.Ensuite les gars de Liverpool et Londres le remirent en selle et nombre de retours ainsi que son image revendiquée de Queen of rock'n'roll et un peu de cinéma firent qu'on ne l'oublia pas tout à fait.Moins connu que les titre précédents je vous propose Hey hey goin' back to Birmingham.J'avoue préférer la version de Ten years after par exemple.Mais là nous sommes à l'aube du rock.

htt://www.youtube.com/watch?v=OiqppI9_jSA

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     Birmingham est la plus grande ville d'Alabama,245 000 habitants.Y naquirent la chanteuse country Emmylou Harris et le grand sprinter Carl Lewis.Mais bien sûr Birmingham restera dans l'Histoire comme l'une des bases de la longue lutte des noirs américains au début des années 60,quand un certain Martin Luther King emprisonné y rédigea A letter from Birmingham Jail.

7 janvier 2011

La vieille dame indigne

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                               Ayant beaucoup entendu parler fort récemment de Hans Magnus Enzensberger loué de partout j'ai voulu me faire une petite idée et emprunté un livre plutôt court,Joséphine et moi.Disons que ça n'a pas marché terrible entre ce roman et moi, et que je bénis les bibliothèques qui nous évitent une déception financière.La rencontre entre Joachim,jeune chercheur en sciences économiques,et Joséphine, ancienne diva maintenant âgée, a pour moi tourné court.Je viens de finir ce récit et m'aperçois que j'ai bien peu de chose à en retenir.Ces tasses de thé hebdomadaires entre le jeune homme et la vieille dame un tantinet excentrique m'ont semblé artificielles et hautement improbables.Pas envie d'en lire davantage de cet auteur que la revue Lire a pourtant honoré comme celui du meilleur livre de l'année.

24 décembre 2010

Joyeux Noël (titre particulièrement original)

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http://www.youtube.com/watch?v=MzczoqLBWAY  Merry Xmas everybody (Slade)

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http://www.youtube.com/watch?v=WgYFXCUEL4Y  Silent night/Seven o'clock news (Simon and Garfunkel)

  Deux Noëls très différents,celui de Slade,un peu hardos et celui de Paul et Art,qui n'empêche pas la radio de diffuser ses drames.Merci à celles et ceux qui me font l'amitié de passer me voir à l'occasion et Bonnes Fêtes à tous.

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26 décembre 2010

Ciel,un très bon livre

 

       Rarement enthousiasmé par la littérature française actuelle j'ai découvert une exception splendide,aux ailes immenses comme un ciel de Mermoz,à l'ampleur d'un vol de l'Aéropostale et qui brasse un siècle parmi les nuages,mais des nuages qui auraient sur notre basse terre l'oeil de l'aigle royal.Philippe Forest brode une superbe tapisserie de haut style sur la vie de son père pilote.Ce faisant il nous raconte à sa manière rien moins que l'histoire de l'aviation qui se confond pratiquement avec le siècle.S'il est vraiment ardu de définr l'acte de naissance de ce trasport Forest sa'ccorde sur le bien modeste décollage des frères Wright en 1903, quelques décimètres au-dessus des dunes de Caroline du Nord.Mais bien d'autres nous accompagnent et des plus grands, Lindbergh, Mermoz, Guillaumet, Saint Exupéry,aux presque anonymes qui n'ont laissé qu'une trace fort locale notamment en cette Bourgogne mâconnaise berceau des parents de Philippe Forest.

   Chaque chapitre est une date associée à un vol historique ou vécu par ce père,figure passionnante dont Philippe Forest ne nous cache pas par ailleurs les douteuses tentations de jeunesse un peu maréchaliste. Certes,pas longtemps,et pas vraiment.Et puis avoir dix-neuf ans en 1940 n'était pas si limpide.Ce père,Jean Forest,passera par le Maroc et pilotera finalement lui-même du côté de Macon,sans accent, Alabama. Mais à quoi bon,chroniquant ce livre,privilégier tel ou tel épisode?Ce roman est d'une aisance stupéfiante à se mouvoir dans l'azur ou le gris.Les pages sur l'exode près la débâcle nous font vivre au plus près de ces semaines absurdes et efffrayantes quand Jean convoie sa future fiancée et sa sa famille jusqu'à Nîmes,en un écoulement Nord-Sud d'une France exsangue et ahurie.Sa formation en Amérique touche du doigt dans ce Sud profond la ségrégation triomphante et la maladresse de Jean offrant son siège à une vieille noire,s'attirant l'antipathie de cette dernière car les bonnes intentions pavent l'enfer.

    Le style de Philippe Forest réhabilite le participe présent et donne une fluidité à ce long roman,les phrases souvent assez longues restant parfaitement maîtrisées.On se sent ainsi proche du personnage principal et des autres,avec parfois une délicieuse incursion dans le cinéma,moteur en ces années quarante de la fabrication des souvenirs de jeune homme,avec Bogart,Casablanca (oui ce n'est pas pour me déplaire) ou Fonda,Les raisins de la colère.Particulièrement vivace cette longue cavalcade dans le siècle nous plonge dans l'aventure de la vie de cet homme,mais aussi d'un pays aux prises avec ses contradictions,rallié en bonne part à la voix chevrotante d'un vieillard à Vichy,ignorant voire vilipendant une autre voix inconnue, londonienne. Collectif, individuel, familial, professionnel,le récit de Philippe Forest brasse des décennies et des espaces fabuleux,de ceux qui font le prix d'une grande,très grande littérature française,celle que je ne rencontre pas souvent.Il est vrai que je m'évade plutôt vers de grandes voix d'ailleurs.

     La Résistance et ses à peu près,l'épuration et ses radicalités, l'opportunisme et ses méandres,l'après-guerre ne trouve pas tellement grâce aux yeux de Forest mais le propos est ailleurs.Comme un enchanteur l'auteur nous immerge là haut dans ces merveilleux nuages comme disait le poète,parfois menaçants quand on comprend que les combats aériens n'avaient plus grand chose des codes d'honneur des chevaliers du ciel du début de siècle.Pages étonnantes sur les bombardements de Coventry mais aussi de l'Allemagne.La folie avait entre temps gagné les airs.Forest nous rappelle aussi les origines d'Air France et c'est intéressant d'entrer ainsi dans l'histoire d'un grand groupe dont on finit par oublier les hommes qui l'ont fait.C'est que la vie de Jean Forest est infiniment riche faisant de lui plus ou moins un collaborateur des Services Secrets.Extraordinaire aussi la calme méditation,modeste aussi,sur la cinquantaine et un peu plus (je connais),particulièrement acide pour un pilote.Comme si nous n'étions pas tous des pilotes plus ou moins embrouillardés de notre propre périple sur terre.

    Mais le plus beau dans Le siècle des nuages à l'évidence,malgré les superbes descriptions du ciel et de ses grands oiseaux de métal,malgré les envolées sur ces cathédrales qui ont nom Orly ou Charles-de-Gaulle,malgré cette inéluctable déception du pilote vieillissant qui n'aura pas droit au Concorde mais dont les ailes seront fauchées avant le drame de 2000 et les avions assassins de 2001,le plus beau,disais-je,c'est l'hommage passionné d'un fils pour son père,né avant le Spirit of Saint Louis et mort juste avant une autre mort,celle du siècle,du Siècle des nuages.Quand un roman atteint de tels sommets,qu'il vogue à Mach 2,on se retrouve, enfant, le Dimanche à Orly,rêvant aux nuages,aux merveilleux nuages.Ceux de Baudelaire si je me souviens maintenant.Plongez-vous dans ce grand roman de l'homme et de l'espace,celui qui donna à Lindbergh comme une sagesse ultime quelque peu rédemptrice après ses errances,et à Howard Hughes sa finale folie.

   Jean Forest s'est éteint peu avant l'an 2000.Fatigué il n'aurait pas trop aimé le nouveau siècle,me semble-t-il.Mais ceci est une autre histoire.Quant au propre drame de l'auteur Philippe Forest,relaté en deux pages d'une infinie pudeur je le laisse à votre propre sensibilité.

18 décembre 2010

Géographie: Folsom,Californie

    

                 Le voyage passe parfois par la case prison et l'une des plus fameuses est celle de Folsom,Californie.La ville de Folsom est à quelques miles de Sacramento, capitale de la Californie.Johnny Cash composa Folsom prison blues dans les années cinquante et en enregistra une version en 68 dans la prison même.En fait les premiers habitants de Folsom furent les chercheurs d'or de la Sierra Nevada.J'ai choisi de vous faire entendre une grande voix du country,peu entendue en France et qui s'est tue depuis quelques années,un complice de Cash,l'excellent Waylon Jennings.

http://www.youtube.com/watch?v=DRf7ymqHGE4  Folsom prison blues (Waylon Jennings)

25 novembre 2010

Transes atlantiques ou de l'Alentejo à Manhattan

                   Qu'est-ce qui fait qu'un blogueur décide d'écrire quelques mots sur ceci ou cela?Voilà une bonne raison:tenir une promesse.Avant toute chose "Bom dia,obrigado" à l'ami

  • D&D et ses 25 images
  • qui m'a donné envie depuis longtemps de me pencher sur un centenaire.Ma lusophonie étant épuisée par les trois mots précités le reste de cette chronique sera rédigé en français.C'est fait,j'ai vu un film de Manoel de Oliveira,je n'ai donc plus que 55 films de retard sur D&D,en ce qui concerne le grand cinéaste portugais.Oh je me doutais bien qu'il avait des qualités,cet homme,pour avoir traversé le siècle comme tout bon navigateur portugais du XVIème Siècle qui se respecte.

         Je vais vous dire d'abord ce que j'ignore,enfin non,pas tout.Rarement,non,jamais visibles chez moi,les films de M. de O. me sont inconnus et je ne saurais prétendre si Christophe Colomb,l'énigme,est une perle,une étape,une récréation,une vieille promesse tenue à l'histoire de son pays,représentative ou non de sa filmo,une sorte de fantaisie poétique,un hommage... Non,je ne sais rien de tout cela mais D&D vous en dira plus.Il n'est pas très prodigue de ses textes mais toujours intéressant et M. de O.,pourtant protéiforme n'a guère de  secrets pour lui.Bref revenons aux balbutiements critiques d'un spectateur moins que lambda qui pour la première fois s'est frotté à l'univers du grand seigneur lusitanien.

          D'une belle sobriété,comme un voyage un peu secret mais qui finit par irradier de calme et de beauté, Christophe Colomb l'énigme part d'un à priori,d'un pourquoi pas.Colomb aurait été portugais.Et oui,pourquoi pas?Si la poésie est là,si le vent de la mer souffle haut et fort et nous porte,si l'Histoire est un peu malmenée mais que les images en sont magiques,je suis prêt pour un Colomb norvégien ou moldave.Curieusement et ce n'est pas le moindre des paradoxes, on part du "voyageur par excellence"  Ulysse et de sa Méditerranée,qui comme chacun sait (vraiment chacun?) ne baigne pas le Portugal.Deux frères quittent le pays pour l'Amérique.Là encore paradoxe pour le profane que je suis,l'Amérique du Nord et non le Brésil comme je l'aurais cru.Il faut s'y faire les habitants des Açores notamment ont beaucoup migré vers ce qui devait devenir les Etats-Unis.Je le sais je l'ai appris chez Manoel.Deux frères arrivent donc à New York,et deux valises.Une douzaine d'années plus tard,1960,l'un d'entre eux devenu médecin se marie au pays et son voyage de noces ne le conduit pas à Venise,comme tout le monde,mais dans un Portugal qu'il connaît mal,sur les traces de la maison de Christophe Colomb,enfin de sa mère car Colomb serait le fils d'un duc de Beja et aurait des ascendances juives.Au fond de l'Alentejo le couple cherche des traces de vie,de passage,de rares reliefs d'une histoire oubliée du Portugal lui-même.Puis sur l'île de Porto Santo à Madère.M. de O. a fait tenir le rôle par son propre petit-fils,accentuant par là le côté autobiographique,je je risquerais le néologisme autogéobiographique.

        On retrouve le couple plus de 45 ans après,interprété par M. de O. en personne,et sa propre épouse.Fascinante enquête,on ne peut pas ne pas penser à Pessoa,d'ailleurs cité.Le vieux couple,bouleversant et limpide,complice et amoureux,en un va et vient Europe-Amérique,nous évoque ces Grandes Découvertes,ces Vasco, Cabral, Pinto, Magellan et se construit ainsi à nos yeux un puzzle où les cartes murales reprendraient vie,nanties de caravelles et de portulans.Autre symbole,sublime,les deux frères au début du film débarquent à Manhattan dans le brouillard et n'ont pas vu la Liberté.Le voyage de Christophe Colomb,l'énigme est l'un des plus beaux qui se puissent,sous la houlette d'un capitaine à l'oeil vif,auréolé d'un piano infiniment touchant.Une jeune femme traverse aussi le film,apparition couleurs Portugal,et c'est simple,évident.A des années-lumières d'un cinéma de l'esbrouffe ou d'un nombrilisme de pacotille,en 1h15mn,ce bien beau film m'a bercé,grâces en soient rendues à Manoel de Oliveira et à son disciple D&D.

    http://www.youtube.com/watch?v=5FJ82yTL_CY  Quelques images

    6 décembre 2010

    Le moineau

    Simon & Garfunkel - Sparrow   

        http://www.youtube.com/watch?v=FI9AohkDW5M  Sparrow

         Ce si cher duo,Paul et Art,a enregistré Sparrow sur son premier album Wednesday morning,3 AM.Du folk hyperclassique aux paroles tristes sur le moineau,ce délaissé que seule la terre accueillera aux grands froids.Tout cela c'était juste avant The sounds of silence et l'envol de Simon et Garfunkel qui n'ont en fait pas tellement enregistré ensemble.Il y a d'ailleurs dans cet album une première version,sèche,de The sounds of silence,qui n'a eu aucun succès.Tout cela est bien loin maintenant,et les deux étudiants newyorkais modèles ont depuis longtemps perdu leurs cheveux.Plus grave,leur amitié aussi.

    28 novembre 2010

    Géographie: Pittsburgh, Pennsylvanie

    http://www.youtube.com/watch?v=kUr2WwjaHeM  Pittsburgh (The Lemonheads)

                    The Lemonheads nous emmènent à Pittsburgh.Au moins trente localités portent ce nom aux U.S.A mais celle qui nous intéresse est la Pittsburgh industrielle de Pennsylvanie,essentiellement sidérurgique.Cette ville est le confluent de l'Allegheny et de la Monongahela qui s'appelleront désormais l'Ohio,lui-même tributaire du Mississipi.J'espère que vous suivez les infos orographiques du support hautement pédagogique que constitue le Blog de la Comtesse.Y virent le jour Gene Kelly et Andy Warhol:j'aime bien les deux mais je trouve le premier plus léger.

    19 novembre 2010

    Ma vie sans...The man in me

    http://www.youtube.com/watch?v=dJD8sqWb-lo The man in me

        Ma vie sans Zimmerman aurait été etc...Ray LaMontagne reprend une chanson souvent délaissée,de l'album sans tubes de 70 New morning.Cinéphiles coeniens qui me pardonnerez ce pléonasme vous vous souvenez qu'on l'entendait au bowling de The big Lebowski.Très sobre dans les studios de Oui FM j'aime énormément cette ballade qui montre une fois encore comme l'oeuvre de Dylan,toute l'oeuvre avec ses majeures et ses mineures,est protéiforme et se prête à toutes les interprétations.La Toile,souvent pénible,a au moins permis à presque tout un chacun de s'exprimer,des stars aux anonymes.

    9 novembre 2010

    Traces de canoé

        

             Joseph Boyden est cet auteur canadien découvert avec Le chemin des âmes qui nous ramenait à la Grande Guerre vue par un Indien,le grand-père de Will Bird,héros des Saisons de la solitude.Nous retrouvons le Canada,comtemporain aves ses indiens camés et ses indiennes top models.Ce raccourci un peu saisissant trahit une légère déception qui n'est pas celle du livre,fort bien écrit avec une poésie du Nord et de la forêt et de la rivière magnifique.Mais les deux chants du livre,celui de l'oncle Will,actuellement comateux,et celui de sa nièce Annie ayant cédé aux sirènes des studios et des pilules,ne s'amalgament pas de façon satisfaisante et pour tout dire le dyptique ne décolle pas vraiment.On comprend bien l'artifice,cent fois lu ou vu de la jet-set à l'américaine,si inintéressant.On se passionne plus bien sûr pour le retour aux ancêtres et à la nature de l'oncle Will,récurrent dans toute cette littérature indienne,terriblement terrien,lyrique et élégiaque.Mais les vols des oies sauvages,si belles soient-elles,ne suffisent pas à faire des Saisons de la solitude un voyage inoubliable.

         Si cette impression est somme toute mitigée c'est que ce monde pseudo-branché où s'ébat Annie ne l'empêche pas de piéger les castors de la baie James.J'avoue peiner à imaginer une telle dualité qui me semble manquer d'un minimum de vraisemblance.Le titre original Through black spruce est,comme souvent,bien plus beau que ce Saisons de la solitude,d'une grande banalité.

    5 août 2010

    J'peux vraiment pas les voir en peinture(13)

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            James Ensor ne quitta guère Ostende et la côte flamande durant sa longue vie (1860-1949).On sait que son oeuvre abonde en masques et squelettes.Ses tableaux les plus connus sont souvent inquiétants.J'ai découvert par hasard en naviguant cette Cabine de bain peinte à, l'âge de seize ans.C'est un petit format qui ne présage guère les obsessions futures d'Ensor.C'est vraiment une nouveauté pour moi et c'est ainsi que j'peux vraiment pas la voir en peinture cette modeste cabine face à une Mer du Nord que zèbrent quelques steamers sous un ciel de de Flandre,j'peux pas la voir en peinture ,parce qu'à l'évidence les plus beaux écrivains peuvent mentir mais en aucun cas les peintres,même débutants.

    27 juillet 2010

    Le grand Yves

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                                        Une fois n'est pas coutume si l'illustration de cet article est assez personnelle il doit bien y avoir une raison.La voilà.Les hasards blogosphériques m'ont fait découvrir Allonszenfants,consacré à l'écrivain Yves Gibeau et plus largement à la Grande Guerre.Très intéressé par ce thème et passionné de ce que j'ai lu de ce grand auteur,méconnu,oublié,peu prolixe de plus,j'ai contacté l'auteur du blog.Ce dernier m'a demandé d'écrire quelques mots sur Yves Gibeau,que j'ai eu la chance de rencontrer à trois reprises.

        Le vieil exemplaire en Livre  de Poche d' Allons z'enfants qui avait appartenu à mon père a ainsi fait l'objet de cette gentille dédicace.J'animais à l'époque un club cinéphile et nous avions projeté le film d'Yves Boisset adapté du roman.Ce film est assez souvent un peu dédaigné comme bien des films de Boisset.Si ce n'est pas inoubliable c'est pourtant une oeuvre honnête et sobre.Yves Gibeau défendait ce film,bien qu'assez réservé sur les  adaptations.De plus Allons z'enfants est plus qu'un roman tant Gibeau a mis de lui-même,enfance,adolescence,corps et âme dans ce livre sorti en 1952.Au passage je trouve que les couvertures des premiers Livre de Poche étaient superbement illustrées.

      Pour Simon,fils de l'adjudant Adrien Chalumot,la route est toute tracée.Il quitte la Champagne à 13 ans pour Les Andelys et l'école d'enfants de troupe.Comme Yves Gibeau.A travers le destin de Simon c'est toute la condition militaire de Courteline à Kafka,et  bien pire hélas, que l'auteur fait revivre,du fond de sa pudeur et de toute sa verve.Passionné de bêtises comme le cinéma ou la poésie Simon,enfant meurtri et exacerbé,vivra mal ce décalage pour le moins douloureux.J'écris ces quelques lignes plus de 25 ans après avoir lu le livre.Et je suis un piètre "relecteur" car Chronos nous guette et il est intraitable.

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         Quelques années après,en 88, Yves Gibeau,à qui je remettais une modeste plaquette de poèmes sur le cinéma classique qu'il admirait tout comme moi me dédicaçait ce qui devait rester son dernier livre,Mourir idiot,méditation sur la vieillesse et sur la vie,imprécation presque célinienne version tendresse malgré tout,les ultimes cris d'un auteur que l'on aura en grande partie manqué.Mais je ne peux qu'engager à découvrir Yves Gibeau et pour cela nul meilleur guide que Allonszenfants qui saura vous parler de lui,et qui sait,convaincre que l'homme enterré près du Chemin des Dames,vaut le voyage littéraire.

    21 juillet 2010

    Géographie: Texarkana, Arkansas

        L'une des chansons les plus connues de R.E.M. issue de l'album triomphe Out of time où figure aussi le plus grand succès en Europe du groupe,Losing my religion,nous emmène à Texarkana,Arkansas.A dire vrai il semble que la chanson ne s'intéresse guère à cette modeste ville qui comme son nom l'indique est double car une moitié des 60 000 habitants de Texarkana vit en fait au Texas.Ceci a donné cet audacieux néologisme qui mélange les vocables Texas et Arkansas.Passionnant tout cela,autant que la magnifique affiche que je vous propose.Soyons sérieux un instant.En fait la bande à Stipe ne cite même pas Texarkana.A travers 20 000 chances gâchées,30 000 idées fixes,40 000 étoiles R.E.M. quête une sorte d'improbable eldorado ésotérique.Alors pourquoi ne pas l'appeler Texarkana,ville plutôt "Amérique profonde" bien loin de cette perfection?

    Afficher l'image en taille réelle

    http://www.youtube.com/watch?v=jP--MxYzTuo Texarkana

    1 juillet 2010

    Souvenirs d'Autriche

                       Le grand écrivain israélien Aharon Appelfeld a scindé son roman en deux.En Autriche peu avant l'Anschluss,puis 25 ans après le conflit.Un auteur juif,ami de Zweig et admirateur de Kafka,subit les attaques de la presse, insidieuses puis directes.Le plus curieux est qu'il est lui-même presque antisémite.C'est un cas de figure pas si rare dans cette Autriche corsetée qui depuis qu'elle n'est plus la légendaire Autriche-Hongrie s'apprête à accueillir triomphalement son enfant le plus célèbre,tristement cela va sans dire et encore mieux en le disant.L'écrivain a des rapports difficiles avec sa femme et son fils de douze ans,et plus encore avec la communauté juive.Le temps des prodiges n'est pas une ample machine littéraire sur les débuts de l'apocalypse.Non,c'est plus que ça.Une ballade des errements d'un intellectuel qui finit par flotter en son identité, aussi éloigné des rabbins en caftans que des sirènes aryennes.Espérance réduite quoiqu'il en soit.

              La seconde partie c'est le retour du fils Bruno,en 1965,dans la paisible bourgade provinciale qui vit la fin de son enfance.Les murs ont changé bien sûr,et les hommes.Pourtant il croit reconnaître une silhouette,parmi les survivants.Mais c'est essentiellement son fardeau de culpabilité,ses années d'enfance chaotique,qu'il tente d'assumer revenant sur les lieux,comme lui-même en déshérence de l'auberge à la rivière.A peine y croise-t-il des fantômes,et bien réels une cousine à peine juive,un Japonais qui noie sa nostalgie dans la bière.On n'est pas tellement sûr,à la lecture de ce beau roman du vieux continent,que l'après,ambigu,exonère l'humanité de l'avant,assassin.

                   Né comme Gregor von Rezzori à Czernowitz,actuelle Roumanie,Aharon Appelfeld fut déporté à huit ans,fuyard en Ukraine,incorporé à treize ans dans l'Armée Rouge.Juste après-guerre il se retrouve brièvement en Italie et rejoint le tout jeune état d'Israel où il vit à Jerusalem.C'est la première fois que je le lis,pas la dernière je l'espère.

    13 juin 2010

    Le confort est roi

      Oui le confort est roi à l'écoute de  ce beau duo,Kings of Convenience, vraiment.Pour parodier un hebdo bien pensant  qui commence par té et finit par ma,et dont je suis abonné râleur depuis des lustres,et qui pour ses critiques rock aime les citations,je dirai ceci:avec leur look de sages étudiants genre Simon et Garfunkel qui auraient écouté les Brésiliens et dîné avec Calexico,sans les mariachis,les deux Rois du Confort nous concoctent une musique tout en harmonie et des arpèges parfois virtuoses et surtout l'envie de siroter un cocktail  estival avec une amie,aux Iles Caïman par exemple.Au fait ces gars là sont norvégiens,avec de drôles de noms et des o traversés d'une diagonale.Personne n'est parfait.

    http://www.youtube.com/watch?v=c-ppARtcQfo Cayman Islands

    31 mai 2010

    Géographie:Kansas City, Missouri

                      Curiosité géographique,Kansas City est double.Au confluent du Kansas et du Missouri la Kansas City du Kansas fait face à la Kansas City du Missouri,plus importante.Les deux sont bien sûr liées bien que d'états distincts.Les Beatles et James Brown ont chanté Kansas City.J'ai choisi beaucoup moins couru:le grand chanteur de country Roger Miller,bien méconnu en France,prête sa voix chaude à cette histoire d'une petite vedette locale à la télé qui préfère rester Kansas City star plutôt que d'accepter un job à Omaha.Roger Miller chantait des airs country plutôt joyeux mais savait prendre un accent plus grave lors de très belles chansons, simples et émouvantes,comme Little green apples ou My elusive dreams.

    http://www.deezer.com/listen-3629148 Kansas City star

    10 avril 2010

    Leo the last

    http://www.youtube.com/watch?v=QVTdeiPr1Fs  Eight miles high

                  Ecoutant par hasard les grandes ondes hier soir,après 4 heures de foot,fastidieux rituel immuable,je suis tombé sur le grand Leo Kottke dont j'ignorais cette somptueuse reprise du meilleur morceau rock de tous les temps ( d'après l'évangile selon Eeguab),le cosmique, fabuleux ,virtuose ,transgénérationnel, utopique, onirique Eight miles high.As de la douze cordes Leo,ferré en picking, originaire d'Athens la ville de R.E.M,nous offre un joyau d'arabesques que je vous laisse découvrir.

    16 avril 2010

    Par le petit côté

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               Dédaignant les deux heures de file d'attente pour l'expo Yves Saint-Laurent bien que le soleil brille sur les Champs Elysées je me suis immiscé par la petite porte du Petit Palais pour voir une petite expo sympa avec un petit nombre de visiteurs(j'étais seul).Grand bien m'en a pris.Eloge du négatif nous emmène en Italie annnées 1850,recherchée par les photographes qui au début de cet art balbutiant veulent de la lumière.Un procédé technique que je suis incapable de vous décrire,le calotype,va permettre sur un support papier de transcrire un négatif  qui pourra multiplier la diffusion.Le daguerréotype venait de naître mais c'était une pièce unique.Les pionniers anglais,allemands,français vont ainsi faire le voyage en Italie,cette figure imposée du siècle,tout comme Liszt ou Stendhal.

       Si les maître étrangers s'adonnent aux jardins toscans,aux ruines romaines,aux palais vénitiens avec ferveur et bien de la patience les photographes italiens,qui vivent les soubresauts de l'unité ,deviennent à leur manière les ancêtres du Néoréalisme,immortalisant les paysans des Pouilles,les acteurs du Risorgimento,les rues agitées, tout ce qui fait que l'Italie rêvée des romantiques va basculer dans une modernité tourmentée.

    Piot3w_15727

           Sur ce papier salé cette péninsule en négatif permettra aussi les retouches du ciel ou des nuages,à la gouache ou au crayon graphite,nimbant ainsi ces précieux témoignages d'une aura poétique que l'on retrouvera un siècle plus tard dans les ardentes premières armes des cinéastes du réel,du réel certes mais du réel italien.

    29 mars 2010

    Ma vie sans...Ballad of Hollis Brown

    http://www.deezer.com/listen-1153673  Ballad of Hollis Brown

       Ma  vie sans Zimmerman aurait été...mais peut-être l'ai-je déjà dit.Tant d'artistes ont repris les chansons de Dylan que le choix est presque illimité.La grande Nina Simone n'a pas fait exception,à plusieurs reprises.Je vous propose la déchirante Ballad of Hollis Brown.Hollis Brown habitait un coin perdu loin de la ville,avec sa femme et ses six gosses dans un bidonville.Ca c'est le début.La fin c'est:autour de la baraque on entendit huit coups de vent,et puis huit coups de feu comme des claques d'ouragan.Ce drame de la misère est extrait de l'album The times they are a changin' des premières années de Bob Dylan avant sa révolution électrique.Ce n'est pas  de loin la chanson la plus reprise de Dylan mais il doit bien y avoir d'autres covers dont,je crois,Nazareth et The Stooges,apparemment tous deux peu proches de l'univers proto-dylanien.

    23 février 2010

    Ma vie sans...Don't think twice it's all right

    http://www.youtube.com/watch?v=y2z5F11ZLi0  Don't think twice it's all right

       Ma vie sans Zimmmerman eût été...J'ai longtemps cru qu'avec un nom pareil Ramblin' Jack Elliott était un routard  échappé de Steinbeck.En fait il était fils d'un médecin juif et avait tourné le dos à la carrière après avoir rencontré Jack Kerouac et Woody Guthrie.Devenu une légende dont on ignore parfois qu'il tourne encore voici une fort belle version très épurée d'un des tout premiers titres de Dylan parvenus à mes oreilles.Hugues Aufray y était pour quelque chose,sa propre version,très précoce, de Don't tink twice it's all right étant aussi à mon avis la meilleure en français.L'an dernier Jack rendait hommage au grand Pete Seeger avec des jeunots comme Richie Havens,Kris Kristofferson ou Bruce Springsteen(un nourrisson!).Ce genre de manifestation est sympa mais les chansons ne sont souvent que de pâles reflets vaguement show-biz.J'avoue préférer cette version.Autres pointures ayant repris ce titre:Chet Atkins,Peter,Paul and Mary,Waylon Jennings, Joan Baez,Nick Drake,Rory Gallagher,and so on...(innombrables).

    15 février 2010

    Quatre saisons de musique part. 3

    http://www.youtube.com/watch?v=DcEAI5p-wUg Summer's almost gone

      Extrait de l'album Waiting for the sun un titre assez peu connu  de la courte vie des Doors.Plus près de The crystal ship  que de L.A Woman.On oublie souvent que les Doors ont à leur actif quelques jolies ballades pré Père Lachaise,dernier concert de Jim,sold out depuis bientôt quarante ans.Jim Morrison c'est aussi de la musique et parfois il me semble qu'on l'a oubliée sous les fatras pseudo-rimbaldiens des folliculaires.

    12 février 2010

    J'peux vraiment pas les voir en peinture(12)

      J'peux vraiment pas la voir cette Madone du Belvedere du Musée des Beaux-Arts de Vienne,du sieur Raphael.Comme si on avait le droit de donner à voir la perfection en un visage,comme si l'on pouvait essayer de peindre après ça,comme si l'ovale de ces traits ne touchait pas  au sacré.Comme si cette Madone au pré (son autre appellation) qui veille sur les rondeurs auréolées des putti et l'arrière-plan des collines et du lac ne semblaient une divine osmose.Sur le Net on trouve des études très poussées sur la géométrie,le nombre d'or,les isocèles et les équilatéraux qui forment le tableau.Ces vilains souvenirs de mes cours de math n'ont même pas réussi à me gâcher le plaisir de cet au-delà de la beauté.

    8 février 2010

    Quatre saisons de musique part.2

    http://www.youtube.com/watch?v=wSd4QJBEMvk A hazy shade of Winter

       Paul et Art au temps où ils chantaient ensemble.Il paraît même qu'il leur arrivait de se parler.ExtraIt du très bel album Bookends voici Hazy shade of Winter avec brumes,ténèbres et neige.En fait le duo n'a sorti que cinq véritables disques en commun.Mais dans la mémoire de notre musique le tandem reste indissoluble.

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