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31 août 2012

Les plumes de l'été: Fin d'été,un peu triste

            Notre chère Asphodèle nous propose pour clore cette aventure:zeuzère(ou ziggourat)-zélateur-zénith-zen-zéphyr-zigzaguer-zoo-zizanie-zéro-zinzin-zut-zoulou-zeste-zinzolin-zodiaque(ou zodiac)-zozoter-zèbre-zouave-zèle-zarzuela.

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                 Disons-le,maussade était mon humeur et je bougonnais dans mon coin.Mon millième billet n'avait pas obtenu les dithyrambes escomptés,malgré douze jours en première ligne et ma carrière de bluesman piétinait sec.Là-dessus arrive ce diabolique Z et vlà-t-y pas qu'il nous faut plancher sur l'appendice caudal de notre alphabet,cette lanterne rouge du peloton lexical.Si les instances des Plumes de l'été croient que je vais me décarcasser à trois jours de la quille...Pour rester dans le domaine de la carcasse j'avais donc décidé de la jouer bestiaire.Pan!Pas l'ombre d'une zibeline,pas la queue d'une zorille,pas la moindre bosse de zébu.

              Rien que le sempiternel zèbre,quelle surprise!Bon,ça permet de rayer le zèbre,plus que dix-neuf satanés mots.Sauf que si vous rayez un zèbre ça donne forcément un cheval unicolore,logique.Et surtout ça ne nous avance guère,ce zèbre se montrant têtu comme un âne.Ainsi fait,bien qu'adepte du format court,je me trouvai avec, au bout de neuf lignes,un seul nom placé ,certes quatre fois mais tout de même.J'installai vite le quadrupède dans un zoo,en proie à un essaim de zeuzères autour des yeux, sans trop savoir s'il n'y avait pas là une aberration géographique.Mon zèle animalier s'arrêtant là fallait-il encore se coltiner seize vocables. Aussi passai-je donc du coq à l'âne,déjà cité mais,zut alors,pour la dernière épreuve on peut bien se permettre quelques redites.

                   Une manipulation informatique malencontreuse (peut-être deux mais mon web-level(!) est proche de zéro) m'exila à cet instant sur la liste des 3017 films que j'ai vus et j'en profitai pour rajouter Zoulou,excellent film d'aventures,en toute fin de série,après Zodiac et Zorba le Grec.Plus moyen par contre de me souvenir si oui ou non j'avais vu Le zinzin d'Hollywood,nanar de Jerry Lewis.Là n'était certes pas la question mais l'ultime tâche asphodélienne prenait ainsi doucement tournure et je convoquai La Fontaine, puisque je crois qu'on a le droit de faire appel à un ami,un zeste de citation se révélant commode et j'allai ainsi mon train de zélateur.Quel talent ce Jeannot,n'avait-il pas écrit "Tout vous est aquilon,tout me semble zéphyr".

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            Zigzaguant sans prétention vers les Champs-Elysées du samedi 1er septembre pour ce qui serait sans nul doute le zénith de mon année d'auteur j'écartai l'idée de teindre les mots ici présents,et à quel prix,en zinzolin,vu que ma perception des couleurs défaillante et mon ignorance totale de cette nuance ne m'autorisaient guère à faire le zouave.Ainsi parlait Zarathoustra et ainsi restèrent rouges ces dits mots maudits.A propos de ces termes vous avez sûrement remarqué que quatre d'entre eux zozotent. Si,si,j'insiste,ils zozotent,les zinzin, zeuzère, zinzolin, zigzaguer.Si,si, et même zozoter zozote.Ceci dit,souhaitant vivement qu'aucune zizanie ne ternisse la fin de la saison et que toutes ces belles plumes demeurent zen je terminai en proposant aux oreilles empennées qui partagèrent mes affres  estivales la superbe zarzuela d'un dimanche placide..

 
de Pablo Sorozabal / Frederico Romero, Guillermo Fernandez
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7 juillet 2012

Les plumes de l'été: Comme dirait Zazie

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           Asphodèle  a retenu pour cet opus 17 les mots suivants: quenelle-quiproquo-quolibet-quiétude-quintessence -quota – quérir – quenotte – querelle – quinoa – quilles – quintette – quartier – quintal – quinquet – quelconque – quitter – quasi – quantité.

q2uelle idée de lui chercher querelle à celle là!Bien sûr qu'elle est bizarre,qu'elle ne sonne pas  du tout comme les autres,et qu'elle semble incapable de voyager seule,toujours à traîner son U à la main.Et les quolibets de fuser sur son passage.Hou!hou!Regardez,elle et son âme damnée!Mais méfiez-vous,je la connais,elle sait prendre de la hauteur,croyez-moi.La quenotte peut avoir les dents longues et exiger son quota de respect. Bon, d'accord,on y perd souvent son latin ou son grec avec elle,à nous faire prendre qui pour quoi,quiproquo,quoi.Quoi qu'on soit coi parfois,quoi qu'on soit quasi quelconque alors qu'elle se distingue et réclame ses quartiers de noblesse.Se prendrait-elle pour la quintessence même de notre alphabet,toute lourdissime qu'elle puisse apparaître,symbolisant ainsi le quintal,cet épouvantail?

            Car c'est une matheuse,pas comme moi.Quantité de nombre rationnels privés du zéro(poésie de l'abstraction arithmétique laborieusement copiée sur mon Larousse) elle donne aussi dans un certain exotisme.Oui,elle a un peu lâché son U,prônant un certain panarabisme  tourné vers La Mecque(qibla, qasida, qatari), surtout utilisable au scrabble plutôt que dans la conversation matutinale dans le bus.Il va être temps pour moi de regagner ma cuisine après cette sémantique communication afin d'y préparer mes quenelles au quinoa d'une proverbiale diététique.Dans la quiétude juillettiste et sachant que pour beaucoup c'est la quille, me voilà vous quittant non sans vous avoir fait remarquer qu'il faut être à cinq, sans U, pour jouer La Truite, quintette de Schubert, avec U.Enfin pour quérir d'ultimes lauriers j'oserai conclure "Le bonheur n'est pas un quinquet de taverne".Quoi?Quelqu'un d'autre l'a déjà dit?

P.S.J'aime à citer mes collaborateurs pour aider à leur carrière.Pour deux phrases au moins Raymond Devos et Louis Aragon sont de  ceux-là. 

  

 

   

19 octobre 2012

Géographie: Boston, Massachussetts

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http://youtu.be/WTDySkLlmI8   Boston   Mick Flannery

            Mick Flannery est irlandais.Boston est l'une de ses plus belles chansons. Très sobre,surtout dans cette chanson,Mick nous conte un drame familial.Les folkeux quittent parfois leur guitare pour s'asseoir au piano.Quant à Boston c'est une ville qu'on ne présente plus,l'une des fondatrices des tous jeunes Etats-Unis.La Tasse de thé de Boston,1773, est considérée comme l'une des étincelles qui mit le feu aux poudres et aboutit à la Révolution Américaine et à l'indépendance des treize colonies britanniques.Mais Boston,ville de Nouvelle Angleterre,longtemps vue comme très patricienne et européenne,n'est pas souvent citée dans la musique populaire américaine qui privilégie New York ainsi que le Sud et l'Ouest avec des centaines de chansons sur Memphis, Nashville,New Orleans, San Francisco qui, il est vrai, sont aussi des métropoles musicales.Boston est par contre un centre universitaire planétaire.

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     Rendons donc un peu justice à Boston qui,si elle n'est pas dans le peloton de tête dans cette rubrique American Music,est une capitale littéraire de toujours. Nathaniel Hawthorne, Henry James (Les Bostoniennes bien sûr), Edith Wharton y ont vécu et écrit sur la ville.Plusieurs très bons polars de Dennis Lehane s'y déroulent et bien sûr les films qui en dérivent.

22 juin 2012

Des mots,une histoire: Pour la modestie,je ne crains personne

              Les mots collectés par Olivia,opus 70,sont:coffret-sexualité-moutarde-carrière-punaise-rôle-va-nu-pieds-invisible-irréel-présence-espion-élégance-prédateur-malfrat-vermillon-quelconque-boum-sucer-sittelle-zythum-mirabelle-brevet.

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              Il est des semaines où l'artifice s'invite dans cet exercice hebdomadaire qui parfois s'apparente à la punaise presque invisible mais tenace qui s'obstine à sucer consciencieusement le poil du pauvre Médor.Parfois certains mots me sont repoussoirs et leur présence me fait penser à celle d'un malfrat dans ma propriété du Cap Ferrat.Parfois aussi les apartés entre happy few sur le rôle de la sexualité, ou sur la tarte à la mirabelle (attention je n'ai rien contre,ni l'une ni l'autre),m'ont l'air bien quelconques,lettré que je suis et dans l'élégance de ma carrière littéraire en plein boum,si je peux me permettre cet explosif raccourci. Parfois les auteurs manquent vraiment d'originalité.Pas comme moi.On pourrait dire bien des choses en somme.Ainsi,quand j'y pense, la moutarde me monte au nez et le rouge vermillon au front.Voilà qui est digne d'un brevet d'écrivain,si ce n'est d'un coffret dans la Pléiade.

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         Cependant je ne veux être le prédateur des moins talentueux,ces va-nu-pieds de la syntaxe à l'irréelle espérance qui confère au dernier mot du dictionnaire,le pharaonesque et infâme breuvage qu'est le zythum des lauriers inattendus.Pourquoi pas sittelle est leur bon plaisir.Oui je m'octroie aussi des fantaisies orthographiques qui requièrent l'humour dont je vous sais tous amplement pourvus.Au fait saviez-vous que le film de Fritz Lang Espions sur la Tamise était parfois présenté sous le titre Le ministère de la peur,traduction littérale de celui du roman de Graham Greene.Etonnant,non?

 

15 mai 2012

Mort d'un caïd

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      William Riley Burnett (1899-1982),vous le connaissez sans le savoir peut-être,si vous êtes amateurs de films noirs.Voyez les photos ci-dessous.Nobody lives forever,Fin de parcours date de 1943 et c'est un très bon roman noir dont l'originalité est que le gros coup dont il s'agit n'est pas du tout un meurtre,mais un mariage d'argent que le caïd d'âge mûr (c'est à dire quarante ans pour l'époque) envisage comme une escroquerie.Il y en a de pires.Et la presque totalité du roman se passe sans un coup de feu,bien qu'il y ait comme un coup de foudre de la veuve en or pour le gangster bien habillé.

     Donc pratiquement pas de privé,ni de flic ici mais quelques comparses,seconds rôles comme le polar hard-boiled ou le cinéma noir les affectionnent.Doc,sous perfusion toxico,maître-chanteur accessoirement,Windy,bas de plafond,Johnny l'avocat forcément véreux indispensable à la défense d'un boss du business,et Toni, vénale, fatale un peu,sexy pas mal,et vulgaire à la folie.La Californie des années quarante,le Mexique comme fuite éventuelle,une vague allusion à la guerre,en Europe ou dans le Pacifique.Certains prennent des pruneaux en Floride,d'autre des obus en des îles lointaines.Ce n'est pas trop ça qui empêche Farrar,ou Lloyd (il a pas mal de pseudos) de dormir.La peur de la taule,oui d'où les tendances suicidaires du personnage.

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           Horace,Raymond et Dashiell (ils m'accompagnent depuis si longtemps que je les appelle par leur prénom) ne sont pas les seuls.Et les films adaptés de WRB sont légion.Il a d'ailleurs aussi adapté les autres,Scarface notamment.Cette littérature, on le sait maintenant,est essentielle. Quelques exemples de noirs mais il faut savoir que certains bouquins ont aussi été tournés en version western,La ville abandonnée,L'or du Hollandais.

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9 avril 2012

Le Prince

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            Un billet bref,ça fait du bien.Il m'arrive souvent de penser que Marilyn, James Dean, Otis Redding, Radiguet, Alain-Fournier ont eu de la chance.Celui-là aussi,un peu plus mûr cependant,guère.A tout jamais inoubliable.Il n'avait pas besoin de cette chanson,très belle pourtant.J'ai  bien conscience de l'horreur de la première ligne écrite.De grâce n'y voyez qu'une licence poétique (et modeste).

http://youtu.be/75H0E_b-LAU   Un prince en Avignon  Esther Ofarim

7 avril 2012

Les plumes de l'année: Pâques en la cité

       Voici les 22 mots qu’il fallait placer dans le texte à paraître samedi matin.  or – opale -orange – osmose – ode – obligation – offense – oh – ordinaire – orage – opportunité – ouvert(e) – onirique – obsession – ombrelle – obéissance – oubli – octave – orgue(s) – océan – orme – orchidée.Merci à Asphodèle pour le relais de cette belle aventure hebdomadaire.Si le texte qui suit vous rappelle un certain Victor H. qui fit une petite carrière littéraire au XIXème Siècle sachez que ce n'est pas complètement un hasard.

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            Oh!Oh!Marchand d'eau!Qui veut de l'eau,de la belle eau,de la bonne eau de mon tonneau?En cette fin de Moyen Age les rues de Paris grouillaient de l'ordinaire agitation inhérente à la grande ville.Large ouverte à la foule en ces veillées pascales,Notre Dame accueillait des pélerins accourus en quête du pardon des offenses,des valets confits dans leur obligation d'obéissance à des maîtres en dévotions,des tire-laine trouvant dans le raffut des orgues l'opportunité de détrousser quelque bourgeois qu'ils croyaient cousu d'or.

       Cherchant l'oubli de leur condition,la corporation des mendiants défilait,chacun nanti d'une ombrelle de guenilles,entonnant sur deux octaves éraillées l'hymne des gueux,telle une onirique homélie confinant à l'obsession,une ode à un hypothétique orage qui renverserait ainsi la ville entière,cul par dessus tête,afin que l'océan des gens de peu puisse au moins une fois goûter l'orange parfumée ou voir l'opale irisée de l'orchidée, afin surtout qu'en une osmose inversée le flot des humbles accède à son tour au coeur profond de la grande dame sous les ormes en charpentes.

5 novembre 2012

Géographie: Palo Alto,Californie

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              Il y a parfois des illustrations vraiment magnifiques dans cette rubrique (je parle de  cette superbe casquette).J'ai un peu de mal avec Radiohead aussi.Etape donc plutôt difficile à Palo Alto,60 000 habitants."Le grand arbre" en espagnol,a vu en 1939 deux étudiants nommés Hewlett et Packard fonder une société.La suite vous la connaissez.La ville est un des berceaux de Silicon Valley.La technologie y joue un rôle important.Vous comprendrez donc ma discrétion.Sur Radiohead je ne serai pas plus disert,n'étant pas un adepte de ce groupe dont je sais cependant l'importance pour toute une génération.En réécoutant je pense un peu au Pink Floyd des premiers singles.Mais avec Radiohead s'éloigne un peu mon folkrockblues à moi.Je trouve la pochette de l'album assez réussie.Il me faut l'admettre,au fil du temps me voilà devenu paléontologue de Tin Pan Alley.

http://youtu.be/nR0gw7jsJHw    Palo Alto    Radiohead

11 avril 2012

Equilibre instable,normal aux antipodes

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            Excellente découverte océanienne,le premier roman d'Elliot Perlman (1998),chichement dénommé Trois dollars.Long de 400 pages ce livre nous fait vivre la jeunesse d'Eddie,ingénieur chimiste,son mariage avec Tanya et sa paternité,ainsi que ses difficultés professionnelles dans la jungle libérale australienne.Ce livre est assez dense et pour tout dire m'a fait osciller entre un enthousiasme débordant et quelques moments un peu plus difficiles pour moi,ceux qui font la part belle à l'économie,pour laquelle j'ai peu d'accroche.Mais au bout du compte c'est un livre marquant et très personnel où l'Australie apparaît à mille lieues des vieilles lunes habituelles. Melbourne n'y est guère le paradis annoncé et malgré leur haut niveau d'études le couple Eddie et Tanya peine au bonheur annoncé.

        Chargé d'une enquête sur les dégâts environnementaux d'un groupe dont le patron lui a jadis interdit de jouer avec sa fille,ils avaient huit ans,Eddie voit sa situation financière s'effilocher,sa femme déprimer,sa vie tout entière se neutraliser,cela par une suite de coincidences,de hasards malheureux et de rancunes tenaces.Ses liens avec ses parents sont eux aussi très distendus,les dimensions de ce pays continent ne facilitant pas les relations familiales.Sur un ton qui n'exclut pas l'humour Elliot Perlman nous assène la trajectoire,rude et concrète,qui va de la City de Melbourne aux foyers de SDF avec leur lot de violence hélas universelle.Ou comment un cadre brillant et instruit finit avec trois dollars adossé à un distributeur de billets parce que cet appareil est à l'abri et qu'il  distille un soupçon de chaleur.Pourtant Eddie et Tanya s'aiment et ils aiment Abby leur fille.Mais c'est si difficile parfois de vivre...

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    Fouinant un peu je découvre que ce livre a été adapté au cinéma et bien accueilli en Australie.Il semble qu'il soit resté là-bas.Dommage probablement.Toujours est-il que je recommande cette lecture,attachante,troublante et qui rend plutôt humble.Et puis il y a Amanda,Amanda qu'Eddie retrouve tous les neuf ans et demi...

http://youtu.be/oNNvkoy_xP0  Le film

 

15 janvier 2012

Jeu: le cinéma vu par le cinéma

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    Ces deux grands anciens du cinéma ont un point commun très précis et très posthume.Lequel? Précis, n'est-ce pas? Ne me dites pas que tous deux aimaient le petit salé aux lentilles,ce qui n'est pas impossible d'ailleurs, mais dont je n'ai trouvé aucune confirmation dans les documents dont je dispose.Et n'oubliez pas il y a souvent des indices cachés,parfois rien que dans le titre de l'article.

1 mai 2012

Géographie: Hopkinsville, Kentucky

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          Ville découverte grâce à l'ami Thierry sur son site musical où il parvient si souvent à présenter des gens absolument inconnus  voici Hopkinsville que vous ignoriez,ce dont vous ne vous portiez pas plus mal.32 000 habitants vivent là dans un coin du Kentucky.Mais il ne faut pas leur en vouloir.Cependant,the road must go on et il nous faut si on ne veut pas rester en rade parfois accepter des villes dont le prestige reste à prouver.C'est au nord-ouest d'Hopkinsville que la durée de l'éclipse solaire d'août 2017 sera la plus longue (2 minutes 40 secondes).C'est tout ce que j'ai trouvé sur Hopkinsville.Alors on se retrouve là bas l'été 2017.Promis.

http://youtu.be/v8b7EuvWSrc    Hopkinsville Darrell Scott

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     Et merci encore à Thierry pour l'autre découverte,Darrell Scott, folkeux de talent.Il y en a comme ça des centaines sur Jazzbluesandco ,et du blues,du jazz,comme le nom l'indique,ainsi que des musiques du monde,du fado,du brasiliana,etc..

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11 février 2012

Le pire aîné est le cadet de mes soucis

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       Enigme littéraire.Il s'agit de trouver un "personnage" qui apparaît dans nombre de livres...Plus familier que vous ne le pensez...Par contre évitez de cliquer sur le lien suivant non pas que ce titre soit mauvais,c'est même un  excellent classique écrit par Randy Newman,je crois, mais...il vous donne la réponse.Alors patientez un peu.Merci.

http://www.deezer.com/music/track/6760525

9 décembre 2011

Sortir du cadre

 Les_Rouges_contre_les_Verts_dans_le_Tableau_de_Jean_Francois_Laguionie_medium 

             Quelle toile,quelle étoile filante,quel plaisir de l'image!Ce qui est quand même le rôle du cinéma.On connait un peu la filmo de Jean-François Laguionie,peu prolixe et dont les films sont toujours très soignés,La traversée de l'Atlantique à la rame, Gwen ou le Livre de Sable,Le château des singes.Superbe variation sur l'art et l'homme,d'un graphisme tout en nuances qui évoque un peu Paul Grimault que Laguionie a un peu fréquenté,ce film au bien joli scénario épris de liberté vogue son chemin au long de 70 minutes de rêve,de délicatesse,de drôlerie,de voyage.

           Des militaires tout droit sortis d'un conte d'Andersen si on veut cherchent à empêcher de fuir un hasardeux trio qui a quitté le tableau.Il y a un Toupin, personnage complètement achevé par le créateur,une Pafini à laquelle manque un soupçon de couleur et un Reuf,à peine une ébauche,gris et sec,un inférieur,quoi.Le Roméo parfait est bien sûr amoureux d'une Juliette de la caste du dessous.Ainsi les trois personnages s'en vont à la recherche de leur créateur,le peintre qui n'a pas terminé son travail.On se retrouve à Venise.On rencontre un Arlequin et une bien belle Garance,nue.On croise peut-être Matisse ou Derain.C'est un peu comme vous voulez,ici,on peut presque apporter son pinceau.

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           Le gentil conte de Jean-François Laguionie s'avère forcément doucement moral,on s'en doute.Vive l'imaginaire en liberté,vive le métissage social,cela sans (trop) de démagogie.Peu importe en fait tant la palette de couleurs de l'auteur comme celle du peintre nous invite à l'émerveillement.Et s'il faut y aller de son petit couplet anti 3D eh bien allons-y.Mais Le tableau n'incite pas à une quelconque vindicte,plutôt à la tendresse et à la fantaisie,dans un espace douillettement chamboulé où les créatures s'échappent pour demander des comptes à leur créateur quelque peu nonchalant.

http://youtu.be/S6V70-ABITI Bande-annonce

13 décembre 2011

Psy,chaos et psittacose

  

                     Pharmakon en grec signifie Le remède et le poison.C'est le titre français de ce bon roman datant de 2008 d'un auteur que je ne connaissais pas.Nous sommes dans un milieu universitaire que ne renierait pas Philip Roth dont l'ombre traîne quelque peu sur cette histoire.Le jeune et ambitieux Will Friedrich, pharmacologue à Yale, se verrait bien être celui par qui la révolution viendra.Cette révolution est celle des molécules en ces années cinquante,qui pourraient bien à grands renforts de chimie enterrer mélancolie et angoisse.Avec le Dr.Winton ils tentent de mettre au point le bonheur sur ordonnance.N'est-ce pas là la fable de l'apprenti sorcier?Bonjour les effets secondaires.

     A commencer par cette constatation qu'il n'est pas toujours très judicieux de trop désinhiber,notamment le jeune étudiant nommé Casper Padrak,déjà qu'un patronyme comme ça....Puis viennent les troubles de la propre famille du savant,surtout depuis qu'une inexpliquée invasion de perroquets colorés s'est abattue sur le jardin des Friedrich.A des degrés divers les cinq enfants auront à pâtir sérieusement des dérives laborantines de la hydesque découverte du Dr.Jekyll-Friedrich.Il faut dire qu'il a un pedigree,Will Friedrich,son frère Homer ayant été lui-même traité par la psychiatrie pour le moins musclée qui tenait lieu en ces temps pas si lointains d'universelle panacée.On suivra donc, sur quatre décennies, les aventures tragi-comiques de Friedrich et des siens, épouse, enfants, collègues et patients.Avec le conformisme de ceux qui se croient originaux les personnages traverseront crise d'humanitarisme,ambivalence sexuelle (ça doit être dans le cahier des charges de l'édition) comme tout un chacun,et dépendance à différents psychotropes,entendons par là supercame pour certains.

   Plus de quarante années de la vie américaine sont ainsi passées au crible de l'analyse du romancier.J'ai évoqué Roth,les critiques que j'ai regardées après lecture parlent plus finement de John Irving.Dans ce monde de l'université,de l'efficacité,de la rentabilité,on finit pas s'effrayer un peu de cet aspect hyperpragmatique de l'Amérique.Juste avant que d'en comprendre la portée, à l'évidence universelle.Je conseille d'accompagner Will,sa femme Nora,ses enfants Fiona,Lucy,Willy et Zach,et leurs amis et connaissances,notamment Lazlo venu de loin à l'Est et qui a parfaitement saisi la règle du jeu.Il vaut mieux se joindre à eux tant ces gens bardés de diplômes s'infantilisent parfois,addicts à leurs addictions...Ensuite libre à vous d'y voir un remède ou un poison.

11 septembre 2011

Bienvenue à bord

        Facile voire enfantin pour les cinq premiers.Une autre paire de manches pour les cinq suivants bien qu'au moins deux d'entre eux soient très connus.Ce serait vraiment trop facile.Hardi moussaillons! Attention piège marin sur la dernière.Ne cliquez pas trop rapidement car c'est une récréation et la réponse apparaît vite sur l'agrandissement.

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8 septembre 2011

A vélo dans le Yorkshire

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    Didier Decoin est certes un écrivain classique.Mais c'est vraiment un habile conteur et on comprend son attrait pour l'Angleterre,lui qui vit au bout du bout du Cotentin,doigt pointé vers Albion.Je lui trouve un charme d'auteur britannique dans cette histoire américano-anglaise et non pas anglo-américaine.Un photographe anglais sauve du massacre de Wounded Knee une petite fille Sioux.Revenu dans son Yorkshire il finit par l'épouser vingt ans après.Mais le plus étonnant dans cette histoire est le rôle de la bicyclette qu'Emily apprend à chevaucher et dont elle devient vite une addicte dans la verte campagne.

         Mais ce n'est pas tout.Didier Decoin nous entraîne dans un roman délicieux d'anglophilie qui plaira par exemple aux passionnés de Peter Pan et de Conan Doyle qui tient un rôle non négligeable dans notre histoire.Filez à l'anglaise dans cette histoire de fées.Arthur Conan Doyle,on le sait,était très versé dans le spiritisme malgré son fils littéraire devenu l'archétype du rationnalisme.Ajoutez à cela un policier soupçonneux sur l'origine d'Emily,pas si mauvais malgré tout.Saupoudrez de quelques vieilles dames anglaises comme la plupart des vieilles dames,très pressées d'être immortalisées sur pellicule par le photographe,avec cependant quelques retouches non encore numériques.Il y a une histoire d'amour sans histoire,pas mal d'humour,des gens bien élevés.Et si le héros,Jayson Flannery est affligé de lépidophobie( panique cause papillons) et de *****trucphobie (la terreur de la bicyclette,mais j'ai oublié le nom et j'ai déjà rendu le livre à la Bib.), il faudrait être hardly anglophobe pour ne pas prendre plaisir à cette belle balade dans un jardin anglais.

28 août 2011

Plus près de toi

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      D'Ecosse nous arrivent Andrew O'Hagan et ce roman Sois près de moi qui nous présente un prêtre catholique muté dans la bourgade ouvrière de Dalgarnock,pas très loin de Glasgow,peu reluisante entre la bière,les bagarres et le Celtic Glasgow.Un livre intéressant sur un sujet devenu fréquent:les troubles de ce vicaire de Dieu vieillissant au contact de jeunes plutôt désoeuvrés.On n'est pas obligé de se passionner pour les problèmes existentiels du Père Anderton.On peut même souhaiter lire autre chose.Pourtant Sois près de moi ne m'a pas laissé indifférent.

     Le portrait du prêtre est attachant.L'homme ne se paie pas de mots,ne prétend pas détenir une vérité.Il cherche surtout à ne pas décevoir vraiment ses paroissiens qui en veulent à l'Anglais qu'il demeure.Quant aux autres,on sait leur opposition historique contre les papistes.Sa gouvernante,Mrs Poole est une femme peu commune qui ne le ménage pas,peu,impressionnée par les humanités du Père Anderton.Le passé du prêtre est douloureux sans être honteux.Sur ce chemin à la foi parcourue d'une houle discrète mais réelle et nourrie des réminiscences d'un père chirurgien mort brutalement et d'une mère écrivain et bien vivante quoiqu'éloignée le Père David se voit entraîné vers les tourments d'une affaire embryonnaire mais qui suffit aux commérages et aux représailles.La présomption d'innocence, on s'en doute,n'est pas trop bien partagée en ces terres méfiantes,voire hostiles.

    Le Père Anderton,très lucide sur ses faiblesses et sur la compréhension des hommes,aura à faire à sa hiérarchie et à la justice.Rien d'absolument catastrophique probablement.Assez cependant pour qu'on se prenne à aimer cet homme en ses erreurs et ses peines.Assez pour que personnellement j'ai songé à Georges Bernanos qui a si bien parlé de la tempête sur le crâne de l'homme de Dieu.Sois près de moi ressemble ainsi à ces îlots écossais désolés qur lesquels le Père David emmène ses jeunes gens.Parfois pour un début de perdition.

  

10 août 2011

Géographie: South Bend, Indiana

             South Bend dont le nom n'évoque rien à personne est le berceau des Sulentic Brothers,ensemble plutôt Southern-rock,avec du Allman et du Doobie si l'on veut,approximativement.La ville de South Bend est tout au nord de l'Indiana,état du Middle-West,tout près du Lac Michigan,et subit en fait l'influence de la métropole Chicago,Illinois.Ville moyenne à l'échelle américaine,100 000 habitants environ,mais on sait que les démographes parlent davantage d'aires urbaines que de cités au sens strict.

http://www.deezer.com/listen-8488647  South Bend  Sulentic Brothers Band

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  L'extrait proposé s'appelle South Bend,de l'album South Bend.Difficile de faire plus simple,non.Just let the good times roll.

13 août 2011

Ce cher Saturnin

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   Saturnin Farandoul revient de loin.Quelques bloggers dont l'excellent  Flaneries ciné m'ont conduit à le repêcher in extremis et à me régaler de la simplicité et de l'imagination de ce cinéma de l'aube.Adapté des aventures écrites par Albert Robida, écrivain que j'ignorais et qui est pourtant né dans la ville de mes années de lycée,Compiègne,ce long métrage a été restauré de façon très convaincante. Saturnin Farandoul rescapé d'un naufrage a vécu sur l'Ile aux Singes qui l'ont éduqué mais il lui faut d'autres espaces.

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  On retrouve donc les inénarrables exploits de Saturnin en lutte contre un savant mi Tournesol,mi Mabuse,puis en quête de l'éléphant blanc sacré du roi de Siam,en héros de western à la poursuite d'un gangster nommé...Phileas Fogg.Tout comme si Robida avait un compte à régler avec Jules Verne.A l'heure ou le cinéma tourne à mon avis au barnum d'attractions foraines assommantes,prouvant que Méliès avait finalement vu juste, autant retrouver le spectaculaire d'antan,bon enfant et digne de la lanterne magique. Arte propose régulièrement une redécouverte de muets oubliés.Bonne idée.Les aventures extraordinaires de Saturnin Farandoul date de 1913,signé Marcel Fabre et Luigi Maggi.Il est "quasiment" en couleurs.

 

1 août 2011

La ligne des marks:action

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     La séparation c'est bien sûr dans ce Berlin de 1983 un certain mur presque anecdotique tant les sentiments des héros de ce roman sont bien éloignés de toute considération géopolitique.Vague toile de fond mais Berlin reste Berlin,même coupé en deux,qui devra attendre encore sept ans.Non,les séparations dont il est question sont d'ordre privé avec trois couples ,dont les éléments masculins intéressent visiblement davantage Peter Schneider,né en 1940 en Allemagne du Nord.

     Edouard est chercheur en biologie moléculaire et professeur à l'unversité.Ca aurait déjà tendance à me faire fuir vu ma culture scientifique proche de celle de l'huître.J'aurais tort.La ville des  séparations fonctionne pourtant un peu comme un procédé chimique qui tiendrait pour acquis qu'un couple dure en moyenne 3 ans,167 jours et 2 heures.Tout dépend bien sûr de la liberté qu'on accorde à ce couple.La relation d'Edouard avec Klara arrive à deux ans.Attention danger.André,son ami français compositeur planche sur un Don Juan avec son autre ami Theo qui lui habite plutôt à l'Est et tente de collaborer avec André comme librettiste de son opéra.Ces intellos se retrouvent fréquemment au "tent" sorte de Coupole pour happy few à cheval sur le Mur.Car à dire vrai dans ce Berlin on ne croise guère de vopos et on n'évoque pas plus Checkpoint Charlie.

      Ce qui intéresse Peter Schneider et le lecteur,un peu moins parfois,ce sont les difficiles et souvent dérisoires dérapages de chacun dans sa vaine tentative d'être à peu près bien dans sa peau.Tout ne va pas trop mal pour Edouard et les autres.André se voit nanti,puis envahi d'une extravagante belle-famille  juive russe.Lui qui préfère la musique concrète au violon slave est bien obligé de faire avec.Ses disputes avec Theo sont homériques car chacun méprise consciencieusement l'art de l'autre.Ceci peut s'avérer gênant quand on a en commun rien moins qu'un opéra.Et si ces bobos branchés étaient restés des enfants...C'est la leçon que je crois tirer de La ville des séparations,attachante chronique d'une réunification pas encore annoncée.Je n'irai pas jusqu'à dire qu'Edouard,André et Theo m'ont bouleversé.Ce qui n'interdit pas de trouver sympathique leur(s) légèreté(s).

   

21 novembre 2011

Géographie: Flagstaff, Arizona

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    Flagstaff est une ville de 60 000 habitants au nord du vaste Arizona,altitude de 2 000 m.Sports d'hiver et grands parcs nationaux de l'Ouest sont les attraits de cette région.C'est surtout la base classique pour le Grand Canyon.Une scène importante d'Easy rider se passe près de Flagstaff,dans les ruines indiennes ci-dessus.Ce qui me réjouit toujours dans la musique américaine c'est cette insertion dans le paysage, dans la géographie du pays.Russ Glenn,je ne sais pas qui il est mais j'aime la chanson,il y cite Johnny Cash.Une ballade de plus sur les routes,les rocky,folky,bluesy roads qui me bercent depuis si longtemps.

http://www.deezer.com/listen-8686882  Flagstaff  Russ Glenn

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8 mai 2011

Cages sur la Corne d'Or

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     On a déjà vu cette pratique classique dans bien des pays:le touriste paie pour délivrer des oiseaux qui mourront de faiblesse ou regagneront leurs cages.Yachar Kemal,le grand écrivain turc,a publié en 78 ce court roman dont l'action s'étend sur une durée restreinte.En ce sens Alors,les oiseaux sont partis... s'apparente à l'art de la nouvelle,quelques adolescents turbulents,un "oncle" sentimental en qui on peut voir sans risque Yachar Kemal,la tentaculaire Istamboul,plus celle des quartiers modestes que de Topkapi.Ces trois miséreux piègent les passereaux du Bosphore,comme des centaines d'autres,un moyen de survie peut-être dans la multitude byzantine.C'est étonnant comme l'adjectif byzantin s'est dissocié de la réalité stambouliote,jusqu'à une réelle antinomie.Peu de véritable mouvement dans Alors,les oiseaux sont partis... mais...des points de suspension.

   Des points de suspension qui laissent la part belle au rêve possible,le rêve de ces gamins moqués et moqueurs,dans cette mégalopole où plus personne ne semble tenté de gagner son paradis à l'aide de quelques livres turques pour offrir à ces oiseaux emprisonnés l'air libre de ces deux continents.Indifférence et incompréhension parmi le petit peuple de Constantinople,sentiment de dérision et d'impuissance.Comme une main semble avoir du mal à s'ouvrir.Le beau récit modeste et déjà ancien de Yachar Kemal peut être un accès à son oeuvre,importante et par exemple à Regarde donc l'Euphrate charrier le sang,déjà chroniqué ici. Lecture/Ecriture a fait de Yachar Kemal son écrivain du mois.Bonne idée.

7 décembre 2011

Géographie: Lafayette, Louisiane

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      La capitale du pays cajun n'est ni La Nouvelle-Orleans ni Baton Rouge. Vermilionville,un joli nom,est devenue Lafayette en 1884.Et Tommy Dardar joue catégorie zydeco,cette espèce de swamp rock aux relents d'accordéon dont Clifton Chenier fut l'un des fleurons.Voici donc un petit air sympa qui remue des sabots. Bienvenue au Bayou Queue de Tortue pour un festival gombo jambalaya.Tout y est à peu près bilingue.Alors Lafayette nous voici.

318681_10150274296508123_509468122_8088548_5325737_nCr.photos Nena Fagan 

http://www.deezer.com/listen-11468076  Goin' back to Lafayette  Tommy Dardar

  Et comme je me sens d'humeur très Louisiana Story les trois bayous les plus chouettes de l'histoire du rock.Et quelques lignes du troisième,le meilleur,très vaudou, signé du plus fabuleux groupe folk-rock de tous les temps.


http://youtu.be/ex2MsgpPafo   Roy Orbison - Blue Bayou 1963
 


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http://youtu.be/wIjUY3pjN8E Creedence Clearwater Revival - Born On The Bayou

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The Byrds - Lover of the bayou

http://youtu.be/K4XcA_bkt6c 

    Quiche de poisson-chat dans mon havresac

     Je suis l'amant du bayou

     Marque le seuil de ta maison avec un chiffon mouillé

     Je suis l'amant du bayou

     J'ai grandi et nagé avec le crocodile

     L'oeil du serpent m'a enseigné le style Mojo

     Me nourrir d'algues au foie de poulet

     Je suis l'amant du bayou.

 

 

 

12 juin 2011

Obèses ambassades

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     J'aime beaucoup découvrir des auteurs étrangers inconnus.Le Néerlandais Leon de Winter est né en 54, romancier, scénariste, cinéaste.La faim de Hoffman date de 1996 et se situe en 89 lors de la chute de la maison Est et se déroule à Prague,aux Pays-Bas et en Amérique.C'est un curieux roman qui tient de l'espionnage,du drame familial,de la satire de la diplomatie.Deux obèses occupent,c'est le cas de le dire,l'essentiel de l'espace dans La faim de Hoffman.Freddy Mancini,touriste californien à Prague errant la nuit en quête de hamburgers,assiste par hasard à l'enlèvement d'un compatriote.Et Felix Hoffman, ambassadeur des Pays-Bas en ce qui est encore pour quelques mois la Tchécoslovaquie,en fin de carrière et rongé par les kilos, finit les buffets des réceptions et dévore Spinoza.Personnellement dévorer Spinoza m'apparaît un signe de déséquilibre au même titre que se goinfrer de fast-food.Hoffman a des excuses:ses deux filles sont mortes,son mariage n'est plus qu'un ectoplasme.Seule son ultime attirance pour une journaliste tchèque lui redonne un peu goût à la vie.

    Freddy et Felix ne se rencontreront jamais.Mais en 1989,alors que très bientôt un mur tombera et un rideau se déchirera,à l'heure des grandes bascules,tout ne s'avèrera-t-il pas possible?Y compris que la jeune journaliste,dissidente ou non,allez savoir,cède à l'adipeux diplomate.Y compris que,de retour à San Diego,Freddy soit quitté par sa femme,quatre fois moins lourde.Et que ce même Freddy se retrouve face à des agents comme dans tout film d'espionnage,des agents qui ne lui veuillent pas que du bien.Les aventures de Freddy et Felix,tragi-comiques avec force détails sur leurs dérèglements intestinaux ou familiaux,les conduisent à faire l'objet de manipulations qui les dépassent,qui nous dépassent aussi d'ailleurs,au début des années quatre-vingt dix.Vous savez,cette déjà vieille décennie où des dignitaires post-staliniens réussirent à se métamorphoser en chantres de l'ouverture.Enfin l'important est de sauver sa peau,même fort distendue par la gloutonnerie.Tout cela nanti de digressions sur le Traité de la réforme de l'entendement de ce rigolo de Spinoza.Tous les goûts sont dans la nature.Pour les hamburgers je veux bien faire un effort.Mais lire Spinoza,ah non.Voici un petit extrait,très acide.Pas de Spinoza,non,de de Winter.

        A l'Ouest on baptisait un emmerdeur né dans un pays de l'Est "dissident".Un analphabète de première sachant tout juste son ABC,et ayant le bonheur d'être interné dans un camp du goulag, voyait ses oeuvres d"écrivain avant-gardiste et dissident" éditées à Munich ou Paris.

29 juin 2011

Géographie: Bakersfield, Californie

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http://youtu.be/w4sEQ2hzNwk  Bakersfield   Jerrod Niemann

    Parfois ce voyage nous propose des images assez laides.C'est voulu.Si j'aime le cinéma,la musique et la littérature américains et encore pas toujours,je n'en aime pas très souvent l'urbanisme.Bakersfield est une ville californienne de 260 000 habitants.Je n'ai que deux choses à en dire.L'une est amusante:il y a une grande quantité de Basques d'origine dans cette vallée du Sud californien.J'ai même cru que c'était l'étymologie du nom Bakersfield.

jerrod

   La deuxième chose,c'est que Bakersfield me permet d'évoquer Jerrod Niemann.Folksinger parmi des milliers d'autres,de ceux qui savent toujours m'emmener en une lande bénie où six cordes suffisent à mon bonheur.

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